Point médian

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Point médian
·
Graphies
Graphie ·
Codage
Nom Point médian
Unicode U+00B7
Bloc Commandes C1 et supplément Latin-1

Le point médian, ou point en haut, est un signe typographique semblable au point mais placé au-dessus de la ligne de base. Les usages les plus anciens remontent à l’épigraphie : il a servi, dans nombre d'écritures antiques, à séparer les mots. En latin et en grec, son utilisation, bien que fréquente, n’a cependant jamais été systématique, et on a le plus souvent cantonné ce point séparateur de mots aux inscriptions en capitales. Voici un exemple :

ΝΙΨΟΝ·ΑΝΟΜΗΜΑΤΑ·ΜΗ·ΜΟΝΑΝ·ΟΨΙΝ

(en grec : « lave mes péchés et non seulement mes yeux », palindrome que l’on peut rencontrer sur des fonts baptismaux).

Il a été détrôné par l’espace (le point médian séparateur n’ayant pas été conservé dans les écritures manuscrites puis imprimées occidentales et moyen-orientales), maintenant obligatoire dans toutes les langues à écriture dérivée du phénicien, c'est-à-dire autant l’alphabet grec et sa descendance (alphabet latin, cyrillique, etc.) que les abjads sémitiques (alphabet arabe, hébreu, etc.), et ce dans tous les types d’écrits.

Le point médian sert aussi de diacritique dans les orthographes actuelles du catalan et de l’occitan, ou dans certaines romanisations BGN/PCGN d’autres systèmes d’écriture que l’alphabet latin. On le nomme en catalan punt volat (« point élevé », littéralement « envolé ») et en occitan punt interior ou ponch interior (« point intérieur »). Dans d’autres langues, il sert de signe de ponctuation ou de signe typographique. Enfin, on l’utilise en mathématiques.

Utilisation en catalan[modifier | modifier le code]

Distinction ‹ ll › ~ ‹ l·l ›[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L·l (digramme).

Le point médian (appelé punt volat en catalan) se place exclusivement entre deux ‹ l › ou deux ‹ L › en capitales, pour obtenir le digramme modifié ‹ l·l › ou ‹ L·l › en capitales (les formes utilisant le caractère obsolète ‹ Ŀ › sont : ‹ ŀl › ou ‹ ĿL ›). On peut ainsi opposer deux digrammes (les transcriptions entre crochets suivent les usages de l’alphabet phonétique international) :

  • ‹ ll › vaut le plus souvent [ʎ] (/l/ palatalisé ou « mouillé » comme en ancien français dans famille, en italien dans famiglia ou en occitan dans familha), comme en castillan ; ‹ ll › (dit ela dobla ['ɛlə 'dɔbːlə]) se rencontre à n’importe quel emplacement dans le mot. Par exemple : llibre ['ʎiβrə] « (un) livre », illa ['iʎə] « île » ou encore ell [eʎ] « il ». Ce digramme n’est plus considéré comme une lettre indépendante dans le classement alphabétique ;
  • ‹ l·l › vaut [ll] (/l/ géminé ou long, souvent réduit à [l] dans la langue courante). On ne peut rencontrer ce digramme (dit ela geminada ['elə ʒəmi'nað̞ə]) ni en début ni en fin de mot : el·líptic [əl'liptik] « elliptique ». Il ne forme pas non plus une lettre indépendante et on le classe dans l’alphabet après le digramme ‹ ll ›. De tels /l/ géminés se rencontrent surtout dans des mots savants (construits à partir d’un préfixe terminé par un -l suivi d’un radical commençant par l-, par exemple : col·legi) ou dans les emprunts (paral·lel). Il sert aussi à conserver le son [l] à la fin des mots lorsque ceux-ci prennent la marque du féminin singulier ou du féminin pluriel. Par exemple : tranquil, tranquil·la, tranquil·les.

Typographie[modifier | modifier le code]

Le point médian catalan doit être remplacé par un trait d’union en cas de césure. Síl·laba deviendra síl-laba.

Il doit se tracer aussi en capitales : SÍL·LABA.

Dans de mauvaises compositions, le point médian est parfois remplacé par un point bas voire un trait d’union : *síl.laba, *síl-laba. C’est un usage à éviter car il est incorrect.

Utilisation en grec ancien et moderne[modifier | modifier le code]

En grec ancien et moderne, le point médian est utilisé en lieu et place du point-virgule.

Utilisation en occitan gascon[modifier | modifier le code]

Distinction ‹ nh › ~ ‹ n·h › et ‹ sh › ~ ‹ s·h ›[modifier | modifier le code]

En occitan, le point médian (appelé ponch interior) n’est utilisé que dans le dialecte gascon.

Il s’utilise entre les lettres ‹ n › et ‹ h ›, ou ‹ s › et ‹ h ›, pour faire les digrammes ‹ n·h › et ‹ s·h › (en majuscules ‹ N·h › et ‹ S·h ›).

