Toccata

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photographie en noir et blanc de mains de pianiste sur le clavier
Dinu Lipatti à l'œuvre sur un piano Bechstein.

La toccata (de l'italien : toccare « toucher » ; en espagnol : tocar ; pl. toccate) est un genre de composition pour instrument à clavier, jouée isolément ou au début d'un office ou d'un concert. Sa structure est libre, de caractère virtuose, pleine d'énergie rythmique et sonne comme une improvisation ou un prélude impromptu. D'abord destinée à prendre contact avec un instrument, elle dérive ensuite pour devenir une démonstration du talent de l'interprète et permettre de faire apprécier les qualités de l'instrument.

Les toccatas modernes — parfois destinées à d'autres instruments ou même à l'orchestre — sont plus riches en harmonies et en sonorités que les anciennes, elles sont alertes et conservent le même caractère d'énergie rythmique, se rapprochant d'un mouvement perpétuel.

Parmi les plus célèbres œuvres baroques, figure la Toccata en mineur de Jean-Sébastien Bach, œuvre pour orgue, couplée avec sa fugue. Parmi un nombre important d'œuvres du XXe siècle, il faut citer celles de Debussy, Ravel, Prokofiev et Aram Khatchatourian, toutes conçues pour le piano.

Une toccata très courte est parfois nommée une toccatina ou un toccatino. Rheinberger et Henselt ont écrit des toccatine. Charles-Marie Widor (auteur par ailleurs d'une très célèbre et grandiose toccata) inclut une toccatina dans une symphonie pour orgue et Charles Tournemire fait de même dans ses Variæ Preces, op. 21. Arno Babadjanian nomme toccatina un mouvement de ses Six portraits (1965) pour piano.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le terme « toccata » est l'un des premiers utilisés pour désigner la musique pour clavier. Il est lié à l'idée d'improvisation qui permet, comme son étymologie le suggère, de prendre contact avec l'instrument — une mise en doigt[1] — c'est seulement au XVIIe siècle que se fixent le genre et les formes associées[2]. Du point de vue de sa structure, la toccata est peut-être la plus libre des formes instrumentales et l'une des moins construites[3], qui permet au musicien la recherche d'une expression personnelle. Selon Willy Appel (1972), elle est « la seconde plus importante du genre libre pour la musique d'orgue du XVIe siècle », la première étant le prélude[4]. La toccata se laisse donc mal enfermer dans une définition claire[5], d'autant que chaque pays — Italie, Espagne (tiento du verbe tentar « essayer », proche du ricercare) et pays germaniques — suit sa propre évolution.

Période Renaissance[modifier | modifier le code]

La toccata est apparue dans la musique instrumentale au XVe siècle. Le terme est attesté dès 1494 dans une chronique à propos du couronnement d'Alphonse II à Naples : « toccata de trombette », ou « toccato de trombe », où le mot désigne une fanfare de cuivres destinée à accueillir le monarque[6] ; pièces jouées également en Espagne lors des fêtes[7]. Subdivisée dans deux natures, soit cérémonielle, soit militaire — ce que décrit Cesare Bendinelli —, la toccata pour cuivres est à l'origine accompagnée par des timbales. C'est le cas du tucket du XVIe au XVIIIe siècle, qui comprend des sonneries de trompettes accompagnées de tambours[8]. Elle est connue comme Toccete en Allemagne, tocceda au Danemark, toccata/toccada en Italie. Des variantes existent en vieux français : touquet (de touchet). Mais les rapports de cette toccato avec la toccata pour clavier sont obscurs[9].

La toccata, à l'origine, se distingue également mal des genres apparentés de forme libre tels que le prélude, l'intrada, l'ancien ricercare, le falsobordoni et l'intonazione[10] — les Intonationi d’organo (1593) d'Andrea Gabrieli sont là pour confirmer la similitude[11],[a] et la confusion perdure jusqu'au milieu du XVIIIe siècle dans les traités de Mattheson sur les organistes (1719) et de Marpurg (1754–1778)[6], ainsi que dans la sonate de suonare (« sonner ») — par exemple les Sonata imperiale pour trompette de Girolamo Fantini qui sont des entradas.

