Guillaume Ier de Genève

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Guillaume Ier de Genève
Image illustrative de l'article Guillaume Ier de Genève

Titre Comte de Genève
(1178-1195)
Autre titre Comte de Vaud
Prédécesseur Amédée Ier (son père)
Successeur Humbert (son fils)
Biographie
Dynastie Maison de Genève
Naissance Vers 1132
Comté de Genève
Décès
Château de Novel à Annecy
Père Amédée Ier de Genève
Mère Mathilde
Conjoint Agnès de Savoie
Béatrice (de Faucigny ?)
Enfants Humbert, Aimon, Marguerite, Amédée, Guillaume

Blason comte Geneve ancien.svg

Guillaume Ier de Genève, né vers 1132 et décédé le , est comte de Genève[Note 1] de 1178 à 1195, à la suite de son père Amédée Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Guillaume est le fils du comte Amédée Ier de Genève et d'une certaine Mathilde. Sur l'origine de Mathilde, l'historien spécialisé du comté de Genève, Pierre Duparc, relève « [qu'] on ignore l'origine », annotant qu'elle était peut être de la famille de Neuchâtel[2]. Certains auteurs donnent, comme par exemple Michel Germain, Mathilde de Gex, fille de Ponce, de Cuiseaux[3] ou plutôt Mathilde de Cuiseaux, fille d'Hugues Ier de Cuiseaux (le frère du précédent), seigneur de Clairvaux.

Du second mariage de son père, il a pour sœur, « Comtesson » ou « la comtesse » de Genève (1155-?), épouse le seigneur Henri Ier de Faucigny[2],[4], et frère Amédée Ier, à l'origine de la branche de Gex (baronnie de Gex)[1],[2].

Règne[modifier | modifier le code]

Guillaume de Genève succède à son père en juin 1178 et est connu sous le nom de Guillaume Ier[5]. Il rend hommage, deux mois plus tard, à l'abbé de Saint-Maurice d'Agaune pour des possessions relevant de la juridiction de l'abbaye, notamment les châteaux de Chaumont, La Roche en Genevois et celui de Hauteville, pour la moitié, situé dans l'Albanais[6],[ReG 1].

Conflits avec l'évêque de Genève[modifier | modifier le code]

Entre son couronnement et l'année suivante, le comte Guillaume semble engager dans une lutte pour affirmer son pouvoir, sans que l'on ne sache vraiment qu'elles en sont les origines mais dont on trouve la mention dans une charte de fondation[7],[ReG 2]. Durant ce conflit, le château de La Roche-sur-Foron, où on trouvé refuge la femme et le fils du comte, est assiégé « par une armée de seigneurs voisins », dont peut être Amédée de Nangy[6],[8],[9],[10]. Le seigneur de Nangy était l'exécuteur testamentaire de son père[9]. Soutenu par les chartreux dans ses actions, il produit, à cette occasion du siège de la ville, un acte faisant une large donation à la chartreuse de Pomier[6],[7],[ReG 2],[10].

Tout comme son père, il cherche à recouvrir ses droits sur les villes épiscopales de Genève et de Lausanne, perdus en partie sous le règne du comte Aymon Ier et l'accord de Seyssel de 1124[5],[11],[ReG 3]. Le comte fait construire ainsi une muraille à Genève en dehors de sa juridiction ou rend justice hors du cadre prévu par le traité[11]. L'évêque de Genève, Ardutius de Faucigny, ne tarde pas à l'excommunier et mettre en interdit les terres comtales[11].

Ce conflit aboutit, le , à une bulle proclamée par le pape Lucius III, contre les comtes de Genève[11],[ReG 4]. L'acte juridique papal est suivi par nouvel arbitrage rendu en 1184, dans la ville d'Aix, par l'archevêque de Vienne, Robert de La Tour du Pin, et l'abbé de Bonnevaux, dans le Dauphiné, Hugues[11],[ReG 5]. Le comte s'engage à respecter les décisions qui seront prises lors de cette arbitrage[ReG 5]. Le cadre reprend les grandes lignes de Seysel[5],[ReG 5]. Une bulle du pape Urbain III confirme l'acte l'année suivante[ReG 6].

