Pierre II de Savoie

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Pierre II de Savoie
Arrivée de Pierre de Savoie à Berne.Détail d'une miniature tirée de la Chronique de Diebold Schilling, Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Mss.h.h.I.16 (v. 1485).
Arrivée de Pierre de Savoie à Berne.
Détail d'une miniature tirée de la Chronique de Diebold Schilling, Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Mss.h.h.I.16 (v. 1485).

Titre Comte de Savoie, Comte de Maurienne
(1263-1268)
Autre titre Sire de Faucigny
Comte de Richmond
Couronnement juin 1263
Prédécesseur Boniface de Savoie
Successeur Philippe Ier de Savoie
Distinctions Anneau de saint Maurice (?) ; Vicariat impérial perpétuel (1263)
Gouverneur des Cinq-Ports (1241)
Autres fonctions
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Naissance
(?) Château de Suse (Piémont)
Décès
Château de Pierre-Châtel (Bugey)
Père Thomas Ier de Savoie, comte de Savoie
Mère Marguerite de Genève
Conjoint Agnès de Faucigny († 1268), baronne de Faucigny
Enfants Béatrice de Faucigny

Armoiries Savoie 1180.svg

Pierre II de Savoie, dit « le Petit Charlemagne », né en 1203, peut-être au château de Suse (Piémont), et mort le au château de Pierre-Châtel (Bugey), est un prince souverain du comté de Savoie de 1263 à 1268.

Sixième fils du comte Thomas Ier de Savoie, il commence une carrière d'ecclésiastique (1226-1233), avant de devenir un seigneur laïc en Bugey, Vaud et Faucigny, ainsi qu'en Angleterre (1234-1263). Son engagement auprès du roi Henri III d'Angleterre, qui est son neveu par alliance, lui a en effet permis d'acquérir une expérience diplomatique et militaire, ainsi que d'importants moyens financiers qui lui sont ensuite utiles dans les territoires soumis à son autorité personnelle. Cette expérience lui est d'autant plus utile lorsqu'en 1263, alors qu'il est âgé de soixante ans, il doit succéder à son neveu, en devenant comte de Savoie et de Maurienne. Grand voyageur, grand diplomate et guerrier, il est aussi un grand administrateur, légiste et bâtisseur. Avec lui, le comté de Savoie se consolide et la gouvernance devient plus efficace en raison de quelques réformes — administratives, législatives et fiscales — inspirées de ses vies passées.

Ces différentes raisons font que Pierre de Savoie est vite comparé par ses contemporains à l'illustre empereur, devenant ainsi « le Petit Charlemagne » dans la Chronique de Savoye (1419)[1]. Ce surnom doit autant à son charme qu'à ses nombreuses prouesses. Cependant les victoires de Pierre de Savoie sont davantage le fait de la richesse obtenue au service de l'Angleterre et de sa finesse diplomatique, qu'à ses prouesses militaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tableau anonyme représentant Pierre de Savoie selon la mode du XVIIIe siècle.
Pierre II de Savoie (Collection Reggia di Venaria Reale, ca 1753).

Jeunesse (1203-1224) et début de carrière ecclésiastique (1224-1233)[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie naît en 1203, peut-être au château de Suse dans le Piémont[2],[3]. Selon certains historiens dont Bernard Demotz, il serait le huitième enfant et le sixième fils du comte Thomas Ier de Savoie et de son épouse Marguerite de Genève[2],[4], peut-être le septième fils pour l'historien suisse Bernard Andenmatten[DHS 1], voire le dixième selon la généalogie proposée par le site des archives départementales savoyardes Sabaudia.org[5].

Il est destiné comme ses frères aînés Thomas, Guillaume, Boniface et après lui Philippe, à l'état ecclésiastique, sans avoir été ordonné prêtre en raison de son rang. Pierre est qualifié de clerc dès 1224[6]. À partir de 1224, son frère Thomas est nommé chanoine de la cathédrale de Lausanne[7]. Pierre le rejoint deux ans plus tard[7],[8]. Il reçoit une formation auprès du prévôt du chapitre Conon d'Estavayer, avec lequel il se lie d'amitié[8]. Mais bientôt, cependant, Pierre est constamment absent. Devenu également chanoine de la cathédrale de Valence en 1226[DHS 1],[7], il obtient la prévôté du chapitre d'Aoste 1226 ou 1227, puis celle de Genève en 1227 ou 1229[DHS 1],[4],[7],[9].

Photo en couleurs d'une cathédrale vue depuis le chevet, grande tour à la croisée du transept.
La cathédrale de Lausanne, vue de l'est.

Lors de la succession de l'évêque de Lausanne, éclate une querelle « ni nouvelle, ni étonnante »[Note 1], laissant le siège de l'évêché vacant entre le et le [7]. À cette occasion, Pierre de Savoie, toujours en possession des prévôtés des églises de Genève et d'Aoste, est nommé administrateur temporel et spirituel de l'évêché dans l'attente d'une nomination papale[DHS 1],[7],[8],[ReG 1]. Boniface de Lausanne est choisi en 1231, et démissionne huit ans plus tard. Pierre semble par ailleurs rester prévôt de Genève jusqu'en 1232 et chanoine de Lausanne jusqu'en août 1233[DHS 1].

Pierre semble peu attiré par la vocation religieuse et ne souhaite guère poursuivre une carrière ecclésiastique. Son frère, Guillaume, alors évêque de Valence, aurait joué un rôle dans son émancipation[11]. L'évêque se rapproche en effet du baron Aymon II de Faucigny (v.1202-1253), qui n'a pas d'héritier mâle et dont la seconde fille, Agnès, est célibataire[11]. Une union entre les deux familles semble possible. Le baron de Faucigny est considéré d'ailleurs comme un allié du comte Thomas Ier de Savoie[12]. Aymon de Faucigny est dans sa quarantaine, et dans la mesure où il est de près de dix ans l'aîné de son futur gendre, cela permet au baron d'envisager de conserver encore un certain temps la gestion de sa seigneurie[13]. L'historien Eugene L. Cox considère que ce rôle d'entremetteur de Guillaume pourrait être perçu comme un moyen pour lui d'éloigner certains dangers de la métropole de Valence[14].

Le comte Thomas Ier meurt en 1233 et le frère de Pierre, Amédée, lui succède[15]. Le comte Thomas, qui a eu de nombreux fils, a préparé sa succession. Organisant la gestion et la répartition du domaine comtal ainsi que de ses possessions, il a mis en place une « politique d'inféodation d'apanages, avec hommage de chaque cadet à l'aîné »[15]. Pierre est ainsi apanagé en Bugey[16]. C'est dans ce contexte que Pierre quitte la cléricature pour devenir un seigneur.

Un seigneur guerrier et diplomate (1234-1263)[modifier | modifier le code]

Durant les trois décennies suivantes, Pierre devient un puissant seigneur. Son alliance par mariage avec la famille de Faucigny lui permet de s'imposer auprès de ses frères. Le soutien actif qu'il apporte à son neveu par alliance, Henri III d'Angleterre, lui vaut non seulement l'amitié du roi, mais de nombreux titres, droits et terres en Angleterre, contribuant ainsi à l'accroissement de sa richesse. Dans le comté de Savoie, son prestige, mais aussi son action, tant politique que militaire, lui permettent d'augmenter ses possessions et de poursuivre ainsi la politique d'expansion commencée par son père en Chablais et en Pays de Vaud. Il participe aussi à l'affaiblissement d'un puissant voisin, le comte de Genève.

Alliance avec le Faucigny[modifier | modifier le code]

Le projet d'alliance avec le Faucigny prend forme en 1234. Avec la bénédiction de son frère l'évêque Guillaume, Pierre épouse, au château de Châtillon, Agnès, seule héritière du baron Aymon II de Faucigny[14],[12],[17],[ReG 2]. Elle apporte en dot les seigneuries de Faucigny, de Beaufort et plusieurs autres terres[18]. Le baron de Faucigny fait stipuler que, quelle que soit la progéniture issue du mariage — fille ou garçon —, l'enfant hériterait de la dot de sa mère[9],[14],[19]. L'unique enfant du couple, Béatrice, naît dans l'année[20]. Son grand-père veille d'ailleurs à l'avenir de la baronnie en organisant par avance le mariage, et par là même l'héritage du Faucigny, de sa petite-fille[13].

Tableau anonyme représentant Pierre de Savoie selon la mode du XVIIIe siècle.
Portrait d'Agnès de Faucigny (Collection Reggia di Venaria Reale, ca. 1753).

En juin 1234, Pierre de Savoie obtient, avec le soutien de son beau-père Aymon de Faucigny, l'hommage pour le château et le fief de Gex d'Amédée II de Gex, vassal et cousin germain du comte Guillaume II de Genève, ainsi que pour les terres obtenues entre Divonne et la cluse de Gex[17],[21],[22],[ReG 3]. En juillet de la même année, il participe à Chillon à une rencontre réunissant le nouveau comte Amédée IV et ses frères afin de se répartir l'héritage de leur père[15],[21],[23],[ReG 4]. Pierre s'y rend en compagnie de son beau-père[22]. Son mariage lui confère une position importante qui lui permet d'exiger une part de l'héritage en principe dévolue à son frère, à savoir le Bugey[15],[22], avec les châteaux de Lompnes, sur le plateau d'Hauteville, et de Cornillon au-dessus de Saint-Rambert-en-Bugey. Le territoire possède un péage sur le Rhône à Saint-Rambert-en-Bugey et joue un rôle stratégique sur la route entre le comté de Savoie et la ville de Lyon et, au-delà, le royaume de France, par la plaine de l'Ain[24]. Son frère aîné, Aymon, profite lui aussi de l'occasion pour réclamer une part augmentée, en demandant le Val d'Aoste ainsi que l'« Ancien » et le « Nouveau Chablais »[Note 2],[27].