On peut ainsi opposer quatre digrammes deux à deux (les transcriptions entre crochets suivent les usages de l’alphabet phonétique international) :

  • ‹ nh ›, en occitan, forme le son [ɲ] (comme le ‹ gn › français dans châtaigne ou la ‹ ñ › espagnole dans España, ou encore le ‹ nh › portugais ou le ‹ ny › catalan), sauf en final (à l’exception du gascon où il garde la même prononciation) où il est prononcé [n] . Exemple : castanha [kas'taɲɔ].
  • ‹ n·h ›, en occitan gascon, est prononcé comme deux lettres distinctes, soit [n.h] (soit un ‹ n › français suivi d’un ‹ h › anglais comme dans to have ) mais à ne pas confondre avec [nʰ] qui est un « n aspiré ». Ici, le ‹ n › et le ‹ h › sont prononcés séparément (deux syllabes différentes), car en gascon plusieurs ‹ f › latins se sont transformés en ‹ h › (expliquant sont utilisation dans le dialecte gascon, mais pas dans les autres dialectes occitans) donc le ‹ h › a la valeur d’un ‹ f ›. Exemple : in·hèrn [in.'hɛɾ] (dans les autres dialectes occitan infèrn [in'fɛɾ]).
  • ‹ sh ›, en occitan, est prononcé [ʃ] (comme le ‹ ch › français dans chemin ou le ‹ sh › anglais dans shy). Exemple : floreish [flu'ɾejʃ].
  • ‹ s·h ›, en occitan gascon, est prononcé [s.h] (soit comme un ‹ s › français dans poisson suivi d’un ‹ h › anglais dans to have mais à ne pas confondre avec le [sʰ] qui est un « s aspiré ». Ici le ‹ s › et le ‹ h › sont prononcés séparément (deux syllabes différentes), car en gascon plusieurs ‹ f › latin se sont transformés en ‹ h › (expliquant son utilisation dans le dialecte gascon, mais pas dans les autres dialectes occitans) donc le ‹ h › a la valeur d’un ‹ f ›. Exemple : des·har [des.'ha] (dans les autres dialectes desfar [des'fa] ou [des'faɾ] en vivaro-alpin de l’est).

Contrairement au ‹ l· › catalan qui était anciennement un seul caractère ‹ ŀ ›, il n’y a pas de caractères Unicode uniques faits pour le ‹ n· › et le ‹ s· ›, ceux-ci doivent donc être composés avec le caractère point médian ‹ · › (U+00B7), comme il est recommandé pour le ‹ l· › catalan depuis la révision 5.0 d’Unicode.

Utilisation en franco-provençal[modifier | modifier le code]

En franco-provençal, le point médian sert à faire la distinction entre plusieurs digrammes :

  • Entre ch· et ch. En franco-provençal, ch· fait le son [ʃ] (« ch » français ou « sh » anglais) alors que ch fait le son [t͡ʃ] (tch français, ch anglais).
  • Entre le j· et j. En franco-provençal, g· [ʒ] (j français) alors que g fait le son [d͡z] (dz français).
  • Entre g· et g (devant e et i pour les deux).

Remarque : le point médian en franco-provençal sert à marquer une consonne fricative là ou la consonne sans point médian marque une consonne affriquée.

Utilisation dans le langage non sexiste[modifier | modifier le code]

En français, le point médian est parfois utilisé — généralement dans une perspective militante — pour inclure dans un même mot féminin et masculin. Pour dire « les salariés et les salariées » on pourra ainsi écrire « les salarié·e·s ». C'est une variante du trait d'union ; il a l'avantage d'être neutre typographiquement, de prendre moins d'espace et de ne pas diviser les mots en fin de ligne[1],[2].

Point médian non diacritique[modifier | modifier le code]

Il s'utilise dans d'autres langues, mais pas comme diacritique. C'est alors une ponctuation que l'on rencontre en grec (manuscrit puis typographié) ou en géorgien. En grec, on utilise le point en haut (·) pour séparer deux parties de phrase, là où en français ou en anglais on met un point-virgule ou deux-points[3] En géorgien, le point médian sert de virgule, pour séparer des parties de phrase. [réf. souhaitée] En épigraphie occidentale, le point médian a pu servir de séparateur de mots : c'est le cas dans l'alphabet runique. En gotique, il sert, dans la numération, à isoler les lettres utilisées comme nombres.

Dans les langues à écriture chinoise, comme le mandarin, ou à écritures dérivées, comme le japonais avec ses kanji et ses kana, le point médian est un artifice typographique sans lien avec la prononciation servant à séparer des mots étrangers (entre autres emplois possibles) :

  • mandarin (on l'y nomme 間隔號 jiàngéhào) : entre un prénom et un patronyme étrangers (qu'on écrit dans l'ordre occidental et non oriental) → 威廉·莎士比亞 Wēilián Shāshìbǐyà (transcriptions en pinyin) ;
  • japonais : on utilise le point médian pour séparer les mots d'une phrase en langue étrangère écrits en katakana.

