Limes Arabicus

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Castra F de Masada, partie extérieure du Limes Arabicus.

Le limes Arabicus est une frontière protégée du désert de l'Empire romain, dans la province de l'Arabie Pétrée, sur environ 1500 km, du nord de la Syrie au sud de la Palestine et le nord de l'Arabie, avec un ensemble de forts et tours de guet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le limes vise à protéger la province romaine d'Arabia des attaques des tribus du désert d'Arabie. Il a servi pendant près de cinq siècles, également pour protéger les routes commerciales contre les bandes de voleurs.

Trajan, sous la protection de cette frontière, construit une route majeure, la Via Nova Traiana, de Bostra (Bosra) à Ayla (Aqaba)sur la mer Rouge, soit près de 400 km., entre 111 et 114, pour assurer le transport efficace des marchandises et les mouvements des troupes et des responsables gouvernementaux. Il est achevé sous Hadrien.

Durant la dynastie des Sévères (193-235), les Romains renforcent leurs défenses sur la frontière d'Arabie, en réparant et améliorant les routes, et en construisant plusieurs forts, à l'extrémité nord-ouest de l'oued Sirhan, dont Humeima, devenu Qasr Azraq, sur la Via Nova Traiana entre Petra, 44 km au nord, et Ayla, 55 km au sud, dans le Hisma, désert du sud de la Jordanie.

La forteresse de Humeima (Humayma, Hauarra, Auarra) est construite à l'extrémité nord d'une importante communauté nabatéenne, romaine, et byzantine. Il a probablement été abandonné au IVe siècle. Il occupe environ trois hectares, est de forme rectangulaire, avec quatre portes, une au milieu de chaque mur, et quatre tours d'angle. Il pourrait avoir abrité une unité auxiliaire standard de 500 hommes.

Vers 300, Dioclétien redéfinit l'ancienne province d'Arabie, en transférant la région sud à la province de Palestine, qui devient ensuite une province distincte, Palaestina Tertia. Chaque province est administrée par un praeses avec l'autorité civile et un dux avec l'autorité militaire.

Dioclétien engage une importante expansion militaire dans la région, avec la construction d'un certain nombre de forts (castella), de miradors et de forteresses le long de la frange du désert à l'est de la Via Nova Traiana. L'ensemble de ces installations militaires prend le nom de limes Arabicus, «frontière d'Arabie." Cette ligne de défense est élargie du sud de Damas à Wadi al-Hasa. La région du Wadi Mujib au Wadi al-Hasa est gardée par quatre castella et un camp de légionnaires.

La zone frontalière au sud de Wadi al-Hasa est nommée "limes Palaestina», s'étend jusqu'à la mer Rouge à Ayla (Aqaba), et comporte dix castella et un camp de légionnaires, identifiés.

La ligne de protection et de contrôle se compose principalement d'un fort tous les 100 km : au sud, la forteresse légionnaire de Udruh, à l'est de Pétra, similaire à celle de El-Lejjun, en superficie (12 hectares) et en organisation, a probablement abrité la "Legio IV Ferrata». Alistair Killick et Parker, qui ont fouillé le site, ont des avis divergents concernant les datations.

Un camp légionnaire semble avoir existé à Ayla (Aqaba), fouillé par Parker depuis 1994. La ville,située à l'extrémité nord du golfe d'Aqaba, a été et est un centre du trafic maritime. Plusieurs voies terrestres s'y coupent. La "Legio X Fretensis", à l'origine stationnée à Jérusalem, y a été transférée, pour protéger le terminus de la Via Nova Traiana. Des éléments de construction ont été identifiés, mais restent mal datés.

Dans la première moitié du VIe siècle, les troupes ont été progressivement retirés du limes Arabicus, et remplacées par des soldats locaux, natifs, arabes, foederati, christianisés, principalement les Ghassanides.

Après la conquête arabe, le limes arabicus a été globalement laissé à l'abandon. Certaines fortifications ont été utilisés et renforcées, avec des objectifs différents, dans les siècles suivants.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]