En 1237, Pierre entre en guerre contre le comte de Genève, afin de soutenir son beau-père[17]. Le conflit latent ou direct entre le Faucigny et le Genevois perdure depuis 1205. De plus, la plupart des acquisitions de Pierre en Bugey et en Gex, depuis 1234, encerclent et menacent le comté de Genève, qui a obtenu à la même période le contrôle de La Michaille[24],[28]. Au cours d'une trêve, Rodolphe, fils aîné du comte Guillaume II de Genève, capture Pierre, l'ayant enlevé et blessé[24]. Face à ce forfait, la maison de Genève est condamnée à payer une forte amende, 20 000 marcs d'argent[22], imposée par le comte de Savoie Amédée IV, frère de la victime[24]. Ne pouvant payer en 1237 qu'en donnant en gage certains biens fonciers et châteaux, la maison de Genève tombe sous le coup d'une seconde sentence, rendue en 1250, exigeant notamment la mise en gage de la seigneurie d'Arlod[24],[29]. Cette seigneurie marque la frontière occidentale du comté de Genève[22]. L'arrangement sera complété par une troisième sentence en 1260[24].

Liens avec l'Angleterre (1241-1264)[modifier | modifier le code]

Entre 1241 et 1264, Pierre de Savoie joue un rôle diplomatique majeur entre la Savoie et l'Angleterre[17].

Miniature de deux personnages royaux, homme et femme, se faisant face.
Mariage du roi d’Angleterre, Henri de Plantagenet et d'Éléonore de Provence. Historia Anglorum de Matthieu Paris, British Library, Royal 14 C VII (v.1250).

Guillaume, évêque de Valence, prépare le mariage de sa nièce, Éléonore de Provence, fille du comte Raimond Bérenger IV de Provence et de sa femme Béatrice de Savoie, avec le roi d’Angleterre, Henri de Plantagenet[30],[31]. Le contrat de mariage est signé en 1235 et Éléonore se rend, accompagnée de nobles, dont Pierre[2], en Angleterre pour rencontrer son futur époux[32]. Le mariage est célébré dans la cathédrale de Canterbury en janvier 1236[33].

Guillaume devient pendant quelque temps l'un des principaux conseillers du roi, tandis que son frère Boniface obtient le titre d'archevêque de Cantorbéry[34],[35].

Après la participation à la querelle de succession épiscopale de Lausanne (voir infra), Pierre se rend en Angleterre où le roi Henri l'adoube le [36], dans la cathédrale de Westminster. Il reçoit l'« honneur » ou « comté » de Richmond, le [37], ainsi que de nombreuses terres dans le Norfolk, le Suffolk, entre autres (voir section « Titres et possessions »)[30] ou charges comme gouverneur des Cinq-Ports[38].

Pierre fait de nombreux séjours en Angleterre. Au côté de son frère Boniface, il vient en aide à son neveu par alliance, le roi Henri III d'Angleterre, qui lutte en Guyenne pour reconquérir l'héritage Plantagenêt en 1242, étant également témoin semble-t-il, des deux défaites de Taillebourg et de Saintes[39]. À son retour d'Angleterre, le roi le charge d'accompagner l'évêque d'Hereford, Pierre d'Aigueblanche, d'origine savoyarde également, afin de négocier le second mariage de Richard de Cornouailles[40],[41]. La promise est la sœur de la reine consort Éléonore, Sancie de Provence[41]. L'acte est signé le 17 juillet 1242 à Tarascon[40],[41].

Il apporte son soutien contre la noblesse anglo-saxonne[DHS 1]. Il intervient militairement en Écosse en 1244[28], puis au Pays de Galles en 1245[28], ainsi qu'en Gascogne[42],[28]. En 1253, entre les mois de janvier et de mars, il se trouve dans le Hertfordshire, à Berkhamsted[42]. Sa proximité avec son royal neveu par alliance lui permet de participer aux négociations préparant le futur traité de Paris en 1259[28]. De nombreux chevaliers savoyards l’accompagnent dans ses expéditions, issus des différents territoires du Genevois, du Chablais, du Faucigny, de la Tarentaise, du Bugey, du Pays de Vaud[43], du Pays de Gex et de la vallée d’Aoste.

Lithographie en noir et blanc représentant un long bâtiment à plusieurs étages au bord de la Tamise.
Lithographie de l’Hôtel de Savoie (en bas) dans un ouvrage de 1820.

Pour le remercier, le roi d’Angleterre octroie à Pierre des sommes considérables qui lui servent ensuite à financer ses constructions en Savoie. Le roi d’Angleterre lui fait aussi don de terrains, le , sur la route de Westminster, entre le Strand et les bords de la Tamise, afin d'établir un hôtel particulier, le futur Hôtel de Savoie[44],[45],[46],[47], ainsi qu'une quarantaine de maisons[30]. Ce quartier prend le nom de Savoy. L'hôtel de Savoie est détruit à plusieurs reprises et en 1816 on édifie à son emplacement le pont Waterloo Bridge. Plus tard, on installe le Savoy Theatre (ouvert en 1881) et à proximité le moderne hôtel Savoy (ouvert en 1889).

L'expérience anglaise marque Pierre de Savoie dans plusieurs domaines, notamment dans l'architecture militaire avec l'apport des donjons ou tours rondes à plusieurs étages ou l'organisation administrative avec la comptabilité ou la justice[48]. La relation entre le roi et le jeune seigneur permet à de nombreux nobles Savoyards de venir s'installer à Londres, mais aussi à Bordeaux, alors sous domination anglaise[48],[35].

Mise en place de la gouvernance en Pays de Vaud[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, l'évêque de Lausanne détient le pouvoir, au nom de l'Empereur, sur une partie du Pays de Vaud, mais la Maison de Savoie va s'y implanter progressivement. En 1207, le roi Philippe de Souabe donne au comte Thomas, père de Pierre, le château de Moudon[49]. Celui-ci transforme non seulement le château de Chillon obtenu en fief de l'évêque de Sion à la fin du XIIe siècle[50], mais fonde le bourg de Villeneuve (de Chillon) (1214)[51]. L'arrivée de la Maison de Savoie redistribue le pouvoir dans l'ancien comté de Vaud. D'ailleurs, avec la domination progressive de Pierre, l'expression Patria Vuaudi — « la Patrie de Vaud » — semble se généraliser.

Pierre, par le prestige de sa naissance, par son action militaire et grâce aux richesses acquises en Angleterre, obtient le ralliement de nombreux seigneurs de Vaud[DHS 1]. Après la démission de Boniface de Lausanne, en 1240, il avance ses pions en s'immisçant dans l'élection du nouvel évêque, dans laquelle son frère Philippe présente sa candidature contre celle de Jean de Cossonay[52]. Un conflit armé oppose les deux compétiteurs. L'intervention du baron de Faucigny pour soutenir le candidat de la maison de Savoie aboutit à la prise de la ville épiscopale — ou ville haute — de Lausanne[52]. Jean de Cossonay reçoit le soutien du comte de Genève et de la noblesse vaudoise. La ville est assiégée par les partisans des deux candidats. Pierre de Savoie arrive avec une armée de 6 000 hommes pour soutenir son beau-père, intervention qui débouche sur un énième armistice[17],[52]. Quatre ans plus tard, le 29 mai, un traité entre le comte Amédée IV de Savoie, aîné de Pierre, et l'évêque Jean de Cossonay est signé à Évian, mettant fin au conflit[52].

Blason de la ville de Romont avec le dessin d'un château et d'une croix de Savoie.
Blason de la ville de Romont, adoptant la Croix de Savoie.

Au cours de cette période, la conquête, à partir de 1240, de villes comme Moudon, Romont, Morat, est décrite par la Chronique de Savoye du XVe siècle[53] à la manière d'une « héroïque conquête militaire »[54]. En réalité, l'implantation de Pierre en Pays de Vaud se fait à la fois par l'acquisition de droits seigneuriaux, par la conquête militaire pure et simple, ou encore par la saisie de gages (par exemple pour Rue et Les Clées), mais aussi par la création de villes nouvelles comme Aigle (avant 1232) ou Yverdon (vers 1260)[55],[56]. Pierre obtient ainsi les droits sur le château de Romont et fonde vers 1244 la ville neuve de Romont[55],[57],[DHS 2]. Il porte d'ailleurs désormais le titre de « seigneur de Moudon et de Romont »[7]. Ces droits sont confirmés le et le comte Amédée IV se fait investir sur Romont par l'évêque de Lausanne[58].

Les historiens Bernard Andenmatten et Daniel de Raemy signalent cependant que si le terme de « conquête » appartient au vocabulaire des chroniqueurs de la maison de Savoie, cette dernière devrait cependant être envisagée plutôt « comme une adhésion pacifique et spontanée des nobles vaudois à Pierre de Savoie »[59]. L'érudit Jean-Joseph Hisely observe que Pierre II « s'empare de ce pays par portions détachées, en soumet les châteaux successivement l'un après l'autre, et plus par l'ascendant de son génie que par de brillants faits d'armes ». Rappelant le surnom de ce nouveau Charlemagne, il estime qu'il « ressemble à un aventurier bien plus qu'il n'a l'air d'un héros ou d'un conquérant »[60]. En effet, au lendemain du traité d'Évian, un bon nombre de nobles vaudois rejoint le giron savoyard. Pierre reçoit ainsi le ralliement des « sires [vaudois] d'Aubonne, de Bioley-Magnoux, de Cossonay, de Saint-Martin-du Chêne, de Fruence (c'est-à-dire Châtel-Saint-Denis) et du comte de Gruyère[61],[62] ». À cette liste, s'ajoutent les « seigneurs d'Estavayer, de Mex, de La Sarraz et de Belmont[62] ». En janvier 1249, Pierre achète à Philippe de La Tour pour 30 livres de Lausanne ses droits sur une partie de la châtellenie de La Tour (acquise définitivement en 1252)[63].