Les premières sources musicales de ces compositions libres — indépendantes de la danse, du cantus firmus ou de tout modèle vocal [b] — peuvent se trouver dans les manuscrits pour orgue du XVe siècle[9] et de luth au siècle suivant : prélude pour orgue de Adam Ileborgh (1448), Conrad Paumann (1452), le Buxheimer Orgelbuch (1470). Ce style se poursuit avec Hans Kotter (1513) et les recueils d'orgue d'Attaingnant (1531). Au luth on peut classer également dans le genre les ricercari de Francesco Spinacino (1507) Franciscus Bossinensis (1511) ; chez Dalza (Intabolatura de lauto libro quarto, 1508), il s'agit d'une pièce appelée tastar de corde, assez courte, avec de seize à une quarantaine de mesures, proche de la structure du tiento pour orgue espagnol. L'équivalent espagnol, le tañer, présent chez Tomás de Santa María (Libro llamado Arte de tañer fantasia, 1565) est utilisé plus généralement, proche de la fantaisie[9], comme l'indique son titre L'art de jouer la fantaisie[12].

La première édition usant du terme toccata se trouve en 1536, dans Intabolatura de leuto de diversi autori chez l'imprimeur milanais Giovanni Antonio Castiglione. Le style prend aussi celui des ricercare de Capirola (1517) et ceux destinés à l'orgue de Cavazzoni (1523), de même que chez le luthiste Francesco da Milano (1536), elle apparaît sous le terme de Tochate[10] (trois pièces).

La toccata est donc jouée d'abord par toutes sortes d'instruments, dans la mesure où le caractère est improvisé[10].


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Incipit d'une « Intonatio » d'Andrea Gabrieli.

Baroque[modifier | modifier le code]

Après le tournant du XVIIe siècle, le genre passe essentiellement dans la littérature du clavier — orgue, clavecin — servant de prélude[13], très mouvant dans sa construction et usant des virtuoses arpèges, traits, pédaleetc.

La toccata est en usage dans la musique baroque, en Italie, de Frescobaldi — le premier grand maître[14]Michelangelo Rossi, Bernardo Pasquini, Domenico Zipoli et jusqu'à Alessandro Scarlatti, avec une quarantaine de toccatas plutôt destinées au clavecin, sorte de suites italiennes, où se succèdent des mouvements (plutôt que des danses), ancêtre de la sonate classique[15].

Dans la péninsule Ibérique quelques compositeurs l'utilisent, tels António da Silva Leite pour la guitare, João de Sousa Carvalho et surtout Carlos de Seixas pour le clavecin.

On la trouve également plus au nord, chez Jan Pieterszoon Sweelinck, qui modèle ses toccatas sur celles de Giovanni Gabrieli[14]. En Allemagne, la toccata évolue selon deux types de constructions, jusqu'à Bach, avant d'être abandonnée par les classiques.

Toccatas pour d'autres instruments[modifier | modifier le code]

En Italie, au début du XVIIe siècle, Monteverdi intitule la brève fanfare qui ouvre son opéra L'Orfeo (1607), Toccata. Elle est exécutée par des trompettes et des trombones accompagnés par l'orchestre, noté « con tutti li strumenti ». C'est un exemple rare de « toccata pour orchestre » dans la musique baroque, alors que pour les occasions solennelles la toccata pour clavier est transcrite pour un ensemble de cuivres, pratique en usage en Italie pendant une longue période[16].

Dans la littérature du violon, la toccata reste attachée aux sonates. Chez Frescobadi lui-même, se trouve une Toccata per spinetta et violino et chez Giovanni Battista Vitali une Toccata per violino solo, qui peut prendre sa place en guise de prélude à une sonate de même tonalité. Veracini intitule toccata le mouvement initial des sonates de son opus 2 (1744)[16].

Italie, XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La première édition de toccata pour clavier est celle de Sperindio Bertoldo en 1591 et, plus significativement, du recueil de Girolamo Diruta, paru à Venise en 1593 et 1609, Il transilvano, Dialogo sopra il vero modo di sonar : organi & istromenti da penna[17], qui contient treize toccatas : de Diruta lui-même (4 pièces), d'Andrea (2), et une pièce pour Giovanni Gabrieli, Claudio Merulo, Luzzasco Luzzaschi, Antonio Romanini, Paolo Quagliati, Vincenzo Bellavere et Gioseffo Guami[9].

