Emmanuelle de Dampierre

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Emmanuelle de Dampierre

Description de cette image, également commentée ci-après

Emmanuelle avec sa mère la princesse Vittoria Ruspoli et ses frère et sœur, en 1922.

Titres

Épouse du prétendant légitimiste
aux trônes de France et de Navarre

28 février 19416 mars 1947
(&&&&&&&&&&&021976 ans, 0 mois et 8 jours)

Prédécesseur Victoire-Eugénie de Battenberg
Successeur Marie-du-Carmel Martínez-Bordiú

Épouse du prétendant carliste
au trône d’Espagne

28 février 19416 mars 1947
(&&&&&&&&&&&021976 ans, 0 mois et 8 jours)

Prédécesseur Victoire-Eugénie de Battenberg
Successeur Marie-du-Carmel Martínez-Bordiú
Biographie
Titulature « Duchesse douairière d’Anjou »
Duchesse de Ségovie
Dynastie Maison de Dampierre
Distinctions Dame de la société royale d’équitation de Séville
Dame de la Croix-Rouge
Naissance 8 novembre 1913
Rome (Italie)
Décès 2 mai 2012 (à 98 ans)
Rome (Italie)
Père Roger de Dampierre (1892-1975)
Mère Vittoria Ruspoli (1892-1982)
Conjoints Jacques de Bourbon
(1935-1947)
Antonio Sozzani
(1949-1967)
Enfants Alphonse de Bourbon
Gonzalve de Bourbon
Description de cette image, également commentée ci-après

Épouses des prétendants légitimistes
Épouses des prétendants carlistes

Victoire Jeanne Joséphine Pierre Marie Emmanuelle de Dampierre, « duchesse d’Anjou et de Ségovie », née à Rome en Italie, le 8 novembre 1913 et morte dans la même ville le 2 mai 2012[1], est la première épouse de Jacques-Henri de Bourbon, duc de Ségovie, « duc d’Anjou », prétendant légitimiste au trône de France, et est donc considérée par ses partisans comme « duchesse d’Anjou » et de Ségovie et comme « reine » de droit.

Sommaire

Famille [modifier]

Emmanuelle de Dampierre est la fille aînée de Roger de Dampierre (1892-1975), vicomte de Dampierre, duc pontifical de San Lorenzo Nuovo, et noble de Viterbe, et de son épouse italienne Donna Vittoria Ruspoli (1892-1982), des princes de Poggio Suasa et de Cerveteri[2].

Le 4 mars 1935, elle épouse, à l’église baroque Saint-Ignace-de-Loyola de Rome, Jacques-Henri de Bourbon (1908-1975), duc de Ségovie, fils du roi Alphonse XIII d’Espagne.

Le couple a eu deux enfants :

Sur un plan purement civil, le mariage d’Emmanuelle de Dampierre et de Jacques-Henri de Bourbon est dissout par le tribunal civil d’Ischef, à Bucarest, en Roumanie, le 4 mai 1947. Le divorce est ensuite validé en Italie par la cour d’appel de Turin présidée par Domenico Riccardo Peretti Griva, qui en ordonne la transcription à l’état civil de Rome le 3 juin 1949, avec une décision historique qui a fait pour longtemps jurisprudence en Italie. Cependant, l’union n’est jamais annulée par l’Église et reste valide en Espagne.

Le 21 novembre 1949, Emmanuelle de Dampierre se remarie civilement à Vienne, en Autriche, avec le milanais Antonio Sozzani (1918-2007), agent de change et fils du banquier Cesare Sozzani et de Cristina Alemani. Ce mariage civil se termine par un divorce en 1967.