Dessin des armes de la famille noble de Grandson.
Les armes de la famille noble de Grandson qui fut au service de Pierre de Savoie.

Lors des nombreux déplacements, notamment en Angleterre, la gestion des terres de Pierre en Pays de Vaud revient à des hommes de confiance. Des châtelains sont nommés pour les petits domaines, alors que pour les reprises de fief, les arbitrages ou encore les hommages vassaliques, il reçoit le soutien et l'aide des frères Pierre de Grandson et Henri de Champvent, issus de la puissante famille vaudoise de Grandson[6],[64]. Pierre de Grandson est mentionné comme châtelain de Moudon en 1255[64]. Les auteurs Castelnuovo et Matteoni considèrent que plus qu'un rôle administratif en lieu et place de Pierre de Savoie, Pierre de Grandson joue plutôt un rôle qui s'apparente à celui « d'associé »[64]. Par ailleurs, durant cette période, il réunit des clercs des comptes afin de gérer ses domaines, prémices d'une chambre des comptes[65]. Il crée, au début des années 1260, des bailliages pour gérer son domaine propre[66]. Hugues de Palézieux est le premier bailli mentionné pour le Pays de Vaud en 1261[66],[DHS 3], peut être même antérieur (1259)[64]. Lorsqu'il devient comte, Pierre généralise cette fonction à l'ensemble de son domaine savoyard[66]. Les châtelains qui représentent le prince tiennent une comptabilité détaillée de leur gestion financière sur des rouleaux de parchemins, « lesquels ressemblent fort aux rolls anglais »[65] (peut-être selon un système d'inspiration méditerranéenne[65]).

En 1250, peut être 1249, alors que la guerre reprend contre le comte de Genève, le seul fait connu reste que Pierre prend le château de Genève, jugé par l'historien Pierre Duparc comme « un coup de maître »[67]. Un compromis, dont son frère Philippe de Savoie est l'arbitre, semble avoir été signé[67]. Pierre reçoit en gage[Note 3] « et le pouvoir de disposer des châteaux de Genève, des Clées, de Ballaison, des fiefs de Rue et de Langin, et généralement de tous les biens possédés par le comte de Genève depuis l'Arve jusqu'à la Dranse et de la Cluse de Gex jusqu'au pont de Bargen sur l'Aar, à l'exception du fief du sire de Faucigny, du château de Charousse et des possessions comtales à Lausane et aux environs[67]. »[62]. À la même période, les familles de la vallée de la Broye, Pays de Vaud et de Fribourg, s'allient à Pierre[7],[61].

L'accroissement de son domaine : Chablais, Faucigny et Valais[modifier | modifier le code]

À la mort de son frère Aymon, probablement à la fin de l'année 1237 ou l'année suivante, les terres du Chablais reviennent au domaine comtal puisqu'Aymon n'était pas marié[4],[15]. Pierre hérite de certains droits et terres de son frère[15].

En Faucigny, en 1241, après quelques tractations du baron de Faucigny[ReG 5], la fille unique de Pierre et d'Agnès Béatrice de Faucigny, alors qu'elle n'est âgée que de sept ans, est promise à Guigues VII (1225–1269), dauphin de Viennois[20],[69]. Le mariage . L'accord prévoit « que si [le baron] et si Pierre de Savoie meurent sans postérité mâle, il feront le dit Guigues héritier de la terre de Faucigny »[ReG 5]. L'acte officiel de l'union ne semble promulgué qu'en 1261[70]. Le baron Aymon II de Faucigny lègue le l'ensemble de ses droits à sa fille Agnès et son époux Pierre de Savoie, au détriment de son autre fille, Béatrice, mariée à Étienne II de Thoire et Villars, qui n'a obtenu que sa dot[69],[71],[72].

Photographie en couleurs représentant un château-fort dont la base des murailles baigne dans l'eau.
Le château de Chillon vu de l'est.

En Valais, les possessions des Humbertiens sont imbriquées avec celles de l'évêque de Sion. Les tensions et conflits sont nombreux. L'évêque Henri de Rarogne cherche le soutien auprès de Berne en 1252, plaçant ainsi le comté dans un réseau d'alliances régionales relativement lâches et incohérentes, réseau appelé « confédération bourguignonne » par les historiens suisses[DHS 4]. Lorsque son frère le comte d'Amédée IV meurt en 1252, un arbitrage est opéré pour sa succession par les archevêques de Vienne et de Tarentaise ainsi que de l'évêque de Maurienne et de Belley. Il est rendu le [15]. C'est à cette occasion que Pierre hérite des terres de son père en Chablais, depuis le Monjoux jusqu’à Vinay, et en Bas-Valais avec les châteaux de Chillon, de Saillon et de Conthey[73],[74]. Il domine désormais toute la rive nord du Léman et s'installe au château de Chillon[75]. Cette place forte revêt depuis presque un siècle un intérêt stratégique pour la maison de Savoie dans sa politique d'expansion en pays romand[75]. Lorsqu'il sera fait comte, il fera encore mieux fortifier et aménager le rocher pour en faire une tête de pont pour la partie nord du comté de Savoie[75].

En 1255, Pierre protège les villes de Berne et de Morat[17]. Dans le cadre de ses expéditions dans les territoires sous domination anglaise, il participe au siège de places fortes comme La Réole et Benauge (Aquitaine), en 1257, ce qui lui permet de s’initier aux derniers perfectionnements de l’architecture militaire. Il obtient trois ans plus tard la moitié de la juridiction temporelle sur la ville de Lausanne[17].

Peu à peu, Pierre devient le protecteur de nombreuses localités, abbayes et châteaux. Les Chroniques de Savoie, rédigées sous le règne d'Amédée VIII de Savoie, relatent qu'en 1250, l'abbé Rodolphe de Saint-Maurice d'Agaune aurait donné à Pierre l'anneau de Saint Maurice[76],[77]. L'insigne hérité des derniers rois de Bourgogne par l'intermédiaire de l'Empereur aurait ainsi conféré aux comtes de Savoie[78] le « pouvoir par la translation de l'anneau »[77]. En réalité, c'est probablement à Pierre Ier de Savoie que l'Empereur a donné cet anneau, hérité des derniers rois de Bourgogne, vers 1076[79],[78].

Photographie en couleurs d'un château-fort sur un éperon rocheux, donjon cylindrique et montagne à l'arrière-plan.
Le château de la Bâtiaz, résidence épiscopale de l'évêque de Sion, prise par Pierre de Savoie. Ce dernier ordonne la construction de la grande tour circulaire vers 1260[DHS 5].

Au printemps 1260, Pierre entre en Valais avec son armée[74]. Successivement les châteaux de La Bâtiaz (résidence épiscopale de Martigny qui contrôle l'axe vers le col du Grand-Saint-Bernard), puis du Crest à Ardon et de la Soie à Savièse sont pris par les Savoyards[74]. En position de faiblesse, l'évêque doit signer un traité de paix à l'automne et reconnaître la Morge de Conthey comme limite entre sa juridiction en Valais et le Chablais savoyard[28],[74]. Pierre contrôle ainsi les terres de l'évêché en deçà de la limite[74]. L'évêque Henri n'en supporte guère les conséquences, notamment la présence savoyarde au château de Montorge, près de Sion et en appelle à une décision du pape, Urbain IV[74]. Pierre se fait représenter par l'archevêque de Tarentaise[74]. L'évêque de Sion profite de l'absence de Pierre, parti en Angleterre en 1263, pour prendre Montorge[74].

Comte de Savoie (1263-1268)[modifier | modifier le code]

En 1263, Pierre devient Comte de Savoie, le douzième Humbertien selon la tradition à porter le titre[Note 4]. Âgé de soixante ans lors de son accession au trône, il ne gouverne que cinq années, au cours desquelles il transforme la gestion du domaine comtal en appliquant des méthodes inspirées de son expérience en pays de Vaud et de ses observations en Angleterre[65]. Il semble que les dernières recherches historiques démontrent éventuellement une influence méditerranéenne (italienne ou catalane)[65].

L'accession au trône et l'affirmation de son pouvoir[modifier | modifier le code]

Angelo Verolengo, Pierre II de Savoie investi du vicariat général par l'Empereur Richard en 1263 (détail, 1850)

Son neveu Boniface, à peine âgé de dix-huit ans et seul fils de son frère aîné Amédée IV, meurt au début du mois de juin 1263, lors d'un assaut contre la ville de Turin[28],[82],[ReG 6]. Bien que ce dernier ait des sœurs, que Thomas, son frère aîné déjà décédé, ait des fils, la coutume savoyarde le fait hériter en tant que plus proche parent, la loi de primogéniture au second degré n'étant pas encore établie en Savoie[83]. Il devient alors le douzième comte de Savoie, sous le nom de Pierre II[84]. Les jours suivants, il reçoit l'hommage des grands feudataires du comté les 11 et 12 juin, le 16 juin Nantelme de Miolans, pour sa seigneurie de Miolans et la vicomté d'Aiguebelle (Maurienne)[85], le 19 août Raoul de Genève pour les châteaux et possessions dans le domaine personnel du comte[86],[ReG 7].