La Toccata 7 de Claudio Merulo, extraite du premier livre (Rome 1598).

Le genre se développe en Italie, dans deux grands pôles musicaux : Venise et Naples. Avec les Vénitiens — notamment le plus ambitieux, Merulo (Toccate d’intavolatura d’organo deux volumes publiés en 1598 et 1604) —, elle prend la forme d'une pièce composée de plusieurs sections (de trois à cinq) à l'écriture contrastée : passages de virtuosité, épisodes librement ornés et passages au caractère plus harmonique. Généralement articulée en trois parties, la pièce centrale est de nature contrapuntique : une fugue ; alors que les deux autres sont de forme libre[13], comme chez Andrea (Intonationi d’organo, Gardano 1593) et Giovanni Gabrieli, Annibale Padovano (Toccate et ricercari d’organo, 1604), Sperindio Bertoldo[10]. Giovanni Picchi a composé une célèbre toccata recueillie dans le Fitzwilliam Virginal Book, au tournant du XVIIe siècle.

Quant à l'école de clavier napolitaine, elle fait preuve d'encore plus de souplesse dans la succession des épisodes, brefs et capricieux, aux rythmes changeants (souvent pointés et irréguliers), aux chromatismes et aux harmonies audacieuses et dissonantes[10], visant à surprendre[16], avec une mosaïque de motifs où chacun d'eux est imité brièvement avant de passer au suivant. Jean de Macque, Antonio Valente, Ascanio Maione et Trabacci sont les noms principaux qui ont cultivé ce genre.



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Incipit d'une toccata extraite du second volume de Claudio Merulo (1604).

Fichiers audio
Girolamo Frescobaldi, Toccata 3
Bernardo Pasquini, Toccata con lo scherzo del cucco
Alessandro Scarlatti, Toccata 3
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Avec le Romain d'adoption Girolamo Frescobaldi, le grand maître du genre, commence une nouvelle ère pour la toccata, dès la parution de son premier livre en 1615, et continuée jusqu'à la fin du siècle en Italie[9]. Absorbant le caractère linéaire des Vénitiens et l’affeto napolitain, il donne des toccatas à la forme mouvante, comportant jusqu'à quinze épisodes, d'une grande expressivité, une rythmique plus complexe, « enrichi par d'audacieuses dissonances, les durezze »[18] (toccata di durezze e ligature, no 8 du second livre), toujours conduites très librement, mais d'une unité intérieure admirable[10]. Le compositeur enchaîne librement des épisodes contrastés qui « vont de l'exubérance au contrepoint le plus strict »[19]. Dans le second livre de toccata (1627), Frescobadi sépare très clairement chaque section, allant parfois jusqu'à changer de mesure[10]. Il est le premier qui accroche la toccata au service liturgique : toccata « après l'épître », toccata « à jouer pendant l'élévation », toccata « après le Credo »[16]… pratique liée à l’introit de la messe, confirmée par nombre de sources de l'époque[9]. L'usage se trouve dans les Fiori musicali (1635) où, exceptionnellement, Frescobaldi introduit également un ricercare par une toccata : « toccata aventi il recercar ». Chez lui, le côté virtuosité est laissé de côté pour une forme plus rigoureuse. On retrouve ce mélange des genres avec la 12e pièce du second livre, Ancidetemi pur d'après un madrigal Jacques Arcadelt, arrangée pour clavier sur le modèle de type toccata[9]. Un manuscrit italien (Chigi Q. IV.25) garde trace de l'association avec un autre genre, comme la toccata-canzone qui mêle épisodes instrumentaux improvisés et d'origine vocale[10].

Après Frescobaldi, des tendances à la simplification du rythme et de l'harmonie sont observées chez Storace, Rossi et Bernardo Pasquini, qui laisse des œuvres intitulées toccata, tastata, sonata et un preludio[9]. Parmi les élèves de Frescobaldi, il faut citer Michelangelo Rossi (dix toccatas et dix courantes, publiées autour de 1630)[c] dont les sections sont assez développées, riches en passages de virtuosité, arpèges, passage en style vocal récitatif[10]… Son harmonie notamment, est plus extravagante que celle de son maître[9]. On retrouve des morceaux de toccata de Michelangelo Rossi, en particulier les toccatas II et V de son recueil publié autour de 1630, dans certains préludes non mesurés de Louis Couperin[21].

