Économie de Cuba

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Cuba
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie de Cuba
Drapeau de Cuba

Monnaie Peso cubain (CUP) = 100 centavos et Peso cubain convertible (CUC) = 24 CUP
Année fiscale calendaire
Organisations internationales OMC depuis 1995[1]
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 111,1 milliards USD (2009 est.)[2]
Produit intérieur brut en PPA
Rang pour le PIB en PPA 89
Croissance du PIB 1,4 % (2009 est.)[2]
PIB par habitant en PPA 9'700 USD (2009 est.)[2]
PIB par secteur agriculture : 4,3 %
industrie : 21,6 %
services : 74 % (2009 est.)[2]
Inflation (IPC) 1,5 % (2009 est.)[2]
Pop. sous le seuil de pauvreté 1,5 % (2006)
Indice de développement humain (IDH) 0,780 (2012)
Population active 5,159 millions (Secteur public : 78 %, secteur privé : 22 %) (2009 est.)[2]
Population active par secteur agriculture : 20 %
industrie : 19,4 %
services : 60,6 % (2005)[2]
Taux de chômage 1,7 % (2009 est.)[2]
Principales industries Sucre, pétrole, tabac, construction, nickel, fer, ciment, machines agricoles, produits pharmaceutiques[2]
Commerce extérieur
Exportations 2,458 milliards USD (2009 est.)[2]
Biens exportés sucre, produits médicaux, nickel, tabac, crustacés, citrons, café[2]
Principaux clients Canada 27,8 %, Chine 26,7 %, Espagne 6,2 %, Pays-Bas 5,6 % (2008)[2]
Importations 8,963 milliards USD (2009 est.)[2]
Biens importés pétrole, nourriture, machines et équipements, produits chimiques[2]
Principaux fournisseurs Venezuela 29,8 %, Chine 11,8 %, Espagne 10 %, Canada 6,4 %, USA 6,3 %, Brésil 4,6 % (2008)[2]
Finances publiques
Dette publique 19,44 milliards USD (31 décembre 2009 est.)[2]; plus 20,8 milliards à la Russie, 0,9 milliard à la Roumanie et 0.2 USD à la Hongrie
Dette extérieure
Recettes publiques 35,01 milliards USD (2007 est.)
Dépenses publiques 36,73 milliards USD (2007 est.)
Déficit public
Aide au développement 87,8 millions USD (2005 est.)

L'économie de Cuba est largement contrôlée par l'État, c'est une économie dont la planification centrale est supervisée par le gouvernement cubain, bien que d'importants investissements étrangers ainsi que des entreprises privées existent dans l'île. La plupart des moyens de production sont détenus et gérés par le gouvernement, et la majorité de la population active est employée par l'État. En l'an 2000, les emplois du secteur public étaient de 76 % et les emplois du secteur privé était de 23 % par rapport au ratio de 1981 de 91 % à 8 %[3]. L'investissement en capital est limité et il requiert l'approbation par le gouvernement. Le gouvernement cubain fixe la plupart des prix ainsi que des rations de biens pour les citoyens. En 2009, Cuba s'est classé 51e sur 182 avec un indice de développement humain de 0,863 ; ce qui est remarquablement élevé compte tenu de son PIB par habitant qui le place seulement 95e[4]. Cuba a également surclassé nettement le reste de l'Amérique latine en termes de mortalité infantile et juvénile, de taux de mortalité, de scolarité et d'un ensemble d'autres indicateurs sociaux et de santé[5].

Dans les années 1950, Cuba avait une économie florissante, mais extrêmement inégale, avec des sorties massives de capitaux vers des investisseurs étrangers[6]. Le pays a fait des progrès significatifs depuis la Révolution vers une répartition plus égale des revenus. Malgré l'embargo économique des États-Unis, l'économie a crû à un taux plus élevé que le reste de l'Amérique latine jusqu'à l'effondrement de l'Union soviétique, son principal partenaire commercial. Entre 1990 et 1993, le PIB de Cuba a diminué de 33 %[7]. Pourtant, Cuba a réussi à conserver ses niveaux de santé et d'éducation[8], et depuis l'an 2000, l'économie récupère rapidement[9]. Cuba a une industrie de service très développée avec l'un des plus gros effectifs de professionnels dans le monde. Son nombre de médecins par habitant est classé à la première place mondiale[9].