Les comtes de Savoie ne possèdent pas à proprement parler de centre du pouvoir. Ils circulent beaucoup sur l'ensemble du comté et de leurs possessions. Le comte Pierre inaugure une nouvelle tradition avec l'établissement d'une résidence principale au château de Chillon[87].

Son tout premier acte est de convoquer ses barons et de former une armée capable de combattre contre les forces qui avaient vaincu son neveu Boniface. Il passe les Alpes, assiège Turin, défait les Montferrains et les Astésans et châtie les révoltés piémontais qui avaient tué son neveu. Cette brève campagne lui vaut les hommages de nombreux petits fiefs.

En Valais, l'évêque de Sion profite que Pierre se rend auprès de sa nièce la reine d'Angleterre pour intervenir dans la partie du Valais occupée par les Savoyards. Pierre ne pouvant être présent, demande à son Conseil, notamment à maître Arnaud de renforcer les défenses de ses différents châteaux[74]. Les troupes épiscopales tentèrent l'incursion en début de l'hiver[74].

À son retour, il se lance dans une autre guerre que lui a déclarée le comte Hartmann V, dit le jeune, de la maison de Kybourg. Les troupes savoyardes le font prisonnier avec de nombreux autres comtes à Chillon. Pierre II en profite pour conquérir de nouvelles terres dans la partie nord du pays de Vaud, jusqu'en Suisse alémanique. Le comte Hartmann V meurt peu de temps après, en septembre. Le , Richard de Cornouailles, son neveu par alliance, qui a été fait Empereur en 1257, permet à Pierre II d'obtenir l'héritage du comte Hartmann le Jeune et du rectorat de la Bourgogne Transjurane et l'investit du titre de « Vicaire impérial perpétuel » en 1263[28],[88]. Ce titre lui permet d'obtenir une supériorité sur l'ensemble de la noblesse savoyarde. La légende raconte que le jour où il rendit hommage, interrogé par le protonotaire impérial — titre porté par le premier notaire de la chancellerie[89] — sur ses titres, il aurait répondu « Mes titres sont mon épée »[90],[91],[2].

Le comte Hartmann IV, dit le Vieux, s'oppose à ce règlement de l'héritage. À sa mort en 1264, son neveu, Rodolphe de Habsbourg entre dans cette querelle de succession et s'engage dans la lutte contre le comte de Savoie[92]. Au cours de la même année, le comte Pierre a dû intervenir en Angleterre en compagnie d'une troupe de 72 de ses vassaux et d'une armée d'environ 500 hommes, dont des arbalétriers[93].

En 1266 et 1267, il assiège Fribourg sans succès, mais s'empare de Gümmenen, Laupen et Grasbourg, ce qui oblige Rodolphe de Habsbourg à se retirer[94].

La nouvelle organisation du comté de Savoie[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs représentant les contours d'un territoire féodal.
La Savoie aux XIIe et XIIIe siècles[95].

Fort de ses expériences à Lausanne, de ses observations en Angleterre et de la gestion de son domaine personnel, le nouveau comte de Savoie modernise en partie la gestion de son comté.

L'administration du comté : le Conseil comtal[modifier | modifier le code]

Les comtes de Maurienne puis de Savoie ont toujours réuni autour d'eux de nombreux conseillers, issus généralement de la noblesse, et dans une moindre mesure des ecclésiastiques issus toutefois du même sérail[96]. Leur rôle est d'aider le comte dans la gestion de son domaine, notamment dans les affaires féodales, la haute justice, les finances ainsi que la politique tant intérieure qu'extérieure du comté[96]. Ils peuvent également avoir un rôle lors des décisions de mariage ou remplacer le comte lors de son absence[96].

Dessin en noir en blanc d'un médaillon représentant une femme cheval, montant en amazone.
Dessin de la comtesse de Provence, Béatrice de Savoie. Reproduction de son sceau, vers 1660.

Ainsi lors du déplacement de Pierre pour soutenir à nouveau Henri III d'Angleterre en 1264, le Conseil prend la relève[96]. Il est composé de huit personnalités du comté : l'archevêque de Tarentaise, Rodolphe Grossi, Béatrix de Savoie (sa sœur et épouse du comte Raymond IV Béranger), le clerc de la comtesse de Provence qui devient également son homme de confiance maître Arnaud [Note 5], le bailli de Savoie Joffrey d'Amaisin (Jofred d'Amaysin), Gautier de Seyssel, le bailli de Genevois-Chablais Humbert Mareschal, ainsi qu'un juge dont on ignore le nom[96]. La comtesse Agnès de Faucigny joue également un rôle[98].

Pour sa gestion des affaires courantes, le comte Pierre fait appel à des clercs de modeste extraction[98]. Outre le chanoine Arnaud, on trouve Thomas de Rossillon et Simon de Verthier (Verter, Verz, Vercey, ou Vercers ou Vercei), d'origine vaudoise, curé de Fillinges en Faucigny et chanoine de Genève[99], chargés des finances du comté[98]. Suivent plus tard Vincent de Pierre-Châtel, chargé de l'ordonnancement des dépenses de l'hôtel, Pierre de Solier, Dom Pierre[98], ou encore Hugues Botier, Guillaume de Palezieu, maître Ponce, Durand du Fayard[96]. Le dominicain Aymon de Cruseilles (parfois mentionné sous le nom Aymon de Menthonay), prieur du couvent de Lausanne[100], est chargé du lien avec les ecclésiastiques du comté[98].

L'organisation du comté : bailliages et châtellenies[modifier | modifier le code]

Jusqu'à Pierre de Savoie, le comté est subdivisé en châtellenies qui à partir de l'avènement du nouveau comte sont rassemblées dans des bailliages[101]. Son père, le comte Thomas, a déjà mis en place une nouvelle organisation dans son comté avec des châtelains qui ne sont que des officiers du comte installés dans un château en son nom[102]. Ils sont donc à son service, payés par son administration et ainsi révocables[102]. Ils sont généralement choisis parmi les cadets des grandes familles ou d'extraction plus modeste, pour garantir une meilleure gestion, et « toujours de confiance absolue, actifs et capables »[102]. Installés dans des châteaux à l'enjeu stratégique pour le territoire comtal, ils administrent — ils ont le pouvoir de justice, militaire et économique —, tiennent les comptes (voir section suivante) et ont un rôle militaire majeur[102],[103]. Ces châtellenies sont protégées par un réseau de maisons fortes. Leur gestion financière est contrôlée par des agents itinérants[103].

Afin de contrôler au mieux sa principauté, Pierre II s'appuie sur deux officiers territoriaux qui prennent une toute nouvelle importance, le bailli et le juge-mage[103]. Avant son accession au trône, il a expérimenté cette nouvelle organisation pour la gestion de ses domaines personnels du Bugey, où il a placé un châtelain dans le château de Cornillon sur Saint-Rambert dés 1234, ainsi qu'à Moudon (après 1237) en pays de Vaud et Chillon en Chablais[66],[104]. Ce bailli, dont la première mention attestée apparaît dans un acte du et d'inspiration anglaise[105], est placé au-dessus des châtelains de cette région[103],[104],[106] ; il possède principalement un pouvoir militaire, mais aussi d'administrateur civil en l'absence du comte.

Pierre II généralise dans le domaine comtal les comptes de châtellenies expérimentés en Chablais et Vaud[65], ainsi que dans ses domaines du Faucigny[8]. Les premières expériences avec le recours à des clercs des comptes remontent ainsi aux années 1240 à 1255[8]. Il « exige de ses châtelains des comptes établis sur des rouleaux »[8]. Par exemple, les comptes de châtellenies de Chillon, de Conthey et de Saillon, situées en Chablais, sont mis en place avant son accession au trône. Parmi les plus anciens parchemins conservés, on trouve ceux de Fallavier (Viennois savoyard) qui remontent à 1246-1247[8]. Ceux pour ses terres en Chablais et Vaud datent de 1257-1258[65]. En mettant en place ce système, c'est l'embryon d'une centralisation du pouvoir et donc du contrôle qui est mis en place[65]. Le château de Chillon était devenu le centre de gestion de ses terres en accueillant le Trésor et les archives[8].

Enfin, l'administration comtale se développe avec la mise en place d'une « Chambre des comptes ambulatoire comptant sept auditeurs des comptes » avec le même nombre de clercs comtaux[8],[107]. Le receveur des comptes à l'origine des rouleaux est donc distingué de l'auditeur qui effectue la vérification de ces comptes[107]. Ces derniers se rendent conjointement, à cheval, dans les centres des bailliages[8],[107]. Son frère, Philippe, n'a pas poursuivi l'expérience, il faut attendre l'arrivée de Amédée V pour que la Chambre des comptes soit fixée à Chambéry[8].

On observe également le développement des paiements en deniers[108]. Durant son règne, Pierre II renforce leur poids, le faisant passer à 1,43 g.[108].

La loi et la justice comtales[modifier | modifier le code]

Avec le comte Pierre apparaît un début de normalisation de la justice[109]. La justice féodale en Savoie est aux mains des seigneurs locaux. Elle mêlait des principes de droit romain à des coutumes germaniques et locales. Pierre II opère une normalisation des règles avec l'installation d'un juge professionnel par bailliage[109]. L'installation se fait progressivement dans les États de Savoie, tout d'abord vers 1262-63 en Savoie Propre, l'année suivante en Genevois et en Chablais, puis par ses successeurs en 1270 pour le Viennois savoyard, le Piémont et le Bugey[110].

