Économie de la Bolivie

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Bolivie
Indicateurs économiques
Monnaie Boliviano
Année fiscale Année calendaire
Organisations internationales
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 45,54 billion $ (2009)
Produit intérieur brut en PPA
Rang pour le PIB en PPA
Croissance du PIB
PIB par habitant en PPA 4 700 $ (2009)
PIB par secteur agriculture : 11,3 % (2008)
industrie : 36,9 % (2008)
services : 51,8 % (2008)
Inflation (IPC) 3,5 % (2010)
Pop. sous le seuil de pauvreté 80 % (2006)
Indice de développement humain (IDH) 0,7 (2010)
Population active 4,532 millions (2009)
Population active par secteur agriculture : (40 %) (2006)
industrie : (17 %) (2006)
services : (43 %) (2006)
Taux de chômage 8,5 % (2009)
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations
Biens exportés minerais
Principaux clients
Importations
Biens importés
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique 44 % du PIB (2009)
Dette extérieure
Recettes publiques
Dépenses publiques
Déficit public
Aide au développement
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/bl.html

Données chiffrées[modifier | modifier le code]

  • Lignes de téléphone : 600 100 (en 2003)
  • Téléphones portables : 1 401 500 (en 2003)
  • Postes de radio : 5,25 millions (en 1997)
  • Postes de télévision : 900 000 (en 1997)
  • Utilisateurs d'Internet : 270 000 (en 2002)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 9 (en 2000)
  • Routes : 53 790 km (dont 3 496 km goudronnés, ceci inclut 13 km d'autoroute) (en 2000)
  • Voies ferrées : 3 519 km (en 2003)
  • Voies navigables : 10 000 km (en 2004)
  • Nombre d'aéroports : 1 067 (dont 16 avec des pistes goudronnées) (en 2003)
  • 25 % des Boliviens n'ont pas accès à l'eau potable courante (en 2010)

La coca[modifier | modifier le code]

Article connexe : Présidence d'Evo Morales.

La coca est une culture traditionnelle chez les populations pré-colombiennes, remontant à plus de 5 000 ans[1]. Du fait de ses différentes vertus, c'est une plante sacrée pour les Aymaras, pour qui Mama Coca est la fille de Pachamama. Elle est ainsi utilisée traditionnellement de la Colombie jusqu'au Chili aussi bien pour ses vertus stimulantes que dans le cadre de cérémonies religieuses, et aurait même servi de taxe d'imposition[2].

En Bolivie, le coup d'État du général Hugo Banzer, dans les années 1970, est financé par la bourgeoisie rurale de Santa Cruz qu'il remerciera via diverses subventions gouvernementales qui serviront à développer la production de coca et sa transformation en cocaïne. Cette politique est poursuivie par le général Luis García Meza Tejada jusqu'en 1981 laissant un pays corrompu qui malgré les gouvernements démocratiques suivants n'arrive pas à enrayer l'expansion de la culture de coca[1].

Hugo Banzer accède de nouveau au pouvoir par les urnes en 1997 et lance cette fois de grandes campagnes d'éradication dont les bons résultats sont largement attribués à la violente répression qui l'accompagne. Cette répression engendre un mouvement populaire, partiellement à l'origine de l'élection d'Evo Morales[1], lequel tente une nouvelle politique de lutte antidrogue visant à réhabiliter l'usage traditionnel de la coca afin de trouver des débouchés locaux à la production et détourner les paysans des trafiquants.

Le 10 septembre 2008, le président Morales expulse l'ambassadeur des États-Unis Philip Goldberg (en) (qui avait précédemment travaillé en ex-Yougoslavie) qu'il accuse d'alimenter le séparatisme en Bolivie[3], alors que le gouvernement est confronté à une agitation venue de secteurs d'extrême-droite dans la province de Santa Cruz, la plus riche du pays.

Le 1er novembre 2008, il rompt sa collaboration avec la Drug Enforcement Administration l'accusant « d'espionnage politique et de financer des groupes criminels pour qu'ils commettent des attentats contre les autorités, voire contre le président lui-même ». Le département d'État américain a de son côté déclaré que ces accusations étaient « fausses et absurdes »[4].

Suite à cela, l'administration Bush a demandé au Congrès de retirer à la Bolivie le bénéfice de l'Andean Trade Promotion and Drug Eradication Act[5], décision qui affecterait plus particulièrement le secteur textile bolivien[6].

En 2010, les États-Unis ont classé la Bolivie comme l'un des « mauvais élèves » de sa « guerre contre la drogue » [5]. Ils continuent cependant à subventionner certains efforts contre le trafic de stupéfiants : la section des stupéfiants du Département d'État alloue plus de 22 millions de dollars aux agences de maintien de l'ordre boliviennes à cet effet, tandis que l'USAID a investi 60 millions de dollars dans des programmes de santé et d'agriculture visant à promouvoir des cultures substitutives[5].

49 000 acres (près de 20 000 hectares) de plantations de coca, dans les Yungas et le Chapare, sont légalement cultivées à des fins de consommation traditionnelles en Bolivie[5]. En 2009, la Bolivie a détruit 16 000 acres (environ 6 500 ha) de plantations illégales, sur un total de plantations illégales, estimé par les États-Unis, à 37 000 acres (près de 15 000 ha) [5].

La Bolivie, qui tente de préserver les cultures traditionnelle en s'attaquant au trafic de cocaïne, dépense plus de 20 millions de dollars de ses fonds dans la lutte contre le trafic de stupéfiants[5]. Par ailleurs, elle a investi 5 millions dans le dollars dans le programme Coca Yes, Cocaine No, visant à industrialiser la coca à des fins de consommation légales (maté de coca, applications médicinales, etc.) [5]. Mais toute exportation de produits alcaloïdes est banni par la Convention de l'ONU de 1961 sur les stupéfiants, menant Morales à tenter de faire retirer la coca de cette liste[5]. Ainsi, le 11 mars 2009 il mâcha une feuille de coca lors d'une réunion de la Commission des stupéfiants de l'ONU à Vienne, avant de demander le retrait de la plante de la liste noire.

Les estimations des États-Unis concordent rarement avec celles de l'ONU [5].

Par ailleurs, ni le Pérou ni l'Équateur, qui produisent plus de coca que la Bolivie, n'ont été inclus sur cette liste[5].

La production d'une boisson énergisante appelée Coca Colla vise notamment à réhabiliter l'image internationale de la feuille de coca, et de ses dérivés[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alain Labrousse, Géopolitique des drogues, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 2004 (ISBN 2-13-054186-0)
  2. Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse,‎ 2004 (ISBN 2-03-505431-1)
  3. Le Soir, 11 septembre 2008, p. 17.
  4. « Evo Morales suspend les activités de l'Agence antidrogue américaine », Le Monde, 4 novembre 2008, p. 10.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Bolivia walks thin line as it struggles to battle coca production, Washington Post, 13 novembre 2010
  6. "US Trades Move Shakes Bolivia", Washington Post, 19 octobre 2008]
  7. (en) "Coca Colla hopes to create a buzz in Bolivia", British Broadcasting Corporation, 21 avril 2010