Les Cubains profitent de faibles coûts de logement et de transport, de l'éducation et des soins de santé gratuits, ainsi que de subventions alimentaires[10]. La corruption est courante, mais beaucoup plus faible que dans la plupart des autres pays d'Amérique latine[11].

L'économie cubaine est en butte contre l'embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis, embargo qui est régulièrement condamné par l'assemblée générale des Nations unies et dont les retombées se font sentir sur tous les aspects de la vie sociale et économique de l'île.

Les autorités s'efforcent, depuis le début des années 90 de diversifier l'économie, une série de centres de recherches dans des domaines aussi divers que l'alimentation, les médicaments et le développement technologique ont été ouverts, une certaine ouverture aux capitaux étrangers s'est faite et le développement du tourisme international misant sur les nombreuses possibilités du pays a été encouragé[12].

Ces dernières années, les principaux moteurs de l'économie ont été[Quand ?] :

  • le tourisme (2,3 M de touristes, pour un revenu de 2,2 Mds $, +12 % ; le tourisme intervient pour plus de 41 % dans la balance des paiements),
  • les transferts de fonds (remesas, environ 1,3 Mds $, en baisse de 15 % après les 1,5 Md $ de 2004, en raison des mesures adoptées par les États-Unis en juin 2004 afin de les restreindre),
  • le nickel (1 Md $ d’exportations)
  • la hausse de la production de pétrole et de gaz (+8,8 %)
  • les exportations de services.

La production minière a continué sa progression : Cuba est le 5e producteur mondial de nickel et possède 14% des réserves mondiales de cobalt, à un moment où les cours sont à leur plus haut niveau historique[Quand ?] ; en raison de la vétusté de ses installations minières, Cuba a cependant des difficultés à répondre à la croissance de la demande et s’engage, avec l’aide d’entreprises de la Chine, du Canada et de l’Allemagne, dans des investissements lourds : le doublement de la production est envisagé pour 2008.

Les secteurs pharmaceutique et biotechnologique (recherche et production de médicaments et de vaccins) contribuent à la croissance, ainsi que les télécommunications, avec l’installation de nouveaux réseaux téléphoniques et la digitalisation croissante. Globalement, la reprise s’est ainsi confirmée dans tous les secteurs, hormis le sucre (dont la production a trouvé, avec environ 1,3 Mt, son plus bas niveau depuis près d’un siècle)[Quand ?].

En matière d’approvisionnement énergétique, Cuba dispose désormais d’une soupape de sécurité, grâce à un accord (remontant au 30 octobre 2000 et complété le 14 décembre 2004) avec le Venezuela, qui est son premier fournisseur (probablement 90 000 barils / jour), pour l’achat de pétrole à des conditions très intéressantes. Cet arrangement est vital pour l’économie cubaine, mais le revers de la médaille est que la dépendance du pays dans le secteur énergétique reste forte, malgré ses efforts de diversification (Cuba consacre près du quart de ses importations à l’énergie).

Les comptes extérieurs demeurent le principal motif d’inquiétude des autorités, avec un commerce extérieur structurellement déficitaire (en général plus de 3 Mds US $ et donc plus 10 % du PIB), en raison d’une forte dépendance pour l’approvisionnement alimentaire et énergétique, ainsi que pour les biens d’équipement. Le déficit commercial s’est en effet creusé, passant de - 2,9 Mds US $ en 2003, à 3,3 Mds US $ en 2004, il pourrait atteindre 4,7 Mds US $ en 2005. Les exportations auraient atteint en 2005 2,5 à 2,6 Mds US $ (+ 15 %), tandis que les importations ont atteint 7,3 Mds US $ (+30 %).

Les exportations de services ont connu un véritable boom de croissance (doublement), notamment les services médicaux et sportifs (+ 700 M $) ; le Venezuela est le principal acheteur de ces services, (160 000 Vénézuéliens seraient ainsi venus subir une opération des yeux), mais le Honduras, le Panama et, depuis peu, avec l’élection d’Evo Morales, la Bolivie, sont également concernés.

