Tarentelle

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La Tarentelle, par Léon Bazile Perrault.

Les tarentelles (en italien : Tarantella) sont un ensemble de danses traditionnelles, et de formes musicales associées, provenant du Sud de l'Italie. Cet ensemble de danses italiennes ont en commun de se danser traditionnellement en ronde et couramment de nos jours en couple, au sein d'une ronde de danseurs ou non, mais toujours sans contact corporel direct entre les danseurs. Au sein de l'ensemble des tarentelles sont notamment connues et pratiquées de nos jours la pizzica et la tammurriata, mais de nombreuses autres tarentelles existent dans le sud de la péninsule.

La tarentelle et ses origines[modifier | modifier le code]

Remontant au XVIIIe siècle, la tarentelle était synonyme de danse thérapeutique dans la région du sud de l'Italie, les Pouilles. Elle est popularisée plus particulièrement en Calabre, province d'Italie, ainsi qu'à Naples[1].

La tarentelle peut être accompagnée sur guitare, cornemuse, lira, accordéon diatonique..., mais elle peut également être accompagné de tambourin. De plus, elle peut également être chantée ; il n'est pas inusuel que le chant s'apparente plus à des vocalisations de syllabes totalement dépourvues de sens[1].

Une thérapie traditionnelle contre la morsure de tarentule[modifier | modifier le code]

La tarentelle, selon les croyances, était une danse permettant de guérir un malade souffrant d'une morsure de tarentule[2]. Les connaissances actuelles sur la tarentule (Lycosa tarantula) nous permettent de dire qu'il n'était pas question de cette araignée dans la tarentelle. Si la tarentule est impressionnante, le venin injecté lors de la morsure inflige à peine plus de souffrances qu'une piqûre de frelon. En revanche, une autre araignée peuple cette même région de Tarente (Latrodectus tredecimguttatus). Bien plus petite et plus dangereuse, sa morsure peut provoquer des lésions et perturbations psychologiques et physiques assez importantes. La thérapie par tarentelle pourrait donc venir de la morsure de cette araignée[réf. nécessaire].

Athanasius Kircher (1601-1680), qui a étudié la tarentelle, rapporte plusieurs types de tarentelles. Ces différents types étaient liés au « caractère de l'araignée »[3]. Il fallait que la danse plaise à l'araignée qui avait mordu le malade pour que la thérapie soit efficace.

Les derniers témoignages de « malades » souffrant d'une morsure ont été recueillis jusqu’aux années 1980 par des ethnographes italiens. Ils sont considérés aujourd’hui comme une manifestation folklorique[2].

Une danse de l'amour[modifier | modifier le code]

La tarentelle est, avant tout, une danse qui se pratique en couple. Elle peint, d'une certaine manière, une parade amoureuse. Quelquefois, la tarentelle est menée comme un quadrille, dans lequel les couples de danseurs se font face et exécutent des figures. Ils se voient alors éliminés les uns à la suite des autres[Comment ?]. À Montemarano, commune italienne dans la région de Campanie, elle se danse pendant le carnaval, en procession le jour, mais également en couples, ou encore en cercle le soir[1].

Les genres de la tarentelle traditionnelle[modifier | modifier le code]

On rencontre plusieurs formes de tarentelles[4] :

  • Pizzica

Le rythme de cette tarentelle originaire du Salento est effréné et endiablé. Elle est désormais connue pour avoir été le moyen employé dans la thérapie par la tarentelle. Il en existe des formes pour couple (hétérosexuel), ainsi qu'entre hommes et entre femmes.

  • Tammurriata

Tarentelle de la région de Naples, son nom vient de l'instrument symbole du type, la tammorra, grand tambour sur cadre chargé de cymbales. La mélodie étant uniquement prise en charge par la voix (parfois accompagnée d'un accordéon et de percussions traditionnelles à l'époque actuelle), le rythme est irrégulier et frénétique, car suivant les variations de la voix, les chanteurs se relayant pour improviser autour de motifs de textes traditionnels. Les tammurriates sont notamment jouées durant la semaine de Pâques, dans les villages au pied du Vésuve, la musique et la danse dégagent alors un climat entre sacré et profane[réf. nécessaire].

  • Montemaranese

Tarentelle au rythme très régulier, rapide.

Exemple de basse d'une Tarentella del Gargano
  • Del Gargano

Tarentelle basée sur la même basse, très circulaire bien que binaire, en ostinato.

Exemple de basse de Tarentella Napoletana
  • Napoletana

Tarentelle ternaire, la tarentella napoletana est, comme son nom l'indique, la tarentelle de la région de Naples. On en retrouve un exemple dans La danza de Gioachino Rossini, extrait de Soirées Musicales (1830–1835).

À ces quelques exemples s'ajoutent de nombreux autres types de tarentelles[5].

Quelques musiques de tarentelles classiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs compositeurs ont écrit des tarentelles, notamment :

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

  • Dans La Fille du tambour-major de Jacques Offenbach, les personnages dansent une tarentelle pour détourner l'attention des soldats autrichiens.
  • Dans Une maison de poupée de l'auteur norvégien Henrik Ibsen, Nora danse une tarentelle endiablée (création en 1879).
  • Dans Ce qui arriva quand Nora quitta son mari, de Elfriede Jelinek, Nora est à nouveau amenée à se produire en public avec sa fameuse tarentelle. (Titre original r: Was geschah, nachdem Nora ihren Mann verlassen hatte oder Stützen der Gesellschaften, traduit de l’allemand par Louis-Charles Sirjacq, l’Arche, Paris 1993).
  • Dans Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams, Blanche commente la tarentella dance.
  • Dans Viktor de Pina Bausch, on peut entendre Andrea Sacco chanter une tarantelle de Carpino.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Tarentelle », sur www.accrofolk.net (consulté le 3 avril 2019).
  2. a et b « Au début des années 2000, de jeunes palestiniennes ont accusé à tort Tsahal de les empoisonner : Entretien avec l'historien Yves-Marie Bercé », sur Causeur, (consulté le 3 avril 2019).
  3. Étienne Bours, Dictionnaire thématique des musiques du monde, Fayard, 2002 (ISBN 2-213-61415-6)
  4. « La tarentelle d’Italie: la tarentella », sur Cancoillottefolk (consulté le 3 avril 2019)
  5. Un aperçu est donné dans l'album : La Tarentella, Christina Pluhar, orchestre baroque L'Arpeggiata.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]