Cependant le comte Guillaume refuse la sentence et tente de reprendre ses droits[5]. L'empereur empereur, Frédéric Barberousse doit intervenir et le met au ban de l'Empire en 1186[5],[12],[13],[ReG 7]. Cette sanction équivaut à la perte de l'ensemble des droits du comte[5]. Il doit également, en vertu de la sentence impériale de 1162[13],[ReG 8], verser une somme à l'évêque de Genève[13],[ReG 7]. Ardutius de Faucigny, décédé en 1185, fut remplacé peu avant par Nantelme[13]. Ce dernier, régulièrement à la cour de l'Empereur, profite de cet avantage pour affirmer son pouvoir[13].

En 1192, en lien avec son implantation en pays de Vaud, il se qualifie dans un acte comte de Genève et de Vaud (Gebennensium et Valdensium comes)[12],[14],[ReG 9]. Il conserve d'ailleurs des droits en pays de Vaud et dans le comté de Genève, tandis que l'évêque garde la cité et trois mandements autour[14].

Politique religieuse[modifier | modifier le code]

Guillaume Ier mène, tout comme ses prédécesseurs, une politique qui le place dans le parti des guelfes[5]. Toutefois, cela ne l'empêche pas de soutenir les établissements monastiques sur ses terres ou les environs.

Le comte Guillaume en compagnie de son fils Humbert, à l'issu d'un conflit en début de prise du pouvoir, font une importante donation à la chartreuse de Pomier (paroisse de Présilly, en Genevois), en 1179[7],[ReG 2]. Celle-ci est parfois considérée comme l'acte de fondation de celle-ci[ReG 2]. En 1191, il exempte de redevance les moines de Tamié[ReG 10] et l'année suivante, il fait un don à l'abbaye de Talloires, soit « une part des dîmes sur la vigne et le pré qu'il possède à Annecy, quatre maisons avec leurs casals au même lieu, le droit de faire paître les porcs dans sa forêt du mont Semnoz, enfin tous les droits de seigneurie sur les églises d'Annecy-le-Vieux et d'Annecy-le-Nouveau[ReG 9]. »

Fin de règne et succession[modifier | modifier le code]

Vue du château de Novel.
Le château de Novel, résidence des comtes de Genève dans la ville d'Annecy jusqu'en 1219.

Le comte Guillaume meurt le [ReG 11], au château de Novel à Annecy[15] (Novellas, apud Nansiacum)[ReG 12]. Cette date est calculée à partir d'un acte signé par Nantelme d'Ecublens, chanoine de Lausanne soit avant qu'il ne devienne évêque de Sion avant le 30 août, et par Humbert le fils du comte[ReG 11],[ReG 13]. Il est inhumé sous le portique de l'église du couvent de Sainte-Catherine, à proximité de la cité Annecy[ReG 11].

Dans son testament, le comte Guillaume semble avoir légué la protection de l'église de Saint-Michel de Cluses à son vassal et neveu, Willelme de Faucigny[ReG 14].

Famille[modifier | modifier le code]

Le comte Guillaume se marie deux fois[16]. Pierre Duparc donne pour première épouse Agnès, fille du comte Amédée III de Maurienne, puis Béatrice, peut être fille du seigneur Aymon Ier de Faucigny et de Clémence de Briançon[16],[14],[17]. On trouve parfois l'ordre inverse.

Sa première femme est Agnès[16]. Fille de comte, elle est également la sœur du futur comte Humbert III de Maurienne[16]. Elle meurt au plus tard en 1172[16]. Ils ont un fils, Humbert (« né avant 1174 et mort peu avant 1225[16] »), qui lui succèdera[16],[14].

Il épouse en seconde noce Béatrice[16]. De cette union nait un second fils Aimon (né vers 1174 et mort entre 1191 et 1195)[Note 2], Marguerite parfois appelée Béatrice[19] et le dernier enfant connu Guillaume II, mentionné à partir de 1205[16]. Ce dernier succèdera à son frère à la tête du comté de 1220 ou 1224 à 1252[16]. Un dernier fils, Amédée, que l'on ne peut placer dans la fratrie selon Pierre Duparc, est mentionné comme chanoine de Genève en 1191[ReG 15] puis devient évêque de Maurienne de 1213 à 1220[16]. Dans un acte de 1220, ce dernier est qualifié de frère du comte (frater noster) Guillaume II[ReG 16].

