Manaus

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Manaus
Blason de Manaus
Héraldique
Drapeau de Manaus
Drapeau
Image illustrative de l'article Manaus
Administration
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Région Région Nord
État Amazonas
Langue(s) portugais
Maire Arthur Virgílio Neto (PSDB)
Fuseau horaire UTC-4
Indicatif 92
Démographie
Population 1 982 179 hab.[1] (2013)
Densité 174 hab./km2
Géographie
Coordonnées 3° 08′ 06″ S 60° 01′ 32″ O / -3.134917, -60.0254623° 08′ 06″ Sud 60° 01′ 32″ Ouest / -3.134917, -60.025462  
Altitude 92 m
Superficie 1 140 100 ha = 11 401 km2
Divers
Date de fondation
24 octobre 1669
Localisation
Localisation de Manaus sur une carte
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Manaus

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Manaus
Liens
Site web http://www.manaus.am.gov.br

Manaus (en français Manaos) est la capitale de l'État de l'Amazonas, dans le Nord-Ouest du Brésil. C'est également la plus grande ville de l'Amazonie. La ville a été fondée en 1669 par les Portugais, sur les rives du Rio Negro et à proximité de son confluent avec l'Amazone. Elle comptait 1 982 179 habitants au recensement de 2013 et 2 316 173 dans la Région Métropolitaine. Manaus avec son parc industriel est la plus importante métropole du Nord-Ouest du Brésil [2]. La municipalité s'étend[3] sur 11 401 kilomètres carrés.

La métropole de la jungle possède une infrastructure sophistiquée d’hôtellerie alliée à un ensemble d’architecture d'importance historique qui fait de Manaus l'une des villes les plus originales du pays. Porte d'entrée de la plus grande forêt tropicale au monde, la ville offre un éventail de possibilités de loisirs (bars, restaurants, discothèques, théâtres, musées, centres culturels, bains publics, parcs, plages et jungle environnante), et de multiples options d'achat dans des centres commerciaux et boutiques spécialisées.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'aventure du caoutchouc[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, poussée par le développement de l'automobile et de l'industrie du pneumatique, la commune — qui est encore un village — se lance dans la récolte du latex, matériau de base dans la fabrication du caoutchouc. L'ascension est fulgurante : les capitaux venus d’Europe affluent et la ville se développe à un rythme frénétique.

Grâce à cette économie et la présence d'un port fluvial citadin, la ville connait un grand développement autant économique par les échanges maritimes que culturel. On donne alors à Manaus le titre de « Paris des tropiques »[4],[5],[6].

Les plus aisés des habitants y vivent dans un luxe tapageur qui contraste singulièrement avec le misérable quotidien des seringueiros (les travailleurs de l'hévéa, la plupart originaires des régions pauvres du Nordeste). Anecdote révélatrice de cette démesure, on rapporte que certains « barons du caoutchouc » envoyaient laver leur linge à Paris[7],[8],[9].

Mais en 1876, l'explorateur et scientifique britannique Henry Alexander Wickham réussit à sortir du Brésil une grande quantité de graines qu'il envoie à Londres. Les agronomes réussissent à faire pousser en serre des hévéas qui sont ensuite transplantés en Indonésie et en Malaisie, où la production se développe de façon constante. À partir de 1912[10], l'hévéa d'Indonésie et de Malaisie supplante celui d'Amazonie, plongeant durablement la ville dans le marasme économique.

Manaus aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Manaus.

Jusqu'aux années 1950, grâce à une mesure gouvernementale lui accordant le statut de zone franche, la ville a retrouvé un dynamisme économique et joue actuellement un rôle important sur le plan national : elle constitue le troisième pôle industriel du pays, derrière São Paulo et Rio de Janeiro. La ville connait également une embellie avec l'exploitation des produits de la forêt amazonienne.

Manaus offre aux visiteurs un visage contrasté. Véritable île de béton fichée au cœur de la jungle, elle a conservé nombre de monuments qui témoignent de son fastueux passé. Vestige emblématique de l'éphémère mais glorieuse époque du caoutchouc, le fameux Teatro Amazonas, inauguré par Caruso en 1896, a repris récemment du service, après avoir été fermé durant plusieurs décennies. Il fait de nouveau salle comble, deux à trois fois par semaine, ainsi qu'à l'occasion d'un festival d'art lyrique qui s'y tient chaque année et qui attire les plus grands noms de l'opéra.