Biographie [modifier]

L’adolescence d’Emmanuelle de Dampierre est durement marquée par le divorce de ses parents en 1930 et par les difficultés financières que connaît sa mère à la suite de cet événement. Désargentée, la famille d’Emmanuelle la pousse donc à trouver un bon parti, ce qui semble se produire lorsqu’elle épouse l’aîné des fils survivants du roi Alphonse XIII d’Espagne[3]. Par ce mariage, Emmanuelle devient en effet, pour les légitimistes français, « dauphine » (en 1938) puis bientôt « reine de France » (en 1941), tandis qu’en Espagne le général Franco et les milieux monarchistes lui reconnaissent le titre de « duchesse de Ségovie » (même si Franco n’ira pas jusqu’à en faire concession officielle à son mari). Pour certains royalistes espagnols, qui n’acceptent pas la renonciation de son époux, elle est même la future reine d’Espagne[4].

Cependant, le mariage de rêve fait long feu. Emmanuelle de Dampierre ne tarde pas à découvrir que son époux la trompe sans vergogne, qu’il est dépensier et qu’il a également des problèmes d’alcool[5]. Au fil des années, les relations du couple se dégradent donc et cela malgré la naissance de leurs deux fils, Alphonse et Gonzalve. Finalement, le couple se sépare en 1947 et ses deux enfants sont envoyés dans un internat suisse, où ils passent la plupart de leurs vacances scolaires.

Quelque temps après, Emmanuelle se remarie civilement en Italie avec Antonio Sozzani mais elle ne tarde pas à connaître à nouveau les affres de la trahison maritale et cette seconde union est, comme la précédente, suivie d’un divorce. Ensuite, elle se lie à l’avocat napolitain Federico Astarita (1921-1974), ex-gendre de Gino Sotis (1902-1960), l’avocat italien qui s'était occupé de son premier divorce à Bucarest et à Turin.

Les années 1980 sont une période très difficile pour Emmanuelle de Dampierre. Après trois ans de séparation, son fils aîné, Alphonse de Bourbon, et l’épouse de celui-ci divorcent avec fracas en 1982. Deux ans plus tard, en 1984, un grave accident de voiture coûte la vie au fils aîné du duc, François d’Assise de Bourbon (1972-1984), tandis qu’Alphonse et son deuxième fils sont grièvement blessés. Enfin, en 1989, Alphonse de Bourbon meurt d'une grave blessure au cou dans un accident de ski aux États-Unis.

Emmanuelle de Dampierre cherche dès lors à prendre sous son aile son dernier petit-fils, Louis de Bourbon, « duc d’Anjou », mais c’est finalement chez son autre grand-mère, María del Carmen Franco y Polo (1926), que celui-ci s’installe. Emmanuelle de Dampierre accompagne cependant le prétendant légitimiste ou le représente lors de diverses cérémonies officielles, comme la messe anniversaire de la mort de Louis XVI qui a lieu tous les 21 janvier. La « duchesse d’Anjou et de Ségovie » s’implique également dans les querelles qui opposent Orléans et Bourbon, comme le montrent ses déclarations lors de l’attribution du titre de « duc d’Anjou » à Charles-Philippe d’Orléans par son oncle le « comte de Paris »[6].

En 2003, la presse espagnole offre une large couverture médiatique à la publication des mémoires d’Emmanuelle de Dampierre : El Mundo et ¡Hola! en publient de longs extraits tandis qu’ABC[7] et El País en font des critiques peu flatteuses.

Dans la culture populaire [modifier]

Le rôle d’Emmanuelle de Dampierre est interprété par l’actrice Fiorella Faltoyano dans le premier et le deuxième épisode de la mini-série espagnole Alfonso, el príncipe maldito (2010)[8].

