Église Sainte-Marie-de-Sion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

14° 07′ 49″ N 38° 43′ 10″ E / 14.13028, 38.7194

Ge'ez.svg Cette page contient des caractères éthiopiques. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Église Sainte-Marie-de-Sion à Axoum
Chapelle de l'Arche d'Alliance, dans l'enclos de l'église Sainte-Marie-de-Sion à Aksoum.
Les Neuf Saints (7 sur la photo) sur une fresque de l'église Sainte-Marie-de-Sion, à Axoum.

L’église Sainte-Marie-de-Sion (amharique : ርዕሰ አድባራት ቅድስተ ቅዱሳን ድንግል ማሪያም ፅዮን Re-ese Adbarat Kidiste Kidusan Dingel Maryam Ts’iyon) est la plus importante église d'Éthiopie et prétend abriter l'Arche d'alliance qui, selon la tradition, aurait été volée par le roi Ménélik Ier[1]. Elle se situe dans la ville d'Aksoum, dans la province du Tigray. Initialement bâtie au cours du IVe siècle pendant le règne d'Ezana, premier empereur chrétien de l'Éthiopie, l'église a depuis été reconstruite plusieurs fois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis sa fondation pendant l'épiscopat de Frumence (connu en Éthiopie sous le nom d'Abune Selama Kesatay Birhan ou "Notre Père de la paix le révélateur de la lumière"), l'église Sainte-Marie-de-Sion a été détruite et reconstruite au moins deux fois. Elle a probablement été une première fois détruite sous le règne de la reine Gudit au Xe siècle. La deuxième destruction, avérée, eut lieu au XVIe siècle des mains de Ahmed Ibn Ibrahim Al-Ghazi, après quoi elle a été reconstruite par l'empereur Gelawdéwos, puis encore reconstruite et agrandie par Fasiladas au XVIIe siècle.

Sainte-Marie de Sion était le lieu traditionnel où les empereurs éthiopiens venaient pour être couronnés et désignés par le titre de "Atse"[2].

Dans les années 1950, l'empereur Haïlé Sélassié Ier construit une nouvelle cathédrale moderne ouverte aux hommes et aux femmes à côté de l'ancienne cathédrale de Sainte-Marie-de-Sion. L'ancienne église reste accessible uniquement aux hommes. Marie, symbolisée par l'Arche d'alliance qui reposerait dans la chapelle de l'église, est la seule femme autorisée dans son enceinte.

L'église est un important centre de pèlerinage pour les chrétiens orthodoxes éthiopiens, en particulier au cours de l'un des plus grands festivals d'Éthiopie, le Festival Maryam Zion, se déroulant tous les 30 novembre (correspondant au 21 Hidar selon le calendrier éthiopien)[3].

L'Arche d'alliance[modifier | modifier le code]

Sainte-Marie de Sion prétend contenir l'Arche d'alliance. Selon les récits, l'Arche a été déplacée à la chapelle de la tablette à côté de l'ancienne église, car une «chaleur divine» provenant des tablettes aurait fissuré les pierres de son sanctuaire précédent. L'épouse de l'empereur Hailé Sélassié, l'impératrice Menen Asfaw (en), a payé pour la construction de la nouvelle chapelle.

La tradition fait des rois éthiopiens des descendants du roi Salomon. Selon la légende, la reine de Saba serait retournée enceinte dans son royaume et son fils, Ménélik 1er, premier empereur d’Éthiopie, serait le fils de Salomon. La légende précise que le jeune prince fut éduqué à Jérusalem pour s’imprégner de la sagesse de son père et aurait rapporté de là en Éthiopie l'Arche contenant les Tables de la Loi.

Seul le moine gardien peut voir l'arche[4], en conformité avec les récits bibliques affirmant que le spectacle de l'Arche, qui serait insupportablement radieuse, tue le commun des mortels. Ce manque d'accessibilité et des questions sur la légende dans son ensemble ont conduit les chercheurs étrangers à exprimer des doutes quant à sa véracité. Le gardien de l'arche est nommé à vie par son prédécesseur avant la mort de celui-ci. Si le gardien titulaire meurt sans nommer un successeur, alors les moines du monastère élisent un nouveau gardien. Le gardien est alors confiné à la chapelle de l'Arche d'alliance pour le reste de sa vie, sans possibilité d'en sortir, pour y prier et brûler de l'encens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Paul Raffaele, « Keepers of the Lost Ark? », sur smithsonianmag.com,‎ décembre 2007 (consulté le 20 janvier 2014)
  2. « Axoum », sur Site de l’UNESCO (consulté le 21 janvier 2014)
  3. (en) Jean-Bernard Carillet, Stuart Butler, Dean Starnes, « Lonely Planet - Ethiopia & Eritrea »,‎ 2009 (ISBN 978-1741048148, consulté le 21 janvier 2014), p. 142[(en) lire en ligne (page consultée le 21.01.2014)]
  4. « L'Arche d'Alliance en Éthiopie ? », sur histoire-pour-tous.fr,‎ 22 mai 2010 (consulté le 20 janvier 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]