Non loin, jouxtant le port flottant, le marché municipal a littéralement débordé des limites du hangar de style Eiffel qui fut construit pour l'accueillir au début du XXe siècle. C'est le lieu de rencontre entre les citadins et les personnes qui vivent en forêt, et qui se rendent à Manaus vendre les produits de la nature (manioc, poissons, artisanat…), et y acheter les produits de première nécessité pour pouvoir vivre dans la jungle.

Économie[modifier | modifier le code]

La zone franche a été créée comme une aire de libre commerce pour développer l'Amazonie Centrale, la zone franche de Manaus est rapidement devenue un complexe d'intense activité commerciale et industrielle. On peut y trouver les principales industries brésiliennes d'électroménager, électronique, montres, vélos, ordinateurs, jouets, motomarines, lunettes et motocyclettes (Honda depuis 1976), approvisionnant le marché interne. Le commerce est vigoureux, offrant des produits de haute technologie à bas prix.

Aujourd'hui Manaus reçoit des touristes du monde entier désireux de découvrir la faune et la flore extraordinaire que l'on peut apercevoir dans cette région du Nord-Ouest du Brésil. La ville possède plusieurs parcs écologiques et domaines verts.

Le préfixe téléphonique brésilien pour appeler vers Manaus (appelé DDD) est 92 [11].

Transport[modifier | modifier le code]

Manaus est desservie par l'aéroport international Brigadeiro Eduardo Gomes (géré par Infraero), situé à 14 kilomètres au nord du centre-ville[12].

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Amazonino Mendes (PTB) devient maire de Manaus en 2009, succédant à Serafim Corrêa (PSB), maire depuis 2005.

Climat[modifier | modifier le code]

Manaus bénéficie d'un climat équatorial avec influence de la mousson (type Am selon la classification de Koppen). Les températures ne connaissent que des variations journalières, les variations saisonnières étant trop faibles pour être significatives. Quant aux précipitations, elles connaissent d'importantes fluctuations au cours de l'année avec des pluies très abondantes de novembre à mai (maximum de 313,5 millimètres en mars) et des pluies nettement moins abondantes de juin à octobre (minimum de 57,3 millimètres en août). La ville compte plus de 150 jours d'orage par an. C'est une des villes les plus orageuses du monde.

Relevé météorologique de Manaus-altitude : 72 m
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 23,1 23,1 23,2 23,3 23,3 23 22,7 23 23,5 23,7 23,7 23,5 23,3
Température moyenne (°C) 26,1 26 26,1 26,3 26,3 26,4 26,5 27 27,5 27,6 27,3 26,7 26,6
Température maximale moyenne (°C) 30,5 30,4 30,6 30,7 30,8 31 31,3 32,6 32,9 32,8 32,1 31,3 31,4
Précipitations (mm) 260,1 288,3 313,5 300,1 256,3 113,6 87,5 57,3 83,3 125,7 183 216,9 2 286,2
Source : Le climat à Manaus (en °C et mm, moyennes mensuelles) climate-charts.com


Monuments et sites remarquables[modifier | modifier le code]

Arena da Amazônia de nuit
Manaus, l'Amazone boueuse et le Rio Negro apparaissant en noir
Musée des Sciences naturelles d'Amazonie
Théâtre Amazonas

Arena da Amazônia[modifier | modifier le code]

L'arena da Amazônia est un stade de football spécialement construit pour la Coupe du monde de football de 2014. Il répond à des normes écologiques et de développement durable.

Jardin botanique Adolpho Ducke[modifier | modifier le code]

Le jardin botanique Adolpho Ducke, situé dans une réserve écologique de cent kilomètres carrés, revendique le titre de plus grand jardin du monde, avec un grand nombre d'espèces végétales et animales.

Parc municipal du Mindú[modifier | modifier le code]

Localisé dans une aire urbaine, au quartier du Parc 10 de Novembro. Il a été créé en 1992 pour être une aire d'intérêt écologique. Il s'étend sur une surface de trente-trois hectares de forêt rémanente de la ville, servant aux activités scientifiques, éducatives, culturelles et touristiques. C'est un des derniers refuges du sauim-de-coleira, espèce de singe qui ne se trouve que dans la région de Manaus, et qui est en voie d'extinction. Le parc dispose d'une bibliothèque, avec un centre d'informations sur l'environnement. Il possède un amphithéâtre de six cents places, des plates-bandes cultivées d'herbes ayant des propriétés curatives et aromatiques, des orchidées, des pistes suspendues et signalisation visant au développement de programmes d'éducation environnementale.

