Accent aigu

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Accent aigu
◌́ ˊ ´
Graphies
Graphie ◌́ (diacritique)
ˊ (lettre)
´ (symbole ASCII)
Codage
Unicode U+0301 (diacritique)
U+02CA (lettre)
U+00B4 (ASCII)

L’accent aigu ‹ ◌́ › est un diacritique de l'alphabet latin hérité de l'accent aigu grec ou de l'apex latin.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Français[modifier | modifier le code]

En français, l’accent aigu est placé sur la lettre e (« é ») pour distinguer le phonème au timbre fermé /e/ du phonème /ə/. On le rencontre exceptionnellement sur e ouvert dans  : aimé-je, je protégerai et dans certains mots comme allégement, événement, piétement (prononcés allègement, évènement, piètement). L’arrêté du 28 décembre 1976 et les rectifications de 1990 autorisent en revanche l’accent grave au lieu de l’accent aigu dans les cas où la prononciation fait entendre un e ouvert : évènement, je protègerai, aimè-je.

L’accent aigu fait ses premières apparitions en français au XVIe siècle, proposé par Geoffroy Tory dans Champ Fleury en 1529[1].

« Hétérogénéité » est le mot français qui comporte le plus d'accents aigus (cinq)[2].

Accent tonique[modifier | modifier le code]

Espagnol[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accentuation de l'espagnol.

Áá [a], Éé [e], Íí [i], Óó [o], Úú [u].

Il indique les accents toniques « irréguliers » par rapport à la structure accentuelle courante. Par exemple : explicación [eksplika'θjon] (« explication »), típico ['tipiko] (« typique »).

Il permet en outre de distinguer des homophones, notamment les pronoms interrogatif et exclamatif (accentués) du pronom relatif (non accentué). C'est dans ce cas un vrai usage diacritique. Par exemple :

  • ¿Qué dice? : « Que dit-il ? ».
  • Lo que dice : « Ce qu'il dit ».

Parmi les autres cas se nombrent te (pronom réflexif « te ») et (« thé »), se (pronom réflexif « se ») et (« sois » ou « je sais »), et mas (« mais ») et más (« plus »).

Russe[modifier | modifier le code]

L’accent tonique en russe est imprévisible et doit être appris ; cependant, il n’est habituellement pas marqué à l’écrit. L’accent aigu sert à indiquer l’accent tonique, principalement dans les dictionnaires et les manuels de russe pour les étrangers, et exceptionnellement pour marquer l'accent lorsque le contexte ne permet pas de trancher (бо́льшие plus grands face à больши́е grands). Ce caractère n'est pas présent sur les claviers informatiques.

Longueur[modifier | modifier le code]

Hongrois[modifier | modifier le code]

En hongrois, l’accent aigu sert à indiquer une voyelle longue (‹ á ›, ‹ é ›, ‹ í ›, ‹ ó ›, ‹ ú ›), mais dans le cas de a et e, il modifie aussi le timbre de la voyelle : ‹ a › /ɒ/ → ‹ á › // ; ‹ e › /ɛ/ → ‹ é › //. Placé sur ‹ ö › et ‹ ü ›, il prend la forme d’un double accent aigu (‹ ő ›, ‹ ű ›).

Tchèque et slovaque[modifier | modifier le code]

En tchèque et en slovaque, l’accent aigu apparaît sur les voyelles ‹ á ›, ‹ é ›, ‹ í ›, ‹ ó ›, ‹ ú › et ‹ ý › pour indiquer que ces voyelles sont longues. Dans ces langues, l et r peuvent être considérés comme des voyelles et, en slovaque, ils peuvent également être allongés : ‹ ĺ ›, ‹ ŕ ›.

Ton[modifier | modifier le code]

Vietnamien[modifier | modifier le code]

Dans l’écriture vietnamienne Quôc ngu, l’accent aigu est appelé « sắc » et indique une intonation montante.

Transcription du chinois[modifier | modifier le code]

En hanyu pinyin, l’accent aigu indique un ton montant : ‹ á ›, ‹ é ›, ‹ í ›, ‹ ó ›, ‹ ú ›, ‹ ǘ ›.

Alphabet phonétique international[modifier | modifier le code]

Sur tout symbole de voyelle (ou de consonne vocalisée), il indique un tonème de registre haut.

Autres usages[modifier | modifier le code]

Biélorusse[modifier | modifier le code]

En biélorusse lacinka, l'accent sert, tout comme pour le polonais, à indiquer une palatalisation : ń correspond au son "нь" ć correspond au son "ць" en cyrillique, ś correspond au son "сь" en cyrillique et ź correspond au son "зь".

Polonais[modifier | modifier le code]

En polonais, l’accent aigu a deux usages :

Serbo-croate[modifier | modifier le code]

Dans l’écriture latine du serbo-croate, la lettre Ć représente le son [t͡ɕ].

Informatique[modifier | modifier le code]

En langage HTML on utilise le code ć pour écrire un ć minuscule et le code Ć pour écrire un Ć majuscule. Le code &eacute permet d'écrire un é, &Eacute pour écrire É.

Le codage de caractères ASCII ne contient pas de lettre accentuée. Lorsque c'est le seul codage disponible, certains simulent l'accent aigu en plaçant une apostrophe derrière la lettre : par exemple en écrivant « e'te' » pour « été ». C'est d'ailleurs cette solution qui a été retenue pour le VIQR.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Perrousseaux, Histoire de l’écriture typographique, de Gutenberg au xviie siècle, Atelier Perrousseaux,‎ 2006 (ISBN 9782911220135)

Articles connexes[modifier | modifier le code]