Marguerite épouse vers 1196 le comte Thomas Ier de Savoie[20],[21],[22]. Les Chroniques de Savoie racontent que le comte de Genève destinait sa fille au roi de France[23].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'historien Paul Guichonnet rappelle dans son article consacré au « Genève (de) » que la traduction de comes gebennensis est « comte de Genève ». Certains auteurs ont commis l'erreur de parfois le traduire sous la forme « comte de Genevois »[1], notamment le Régeste genevois (1866).
  2. Aimon est mentionné lors de la fondation de la chartreuse de Pomier, selon les preuves de Besson[ReG 2],[18].

Références[modifier | modifier le code]

Régeste genevois[modifier | modifier le code]

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. Acte de l'année 1124 (REG 0/0/1/267).
  2. a, b, c, d et e Acte de l'année 1179 (REG 0/0/1/415).
  3. Acte de l'année 1124 (REG 0/0/1/267).
  4. Acte du (REG 0/0/1/425).
  5. a, b et c Acte de l'année 1184 (REG 0/0/1/429).
  6. Acte du (REG 0/0/1/436).
  7. a et b Actes du (REG 0/0/1/437) et du (REG 0/0/1/438).
  8. Acte du (REG 0/0/1/367).
  9. a et b Acte de l'année 1192 (REG 0/0/1/456).
  10. Acte de 1191 (REG 455 bis).
  11. a, b et c Acte du (REG 0/0/1/460).
  12. Acte du (REG 0/0/1/493).
  13. Acte paru vers 1195 (REG 0/0/1/461).
  14. Acte du (REG 0/0/1/480).
  15. Acte du (REG 0/0/1/454).
  16. Acte du (REG 0/0/1/515).

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Paul Guichonnet, « de Genève » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  2. a, b et c Duparc 1978, p. 132 (Lire en ligne).
  3. Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue, , 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 269.
  4. M. A. Pollock, Scotland, England and France After the Loss of Normandy, 1204-1296, vol. 3, St Andrews Studies in Scottish History, Boydell & Brewer Ltd, , 288 p. (ISBN 978-1-84383-992-7, lire en ligne), p. 218, note n°283.
  5. a, b, c, d, e, f et g Histoire de Savoie 1984, p. 34.
  6. a, b et c Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 486 p., p. 101.
  7. a, b et c Duparc 1978, p. 133 (Lire en ligne).
  8. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p. (ISBN 978-2-90110-218-2), p. 292.
  9. a et b Nicolas Carrier, Matthieu de La Corbière, Entre Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Librairie Droz, , 401 p. (ISBN 978-2-8844-2019-8, lire en ligne), p. IX
  10. a et b Chanoine Marie Rannaud (ancien archiprêtre de Saint-Julien), La Chartreuse de Pomier : diocèse d'Annecy (Haute-Savoie) 1170-1793, J. Abry, , 344 p., p. 23.
  11. a, b, c, d et e Duparc 1955, p. 136 (Lire en ligne).
  12. a et b [PDF] Victor van Berchem, « Un conflit d'avouerie au XIIe siècle : Commugny et l'abbaye de Saint-Maurice », Revue d'histoire suisse,‎ , p. 425-447 (lire en ligne).
  13. a, b, c, d et e Duparc 1978, p. 137-141 (Lire en ligne).
  14. a, b, c et d Histoire de Savoie 1984, p. 35.
  15. Duparc 1978, p. 527.
  16. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Duparc 1978, p. 143-145 (Lire en ligne).
  17. Marie-Claud Junod, Monique Droin-Bridel, Olivier Labarte, « Polémiques religieuses. Etudes et textes », Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, Genève, tome XLVIII,1979, page II « Tableau généalogique, très simplifié, pour illustrer les liens de parenté entre les principaux personnages de l'époque » (Lire en ligne).
  18. Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'Histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoie, Sébastien Hénault imprimeur, 1759 (copie de l'exemplaire bibliothèque cant. et univ. lausanne) (lire en ligne), p. 73.
  19. Marie-José de Belgique, La Maison de Savoie: Amédée VIII, le duc qui devint pape, Paris, Albin Michel, 1962, p. 132.
  20. Bernard Andenmatten, « Savoie, Thomas Ier de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  21. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 468.
  22. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot, , 128 p. (ISBN 978-2-877-47804-5), p. 27.
  23. Duparc 1978, p. 145 (Lire en ligne).