Parc animalier[modifier | modifier le code]

Administré par l'armée brésilienne, il possède quelque trois cents espèces d'animaux de la faune amazonienne : singes, jaguars, ariranhas, serpents, caïmans, aras, tapirs et jabutis.

Rencontre des eaux[modifier | modifier le code]

Ce phénomène naturel est produit par la confluence des eaux noires du fleuve Negro avec les eaux beiges du fleuve Solimões, qui se rejoignent pour former le fleuve Amazone. Sur une longueur de six kilomètres, les eaux des deux fleuves coulent conjointement sans se mélanger. Ce phénomène est causé par l'écart de température entre les eaux et par la vitesse de leur courant. Le fleuve Negro coule à près de 2 km/h à la température de 22 °C tandis que le fleuve Solimões coule à une vitesse comprise entre 4 à 6 km/h, à une température de 28 °C.

Théâtre Amazonas[modifier | modifier le code]

Le Théâtre Amazonas est le monument le plus symbolique et le plus grand de l'apogée économique de Manaus. Il dispose de sept cents places. Il a été construit avec des briques apportées d'Europe, des verres français et du marbre italien. Les tuiles sont originaires d'Alsace. Les plus importantes compagnies d'opéra, de théâtre et d'orchestres symphoniques se sont produites dans ce théâtre.

Archevêché[modifier | modifier le code]

Le Centre d'instruction de la guerre dans la jungle (CIGS)[modifier | modifier le code]

Manaus abrite aussi le Centro de Instrução de Guerra Na Selva (CIGS, Centre d'instruction de la guerre dans la jungle), créé en 1964 par un décret du maréchal Castello Branco, qui renversa le président João Goulart la même année[13]. Disposant de zones énormes, le CIGS a été utilisé sous la dictature comme centre d'entraînement à la « guerre contre-révolutionnaire » (y compris les méthodes de torture[13]) : le général Paul Aussaresses, aux commandes lors de la bataille d'Alger, y enseigna notamment[13], tandis que la DINA chilienne, la police politique d'Augusto Pinochet, y envoyait des contingents se former[13]. Aujourd'hui, selon son site officiel, le CIGS participe aussi à des missions environnementales et à la recherche scientifique, bien qu'il se donne encore comme mission de promouvoir la « mystique du guerrier de la jungle ».

Jumelages[modifier | modifier le code]

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Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. IBGE
  2. Population des municipalités brésiliennes - Institut brésilien de géographie et de statistiques - 1er avril 2013.
  3. Institut brésilien de géographie et de statistiques.
  4. « Les Bleus au Brésil : Histoire de Manaus, la "Paris de la Jungle" » (consulté le 9 octobre 2014)
  5. « Bed & Breakfast Brasil - Bed & Breakfast à Rio de Janeiro, b&b São Paulo - BBrasil » (consulté le 9 octobre 2014)
  6. (en) « Manaus, Brazil - Amazon River Cruise Ship Port of Call » (consulté le 9 octobre 2014)
  7. Patrice Montagu-Williams, Brésil : Dans les pas du géant: L'Âme des peuples, NEVICATA,‎ 2014, 96 p. (ISBN 978-2875230560, présentation en ligne)
  8. « Manaus en Amazonie : partez à la découverte de la capitale de l’Amazonie brésilienne - Terra cordillera » (consulté le 9 octobre 2014)
  9. « Manaus », sur Guide et Voyage au Brésil (consulté le 9 octobre 2014)
  10. Mario Vargas LLosa, El sueño del Celta, Madrid, Santillana Ediciones, 2010. (Kindle, Empl. 4530)
  11. (pt) « Codigo DDD Amazonas - Manaus »,‎ 2012-08-16
  12. http://worldaerodata.com/wad.cgi?id=BR23737&sch=SBEG
  13. a, b, c et d Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, chap. XVIII, « Les États de sécurité nationale »

Liens externes[modifier | modifier le code]