Plus des deux tiers des échanges sont par ailleurs assurés par 4 postes : tourisme (42 % des recettes courantes), nickel (13 %), sucre (6 %) et tabac (5 %). Face à cette situation, Cuba a cherché, avec succès, à diversifier ses partenaires commerciaux (développements des échanges avec la Chine, le Vietnam, le Venezuela, le Canada) et son activité économique[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de Cuba sous Batista.
Evolution historique du revenu par tête à Cuba et quelques autres pays d'Amérique Centrales et des Caraïbes, basé in World Population, GDP and Per Capita GDP, 1-2003 AD.

D’après l'atlas Ginsburg de l'économie mondiale, Cuba est la 22e puissance de la planète (sur 122 pays évalués) ; le revenu par habitant est au même niveau que l’Italie [13].

La nationalisation de l'économie cubaine[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la révolution, le gouvernement cubain nationalise 90 % du secteur industriel et 70 % des terres agricoles[14]. Les entreprises américaines sont confisquées, en représailles au non-respect par les États-Unis du Sugar Act leur imposant des quotas d'achat à des prix élevés. Cuba conclut un premier accord commercial avec l'URSS, qui prévoit l'échange de pétrole contre le sucre cubain[15].

À cette date, l'économie cubaine est en situation de forte dépendance aux États-Unis : sa principale ressource sont ses exportations de sucre vers les USA, et les importations de produits manufacturiers consentis en échange de ces quotas constituent un frein à la création d'une industrie autonome[16]..

Le gouvernement cubain met en place une économie centralement planifiée. La plupart des moyens de production sont contrôlés par l'État et la plupart de la main d'œuvre est employée dans le secteur public. L'économie cubaine reposa en partie sur l'exploitation des opposants et des prisonniers. De nombreux détenus politiques ou de droit commun étaient astreints au travail forcé, notamment dans les plantations de canne à sucre. La loi no 32 promulguée en 1971 réprimait l'absentéisme au travail[17]. La colonne juvénile du centenaire (El Ejército Juvenil del Trabajo) était une organisation paramilitaire dans laquelle des jeunes travaillaient pour un salaire de misère et dans des conditions difficiles[17].

Une libéralisation lente[modifier | modifier le code]

Ces dernières années le secteur privé s'est développé. En 2000, le secteur public représentait 77,5 % des emplois et le secteur privé 22,5 % alors qu'en 1981 le rapport était de 91,8 % et 8,2 %[18]. L'investissement est cependant toujours très réglementé et la plupart des prix sont fixés par les autorités publiques.

La fin de l'Union soviétique et du COMECON (donc la fin de la guerre froide) qui priva l'île de ses principaux partenaires commerciaux et l'embargo des États-Unis eurent de lourdes conséquences sur l'économie cubaine, qui dépendait de l'aide et des débouchés du camp soviétique. L'URSS achetait le sucre cubain à un prix supérieur au prix du marché et fournissait du pétrole à bas prix.

En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l'ex-COMECON représentait moins de 7 % du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de plus de 35 %[19], les revenus par habitant de 39 %. Sans pétrole et par manque de matériel, l'agriculture cubaine fut décimée ; les coupures de courant étaient fréquentes, la faim et la sous-alimentation étaient répandues. Le pays subit une profonde désindustrialisation qui toucha fortement la production de sucre. Il est toujours fortement endetté auprès des anciens pays du bloc de l'Est.

Face à cette crise économique, Cuba libéralise un peu son économie.

  • La fondation d'entreprises privées de commerce et de manufactures a été permis sous conditions.
  • Le dollar américain est officiellement accepté dans les commerces. Celui-ci circule depuis longtemps au marché noir.
  • Le tourisme est vivement encouragé comme source de devises étrangères. En 1996, l'activité touristique représentait plus que la culture de la canne à sucre en termes de devises. 1,9 million de touristes ont visité l'île en 2003, pour l'essentiel originaires du Canada ou de l'Union européenne, générant 2,1 milliards de dollars de revenus[20].
  • La construction de maisons individuelles par les particuliers est autorisée par Raúl Castro; la réforme est présentée comme une réponse au problème du logement consécutif aux dégâts provoqués par les cyclones; c'est également l'aveu de l'échec du plan de construction de 100 000 logements par an lancé en 2005, réalisé à moitié[21].

Une économie toujours très contrôlée par l'État[modifier | modifier le code]

L'économiste Carmelo Mesa-Lago relativise les succès de l'ouverture cubaine : pour lui, la centralisation excessive du régime reste un frein à la croissance qui passe par des réformes que le dictateur refuse de mener : possibilité d'ouvrir des PME, convertibilité de la monnaie, libéralisation des investissements (notamment dans l'industrie sucrière), circulation du dollar[19] ...