La justice s'effectue dans le cadre territorial d'une judicature, correspondant peu ou prou aux bailliages[103],[106]. Elle est rendue par le juge-mage[103],[106] ; il reprend donc l'organisation appliquée dans son propre domaine, en Chablais et Pays de Vaud. Les différentes nominations permettent de définir les bailliages suivants : Pays de Vaud, Savoie, Genevois-Chablais, Faucigny, Aoste et Bugey[104].

Pierre poursuit également une pratique héritée des Carolingiens et qui a perduré sous le règne des Humbertiens, celle du plaid — une assemblée générale qui porte au siècle suivant le nom d'audiences générales — où se prennent des décisions dans de nombreux domaines[111]. Le comte Pierre, assisté de juristes, participe à ces réunions qui se déroulent dans des lieux différents du domaine[111]. Il existe aussi des plaids au niveau inférieur qui se tiennent « deux à trois fois par an [...] soit dans l'église, soit sous les halles »[112].

Sur le plan législatif, le règne de Pierre II est marqué par des innovations. Elles se retrouvent dans des « Statuts » (contenant cinq articles), qualifiés de première codification générale de la législation savoyarde (codes de droit public et privé), édictés de 1263 à 1268[113],[114]. Le comte fait mettre par écrit le droit romain et le droit coutumier[105]. Ils s'articulent en quatre parties : le régime de la propriété et des biens, le droit criminel — les sentences peuvent être très sévères ainsi pour un crime crapuleux, la punition est la décapitation pour un noble et la pendaison pour les autres[114] —, le droit civil et la pratique du notariat qui se généralise pour l'enregistrement, la conservation des contrats et la garantie de leur authenticité. La justice comtale s'applique prioritairement sur la justice seigneuriale[114]. Les juridictions comtales s'appliquent pour les affaires sur les grandes voies de communication ou les affaires ecclésiastiques[114]. Pour les autres affaires, les agents comtaux n'ont pas à interférer mais peuvent recevoir les plaintes[114].

Villes neuves et chartes de franchises municipales[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie est à l'origine de la construction de plusieurs bourgs avec un château. Vers 1257, édification du bourg de Versoix, sur la rive du Léman[115]. Quelques années plus tard, entre 1259 et 1260, c'est au tour d'Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, puis deux ans plus tard la future Bonneville, en Faucigny[115].

Avec les croisades, qui ouvrent de nouveaux marchés à partir de 1150, l'économie de l'Europe se réanime. Cela se traduit par une intensification des trafics routiers à travers les Alpes du Nord. Les villes, lieux de production et d'échanges de biens, sont en plein essor. Leurs bourgeois veulent se libérer des contraintes féodales et les seigneurs ont tout à gagner des villes dont le dynamisme augmente les populations et la richesse des domaines du seigneur. Ils leur accordent pour certaines un ensemble de droits et de privilèges.

Pierre II accorde des chartes de franchises tout d'abord dans ses possessions personnelles, puis lorsqu'il devient comte, en 1263, dans différents bourgs du domaine comtal : Payerne (Vaud 1240)[116], Saint-Julien-de-Maurienne (Maurienne, 1264[117]), Évian (Chablais, 1265[118]), et Moudon (Vaud, 1267[49]) dont la charte a servi de modèle pour plusieurs autres bourgs du pays de Vaud comme Grandcour (Vaud, avant 1268)[116].

Pierre II et l'architecture militaire[modifier | modifier le code]

Au cours de la seconde partie XIIIe siècle, les ingénieurs du comté de Savoie semblent abandonner le classique donjon roman quadrangulaire perché sur une butte ou un rocher à pic, en pierre de taille, entourée d'une ou plusieurs courtines et murs d'enceintes épousant les formes du terrain et adopte les donjons circulaires ou tours rondes, comme en royaume de France[119]. Si l'on peut supposer que les maîtres savoyards ont pu s'inspirer des édifications du Lyonnais où ils sont présents, il semble que ce soit le contact régulier en terres anglaises qui soit à l'origine de cette influence[119]. Intéressé par l'architecture, Pierre semble vouloir faire adopter le plan des châteaux qu'il a pu observer lors de ces différentes campagnes auprès du roi Henri III d'Angleterre[119],[120], en Guyenne anglaise[121] ou encore en Normandie, où ceux-ci sont constitués d'une ou plusieurs tours circulaires aux murs très épais, sans angle mort[121],[122], mises en position de façade[123], coiffées d'un toit conique, accessibles par pont-levis, comme celui du Louvre et celui de Coucy-le-Château. Les possessions se couvrent ainsi de châteaux dit savoyards, c'est-à-dire de forme rectangulaire avec quatre tours rondes aux angles[124], appelé le « carré savoyard »[121],[125]. La construction est exécutée principalement par une main d'œuvre locale qui reçoit de bons salaires et des avantages en nature comme des vêtements de travail.

C'est en tout une trentaine de châteaux qui sont construits sous sa direction et ses maîtres ingénieurs lorsqu'il fut seigneur puis comte dans l'ensemble des territoires du comté de Savoie. Les spécialistes considèrent « souvent l'adoption de ce plan et la multiplication des tours circulaires à un programme architectural princier »[127]. Toutefois, comme le souligne le médiéviste Alain Kersuzan, les constructions sur ce modèle sont nombreuses mais elles restent limitées au règne de Pierre II (1258-1268) et sont concentrées principalement en pays de Vaud et Chablais[123]. Si le comte loue les services Magister ingeniorum du roi d'Angleterre, Jehan de Mesoz (Jean de Maysoz, Mesot) originaire des Landes[119], des Savoyards qui ont pu suivre au cours de ses déplacements interviennent également comme Pierre Meynier « custos operum domini »[128], qui dirige les travaux en Valais (Conthey, à Saillon, Brignon, Martigny) et en pays de Vaud (Chillon, Yverdon, Romont)[124], et où intervient aussi maître Jacques de Saint-Georges. Ce dernier travaille ensuite au Pays de Galles, tout comme Jehan de Mesoz, où il édifie notamment les châteaux forts et enceintes du roi Édouard Ier dans l'ancienne principauté de Gwynedd[129],[130],[131].

De récents travaux de Daniel de Raemy et la dendrochronologie tendent à démontrer que « l'apparition de ce type de tour dans la région n'est pas forcément attribuable directement à l'arrivée de Pierre de Savoie. Elle n'est pas une innovation régionale spécifiquement savoyarde... »[Note 6].

Le comte et les Juifs[modifier | modifier le code]

Pierre II se montre généreux envers les Juifs, poursuivant là une politique des comtes de Savoie mise en œuvre dès le XIIe siècle et ce jusqu'au XVe siècle[133], même si la première mention de leur présence sur les terres comtales remonte à 1254[134]. Ils proviennent du Dauphiné ou de la France voisine qui les expulsent régulièrement[134], mais aussi parce que les comtes restent bienveillants, notamment en n'appliquant pas l'une des décisions du Quatrième concile du Latran imposant le port d'un vêtement spécifique aux Juifs et Sarrasins[135]. Les communautés s'installent et font du commerce dans les principaux bourgs de la Bresse, de l’Avant-Pays, ainsi que sur les rives du Léman[134],[135]. Des quartiers spéciaux, les « juiveries », se développent alors à Montmélian, Chambéry, Genève et Thonon. Leur présence s'étoffe ensuite avec l'arrivée d'autres Juifs venus du Piémont et de toute l'Italie du Nord.

En 1247, une importante affaire de crimes rituels avait entraîné la condamnation de plusieurs juifs à périr sur le bûcher à Valréas[136]. L'archevêque de Vienne ordonne le bannissement de tous les rabbins et israélites du territoire de sa juridiction. Vers la fin de la même année, une délégation de neuf juifs rencontrent Pierre II à Saint-Genix-sur-Guiers et signent avec lui devant notaire un contrat d'hommes-liges moyennant le paiement de 500 pièces d'or et d'une redevance annuelle[136]. Ce système reposant sur une fiscalité spécifique préfigure le crédit du prince qui sera mis en place par ses successeurs au siècle suivant[134].

Fin de règne et succession[modifier | modifier le code]

Dessin en noir et blanc en pied représentant un homme en cotte de maille et tenant un bouclier.
Dessin du cénotaphe de Pierre II de Savoie, dans l'abbaye d'Hautecombe.

Les derniers jours[modifier | modifier le code]

Vue des bâtiments d'un château sur les pentes boisées d'un éperon rocheux.
Château de Pierre-Châtel, en Bugey.

Le comte Pierre II est bien malade au début du mois de mai 1268 [83] ; il meurt le 16 du mois[Note 7], à château de Pierre-Châtel[2],[137],[138]. Toutefois, la tradition reprise par le généalogiste Guichenon veut que le comte soit mort au château de Chillon, dans le pays de Vaud, au bord du lac Léman[Note 8]. Il est inhumé, le jour suivant probablement dans la nécropole comtale des Savoie d'Hautecombe sur les rives du lac du Bourget[2]. Sa femme, Agnès, décède quelques mois plus tard, le 11 août[ReG 9],[2].

Succession[modifier | modifier le code]

Pierre établit au cours de son existence quatre testaments : 1234, 1255, 1264 et 1268[139],[ReG 10]. Ces différents écrits ainsi que les codicilles afférents attestent de l'évolution de la pensée et de l'attitude adoptée par le prince au fur et à mesure de son accession au pouvoir en tant que seigneur, puis baron du Faucigny, et enfin comte de Savoie[139]. Ainsi, entre 1255 et 1268, Pierre est devenu comte de Savoie et fait modifier le lieu de sa sépulture[139]. Si, dans un premier temps, son choix se porte sur l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, il choisit à la fin de sa vie l'abbaye d'Hautecombe[139].