Italie, XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle en Italie, sous l'influence des héritiers de Frescobaldi, Pasquini et dans la continuité, Domenico Zipoli, s'effectue dans la littérature, une nette séparation entre la toccata requérant l'orgue et celle destinée au clavecin[10],[16], avec une préférence pour cette dernière.

Le terme fluctue et se dilue vers la pièce didactique, au caractère d'étude, comme chez les clavecinistes de l'école napolitaine, Durante, Leonardo Leo (1744), Paradisi, Della Ciaja (1717), Nicola Fago (un élève du napolitain Francesco Provenzale et d'Alessandro Scarlatti). Chez Domenico Scarlatti également, qui intitule certaines de ses sonates toccata[22] (par exemple la célébrissime K.141) qui n'ont rien a voir avec le genre pratiqué un siècle et demi avant[16] ; cependant dans un des manuscrits de Coïmbra (Ms. 58) se trouve un agglomérat de pièces, allegro, fugue, gigue, menuet, qui évoque les œuvres de son père[22]. Avec ces musiciens italiens, la toccata se fonde dans la sonate baroque[16].



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  e'16 c e g e c d b d g d b d a c fis a a, b g b d b g e' d c b a g fis' e d8 g b,16 d g b, a fis' g,4 r8

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Incipit d'une toccata de Benedetto Marcello.

C'est avec Alessandro Scarlatti que la toccata prend un nouveau départ. Il laisse une quarantaine d'œuvres majoritairement en manuscrits et toutes destinées au clavecin. Elles peuvent comporter jusqu'à sept sections contrastées, incorporant fugue, récitatif et variations. La plus célèbre est extraite du Primo e secondo libro di toccate, édité en 1723. L'œuvre se termine par 29 variations sur la folia. Scarlatti influence le style de clavier de Haendel — alors qu'il ne compose pas de toccatas — exceptée la Toccata en sol mineur, HWV 586. Cette influence se retrouve également dans les œuvres de Bach, notamment la fantaisie chromatique et fugue et la découpe de la partita en mi mineur : introduction en forme de toccata – fugato – retour à la première section[9].



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  \bar ".|:" b'16 a gis fis e dis | \grace fis e dis e e, gis e | \grace gis fis16 e fis a gis fis | \grace a gis16 fis e dis e8 |
  e'16 gis b gis fis e | fis ais b fis e dis | e gis ais  e dis cis | \grace e dis cis b ais b8 | fis'16 b, ais  b fis' b, |
  gis'16 b, ais b gis' b, | ais' b, ais b ais' b, | b'16 b, ais b ais' b, | gis' b, ais' b, b' b, | \times 2/3 { gis'16 fis e } \times 2/3 { dis[ cis b] } \times 2/3 { cis b ais } | 
  r16 \times 2/3 { b32 dis fis } b8 r8 | r16 \times 2/3 { b,,32 dis fis } b8 r8 | r8 < b, dis fis b >8 q q4. \bar ":|."

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   e4 b8 cis4 b8 a fis b e, e, e < e' b' >8 q q < dis b' > q q < cis b' > < cis ais' > q < b b' >4 r8 
   dis16 b' ais b dis, b' | e, b' ais b e, b' | fis b ais b fis b | gis b ais b dis, b' | e, b' fis b gis b | e,8 fis fis, | b r16 b'16 fis dis b8 r16 b16 fis dis b8 b b b4.
} 

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Allegro extrait d'une toccata de Nicola Fago (1677–1745), surnommé il Tarentino.

Portugal[modifier | modifier le code]

Dans la péninsule Ibérique, António da Silva Leite pour la guitare (Tocata Do Sr. Francisco Gerardo), João de Sousa Carvalho et Carlos de Seixas, pratiquent le genre. Le dernier compose quelques 700 « Tocatta » pour le clavecin (selon son contemporain Diogo Barbosa Machado) et plus rarement pour l'orgue, généralement suivies d'un menuet dans la même tonalité (pouvant se trouver varié), le tout étant appelé « sonate ». Marcário Santiago Kastner, en 1965, a publié les 80 sonates retrouvées[23],[24].



