Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580)

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Emmanuel-Philibert de Savoie
Illustration.
Emmanuel-Philibert de Savoie (v. 1570-1575). Portrait attribué à Giorgio Soleri, musée de l'Escurial, Madrid.
Titre
Duc de Savoie

(27 ans et 13 jours)
Prédécesseur Charles III
Successeur Charles-Emmanuel Ier
Gouverneurs des Pays-Bas espagnols
Prédécesseur Marie de Hongrie
Successeur Marguerite de Parme
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Chambéry
Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
Date de décès (à 52 ans)
Lieu de décès Turin
Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
Sépulture Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin
Père Charles II de Savoie
Mère Béatrice de Portugal
Conjoint Marguerite de Valois
Enfants Charles-Emmanuel Ier de Savoie

Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580)

Emmanuel-Philibert de Savoie (en Italien Emanuele Filiberto), dit Tête de fer ou le Prince à cent yeux[1] (Chambéry, - Turin, ), fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1553 à 1580.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie est né au château de Chambéry le 8 juillet 1528[2]. Il est le 3e fils du duc Charles III de Savoie (1436-1553), souverain des États de Savoie, dit « le Bon », et de la princesse Béatrice de Portugal, fille du roi Manuel Ier de Portugal et de Marie d'Aragon.

Béatrice de Portugal, sa mère, est la belle-soeur de l'empereur Charles-Quint qui jouera un rôle primordial dans la carrière d' Emmanuel-Philibert de Savoie[3].

Le jeune Emmanuel-Philibert a pour éducateurs, Claude-Louis Alardet, chanoine de Genève, et ensuite évêque de Lausanne ; et Jean-Baptiste Provana de Leyni, évêque de Nice. Son gouverneur est Aimon de Genève, baron de Lullin, considéré comme un excellent éducateur[4].


Lorsque les armées du roi de France François Ier, alliées aux forces genevoises, envahissent les États de Savoie au détriment de l'infortuné duc Charles III , ce dernier est contraint d'abandonner la plus grande partie de ses états en ratifiant la Paix de Nice en 1538, au profit du royaume de France. Il s'exile avec sa famille, dans son Comté de Nice.

Les deux frères aînés d'Emmanuel-Philibert, Adrien et Louis, successeurs au trône de Savoie, sont morts prématurément, l'un en 1529 à l'âge de sept ans, à Ivrée, où la cour s'était réfugiée à cause de la peste, le second en 1536, à l'âge de 13 ans , à la cour de Madrid: il était fiancé en 1527 à Marguerite de France , fille du roi François Ier, future épouse du duc Emmanuel-Philibert de Savoie. [5].

Emmanuel-Philibert de Savoie, alors qu'il était destiné par son père à l'état ecclésiastique devient en 1536 , à l'âge de huit ans, le dernier successeur de la dynastie de Savoie.

Il est « l'unique fils survivant, l'unique réconfort et la seule espérance du duc son père que le sort a frappé si durement,qu'on a pu croire un moment l'avenir de sa Maison à jamais compromis » . Son père décide alors de l'envoyer en 1548, à l'âge de vingt ans, à la cour de son beau-frère, Charles-Quint. C'est à la cour de Madrid que le jeune Emmanuel-Philibert va bénéficier de l'enseignement des meilleurs chefs militaires [6]. Il s'est révélé comme un homme de guerre d'une rare valeur, non seulement à cause de son courage, mais encore en vertu de sa science tactique remarquable[7].

L'inébranlable confiance d'Emmanuel-Philibert dans ses résolutions lui valent le surnom de « Tête de Fer »[8]. À la mort de son père, il n'hérite que le comté de Nice et seulement quelques places dans le nord-est du Piémont, dont la plus grande partie, y compris Turin, est occupée par les Français.

Il sert son oncle, Charles Quint, dans la guerre contre les confédérés de Smalkalde (1547). Il s'illustre au siège de Metz (1552) et reçoit, l'année suivante, le commandement des troupes impériales dans les Pays-Bas.

Sous le règne de son cousin, le roi Philippe II d'Espagne, qui vient de succéder à son père, Charles Quint, Emmanuel-Philibert de Savoie remporte une victoire éclatante à la bataille de Saint-Quentin (1557), comme commandant en chef des troupes impériales, contre les troupes du roi Henri II de France. En vertu du traité du Cateau-Cambrésis (1559), il recouvre le duché de Savoie et le Piémont, à l'exception de quelques places fortes occupées par des garnisons françaises, qui sont libérées ultérieurement.

Il épouse à Paris le Marguerite de Valois, fille de François Ier, sœur du roi Henri II. Ils n'ont qu'un fils, Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1562-1630).

Le 22 septembre 1561, il signe l'édit de Rivoli par lequel il remplace l'usage du latin dans les documents officiels par le français dans les domaines à l'ouest des Alpes (Savoie) et dans la Vallée d'Aoste et par l'italien dans les domaines à l'est (Piémont) et au sud (comté de Nice) des Alpes[9].

En 1562, il transfère sa capitale de Chambéry à Turin.

En 1563, il récupère la totalité de ses Etats suite au Traité de Blois.

Emmanuel-Philibert séjourne fréquemment à Nice et y fait battre monnaie. L'Hôtel de la Monnaie de Nice est actif tout au long de son règne. Certaines des monnaies frappées à Nice affichent son titre de comte de Nice (Comes Nicie), ce qui est exceptionnel sur les monnaies ducales.

Après des tentatives infructueuses de conversion des fidèles de l'Église évangélique vaudoise, il se décide à leur laisser le libre exercice de leur culte.

En 1572, il rétablit l’ordre de Saint-Maurice, et le réunit à l’ordre de Saint-Lazare.