Avec la mort du comte, la maison de Savoie se trouve dans une situation inédite : c'est la première fois dans l'histoire du comté qu'un prince n'a pas d'héritier mâle[83]. Pierre, en préparant son testament, a nommé pour successeur son propre frère, Philippe, au détriment de sa fille Béatrice[83]. Son testament de 1264, alors qu'il vient d'être fait comte, indique qu'en cas de décès, sa nièce Éléonore, femme du roi Henri III d'Angleterre hériterait du comté de Savoie, son frère Philippe est indiqué en deuxième position, puis ses jeunes neveux Thomas III de Piémont, Amédée et Louis[83]. Un article stipule que sa fille, non prise en compte pour la Savoie, hériterait du comté anglais de Richemond[83], en plus de la terre de Faucigny.

Le dernier testament du modifie, juste avant sa mort, ses volontés[139],[83]. Si Philippe reste l'héritier du comté de Savoie, sa fille obtient « heredem nostram... in tota terra nostra quam habemus in Gebennesio et in Uuaudo[83]. » Le codicille du 14 mai revient sur cette décision[83]. Le comte meurt deux jours plus tard. Le testament du 7 mai indique par ailleurs qu'en cas d'absence d'héritier pour Philippe, ce seront leurs jeunes neveux, fils de leur frère Thomas II de Piémont, qui hériteront du comté[139],[83]. Pierre lègue à sa femme les châteaux de Versoix (Genève), d'Allinges (Vieux et Neuf en Chablais), de Féternes (Chablais), de Charousse (Faucigny/Genève) et d'Aubonne (Vaud)[25].

Jamais la duchesse Béatrice n'a revendiqué un quelconque droit sur l'héritage comtal de son père[83]. Par contre, son oncle et sa tante maternels, Étienne II et Béatrice de Thoire-Villars, tentent en août de récupérer l'héritage de sa mère Agnès de Faucigny[83]. Le Faucigny, au côté du Dauphiné, est ainsi régulièrement en guerre contre la Savoie jusqu'à ce que le premier rentre définitivement, en 1355, dans le domaine du comte de Savoie[83].

Par son testament de 1264, confirmé par celui de mai 1268, Pierre II lègue son palais de Londres, l'hôtel de Savoie, à l'hospice du Grand-Saint-Bernard[45].

Hugues de Palézieux est l’exécuteur testamentaire. Il reçoit la châtellenie de La Tour-de-Peilz en legs[DHS 3].

Famille[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie épouse en 1234 Agnès († 1268), la fille du baron Aymon II de Faucigny[4]. Ils n'ont qu'un enfant, leur fille Béatrice (1234 – 1310)[2].

Béatrice, surnommée la « Grande Dauphine », est l'héritière du titre et des terres des baronnies de Faucigny et du Beaufortain[20]. Son grand-père la marie en 1253, alors qu'elle est âgée de sept ans, à Guigues VII (1225 – 1269), dauphin de Viennois. En 1273, elle épouse en secondes noces Gaston VII de Moncade (1225 – 1290), vicomte de Béarn[20].

Titres et possessions[modifier | modifier le code]

Pierre de Savoie porte en tant qu'héritier du comté de Savoie les titres de comte de Savoie et de Maurienne, du jour de son avènement le à sa mort le . Avant d'accéder au trône comtal, Pierre est mentionné dans les différents actes conservés comme « fils » ou « frère du comte de Savoie », de « seigneur de Moudon et de Romont »[7].

Pierre de Savoie avait hérité de son père une partie du Bugey savoyard[15],[22] avec les châteaux de Lompnes, sur le plateau d'Hauteville, et de Cornillon au-dessus de Saint-Rambert-en-Bugey. En juin 1234, il met la main sur le fief Gex à la suite de l'hommage rendu par le seigneur de Gex[21],[22],[ReG 3]. En 1249, s'ajoutent la seigneurie de Septême, puis Dorches en 1255[84].

Lors de la conquête du pays de Vaud, Pierre se fait céder les droits sur le château de Romont par Anselme de Billens, entre 1240 et 1249, d'où l'usage parfois de le désigner comme comte de Romont[Note 9], mais cela reste une erreur[7]. Les droits de Pierre vers 1240 sont confirmés le [58]. Par mariage, il porte, après la mort de son beau-père, Aymon II, en 1254, ses titres[140],[141].

Le roi Henri III d'Angleterre fait le cadeau de l'« honneur » ou « comté » de Richmond, le [38],[37]. Il ne semble pourtant pas utiliser ce titre[7],[37]. Le titre et surtout les droits seront d'ailleurs contestés par le duc de Bretagne[37]. Pierre reçut également des privilèges, libertés et des terres comme l'honneur d'Aquila dans le duché de Lancaster dans le Sussex, d'autres dans le comté d'Essex[37] et dans le reste de l'Angleterre dans les comtés de Norfolk, de Suffolk, de Lincoln et Hereford[30]. En septembre, il obtient l'« honneur » d'Eagle (Lincolnshire), la terre des confins du comté de Surrey (Earl Warenne in Sussex and Surrey), et le château de Lewes, dans le Sussex de l'Est[38]. Deux mois après, il reçoit celui de Rochester, dans le Kent, et est nommé gouverneur des Cinq-Ports[38]. Il semble avoir obtenu une quarantaine de manoirs dont celui d'Aldeburg en 1247, ainsi que la garde de plusieurs châteaux dont celui d'Hasting dans le Sussex en 1262[30],[37] ou encore celui de Douvres[141]. Il reçoit aussi un terrain dans Londres où est édifié un hôtel particulier, l’Hôtel de Savoie ou Savoy[30]. En 1266, le roi remet l'honneur de Richmond à Jean Ier le Roux[37]. En compensation, Pierre semble avoir obtenu des terres et châteaux dans le reste de l'Angleterre[37]. Lors de son décès, la plupart de ses possessions anglaises reviennent à sa nièce, la reine consort Éléonore[37].

Richard de Cornouailles obtient pour lui le titre de « Vicaire impérial » en 1263[28]. Ses successeurs reçoivent un siècle plus tard le « titre perpétuel pour les villes et diocèses de Sion, Lausanne, Genève, Aoste, Ivrée, Turin, la Maurienne, la Tarentaise, Belley et le comté de Savoie »[DHS 6].

Photo en couleurs d'une cotte de mailles décorée de la représentation dorée et argentée d'un personnage à cheval.
Saint Maurice représenté en soldat romain (casque, cotte de mailles, écu crucifère), décor en argent naturel et dorure sur un côté de la châsse des enfants de saint Sigismond, trésor de l'abbaye d'Agaune[142].

La lance et l'anneau de saint Maurice, le chef de la légion thébaine qui mourut martyr de la foi chrétienne et saint patron de la Savoie, font partie des insignes des rois de Bourgogne[78]. Ils passent à la mort du dernier d'entre eux, en 1032, à l'Empereur qui semble en faire cadeau au comte de Maurienne, Pierre Ier, vers 1076[79],[78]. De là semble naître la confusion entre les deux comtes sur la possession de l'anneau de saint Maurice[78]. L'erreur semble provenir de La Chronique de Savoie[76], rédigée sous le règne d'Amédée VIII de Savoie (début du XVe siècle), pour légitimer le pouvoir comtal[79],[78]. Une étude produite par Laurent Ripart de l'Université de Savoie, en 1994, permet de déconstruire cette représentation qui légitimait en partie symboliquement le pouvoir des comtes[77].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages spécialisés sur la période[modifier | modifier le code]

  • (en) Eugene L. Cox, The Eagles of Savoy : The House of Savoy in Thirteenth-Century Europe, Princeton University Press (réimpr. 2015) (1re éd. 1974), 512 p. (ISBN 978-1-40086-791-2) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Bernard Andenmatten, La Maison de Savoie et la noblesse vaudoise (XIII-XIVe s.) : Supériorité féodale et autorité princière, Lausanne, Société d'histoire de la Suisse romande,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Etude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIè - XIVè siècle), Annecy, Académie salésienne,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine,‎ , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Bernard Andenmatten et Daniel de Raemy (sous la dir.), La Maison de Savoie en Pays de Vaud, vol. 97, Lausanne, Édition Payot, coll. « Bibliothèque historique vaudoise »,‎ , 284 p. (ISBN 978-2-60103-068-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • André Perret, Les institutions dans l'ancienne Savoie : Du onzième au seizième siècle, Chambéry, Conseil départemental d'animation culturelle,‎ , 87 p. (ASIN B0007AXLD6, lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane,‎ , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2).
  • François Mugnier, Les Savoyards en Angleterre au XIIIe siècle et Pierre d'Aigueblanche, évêque d'Héreford, Chambéry, Imprimerie Ménard,‎ , 324 p. (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Ouvrages, articles sur Pierre II[modifier | modifier le code]

