Château de Morges

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Château de Morges
Image illustrative de l'article Château de Morges
Vue extérieure du château
Période ou style médiéval
Type Château fort
Début construction XIIIe siècle
Destination actuelle Musée
Protection Classé monument historique en 1900[1]

Bien culturel d'importance nationale

Site web http://www.chateau-morges.ch/fr/le-chateau/
Coordonnées 46° 30′ 24″ nord, 6° 29′ 48″ est
Pays Suisse
Canton Vaud
Commune Morges

Géolocalisation sur la carte : canton de Vaud

(Voir situation sur carte : canton de Vaud)
Château de Morges

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Château de Morges

Le château de Morges est un château de Suisse, situé sur le territoire de la commune vaudoise de Morges. Il abrite actuellement cinq musées sous la dénomination du Château de Morges & ses Musées. Le château, classé monument historique, ainsi que ses collection d'histoire militaire, sont inscrits comme biens culturels suisses d'importance nationale[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Afin de protéger la ville neuve fondée en 1286 par Louis de Savoie à l'embouchure de la Morges, le château fort a été élevé de 1286 à 1296 environ, sans doute sous la direction du maître maçon Huet de Morges. En bordure du lac Léman, il joue également un rôle stratégique de fortification du port. Il est établi sur un plan carré, avec quatre tours d’angle reliées par des ailes. L'ensemble est disposé autour d’une cour surélevée, dotée d’exceptionnelles casemates renvoyant à des modèles de Terre sainte, notamment au Krak des Chevaliers et à l’architecture d’Île-de-France, que Louis de Savoie pouvait connaître. Cette forteresse correspond au type du « carré savoyard » et se réfère tout particulièrement au modèle du château d'Yverdon. À la différence d’Yverdon, toutefois, le donjon (qu’il faut en fait appeler « grosse tour »), est en position offensive, du côté de la ville et au voisinage de l’entrée du château. Cette dernière était accessible par un pont-levis, auquel on arrivait par un escalier extérieur. Un mur d’enceinte, lui-même cantonné de tours, chemisait l’ensemble. Le château a subi de graves incendies, accidentel en 1391, volontaire en 1475. Défendu par un condottiere Italien à la solde du duc de Savoie en 1536, lors de la conquête du Pays de Vaud par les Bernois, le château est abandonné par ses défenseurs et a donc été pris sans coup férir[3].

Photo prise le 2 mars 1817 après l'explosion de l'arsenal

Siège de châtellenie au Moyen Âge, la forteresse devient siège de bailliage à l’époque bernoise. Les nouvelles autorités trouvent le château dans un état très délabré et décident de le moderniser en l’adaptant aux progrès de l’artillerie. De grands travaux ont donc lieu entre 1540 et 1550, d’après un projet général du maître d’œuvre Valentin Hirsinger, les ouvrages proprement dits étant effectués par des bâtisseurs de la Valsesia. Ceux-ci abaissent notablement l’ensemble de la forteresse. Ils en reconstruisent pratiquement toute sa moitié supérieure en la dotant de parapets à plongée arrondie, aptes à faire ricocher les projectiles ennemis[3].

Dès 1803, après l’indépendance du canton de Vaud, le château devient arsenal cantonal. D’importantes transformations ont lieu en 1836-1839 sous la direction de l’architecte Henri Perregaux et impliquent la démolition de l’enceinte extérieure du château ainsi que la construction, sur le côté occidental, d’un grand dépôt pourvu de deux ailes en retour d’équerre. Ce dernier explose en 1871, accident qui fait 26 morts, essentiellement des internés français de l’armée Bourbaki occupés au désamorçage de vieilles cartouches[3],[4],[5].

Le château est classé monument historique en 1900 et abrite le Musée militaire vaudois depuis 1925. Les bâtiments dans son ancienne enceinte remplissent toujours le rôle d'arsenal de l'armée suisse, mais également de bâtiments administratifs pour les affaires militaires.

Musée[modifier | modifier le code]

En 1925, le château est transformé en musée militaire et développe une activité culturelle importante pour le canton de Vaud. Il protège des collections variées, constituées d'armes et d'armures rares, de bannières et drapeaux anciens, de peintures, de documents officiels et bien d'autres témoins du passé qui rendent tangible l'histoire militaire de la région.

D’autres legs et collections viennent enrichir le musée dans la seconde moitié du XXe siècle. Inauguré en 1982, le musée de la figurine historique constitue le plus grand musée suisse sur le sujet, s’appuyant sur un fond de plus de 40'000 figurines issues d’un legs de Raoul Gérard en 1960. Dès lors, plusieurs musées thématiques viennent enrichir l’offre : le musée de la Gendarmerie (2006), la salle sur le service à l’étranger (2016) et le musée Paderewski (2016). L'ancien musée militaire vaudois est aujourd'hui divisé en deux musées: le musée de l'artillerie et le musée de l'histoire militaire vaudoise.

Rattaché au Service de la Sécurité Civile et Militaire de l’État de Vaud, au sein du Département des institutions et de la sécurité, le musée cherche à reconstituer l'histoire militaire du Pays de Vaud et de ses alentours. Du Moyen Âge à la Guerre froide, il offre ainsi un large panorama des modes de vie, mentalités et savoir-faire techniques des sociétés passées. A ce titre, le château de Morges est l'un des derniers musées à faire la part belle à ce sujet en Romandie, comme en Suisse entière.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Baptiste, "Armatum princeps - Armatus corpus. Les Princes de Savoie en armes (1330-1530)", Le Brécaillon (Bulletin de l'Association du Musée Militaire Genevois) n°37, avril 2017, pp. 60-79.
  • Richard Berger, La contrée de Morges et ses monuments historiques, Morges, Imprimerie Hermann, , 191 p.
  • Paul Bissegger, Les Monuments d’art et d’histoire du canton de Vaud V. La ville de Morges. (Les monuments d'art et d'histoire de la Suisse 91), Berne 1998 (ISBN 3-909164-66-8), 480 p.
  • Paul Bissegger et Raymond Rapin, Le Château de Morges, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Guides des monuments suisses »,
  • Émile Küpfer, Morges dans le passé: la période savoyarde, Lausanne, éditions de la Concorde, , 258 p.
  • Olivier Meuwli (dir.), Histoire Vaudoise, Gollion, InFolio, , 560 p. (ISBN 978-2-884-54200-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Fiche de recensement 217A », sur recensementarchitectural.vd.ch
  2. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  3. a, b et c Paul Bissegger, Monuments d’art et d’histoire du canton de Vaud V, La ville de Morges, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d’art et d’histoire de la Suisse 91 », (ISBN 3-909164-66-8), p. 70-104
  4. Paul Bissegger, « Morges (commune) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  5. Ric Berger et Jean-Gabriel Linder, Autour du Léman: excursions et découvertes, Éditions Cabédita, (ISBN 9782882950758), p. 93

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