Situation actuelle de l'économie[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, la balance des paiements de Cuba est en léger excédent. Avec un endettement extérieur limité, compris entre 14 et 34 % du PIB, selon que l'on intègre ou non la dette dite « immobilisée », qui relève du club de Paris, et une reconstitution des réserves de la Banque centrale de Cuba à un niveau estimé à 4-6 mois d'importations, la situation financière est stabilisée. L'inflation (inférieure à 2 % en 2004 estimée à 4,2 % en 2005), et le déficit budgétaire - environ 4 % du PIB - restent à des niveaux encore corrects. La réorientation stratégique des échanges cubains vers l'Amérique latine, la Chine et le Canada n'a toujours pas permis de surmonter la dichotomie de l'économie cubaine due à son double système de change, découlant de l'existence de deux secteurs, l'un exposé à la concurrence internationale et l'autre protégé, de l'économie domestique.

Alors que le président américain George W. Bush avait renforcé l'embargo américain sur Cuba sous sa présidence, Barack Obama l'assouplit en 2008. Les 1,5 millions d'Américains d'origine cubaine peuvent ainsi voyager à Cuba (600 000 s'y rendent chaque année, participant à l'économie locale). En 2009, Obama libéralise les virements bancaires vers l'île (les « ramesas »), supprimant notamment les plafonds (en 2008, on évalue à 1 milliard de dollars le montant de l'argent envoyé par les Américains d'origine cubaine, contre 3 milliards en 2013). Les Cubains ont également désormais le droit de quitter le pays. En 2012, les États-Unis sont le premier fournisseur de biens alimentaires et agricoles à Cuba, ces secteurs n'étant pas concernés par l'embargo[22].

En 2014, la Russie annule 35,2 milliards de dettes de Cuba envers l'ex-URSS (soiit 90 %= et prévoit l'étalement du remboursement du solde sur 10 ans[23].

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Usine de transformation du sucre, en 1922.

Le secteur primaire occupe 23 % de la population active.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Cuba est le 6e producteur mondial de sucre et la canne à sucre occupe le tiers de la surface cultivée du pays. Viennent ensuite le riz, la patate douce et le tabac, majoritairement cultivé à l'ouest et au centre-ouest, et dont la récolte (50 000 tonnes par an) sert en grande partie à la fabrication de cigares de réputation mondiale. Cuba produit trois cents millions de cigares par an ainsi qu'une bonne douzaine de milliards de cigarettes brunes ou blondes. Les autres productions agricoles sont le café, les agrumes, les ananas, les mangues, les bananes et les cultures maraîchères. Les récoltes dépendent de l'intensité des cyclones : en 2008, 156 000 hectares de canne à sucre ont été détruits et 500 000 ont été inondés[24].


Après la chute de l'URSS, Cuba s'est retrouvé dans une situation catastrophique en matière alimentaire. La production agricole à Cuba était orientée sur l'exportation et organisée sur le modèle de l’agriculture productiviste, avec une culture intensive dans des grandes fermes d’État, basée sur un pétrole importé à 98 % du bloc soviétique et sur l’usage massif d’insecticides et d’engrais chimiques importés. Par nécessité, Cuba a décidé de s’orienter vers les vieilles méthodes: agriculture biologique, traction animale, amendement naturel des sols, horticulture de proximité. Les fermes d’État ont été en 1993 à 80 % transformées en coopératives produisant pour fournir en aliments les institutions d’État (hôpitaux, écoles, jardins d’enfants) mais dont le reliquat de production pouvait être vendu librement. En 1994 étaient créés les marchés paysans[25]. L’agriculture de proximité a été développée, par la distribution de centaines de terrains vacants à qui voulait les cultiver, et par l’incitation à cultiver partout où l’on pouvait, des coopératives horticoles urbaines étaient crées, de même qu’un réseau des boutiques de graines et d’outillage où des consultants donnaient des conseils aux utilisateurs[26].

Produits cultivés dans un jardin organique communautaire à Santa Clara, Cuba. La plupart des travailleurs sont des retraités. Les profits sont partagés en fonction du temps de travail.