  • Bernard Andenmatten, « Savoie, Pierre II de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 4 avril 2013.;
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Divers articles de Paul Guichonnet dans Le Messager en novembre 2003 ;
  • Actes du colloque international de Lausanne, 30-31 mai 1997 - Bernard Andenmatten, Agostino Paravicini Bagliani et Eva Pibiri (sous la dir.), Pierre II de Savoie (+ 1268) : Le "Petit Charlemagne", t. 27, Lausanne, Fondation Humbert et Marie José de Savoie et Université de Lausanne, coll. « Cahiers lausannois d'histoire médiévale »,‎ , 444 p. (ISBN 2-940110-40-9) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article :
    • (it) P. Cancian, « Gli statuti di Pietro II alla luce delle norme sul notariato », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 5-18
    • Thomas Bardelle, « L'hommage-lige des Juifs à Pierre II en 1254 », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 19-31 ;
    • Guido Castelnuovo, Christian Guilleré, « Les finances et l'administration de la maison de Savoie au XIIIe siècle », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 33-125 ;
    • Michael H. Gelting, « Les bases patrimonials du pouvoir », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 127-150 ;
    • Franco Morenzoni, « Pierre II de Savoie et Genève », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 151-170 ;
    • Jean-Daniel Morerod, « Pierre II, sa mainmise sur l'église de Lausanne et l'organisation des territoires savoyards au nord du Léman », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 171-189 ;
    • Jean-Pierre Chapuisat, « Pierre de Savoie, les affaires anglaises et la politique européenne (1252-1255) ou: trois années très remplies », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 257-264 ;
    • Bernard Andenmatten, « Contraintes lignagères et parcours individuel : les testaments de Pierre II de Savoie », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 265-293 ;
    • Laurent Ripart, « Non est consuetum in comitatu Sabaudie quod filia succedit patri in comitatu et possessione comitatus Genèse de la coutume savoyarde de l’exclusion des filles », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 295-331 (lire en ligne) ;
    • Gérard Giordanengo, « L'"état" dauphinois au milieu du XIIIe siècle: une esquisse », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 333-368 ;
  • Louis Blondel, L'architecture militaire au temps de Pierre II de Savoie. Les donjons circulaires, Genève, Geneva,‎ , 51 p..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Observation du prévôt de Lausanne, Conon d'Estavayer, qui, à propos des difficultés de la succession épiscopale, note que le phénomène n'était « ni nouveau, ni étonnant »[10].
  2. L'« Ancien Chablais ou Chablais primitif » correspond à tête du Léman au long de la rive gauche du Rhône, soit l'actuel Bas-Valais[25], tandis que le « Nouveau Chablais ou Chablais savoyard ou encore Chablais actuel » se situe entre la Dranse et la Morge[25],[26]. On distingue par ailleurs un « Chablais vaudois » pour les possessions savoyardes actuellement enclavées en Pays de Vaud[25].
  3. La gagerie est un procédé par lequel un seigneur met en gage son fief en place d'une forte somme d'argent. Le bien entre immédiatement dans les possessions du prêteur. Si ce seigneur rembourse son prêt, il récupère son bien sinon il passe définitivement entre les mains de l'autre seigneur[68].
  4. La numérotation débute traditionnellement avec le premier membre connu de la dynastie des Humbertiens, à l'origine de la Maison de Savoie, le comte Humbert, au début du XIe siècle. Il faut cependant attendre le comte Amédée III qui le premier signe avec la formule « comte de Savoie et marquis en Italie »[80] ou simplement « comte de Savoie » en 1125[81].
  5. Maître Arnaud Garsis (ou Garsei) est chanoine de Saint-Étienne de Lyon. Il fut le clerc de la comtesse Béatrix de Savoie avant de devenir l'homme de confiance du comte Pierre II[97]. Il est considéré comme le vice-gerens du comté en matière de juridique et parfois financière[98].
  6. Le privilège en serait attribué à Amédée III de Montfaucon, comte de Montbéliard, sire d'Orbe, qui aurait introduit la tour ronde dans les pays romans, d'abord à Orbe en 1233 puis à Yverdon en 1235[132].
  7. La date du 16 est donnée par Victor Bénigne Flour de Saint-Génis[137] ou encore l'historien Michel Germain[2], qui reprennent la note du Régeste genevois[ReG 8]. Certains ouvrages ou revues du XIXe siècle ont indiqué qu'il était mort entre le 14 et le 15 mai.
  8. Par exemple l'historien Joseph Dessaix dans son ouvrage La Savoie historique, pittoresque, statistique et biographique (1854, p. 284). La chronique française de Savoie, reprise par Samuel Guichenon indique le château de Chillon, toutefois cette information sera déconstruite notamment par l'historien genevois Édouard Mallet (1805-1856) dans Documents génevois inédits pour la généalogie de la maison souveraine de Savoie, depuis le XIIe jusqu'au XVe siècle (1836), p. 19.
  9. La note [731] du Régeste genevois indique « l'acte par lequel Pierre, frère du comte de Savoie et comte de Romont, reçoit... »[ReG 11].

Références[modifier | modifier le code]

Régeste genevois[modifier | modifier le code]

Environ 80 mentions dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. Acte du (REG 0/0/1/644).
  2. Acte de février 1234, « Testament de Pierre, fils de feu Thomas, comte de Savoie, fait à l'occasion de ses fiançailles avec Agnès, fille d'Aimon, seigneur de Faucigny. (...) » (REG 0/0/1/664).
  3. a et b Acte du , « Amédée, seigneur de Gex, fait hommage à Pierre de Savoie, fils de feu le comte Thomas, en réservant la fidélité due au comte de Genevois. (...) » (REG 0/0/1/668).
  4. Acte du , « Transaction entre Amédée, comte de Savoie, et ses frères Pierre et Aimon, relativement au partage des biens de leur père Thomas. (...) » (REG 0/0/1/668).
  5. a et b Acte du , « Aimon, seigneur de Faucigny, promet à Guigues Dauphin, comte de Viennois et d'Albon, de lui donner pour épouse Béatrix, fille de sa fille Agnès et de Pierre de Savoie, avec une dot de quinze mille marcs d'argent. (...) » (REG 0/0/1/738).
  6. Acte du (REG 0/0/1/956).
  7. Acte du (960 REG 0/0/1/960).
  8. Acte du 16 mai 1268, « Mort du comte Pierre de Savoie » (REG 0/0/1/1031).
  9. Acte du , « Sa mort le  » (REG 0/0/1/1035).
  10. Testament de février 1234, à l'occasion de ses fiançailles avec Agnès de Faucigny (REG 0/0/1/664) ; testament du (REG 0/0/1/871) ; testament de septembre 1264 (REG 0/0/1/979) ; testament du (REG 0/0/1/1028) ; Premier codicille du (REG 0/0/1/1029) ; second codicille du (REG 0/0/1/1030).
  11. Acte du (REG 0/0/1/731).

Dictionnaire historique de la Suisse[modifier | modifier le code]

Articles issus du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS)

  1. a, b, c, d, e, f et g Bernard Andenmatten, « Savoie, Pierre II de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 4 avril 2013..
  2. Florian Defferrard, « Romont » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 24 mai 2012..
  3. a et b Bernard Andenmatten, « Palézieux, Hugues de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 9 novembre 2011..
  4. Urs Martin Zahnd, « Confédération bourguignonne » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 11 février 2005..
  5. Frédéric Giroud, « Bâtiaz, La » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 2 mai 2002..
  6. Bettina Braun, « Vicariat impérial » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 20 juillet 2012..