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  \key g \minor
  \time 4/4
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  \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord"

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  bes16 d g, bes a c e, fis | \repeat unfold 2 { \grace fis8 g4~ g16 fis g a \grace a8 bes4~ bes16 a g fis } | 
  g4~ g16 a bes c d4~ d16 c d ees f4~ f16 ees f bes, g' f g bes, f' ees f bes, | ees4~ ees16 c d ees f ees f bes, ees d ees a, | d16 bes f d bes''16 bes, bes' bes,

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Incipit de la toccata prima de Carlos de Seixas.
Aujourd'hui, elle porte le titre de sonate en sol mineur K.50 (d'après le catalogue Kastner).

Allemagne et Autriche[modifier | modifier le code]

Alors que les premières sources allemandes semblent connaître des genres similaires à la toccata des Vénitiens, avec les préludes pour orgue d'Adam Ileborgh, Conrad Paumann, le Buxheimer Orgelbuch au XVe siècle et Hans Kotter (1513), le premier à emprunter le style italien est Hans Leo Hassler (qui étudie avec Andrea Gabrieli à Venise), suivi de Sweelinck[9].

Sweelinck (12 toccatas)[25] a pour modèles les grands maîtres vénitiens, tels Willaert, Andrea et Giovanni Gabrieli. Chez lui la toccata épouse la structure vénitienne et n'a pas la liberté rythmique provenant de Merulo ; au contraire, une de ses caractéristiques est la régularité rythmique. Cependant, dans trois grandes pièces, il incorpore à la manière plus moderne des passages fugués[26],[9]. Dans son entourage proche, on trouve Peeter Cornet (une toccata), Samuel Scheidt (une également), Heinrich Scheidemann (deux) — mais les Allemands sont plus concernés par le choral et la fugueDelphin Strungk qui écrit une toccata exploitant le contraste entre les deux manuels, développement poursuivi dans les toccatas de Weckmann, Reincken et enfin Buxtehude. Les caractéristiques sont la distinction croissante entre l'orgue et le clavecin ainsi que l'utilisation de la fugue[9].

En Allemagne du Sud, le modèle laissé par Frescobadi, est repris par les organistes dont Johann Jakob Froberger (élève de Frescobaldi) qui laisse 24 toccatas. Plus que son maître, la découpe en sections de ses toccatas est d'une grande continuité. Il réutilise le principe de la canzone-variations ou capriccio de l'italien, et intègre des fugatos. Typiquement, sa construction consiste en une introduction rhapsodique assez longue, puis en second, une fugue basée sur une transformation rythmique du matériau de la première section et d'une section libre pour finir, plus ramassée ; mais le schéma n'est pas figé et la variété est considérable[9]. L'élément rhapsodique de certaines toccatas est transmis dans le prélude non mesuré, typique des suites françaises, sans que les musiciens français n'adoptent le genre toccata lui-même à cette époque[9]. Mais cette influence est plus ancienne : dans certains préludes non mesurés de Louis Couperin, on retrouve des morceaux de toccata de Michelangelo Rossi, en particulier les toccatas II et V de son recueil publié autour de 1630[21].

La tradition se poursuit avec Johann Kaspar Kerll et Sebastian Anton Scherer, pour culminer avec l’Apparatus musico-organisticus (édité en 1690, mais composé dans la décennie précédente) de Georg Muffat, jalon important dans l'histoire de la musique d'orgue. Les douze toccatas du recueil sont extravagantes, divisées en plusieurs sections contrastées, mais parfaitement unifiées. La pédale est obligée, mais la partie est simple, constituée de petites notes qui de temps en temps, doivent doubler ou remplir la ligne de basse exécutée par la main gauche[9]. On retrouve l'esprit de grandeur de Muffat dans les toccatas plus courtes, de l’Ars magna consoni et dissoni (1693) de Johann Speth.