Ascendance [modifier]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Marquis Aymar de Dampierre, pair de France
 
 
 
 
 
 
 
8. Vicomte Henri de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Julie Charlotte d’Abbadie de Saint-Germain
 
 
 
 
 
 
 
4. Richard de Dampierre, 1er duc de San Lorenzo Nuovo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Francis Proteus Corbin
 
 
 
 
 
 
 
9. Elizabeth Tayloe Corbin
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Agnes Rebecca Hamilton
 
 
 
 
 
 
 
2. Roger de Dampierre, 2e duc de San Lorenzo Nuovo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Antoine Carraby
 
 
 
 
 
 
 
10. Pierre Étienne Carraby
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Jeanne Marie Leroy
 
 
 
 
 
 
 
5. Jeanne Marie Carraby
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Charles Ybry, maire de Neuilly-sur-Seine
 
 
 
 
 
 
 
11. Marie Marguerite Ybry
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Clotilde Delbar
 
 
 
 
 
 
 
1. Emmanuelle de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Don Francesco Ruspoli, 3e prince de Cerveteri
 
 
 
 
 
 
 
12. Prince Don Bartolomeo Ruspoli
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Comtesse Maria Leopoldina von Khevenhüller-Metsch
 
 
 
 
 
 
 
6. Don Emanuele Ruspoli, 1er prince de Poggio Suasa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Valerio Ratti
 
 
 
 
 
 
 
13. Carolina Ratti
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Luigia Masucci
 
 
 
 
 
 
 
3. Princesse Donna Vittoria Ruspoli de Poggio Suasa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Lewis Agur Curtis
 
 
 
 
 
 
 
14. Joseph David Beers-Curtis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Mary Elizabeth Beers
 
 
 
 
 
 
 
7. Josephine Mary Beers-Curtis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. George Washington Giles
 
 
 
 
 
 
 
15. Elizabeth Shipton-Giles
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Elizabeth Ogden
 
 
 
 
 
 

Notes et références [modifier]

  1. Communiqué du décès par l’institut « Duc d’Anjou »
  2. Quid, « Descendants des anciens souverains »
  3. Pour certains auteurs, il s’agirait même d’un mariage forcé. El Mundo, « Don Alfonso, de visita en La Zarzuela: “Aquí debería estar yo” », 22 octobre 2003
  4. El Mundo, « Así presionaron a Jaime para que renunciara al trono », 19 octobre 2003
  5. El Mundo, « Memorias y olvidos de Emanuela de Dampierre », 23 octobre 2003.
  6. « Apanage en débat » sur Royal artillerie
  7. ABC, « Fantasmas de palacio », 18 octobre 2003
  8. Informations sur l’IMDB.

Bibliographie [modifier]

Œuvres [modifier]

  • (fr) Emmanuelle de Dampierre, « Préface » dans Jean Silve de Ventavon, La légitimité des lys et le duc d’Anjou, Éditions Fernand Lanore, coll. « Reflets de l'histoire », Paris, 1989. (ISBN 2851570609)
  • (es) Emanuela de Dampierre et Begoña Aranguren, Memorias. Esposa y madre de los Borbones que pudieron reinar en España, Madrid, La Esfera de los Libros, coll. « Biografías y Memorias », 2003, 412 p. (ISBN ISBN) [présentation en ligne] 

Autres sources [modifier]

  • (es) José Apezarena, Luis Alfonso de Borbón. Un príncipe a la espera, Plaza & Janés, 2007 (ISBN 978-84-01-30552-9) .
  • (fr) Marc Dem, Le duc d’Anjou m’a dit — La vie de l’aîné des Bourbons, Perrin, Paris, 1989, 177 p. (ISBN 226200725X)
  • (fr) Jean Silve de Ventavon, La légitimité des lys et le duc d’Anjou, Éditions Fernand Lanore, coll. « Reflets de l'histoire », Paris, 1989, 233 p. (ISBN 2851570609)
  • (es) José María Zavala, Don Jaime, el trágico Borbón - La maldición del hijo sordomudo de Alfonso XIII, Madrid, La Esfera de los Libros, 424 p. (ISBN 8497345657) 

Presse en ligne [modifier]

Article connexe [modifier]

Précédée par Emmanuelle de Dampierre Suivie par
Victoire-Eugénie de Battenberg
1936 — 1941

Blason France moderne.svg Armoiries de Dampierre (Picardie).png
Épouse du prétendant légitimiste au trône de France
19411947
Marie du Carmel Martínez-Bordiú
1972 — 1982