Édouard Lartet

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Édouard Lartet

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Edouard Lartet

Naissance 1801
Castelnau-Barbarens
Décès 1871
Seissan
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Diplôme
Avocat
Profession Préhistorien
Conjoint
Léonnie Barrère
Descendants


Édouard Lartet (15 avril 1801 à Castelnau-Barbarens - 28 janvier 1871 à Seissan) est un préhistorien et paléontologue français. Il fait partie avec Jacques Boucher de Perthes des fondateurs de la préhistoire française[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Hommage aux préhistoriens, dont Lartet et Christy, les deux amis. Les Eyzies de Tayac, Dordogne.

Édouard Lartet est issu d'une famille de propriétaires terriens aisés établie dans son village natal de Seissan depuis cinq siècles. Excellent élève au Lycée Impérial d'Auch, il reçoit les félicitations de Napoléon en 1808 lors de son passage dans cette ville[2]. Il est bachelier à 18 ans. Après des études de droit à Toulouse où il obtient une licence en 1820, puis un très court séjour à Paris, il s'intéresse aux sciences naturelles et suit des cours au Collège de France. Il se nourrit en particulier des travaux de Cuvier. De retour dans le Gers, il dirige le domaine familial et exerce quelques années en tant qu'avocat. Il consacre d'abord ses loisirs, puis tout son temps grâce à ses rentes, à sa passion pour la paléontologie et la géologie.

En 1833, en payement de conseils juridiques, un berger lui donne une dent de mastodonte provenant du lieu-dit "lo camp de los osses"" Lartet découvre le gisement tertiaire de Sansan où il va identifier plus de 90 genres et espèces fossiles de mammifères et de reptiles. Les premières publications datent de 1834. Ces travaux ont immédiatement un grand retentissement François Guizot Ministre de l'Instruction Publique lui octroie des crédits pour fouiller le gisement.

En 1836, il découvre à Sansan la mâchoire du premier grand singe fossile, le Pliopithèque. Cette découverte va à l'encontre des théories de Georges Cuvier, mort trois années auparavant, qui avait affirmé que les singes fossiles ne pouvaient pas exister. Une commission d'enquête est nommée, présidée par Henri-Marie Ducrotay de Blainville qui a succédé à Cuvier à la chaire d'anatomie comparée du Muséum de Paris et elle confirme la découverte. Pour Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, c’est la confirmation des théories de l’évolution qui avaient opposé Cuvier et son père Étienne Geoffroy Saint-Hilaire : « La découverte de la mâchoire fossile de singe de M. Lartet me parait appelée à commencer une ère nouvelle du savoir humanitaire. »

En 1840 il épouse Léonnie Barrère dont il aura un fils Louis. Les fouilles continuent à Sansan et l'État rachète le site en 1848[3]. 78 espèces seront reconnues sur le site, 27 sont encore valides aujourd'hui[2].

En 1852 soucieux de l'éducation de Louis la famille quitte le Gers pour s'installer pendant deux années à Toulouse.

En 1856 il publie un article sur le Dryopithecus fontani découvert près de Saint-Gaudens [4] .

Pelagornis - Gélasien

En 1857 il décrit le genre Pelagornis (oiseau à dent) du Gélasien à partir d'un humérus trouvé dans le Gers[5].

En 1860 les fouilles archéologiques qu'il entreprend à Massat et à Aurignac contribuent à démontrer la contemporanéité de l'Homme avec des espèces animales disparues, prouvée dès 1851 par Jean-Baptiste Noulet. En 1861, il propose une chronologie du Quaternaire fondée sur les espèces successives de grands mammifères dominants, à partir desquelles il pensait pouvoir dater les industries lithiques paléolithiques: l'âge de l'ours des cavernes, l'âge de l'éléphant et du rhinocéros laineux (ou du mammouth et du rhinocéros laineux), l'âge du renne et l'âge de l’auroch[2].

En 1863, il fouille avec l'Anglais Henry Christy certains des sites majeurs du Périgord, dont Le Moustier, Laugerie-Basse et La Madeleine. Dans ce dernier, la découverte d'objets gravés apporte une preuve décisive de l'existence d'un art préhistorique. Sa renommée nationale est au plus haut.

En 1866, Henry Testot-Ferry et Adrien Arcelin, qui avaient découvert le site de la roche de Solutré, font appel à ses services pour les aider à valider un certain nombre d'hypothèses. Il se déplacera donc en Saône-et-Loire pour parcourir ce site d'importance et poursuivra une longue correspondance avec les deux hommes.

En 1867 Il préside le Congrès International d'Archéologie et d'Anthropologie préhistorique.

En 1869 il est nommé professeur de paléontologie au Muséum national d'histoire naturelle. Affaibli par la maladie, il retourne dans sa région natale et meurt le 29 janvier 1871, le jour de l'entrée des troupes de Guillaume Ier dans Paris, avant d'avoir inauguré son enseignement[2].

Son fils Louis Lartet effectuera lui aussi des recherches et découvrira notamment le célèbre Homme de Cro-Magnon aux Eyzies-de-Tayac.

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

  • É. Lartet, « Sur l'ancienneté géologique de l'espèce humaine dans l'Europe occidentale », Compte-rendu de l'Académie des Sciences, L, séance du 19. 03. 1860.(texte non publié dans les C.R. Acad. Sc. Par l'obstruction d’Elie de Beaumont alors secrétaire de l'Académie des Sciences)
  • É. Lartet et H. Christy, « Sur des figures d'animaux gravées ou sculptées et autres produits d'art et d'industries rapportables aux temps primordiaux de la période humaine », Revue archéologique, IX, 1864.
  • É. Lartet et H. Christy, Reliquiae Aquitanicae, 1865-1875.

Galerie de la Collection Lartet au Muséum de Toulouse[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Michel Brézillon, Dictionnaire de la préhistoire, Larousse,‎ 1969 (ISBN 2-03-075437-4)
  • Marc Groenen, 'Pour une histoire de la préhistoire, Éd. J. Millon,‎ 1994 (ISBN 2-905614-93-5)
  • Nathalie Richard, L'invention de la Préhistoire, Presses Pocket,‎ 1992 (ISBN 2-266-04243-2)
  1. Arnaud Hurel & Noël Coy, Dans l’épaisseur du temps. Archéologues et géologues inventent la préhistoire, Publications scientifiques du Muséum,‎ 2011, 442 p. (ISBN 978-2-85653-666-7)
  2. a, b, c et d Le Muséum de Toulouse et l'invention de la préhistoire, 2010 (ISBN 978-2-906702-18-9)
  3. Georges Courtès (dir.), Communes du département du Gers, vol. I : Arrondissement d'Auch, Auch, Société Archéologique et Historique du Gers,‎ 2003, 460 p. (ISBN 2-9505900-7-1, notice BnF no FRBNF39151085)
  4. Lartet, « Comptes rendus de l'Académie des Sciences »
  5. Alphonse Milne-Edwards - Recherches anatomiques et paléontologiques pour servir à l'étude des oiseaux fossiles: Volume 1 - Page 273

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