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  tagline = ##f
}

Trilldq   = { \tag #'print { d4.\trill } \tag #'midi { \repeat unfold 4 { e32 d~ } d8 }  }
Trillbq   = { \tag #'print { b4.\trill } \tag #'midi { \repeat unfold 4 { c32 b~ } b8 }  }

upper = \relative c'' {
  \clef treble 
  \key c \major
  \time 4/4
  \tempo 4 = 60
  \tempo "Allegro"
  \set Staff.midiInstrument = #"church organ"

  r16 a'16 g f e f c d e f e d c b a gis a c b a gis b r16 e,16 f a gis f e d c b 
  << { c16 e d c b c8. s4 e4~ | e8 f16 e d e c d \Trilldq c16 d e1\fermata } \\ { s4 r8 r16 fis,16 gis4 gis a2. s4 < gis b >1\fermata } \\ { s2 b4 < b c > } >>

}

lower = \relative c' {
  \clef bass
  \key c \major
  \time 4/4
  \set Staff.midiInstrument = #"church organ"
   
   << { e1~ e4. d8~ d4 c16 b a gis a4 s8 e8 e2 f \Trillbq a8 e1 } \\ { s4*0-\markup{Pedal} a,1~ a~ a2 e f~ f e1\fermata } \\ { a'1_~ a2_~ a } \\ { c1~ c4 b s2 e,4 e8\rest s8 s2 c2 f } >> \bar "||"
} 

thePianoStaff = \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"Orgue"
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>

\score {
  \keepWithTag #'print \thePianoStaff
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Metronome_mark_engraver"
    }
  }
}

\score {
  \keepWithTag #'midi \thePianoStaff
  \midi { }
}
Incipit de la « Toccata tertia » de Georg Muffat, extraite de l’Apparatus musico-organisticus (1690).

Au Nord de l'Allemagne, la toccata prend des dimensions plus importantes et se subdivise en deux pratiques : d'abord une composition libre alternant les épisodes virtuoses et libres et les passages de style contrapuntique, comme chez Froberger ; et ensuite, un pièce libre placée avant une fugue, issue de la tradition du style organistique de Sweelinck[10], avant d'être transformée sous l'influence de Frescobaldi[9] et illustrée par Nicolaus Bruhns notamment.

Fichier audio
Johann Pachelbel, Toccata mi mineur
Buxtehude, Toccata en fa majeur, BuxWV 161
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Les compositeurs de clavecin, tels que Fux et Fischer, incluent des mouvements de type toccata dans leurs œuvres, mais n’utilisent pas le titre lui-même[9].

Dietrich Buxtehude se montre le maître incontesté de la grande forme de la toccata avant Bach. Ses longues toccatas et fugues alternent, dans des sortes de polyptyques musicaux grandioses qui multiplient les épisodes — jusqu'à treize dans la même pièce, mais sont impossibles à distinguer de ses préludes et fugues[14].

Suivant les circonstances, Bach fusionne l'influence provenant d'Italie et, selon les pièces, celle de la tradition septentrionale. Les sept toccatas pour clavecin sont des pièces au caractère fantasque et à la structure très libre datant de ses années de jeunesse, de 1706 à 1712 environ. Seule la toccata BWV 916 se démarque dans sa forme, très proche d'un concerto instrumental à l'italienne[16].

Les quatre toccatas pour orgue sont suivies d'une fugue, jouant le même rôle que le prélude ou la fantaisie. C'est le cas des fantaisie BWV 532 et prélude en sol mineur BWV 542 respectivement, où l'on trouve les mêmes caractéristiques que dans les grandes toccatas[27]. La Fantaisie BWV 532 se trouve très proche de la toccata pour clavecin BWV 912. La Fantaisie chromatique (composée vers 1720 pour sa version d'origine et remaniée dix ans plus tard) se range également dans cette catégorie[27]. Son élève, Johann Ludwig Krebs, cultive encore la toccata[10], mais le genre est démodé[27].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Beethoven conçoit les finales de ses sonates opus 26 et 54, en déluge de notes d'accord brisées en double-croches qui évoquent directement la toccata[9], dans l'une de ses caractéristiques principales des derniers feux de la toccata italienne : une course rapide de notes égales qui prend la forme plus ou moins stable d'un perpetuum mobile.