Utilisation en mathématiques[modifier | modifier le code]

Le point, en mathématiques, sert de signe de multiplication. Or, dans la convention anglo-saxonne, le point sert aussi de séparateur décimal. Il est donc de convention, dans les ouvrages utilisant le point comme séparateur décimal[réf. souhaitée], d'utiliser le point médian comme signe de multiplication ; par exemple :

  • Point comme séparateur décimal : 5.1⋅2 = 10.2
  • Virgule comme séparateur décimal : 5,1⋅2 = 10,2

Il est parfois utilisé, au moins dans certaines publications anglophones comme Handbook of the Birds of the World, comme séparateur décimal.

On le trouve également comme séparateur dans les dates abrégées : 4·10·06 pour 4 octobre 2006.[réf. nécessaire]

Le point médian peut aussi être utilisé pour matérialiser une action de groupes ou un produit dans une algèbre ou dans un groupe.

Codage informatique[modifier | modifier le code]

En Unicode, le point médian catalan et géorgien (·) est normalement codé par U+00B7 :

  • UTF-8 : 0xC2 0xB7 ;
  • UTF-8 octal : \302\267 ;
  • entité HTML : · ;
  • entité HTML décimale : ·.

Il existe un l pointé précomposé pour des raisons historiques, mais celui-ci est obsolète, U+00B7 est recommandé[4],[5] :

  • Capitale Ŀ (U+013F) :
    • UTF-8 : 0xC4 0xBF ;
    • UTF-8 octal : \304\277 ;
    • Entité HTML décimale : Ŀ.
  • Minuscule ŀ (U+0140) :
    • UTF-8 : 0xC5 0x80 ;
    • UTF-8 octal : \305\200 ;
    • Entité HTML décimale : ŀ.

Le point médian grec peut être codé par U+0387 (·) mais U+00B7 reste préférable :

  • UTF-8 : 0xCE 0x87 ;
  • UTF-8 octal : \316\207 ;
  • entité HTML décimale : ·.

Point chinois (.) U+FF0E (qui est en fait un point à pleine largeur mais n'est pas forcément défini par son caractère médian) :

  • UTF-8 : 0xEF 0xBC 0x8E ;
  • UTF-8 octal : \357\274\216 ;
  • entité HTML décimale : ..

Point médian katakana (japonais) «・» U+30FB (pleine largeur) :

  • UTF-8 : 0xE3 0x83 0xBB ;
  • UTF-8 octal : \343\203\273 ;
  • entité HTML décimale : ・.

Ponctuation simple runique (᛫) U+16EB :

  • entité HTML décimale : ᛫.

Opérateur point (pour la multiplication) (⋅) U+22C5 :

  • entité HTML : ⋅ (scalar dot) ;
  • entité HTML décimale : ⋅.

En LaTeX, le point médian peut s'obtenir avec \textperiodcentered ; dans l'environnement mathématiques ($…$ ou \[…\]) par la commande \cdot. Dans le même environnement, on peut utiliser des points de suspension médians, utiles par exemple dans le cas de matrices, avec la commande \cdots. On peut également saisir la ela geminada à l'aide de la macro \lgem, en ayant au préalable chargé l'extension Babel avec l'option catalan : \usepackage[catalan]{babel}.

Saisie au clavier[modifier | modifier le code]

Sur Mac OS X, on peut obtenir le point médian en appuyant sur les touches suivantes :

  • ⌥ alt + ⇧ maj + F avec un agencement de clavier français ou belge ;
  • ⌥ alt + ⇧ maj + H avec un agencement de clavier espagnol, canadien multilingue ou suisse français ;
  • ⌥ alt + ⇧ maj + 9 avec un agencement de clavier anglais britannique, canadien anglais ou allemand ;
  • ⌥ alt + ; ou ⌥ alt + ⇧ maj + Λ avec un agencement de clavier grec ;
  • ⌥ alt+00B7 avec l’agencement de clavier universel (Unicode Hex).

Sous Windows :

  • Maj + 3 avec un agencement de clavier catalan ou espagnol ;
  • Alt+0183  ou Alt+00B7 avec la combinason de touche Alt .

Sous GNU/Linux :

  • AltGr + × (du pavé numérique) ou AltGr + ⇧ Maj + ..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le point médian, sur www.langagenonsexiste.ca
  2. Madmoizelle, Guide du langage non sexiste, 12 juin 2012
  3. www.tlg.uci.edu/~opoudjis/unicode/punctuation.html
  4. ISO/IEC 6937 : Technologies de l'information — Jeu de caractères graphiques codés pour la transmission de texte — Alphabet latin, 3e édition, 15 décembre 2001. (aperçu)
  5. Dans la table de caractères Latin étendu A d’Unicode 5.0, il est indiqué comme note pour ‹ ŀ › U+0140 :
    • caractère de compatibilité catalan hérité de l’ISO/CEI 6937
    • la représentation recommandée pour le catalan est : 006C l 00B7 ·