Il obtient du roi Henri III de France en 1574 la restitution de Pignerol et de Savigliano, des Espagnols en 1575 celle de Santhià et d'Asti. Il acquiert en 1576 la principauté d'Oneille.

Il est le fondateur de l'université de Mondovi.

À la mort de son oncle, le cardinal-roi Henri Ier de Portugal, le 30 janvier 1580, il est l'un des prétendants au trône du Portugal, avec ses cousins : Philippe II d'Espagne (fils de l'Infante Isabelle), Rannucio de Parme (fils de l'Infante Maria de Guimarães) et l'Infante Catherine de Guimarães (duchesse de Bragance par mariage). Mais c'est finalement Antoine Ier, fils naturel de l'Infant Louis (5e duc de Beja), qui obtient la succession, avant d'être rapidement défait par les troupes du roi d'Espagne Philippe II qui ceint alors la couronne du Portugal.

Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie meurt à Turin le . Il est inhumé dans l'église Métropolitaine de Saint-Jean de Turin

« Guerrier dans la première moitié de sa vie, Emmanuel-Philibert fut exclusivement législateur et homme d'État dans la dernière. Ses dispositions législatives sur l'administration de la justice, sur les finances, l'organisation militaire, etc., sont extrêmement remarquables pour leur époque […] Les lois d'Emmanuel-Philibert portent l'empreinte d'un génie supérieur qui a devancé son siècle »[10].

Union et postérité[modifier | modifier le code]

De son union avec Marguerite de Valois, il a un fils unique, Charles Emmanuel.

Avec diverses maîtresses, il laisse sept enfants illégitimes[11] :

  • avec Lucrezia Proba de Turin : Amédée de Savoie (mort en 1610 à Turin), marquis de Saint-Rambert et Saint Germain en Bugey, comte de Conflans, grand croix de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare et commandeur de Savoie[12] ;
  • avec une fille de Martin Doria Amiral de Savoie : Philippin, tué en duel le en Dauphiné. Son corps est inhumé dans la chartreuse de Pierre-Châtel[13] ;
  • avec Laura Crevola de Verceil : Marguerite marquise de Crèvecœur et Lans en Piémont (née en 1556), épouse le Philippe d'Este, marquis de San Martino ;
  • avec da Beatrice Langosco, marquise de Pianezza :
    • Matilde de Savoie (morte à Suse en 1639), épouse de Charles de Simiane seigneur d'Albigny ;
    • Béatrice de Savoie (morte en 1580), promise à François Philibert Ferrero, marquis de Messeran ;
    • Othon (mort jeune) ;
  • avec Suzanne des Adrets : Pierre Louis, seigneur de Tarnavas.

Blason et devise[modifier | modifier le code]

Son blason de gueules à la Croix d'argent est accompagné de la devise « Spoliatis arma supersunt »[14] (« À ceux qui sont dépouillés, il reste les armes »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fr.-M. de Fortis, Notice sur la statue équestre d'Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, surnommé Tête de fer ou le Prince à cent yeux (Paris, 1838).
  2. Comte Amédée de Foras, Armorial et Nobiliaire de l'Ancien Duché de Savoie, Allier, Grenoble, T.5, p.439, 1810
  3. c'est à Charles-Quint et à son fils Philippe II d'Espagne que la dynastie de Savoie doit d'avoir recouvré ses territoires perdus
  4. Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, contenant l'histoire ancienne et moderne de la Savoie, vol. 3, t. 2, Chambéry, J.F. Puthod, , p. 67-68 (tome I). (lire en ligne)
  5. Foras, ibid
  6. Fernand Hayward, Histoire de la Maison de Savoie, Tome II, p.11, édition Denoël, 1943
  7. Fernand Hayward, ibid
  8. Notice historico-topographique sur la Savoie: suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom par Jean Lullin P164.
  9. Carlo Moriondo, Testa di ferro, vita di Emanuele Filiberto di Savoia, Bompiani, Milano, 1981.
  10. Larousse du XIXᵉ, vol. 7, p. 446.
  11. Jean-Chrysostome Bruslé de Demonpleinchamp L'Histoire d'Emmanuel Philibert duc de Savoie Gouverneur général de la Belgique, Amsterdam, 1692.
  12. Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg-en-Bresse, Gromier Ainé, (lire en ligne), p. 346.
  13. Paolo Cozzo, « Stratégie dynastique chez les Savoie : une ambition royale, XVI-XVIII siècle », dans Juliusz A. Chrościcki, Mark Hengerer, Gérard Sabatier, Les funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle : Volume I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, , 412 p. (ISBN 978-2-73511-686-7, lire en ligne), p. 228-229 (Carte).
  14. Eugène Burnier, Histoire du Sénat de Savoie, T.1, 1864, p.229.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de Biographie et d’Histoire, Paris, [détail de l’édition]
  • Marc-Claude de Buttet, Epithalame ou Nosses de très illustre et magnanime prince Emmanuel-Philibert de Savoie et de très vertueuse princesse Marguerite de France, duchesse de Berry, sœur unique du roi, Paris, Imp. Robert Étienne, 1559.
  • Notice historico-topographique sur la Savoie: suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom par Jean Lullin.
  • Comte Amédée de Foras, Armorial et Nobiliaire de l'Ancien Duché de Savoie, Allier Frères , Grenoble, T-5, 1810.
  • Lucien Romier, « Les guerres d'Henri II et le traité du Cateau-Cambrésis (1554-1559) », in Mélanges d'archéologie et d'histoire, T. 30, 1910, p. 3-50.
  • Fernand Hayward, Histoire de la Maison de Savoie, Tome II, éditions Denoël, 1943.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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