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  tagline = ##f
}

\score {
  \new Staff \with {

  }
<<
  \relative c'' {
    \key f \minor
    \time 2/4
    \override TupletBracket #'bracket-visibility = ##f 
    %\autoBeamOff

     %% opus 26
     ees16\(^\markup{Sonate op. 26} c f a, des bes ees g, c aes des f, bes g c e, aes f bes d, g ees d ees\)
     << { g16 ees aes ees } \\ { g8 aes } >>

  }
>>
  \layout {
     \context { 
       \Score \remove "Metronome_mark_engraver" 
       \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
     }
  }
  \midi { \tempo 4 = 116}
}

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  tagline = ##f
}

\score {
  \new Staff \with {

  }
<<
  \relative c {
    \clef bass
    \key f \major
    \time 2/4
    \override TupletBracket #'bracket-visibility = ##f 
    %\autoBeamOff

     %% opus 53
     \stemDown f,16\(^\markup{Sonate op. 54} a c f g, e' a, f' bes, g' c, a' d, bes' e, c' a f8.~\)

  }
>>
  \layout {
     \context { 
       \Score \remove "Metronome_mark_engraver" 
       \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
     }
  }
  \midi { \tempo 4 = 138}
}

Au tournant du siècle, alors que la liberté rythmique et formelle du modèle de la toccata baroque s'est incarnée dans le capriccio et la rhapsodie[9], le style d'exercice et d'étude pour clavier réapparaît ponctuellement sous la forme de toccata chez Clementi (1784) — œuvre jouée lors du concours avec Mozart en 1781, Francesco Pollini (Trentadue esercizi in forma di toccata, 1820) —, Czerny, Cramer et Robert Schumann[28], qui reprend, dans une forme sonate, plutôt l'esprit des finales de Beethoven que l'influence italienne[9]. La toccata reste un morceau de bravoure, techniquement très exigeant, jusqu'au début du XXe siècle, avec par exemple celle de Jules Massenet (1892) et la dernière des Études opus 111 de Camille Saint-Saëns (1899).



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  tagline = ##f
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%%%%%%%%%% KEYS %%%%%%%%%%%%%

global = { 
           \time 2/4  
           \tempo 4 = 104 
         }
Key = { \key c \major }

rhUpper = \relative c'' {
  \voiceOne
  \Key
  g,8-. < b' f' b >4( < c e c' >8) | < fis, c' fis >8-. < a c a' >4( < g b g' >8)
   \repeat unfold 2 { \repeat unfold 3 { s4*0\( c16 b } c cis \repeat unfold 3 { d16 cis } e d\) } 
}
rhLower = \relative c' {
  \voiceTwo
  \Key
  s1 \repeat unfold 2 { \repeat unfold 3 { e16 f } e g \repeat unfold 3 { f16 aes } f b }
}

lhUpper = \relative c' {
  \voiceOne
  \Key
  s1 \repeat unfold 2 { \repeat unfold 4 { c16 g } \repeat unfold 3 { d'16 aes } d g, }
}
lhLower = \relative c {
  \voiceTwo
  \Key
  < g g, >8-. < d' g d' >4( < c c' >8) < a d a' >8-. < fis d' fis >4( < g g' >8) \bar ".|:"
  \repeat unfold 4 { c8 c4 c8 }
}

PianoRH = {
  \clef treble
  \global
  \set Staff.midiInstrument = #"acoustic grand"
  <<
    \new Voice = "one" \rhUpper
    \new Voice = "two" \rhLower
  >>
}
PianoLH = {
  \clef bass
  \global
  \set Staff.midiInstrument = #"acoustic grand"
  <<
    \new Voice = "one" \lhUpper
    \new Voice = "two" \lhLower
  >>
}

piano = {
  <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"Piano"
    \new Staff = "upper" \PianoRH
    \new Staff = "lower" \PianoLH
  >>
}

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"Piano"
    \new PianoStaff = "piano" \piano
  >>
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Metronome_mark_engraver"
      \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
    }
  }
  \midi { }
}
Incipit de la Toccata opus 7 de Robert Schumann (1830).

