Association négaWatt

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Fondée en France en 2001, l'Association négaWatt promeut et développe le concept et la pratique négawatt dans la société française.
L'association souhaite ainsi contribuer à une moindre dépendance aux énergies fossiles et nucléaires, pour diminuer les impacts négatifs de l'économie humaine sur la biosphère et le Climat, et permettre puis préserver un partage équitable des ressources naturelles, à la solidarité et la paix par le développement harmonieux des territoires, sans perte de qualité de vie et tout en répondant à tous les besoins humains et sociaux.

La « démarche négaWatt » de l'association s’appuie sur la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique, et le recours aux énergies propres comme les énergies renouvelables, par cogénération au biogaz[1] et une sortie du nucléaire civil[2].
Elle s'inscrit dans les démarches de transition vers un développement durable, dont la démarche Ville en transition. Chaque année l'association tient à Mèze (Hérault) son Université d'Automne. La sixième édition s'est tenue les 19 et 20 octobre 2012.

Sommaire

Le scénario négaWatt [modifier]

Le « scénario négaWatt » est un scénario énergétique pour la production et la consommation d'énergie sous forme de transport, de chaleur et d'électricité. Il a connu plusieurs versions intégrant diverses améliorations ;

  • L'association négaWatt a établi sa première version au printemps 2003, à l'occasion du lancement par le Premier ministre de l'objectif d'une division par 4 des émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici 2050 (principe du Facteur 4).
    Elle a alors imaginé un scénario de politique énergétique concret et prospectif, pour la période 2000-2050, visant à atteindre cet objectif ;
  • Ce scénario a été complété fin 2005 (« Scénario négaWatt 2006 ») ;
  • Le scénario a ensuite été entièrement refondu et fortement enrichi à partir d'août 2010.
    La nouvelle version a officiellement été présenté à Paris le 29 septembre 2011, présenté comme séisme énergétique par le Journal Le Figaro[3] et sujet de débat pour la présidentielle par les Echos[4].
    Sans « retour à la bougie » et sans nucléaire, ce scénario propose une bascule presque totale vers les renouvelables[5]. Il intègre une méthodologie beaucoup plus développée et de nouvelles préoccupations sociales[6]. Et selon le quotidien Libération, loin d’être une obsession, la sortie du nucléaire n’est qu’un aspect de ce scénario qui aborde tous les domaines de la vie avec une grille de lecture énergétique[7]. Cette version a intégré les dernières statistiques disponibles sur la consommations de biens et Consommation d'énergie, prospective démographique et sur l'urbanisme et la mobilité (pour la période 2020-2050), avec une intégration plus poussée des apports de l'écologie industrielle et d'une économie circulaire. Le scénario Afterres2050 sur l'alimentation - agriculture et les usages des sols (alors en préparation par l'association Solagro et présenté en 2011)[pas clair].
    Cette version intègre aussi une modélisation en puissance sur l’électricité (équilibre offre-demande sur les énergies renouvelables variables : éolien et photovoltaïque), pour développer un jeu plus complet de politiques et mesures stratégiques utiles à sa réalisation.

Critiques [modifier]

  • Le scénario négaWatt se base sur des hypothèses techniques irréalistes concernant les possibilité de réduction de consommation, la capacité de faire face à l’intermittence des énergies fluctuantes, et sur les rendements énergétiques de l'utilisation de méthane[8].
  • Le scénario négaWatt n'est qu'un scénario, il reste donc à trouver des financements et des techniques qui permettent de le faire vivre[9].
  • La mise en œuvre du scénario négaWatt nécessitera de créer des mécanismes incitatifs politiques et financiers qui le rendront possible[10].
  • Le scénario négaWatt mise à 75 % sur l'efficacité énergétique et seulement à 25 % sur la sobriété, ce qui selon Benoît Thévard impliquerait une économie de croissance, et donc une dépendance trop importante au pétrole[11]. En réalité, la moitié des réductions de consommation dues à l'efficacité énergétique est mécaniquement liée à la réduction des pertes thermiques du secteur électrique, il s'agit d'un effet structurel.
  • Une transition énergétique est en soi un processus énergivore (ne serait-ce que pour fabriquer les nouvelles infrastructures dont l'usage sera moins consommateur d'énergie). Un scénario "tendanciel" serait également énergivore. Le scénario négaWatt n'évalue pas directement le coût énergétique de la transition qu'il propose [12]. La consommation de matériaux est cependant prise en compte dans le volet "industrie" du scénario.

L'Institut négaWatt [modifier]

L'Institut négaWatt a été créé avec un statut d'EURL (œuvrant dans des domaine concurrentiels) « sur le modèle de plusieurs Instituts fonctionnant à travers le monde : Öko-Institut en Allemagne, Rocky Mountain Institute aux États-Unis ou encore l’Institut de l’Énergie en Autriche » ; C'est à la fois un lieu et outil de formation, d'étude (en mutualisant les moyens et la connaissance) sur les questions relatives à l'énergie et au développement soutenable, afin de préparer et d'accompagner la transition énergétique devenue selon ses membres « indispensable et inéluctable ». Il se base sur le scénario négaWatt, les travaux de l'Association négaWatt, maintenant « largement reconnus par les acteurs de l'énergie », et les principes qui les sous-tendent (sobriété, efficacité énergétique, énergies renouvelables, approchées dans un esprit d'indépendance, d'approche systémique des questions énergétiques, d'intégration des enjeux globaux autant que locaux, dans une approche prospective, éthique et de travail coopératif[13].
Ses objectif sont :

  • « renforcer les compétences et la capacité d'expertise des acteurs de l'énergie »[13];
  • « développer les propositions d'évolution des politiques énergétiques et climatiques »[13] ;
  • « accompagner la mise en œuvre de ces propositions, sur la base des orientations et des travaux du scénario négaWatt »[13].

Il a accompagné par ses données et expertises (dont prospectives) les acteurs du Grenelle de l’environnement.
Actuellement dirigé par Vincent Legrand, c'est une filiale de l’association qui en est l'unique associé et qui fixe chaque année le cadre de travail de l'institut.

La Compagnie des négaWatts [modifier]

L'association négaWatt est animée et dirigée par un collège exécutif de 25 membres - la Compagnie des négaWatts - présidé par Thierry Salomon. Les autres membres sont :

Des déclinaisons régionales s'inspirant du scénario Négawatt [modifier]

Plusieurs associations "Virage-énergie" développent aujourd'hui des déclinaisons régionales inspirées du scénario Négawatt en France : dans le Nord-Pas de Calais (Virage-énergie Nord-Pas de Calais), en Pays de la Loire (Virage Énergie Climat Pays de la Loire), en Île-de-France (Virage-énergie Île-de-France), en Aquitaine (Virage-énergie Aquitaine).

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Jeremy Rifkin : "La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l'énergie, l'économie et le monde", Éditions Les Liens qui libèrent, 2012 (ISBN 2-9185-9747-3)

Références [modifier]