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Chronique de Savoye, p. 92, « Comment Pierre de Savoie épousa la fille du seigneur de Faucigny ».
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Germain 2007, p. 452.
  3. Andenmatten 2005, p. 549.
  4. a, b, c et d Demotz 2000, p. 467-469.
  5. APG, p. Thomas Ier.
  6. a et b Morenzoni 2000, p. 151-170.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Morerod 2000, p. 171-189.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Demotz 2000, p. 354-355, « La Chambre des comptes ».
  9. a et b Mugnier 1890, p. 31-32.
  10. Henri Meylan, L'Histoire vaudoise, Éditions 24 Heures, 1973, 236 pages, p. 4.
  11. a et b Cox 2015, p. 38-39.
  12. a et b de la Corbière 2002, p. 49.
  13. a et b Faucigny 1980, p. 15.
  14. a, b et c Cox 2015, p. 40.
  15. a, b, c, d, e, f, g et h Demotz 2000, p. 157 et suivantes, Partie 2, Chap. 1 « La solidité de la maison princière ».
  16. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève. Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe ‑ XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, 2003, 647 pages, p. 295.
  17. a, b, c, d, e, f et g Demotz 2000, p. 458-459.
  18. Hilaire Feige, « Histoire de Mélan », Mémoires et documents, vol. 20,‎ , p. 9 (lire en ligne).
  19. Andenmatten Raemy 2000, p. 20.
  20. a, b, c et d Germain 2007, p. 226.
  21. a, b et c Cox 2015, p. 41.
  22. a, b, c, d, e, f et g de la Corbière 2002, p. 52.
  23. Castelnuovo Guilleré 2000, p. 63.
  24. a, b, c, d, e et f Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales »,‎ , 433 p. (ISBN 978-2-72970-762-0), p. 25-27, « Le Bugey savoyard ».
  25. a, b, c et d Joseph Dessaix, La Savoie historique, pittoresque, statistique et biographique, Slatkine (réimpr. 1994) (1re éd. 1854), 781 p. (ISBN 978-2-05101-334-5, lire en ligne), p. 284.
  26. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ , 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0, lire en ligne), p. 109.
  27. Cox 2015, p. 42.
  28. a, b, c, d, e, f, g, h et i Demotz 2000, p. 40.
  29. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales »,‎ , 433 p. (ISBN 978-2-72970-762-0), p. 112.
  30. a, b, c, d, e et f Demotz 2000, p. 230-231.
  31. Margaret Howell, Eleanor of Provence : Queenship in Thirteenth-Century England, Oxford, Blackwell Publishers,‎ , 384 p. (ISBN 978-0-631-22739-7), p. 1-2.
  32. Margaret Howell, Eleanor of Provence : Queenship in Thirteenth-Century England, Oxford, Blackwell Publishers,‎ , 384 p. (ISBN 978-0-631-22739-7), p. 14.
  33. Margaret Howell, Eleanor of Provence: Queenship in Thirteenth-Century England, Oxford, Blackwell Publishers,‎ , 384 p. (ISBN 978-0-631-22739-7), p. 15-17.
  34. Huw Ridgeway, « King Henry III and the 'Aliens', 1236-1272 », dans Thirteenth Century England : Proceedings of the Newcastle upon Tyne Conference, 1987, vol. 2, Woodbridge, Boydell Press,‎ (ISBN 978-0-85115-513-5), p. 81, 84.
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  37. a, b, c, d, e, f, g, h et i Paul Jeulin, « Un grand « Honneur » anglais. Aperçus sur le « Comté » de Richmond en Angleterre, possession des ducs de Bretagne (1069/71-1398) », Annales de Bretagne, vol. 42, no 3-4,‎ , p. 265-302 (lire en ligne), p. 284-285, « Nouvelle dépossession, puis retour de l'« honneur » de Richemond aux ducs de Bretagne ».
  38. a, b, c et d Cox 2015, p. 109.
  39. Cahiers d'histoire, La Savoie. Des origines à nos jours, t. V, 4, Lyon, PUF,‎ , p. 313.
  40. a et b Giordanengo 2000, p. 336.
  41. a, b et c Recueil des mémoires et documents de l'Académie de la Val d'Isère, Volume 12, Moûtiers, p. 112.
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  43. Jean-Pierre Chapuisat, « De Mont-sur-Rolle à Windsor, de la Dullive à Dumfries... », dans La Maison de Savoie et le pays de Vaud, Lausanne,‎ , p. 117-122. ‑ Jean-Pierre Chapuisat, « Un cadet vaudois en Gascogne et à Windsor », dans La monnaie de sa pièce. Hommages à Colin Martin, vol. 105, Lausanne, coll. « Bibliothèque historique vaudoise »,‎ , p. 27-37.
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  54. Bernard Andenmatten, « La Maison de Savoie et l'artistocratie vaudoise. Au XIIIe siècle : les limites d'une expansion », Savoie et Région alpine, Éditions du C.T.H.S, no 116,‎ , p. 85.
  55. a et b Marcel Grandjean, Villes neuves et bourgs médiévaux, fondement de l'urbanisme régional. Des siècles d'usage humain, Lausanne, Homme dans la ville : cours général public 1983-1984,‎ , p. 87-98.
  56. Bernard Andenmatten, « Officier princier et patrimoine familial. Châtelains et vidomnes dans le Pays de Vaud savoyard (XIIIe-XIVe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001,‎ , 266 p. (lire en ligne), p. 177-178.
  57. Demotz 2000, p. 413.
  58. a et b Mariotte Löber 1973, p. 159.
  59. Andenmatten Raemy 2000, p. 56.
  60. Jean-Joseph Hisely, Les comtes de Genevois dans leurs rapports avec la maison de Savoie jusqu'à l'établissement définitif de la domination savoisienne dans la Comté de Vaud: soit jusqu'à la fin du treizième siècle, Institut national genevois, 1854, 104 pages, p. 5 (Lire en ligne).
  61. a et b Henri Meylan, L'Histoire vaudoise, Éditions 24 Heures, 1973, 236 pages, p. 54.
  62. a, b et c Les milices vaudoises, Éditions Cabédita, coll. « Archives vivantes romandes »,‎ , 198 p. (ISBN 978-2-88295-156-4), p. 35.
  63. Mariotte Löber 1973, p. 135-137, « La Tour-de-Peilz ».
  64. a, b, c et d Guido Castelnuovo et Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, Publications de la Sorbonne,‎ , 266 p., p. 180-181.
  65. a, b, c, d, e, f, g et h Carrier, p. 4, « Les premiers comptes de châtellenies ».
  66. a, b, c et d Andenmatten Raemy 2000, p. 80.
  67. a, b et c Pierre Duparc, Le comté de Genève, IXe-XVe siècle, t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « 'Mémoires et Documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 169.
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  69. a et b Faucigny 1980, p. 14-17, « Aimon II (1202-1253) ».
  70. Hilaire Feige, « Histoire de Mélan », Mémoires et documents, vol. 20,‎ , p. 11 (lire en ligne).
  71. de La Corbière 2002, p. 57.
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  74. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j [PDF] Victor van Berchem, « Les dernières campagnes de Pierre II, comte de Savoie, en Valais et en Suisse », Revue historique vaudoise, vol. 15, no 9,‎ , p. 257-269 (lire en ligne).
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  76. a et b Chronique de Savoye, p. 96, « Comment Pierre de Savoie obtient l'anneau de saint Maurice, anneau qui, depuis, a été confié à la garde des comtes de Savoie ».
  77. a, b et c Laurent Ripart, « L’anneau de saint Maurice », dans Bernard Andenmatten, Annick Vadon, Agostino Paravicini Bagliani (dir.), Héraldique et emblématique de la Maison de Savoie (XIe-XVe siècle), vol. 10, Lausanne, Cahiers Lausannois d’histoire médiévale,‎ (lire en ligne), p. 45-91.
  78. a, b, c, d, e et f Bernard Sache, Le siècle de Ripaille, 1350-1450 : quand le Duc de Savoie rêvait d'être roi, La Fontaine de Siloé,‎ , 324 p. (ISBN 978-2-84206-358-0, lire en ligne), p. 91-92.
  79. a, b et c Andenmatten Ripart 1994, p. 65.
  80. Demotz 2000, p. 174.
  81. Léon Menabrea, De la marche des études historiques en Savoie et en Piémont, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours, et des développements dont ces études sont encore susceptibles, Puthod,‎ , 117 p. (lire en ligne), p. 93.
  82. APG, p. Boniface I (« Roland »).
  83. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Ripart 2000, p. 295-331.
  84. a et b Archives de l'ancien duché, p. XIII.
  85. Félix Bernard, Les Origines féodales en Savoie-Dauphiné : la vie et les rapports sociaux d'alors, Grenoble, Imprimerie Guirimand,‎ , 596 p. (lire en ligne), p. 545.
  86. de la Corbière 2002, p. 68.
  87. Histoire de Savoie 1984, p. 117.
  88. de la Corbière 2002, p. 64.
  89. Commission internationale de diplomatique, Vocabulaire International de la Diplomatique (2a ed.), Universitat de València,‎ , 308 p. (lire en ligne), p. 72-73, « 282. Le pronotaire ».
  90. Victor Flour de Saint-Genis, Histoire de la Savoie d'après les documents originaux depuis les origines les plus reculées jusqu'à l'annexion, Chambéry, Bonne, Conte-Grand & Cie éditeurs,‎ , 526 p. (lire en ligne), p. 251.
  91. Jean Portail, La Savoie, Paris, Fernand Nathan,‎ , 160 p., p. 31.
  92. de la Corbière 2002, p. 76.
  93. Demotz 2000, p. 199.
  94. Collectif, Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud : L'histoire vaudoise, t. 4, Lausanne, 24 heures,‎ , 236 p., p. 58-59.
  95. Assemblée des Pays de Savoie.
  96. a, b, c, d, e et f Demotz 2000, p. 325-327, « Le conseil du comte et son évolution significative ».
  97. Philippe Contamine, Olivier Mattéoni, La France des principautés : les chambres des comptes, XIVe et XVe siècles ; colloque tenu aux Archives départementales de l'Allier, à Moulins-Yzeure, les 6, 7 et 8 avril 1995, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, coll. « Histoire économique et financière de la France »,‎ , 310 p. (ISBN 978-2-11088-976-8), p. 19.
  98. a, b, c, d, e et f Bernard Demotz, « Choix et représentations. L'entourage des comtes de Savoie », dans Alain Marchandisse, Jean-Louis Kuppe, À l'ombre du pouvoir: les entourages princiers au Moyen Age, Librairie Droz,‎ , 412 p. (ISBN 978-2-87019-283-2, lire en ligne), p. 271. Bernard Demotz s'appuie notamment sur un article de Jean-Pierre Chapuisat, « L'Etat-Major de Pierre II de Savoie » paru dans la Revue savoisienne, en 1965.
  99. Lucien Bajulaz, Fillinges et son passé, vol. 1, Académie salésienne,‎ , 1080 p. (ISBN 978-2-9111-0220-2), p. 65.
  100. Andenmatten 2000, p. 267.
  101. Paul Guichonnet, Nouvelle histoire de la Savoie, Édition Privat,‎ , 366 p. (ISBN 978-2-7089-8315-1), p. 140.
  102. a, b, c et d Demotz 2000, p. 371-373.
  103. a, b, c, d, e et f Sorrel 2006, p. 146-147.
  104. a, b et c Demotz 2000, p. 385-38.
  105. a et b [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ , p. 115 (lire en ligne).
  106. a, b et c Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), Lyon, coll. « Histoire et Archéologie médiévales »,‎ , 433 p. (ISBN 272970762X, lire en ligne), chap. 14, p. 132.
  107. a, b et c Carrier, p. 4, « Aux origines de la chambre des comptes ».
  108. a et b Demotz 2000, p. 210-211.
  109. a et b Castelnuovo Guilleré 2000, p. 79, « Une administration territoriale renforcée : juges et baillis ».
  110. Castelnuovo Guilleré 2000, p. 81.
  111. a et b Histoire de Savoie 1984, p. 160.
  112. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ , 128 p. (ISBN 978-2-877-47804-5), p. 44.
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