Un institut de recherche a été créé, le centre et projet pilote de permaculture urbaine de la Fondation pour la Nature et l’Humanité à la Havane. 280 centres de production de pesticides et produits biologiques étaient créés[26][27].

En 1996, un décret autorisait pour la Havane la seule agriculture biologique pour la production de nourriture, et l’agriculture dans l’enceinte de la ville[26] (qui comprend plusieurs municipalités semi-urbanisées) de la Havane était à même de fournir en fruits et légumes biologiques 50 % de la population, le reste étant assuré par les coopératives de la province de la Havane. Dans les autres localités, l’agriculture urbaine couvre en aliments biologiques de 80 à 100 % des besoins, et l’objectif de fournir 300 grammes de légumes frais par jour à chacun est maintenant atteint[25][27][28]. Reste le problème de la viande, des laitages et des œufs : les réformes dans ce domaine ont été moins importantes et une pénurie subsiste, la production, sauf pour les œufs, avait en 2004 peu dépassé celle du moment de la crise (1994). D’autres voies sont aujourd’hui envisagées, comme l’élevage de lapins en agriculture urbaine[28].

Des plantes médicinales sont produites depuis 1992, pour pallier le manque de médicaments.

Les résultats de cette politique sont énormes: réduction de la contamination des sols, de l’air et de l’eau par les pesticides et les engrais chimiques, diversification des productions et de l’alimentation, recyclage des déchets, réduction au minimum des coûts de transport, sécurité alimentaire, baisse de la pollution, développement de l’emploi. L’exemple agricole cubain commence à se diffuser, avec par exemple la naissance de l’agriculture urbaine à Caracas.

Industrie minière[modifier | modifier le code]

L'extraction minière concerne essentiellement le nickel, le cuivre, le manganèse, le chrome et le zinc. La première source de devises est l'exportation de nickel dont Cuba est le second producteur mondial, via l'entreprise d'état Cubaniquel et avec les mines de Pinares, de Nicaro et de Moa. Cuba est, dans le nickel, en collaboration avec l'entreprise canadienne Sherritt International.

Hydrocarbures - Pétrole[modifier | modifier le code]

Cuba produit des quantités non négligeables de pétrole et ce de manière croissante depuis 1984. Alors qu'à cette date la production n'était que de 16 000 barils/jour (soit 800 000 tonnes par an), elle atteignait 69 000 bbl/j en 2004 et 72 000 bbl/j en 2005[29] soit 3 600 000 tonnes par an. Début mai 2006, les autorités cubaines annonçaient 1 244 000 tonnes produites les 120 premiers jours de l'année, soit près de 9 000 000 de barils ou 74 600 bbl/j.

D'après l'EIA, les réserves prouvées seraient de 750 millions de barils d'un pétrole en général plutôt lourd nécessitant un traitement spécial. Le brut est extrait essentiellement dans la province de Matanzas et en offshore dans le bassin du golfe du Mexique. En juillet 2004 Repsol YPF annonçait qu'un puits exploratoire dans le golfe avait trouvé du pétrole de haute qualité dans une région où les analystes supposent des réserves de l'ordre de 1 milliard 600 millions de barils; mais la société doutait de la rentabilité de cette découverte. Cependant, la hausse du prix du brut aidant, Repsol-YPF annonçait en juin 2005 le forage d'un nouveau puits exploratoire dans la région.

Réserves estimées en très forte hausse[modifier | modifier le code]

Fin 2008, la Cupet - société pétrolière cubaine - a procédé à une importante revalorisation des réserves pétrolières de l'île. D'après la Cupet, ces dernières se monteraient à pas moins de 20 milliards de barils (soit quelque 2 milliards 750 millions de tonnes métriques) [30],[31]. À l'horizon 2015, Cuba serait ainsi capable de produire 700.000 barils quotidiens supplémentaires, c'est-à-dire 35 millions de tonnes métriques annuellement ou encore l'équivalent de la moitié de la production britannique par exemple. D'après Terry Maris, directeur exécutif du Center for Cuban Business Studies à l'Ohio Northern University, il faudrait pour cela investir quelque 20 milliards de dollars, et on attend que des entreprises étrangères investissent dans l'île pour extraire le brut. Les nouveaux gisements qui sont à la base de ces nouvelles estimations sont situées au sein des 112.000 kilomètres carrés de la partie du golfe du Mexique appartenant à Cuba.

La société cubaine n'a cependant fourni aucune preuve ni précision concernant ces importantes nouvelles réserves, et il ne s'agit donc là que d'estimations cubaines. On note que l'U.S. Geological Service n'a pas modifié ses propres estimations indiquant que Cuba possèderait seulement 4,6 milliards de barils de réserve dans cette région. Cependant, d'après le site internet Rigzone.com spécialisé dans l'industrie du pétrole et du gaz, les experts sont dans tous les cas certains que des réserves inexploitées considérables de pétrole sont situées dans cette zone.

Si ces estimations se vérifient, ces réserves de 20 milliards de barils de brut placeraient Cuba dans le peloton de tête des pays possédant les plus fortes réserves de la planète, du moins après les pays du Golfe Persique et le Venezuela. En effet, à titre de comparaison, on notera que l'Energy Information Administration crédite le Mexique voisin - sixième exportateur mondial - de seulement 12,4 milliards de barils de réserves en janvier 2007, et les USA de 21,317 milliards de barils de réserves en 2007, soit à peine plus que le total nouvellement estimé de l'île [32]. Quant à la Norvège - troisième exportateur mondial - il ne recèlerait que 7,7 milliards de barils de réserves prouvées.

Industrie[modifier | modifier le code]

L'industrie est en partie consacrée au traitement des produits agricoles et elle produit également du ciment, des fertilisants, du textile, des immeubles préfabriqués, des machines agricoles et des produits de consommation domestique.

Biotechnologies[modifier | modifier le code]

Le secteur des biotechnologies et l'industrie pharmaceutique cubains sont en très forte progression et l'on compte de très belles réussites industrielles dans ce domaine. Citons par exemple les coentreprises créées au Brésil (Biocen) ou encore en Inde, qui permettent à Cuba d'exporter des traitements anti cancéreux. La mission économique française a publié en 2006 une étude présentant ce secteur en pleine expansion de l'économie[33]. Les principaux acteurs du secteur sont l'Institut Finlay, Heber Biotec, Biocen, Servimed, le CNIC, etc.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Commerce de détail[modifier | modifier le code]

Le commerce de détail est très peu développé. Il n'y a pas de grands centres commerciaux et les quartiers commerciaux qui existaient avant la révolution sont en grande partie fermés. Ceux qui restent présentent peu de produits dont les prix sont libellées en dollars et sont trop chers pour le Cubain moyen. La majorité des magasins sont de petits magasins à un dollar, des agro-mercados (marchés de producteurs) et des stands de rue.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est en passe de devenir la première activité économique du pays. Le cap des 2 millions de visiteurs annuels a été franchi en 2005, avec 2 319 334 visiteurs étrangers, soit le record absolu atteint jusqu’à maintenant, ce qui représente une augmentation de 13,2 % par rapport à 2004.

CUBA, 10 Centavos monnaie pour touristes, 1981.Entre 1981 et 1989, l'Institut national du Tourisme (Instituto Nacional de Turismo, "INTUR") a frappé des “Monnaies de Visiteurs" pour utilisation par les touristes étrangers. En 1981, les monnaies en cupro-nickel de 5, 10, 25 et 50 centavos ont été introduites, suivies en 1988 par les monnaies de 1, 5, 10, 25 et 50 centavos en aluminium

Il est aujourd'hui en constante augmentation et constitue une source de devises particulièrement importante pour le pays. Afin de voyager à Cuba, il est nécessaire de se procurer le peso cubain convertible, divisé en 100 centavos. Pour le change, il faut préférer les euros ou les francs, car le dollar américain est surtaxé de 10% depuis 2004 lorsque le département du Trésor des États-Unis a condamné 77 sociétés et banques à des amendes du fait d’avoir commercé avec Cuba, appliquant ainsi les mesures extra-territoriales du blocus des USA envers Cuba. Tel est le cas de Banco Santander, Iberia, Daewoo, Air Jamaica, Banque de Chine et, notamment, le groupe bancaire suisse UBS[34]. La seule banque UBS a du s’acquitter d'une amende de 154 millions de francs suisses pour avoir fait du commerce avec Cuba et d'autres pays concernés par les embargos des USA[35],[36],[37]. Depuis cette date, Cuba répercute ces frais d'amende sur les opérations en dollar américain.

Commerce international[modifier | modifier le code]

En 2006, les États-Unis étaient les premiers fournisseurs de produits alimentaires de Cuba[19],[38],[39]. En 2008, entre 35 à 45 % des importations alimentaires à Cuba provenaient des États-Unis[24]. Le montant des exportations américaines vers Cuba s’élève aujourd’hui à 500 millions de dollars par an[38] et malgré l'embargo officiel, les États-Unis sont le 3e fournisseur de Cuba avec 11 % des importations en 2006[40]. En effet, depuis 2001, grâce à un allègement de l'embargo, les sociétés américaines peuvent vendre certains produits agroalimentaires et des médicaments à Cuba. Le gouvernement américain a autorisé la mise en vente aux États-Unis de deux vaccins élaborés à Cuba, devenu un grand exportateur de médicaments génériques[41]. Washington possède une Section d’intérêts des États-Unis à La Havane[39]. Enfin, les Cubains exilés en Floride envoient sur l'île des remesas, c'est-à-dire de l'argent sous forme de mandats. L'embargo a été une nouvelle fois assoupli sous la présidence de Barack Obama[42] : en mars 2009, le Congrès autorise les citoyens américains d'origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an[43] ; puis, le 13 avril 2009, le président annonce la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers l'île[43]. Il est toujours interdit d'envoyer de l'argent à des membres du régime en place ou de l'armée cubaine[43].

Les Pays-Bas reçoivent la plus grande part des exportations cubaines (24 %). 70 à 80 % de ces exportations sont réalisées par Fondel Finance, une société détenue par la famille Van't Wout qui entretient des liens personnels étroits avec Fidel Castro. Le deuxième partenaire commercial est le Canada avec 22 % des exportations du pays.

Dans le cadre d'accords économiques basés sur le principe de la coopération, comme l'ALBA ou bien l'opération Milagro, près de 30 000 médecins et infirmiers cubains exercent à travers différents pays du monde (Bolivie, Guatemala, Pakistan, Mexique, Venezuela). Cuba participe par ailleurs à la formation de nombreux médecins sud américains. Au Pakistan, (Cachemire) -44 % des presque 3 000 médecins déplacés au Pakistan jusqu’en mai 2006- [44] sont Cubains et ne facturent pas leurs « services » à qui que ce soit.

La balance des échanges est lourdement déficitaire. L'île exporte surtout du nickel, du tabac (cigares), des agrumes, du sucre, du rhum et des produits de la pêche.

Commerce avec le Venezuela[modifier | modifier le code]

Les liens et relations privilégiées développés entre Cuba et le Venezuela depuis l'arrivée au pouvoir de Hugo Chávez ont donné lieu à des accords économiques importants entre les deux pays. Le Venezuela fournit du pétrole brut bon marché (début 2006 : 90.000 barils par jour) en échange de l'envoi de médecins cubains, en vue d'aider à améliorer le système de soins de santé vénézuélien. Cuba, qui possède le plus grand nombre de médecins au monde par habitant, envoie des dizaines de milliers d'entre eux vers d'autres pays, ceci en tant qu'aide, mais aussi dans le but d'obtenir des conditions commerciales les plus favorables possibles. Hugo Chávez et Fidel Castro sont les principaux artisans de la création de l'organisation Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), sorte d'organisation d'échanges dont le but principal annoncé est de développer le niveau d'éducation, de santé publique et le commerce équitable.

L'une des premières mesures emblématiques est l'échange pétrole contre médecins, qui aura permis à Cuba de bénéficier de pétrole et à des millions de Vénézuéliens, Boliviens, etc. d'être soignés.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Les chiffres de la croissance cubaine donnés par le gouvernement peuvent sembler surestimés. La croissance actuelle s’est cependant confirmée en 2005 ; le gouvernement cubain évoque une croissance de 11,8 %, tandis que divers organismes estiment qu’elle devrait se situer autour de 8 %. Cette différence d’appréciation est due à la diversité des éléments intégrés dans le calcul (notamment paramètres sociaux et ventes de services cubains à l’étranger).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.wto.org/french/thewto_f/countries_f/cuba_f.htm Cuba et l'OMC
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/cu.html
  3. Social Policy at the Crossroads Oxfam America Report
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julio le Riverend (trad. Richard Arnold), Histoire économique de Cuba, Ensayo (Institut du livre),‎ 1967, 297 p.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]