Fichiers audio
Augustin Barié Toccata (1911)
Charles-Marie Widor, Toccata extraite de la Symphonie pour orgue no. 5
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Chez quelques organistes français, elle devient une pièce brillante en finale d'une œuvre[9], où la virtuosité démontrée aux manuels est soutenue par des thèmes qui se déploient largement à la pédale, composition faite pour exploiter au maximum les possibilités sonores des grands instruments de Cavaillé-Coll par exemple. Les compositeurs de l'école de Niedermeyer y voient un retour à la tradition du grand art de Bach et de ses prédécesseurs[27]. Widor (Symphonie pour orgue no 5, 1879), Gigout (1890), Boëllmann (Suite gothique, 1895) et Vierne (1926), emploient la toccata. Berlioz compose en 1845, pour l'orgue, une curieuse petite pièce du nom de Toccata H 99[9].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le compositeur Clarence Lucas écrivait au début du XXe siècle ce petit texte pour définir la toccata[29] :

« Un vieux nom peu utilisé aujourd'hui, mais signifiant le même genre de composition qu'il y a deux cents ans, c'est une composition conçue pour exprimer l'énergie rythmique, l'éclat technique et des effets brillants de l'interprète. Cela devrait sonner comme une improvisation ou un prélude impromptu. Une mélodie large et soutenue est déplacée dans une toccata. »

Après le quasi silence du genre au XIXe siècle, « peut-être parce que la toccata implique une objectivité à l'opposé des principes musicaux romantiques » (André Lischke)[30], la situation change et, jusqu'à nos jours, une foule de compositeurs utilise le style de la toccata, non seulement au clavier, mais à la guitare, la harpe, au violoncelle, dans des œuvres de musique de chambre, pour orchestre et pour percussions.

Début du siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle le piano se réapproprie le genre dans un contexte parodique ou classicisant, avec de nombreux exemples intéressants[9] : Reger, Busoni et Hindemith[27]. Busoni fait précéder la partition d'une citation : « Non senza fitiga si giunge al fine », empruntée au titre de la neuvième toccata d’Il secondo libro de toccate, canzone… de Frescobaldi.



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  tagline = ##f
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upper = \relative c'' {
  \clef treble 
  \key aes \minor
  \time 6/4
  \tempo 4 = 200
  \tempo "Quasi Presto, arditamente"
  \set Staff.midiInstrument = #"acoustic grand"

   s4*0\f
   \repeat unfold 2 {
   aes''8[ ees \change Staff = "lower" \stemUp \clef treble  ces8 aes]
   \change Staff = "upper" \stemDown f'8[ des \change Staff = "lower" \stemUp  aes8 f] 
   \change Staff = "upper" \stemDown des'8 bes \change Staff = "lower" \stemUp ges8 ees | \change Staff = "upper" \stemDown
   }
   % ms. 3-4
   \repeat unfold 2 {
   \change Staff = "upper" \stemDown aes'8 ees ces aes  f'[ des aes f]  des' bes ges ees
   }

   % ms. 5
   aes'8 ees ces aes  f'[ des aes f]  des' bes fes des

   % ms. 6
   \ottava #1
   \set Staff.ottavation = #"8"
   ces''8[ aes ees ces]
   \ottava #0
   f[ des aes f] bes ges fes des 
   

}

lower = \relative c' {
  \clef bass
  \key aes \minor
  \time 6/4
  \set Staff.midiInstrument = #"acoustic grand"

  s1*3 \clef treble 
  ces''8[ aes ees ces]  aes'[ f ces aes]  fes'[ des bes ees,]
 
  % ms. 4
  ces'8 aes ees ces  aes'[ f ces  aes] fes' des bes ees,

  % ms. 5
  \clef bass
  << { < aes ces ees aes >2. < f des' f >2 < g bes g' >4 } \\ { r4 < ees, ees' >4 < ces ces' > r4 < aes aes' >4 } >>
  
  % ms. 6
  < g'' ees' g >4. < aes ees' aes >8 q4 r4 < des f >4 < bes g' >

} 

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"Piano"
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>
  \layout {
    #(layout-set-staff-size 16)
    \context {
      \Score
      \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/3)
      \remove "Metronome_mark_engraver"
    }
  }
  \midi { }
}
Incipit de la Toccata de Ferruccio Busoni.


Les plus remarquables exemples de toccata sont dus à Debussy (Pour le piano, 1901) et Ravel (Le Tombeau de Couperin, 1914/1917), dans ces deux cas utilisée comme finale d'une suite, avec des éléments à la fois archaïques et anachroniques. La caractéristique reste la rapidité de mouvement en perpetuum mobile[27], typé dans un mixte entre la toccata de Schumann et celles des organistes. La même année que celle où Pour le piano de Debussy est parue, mais dans un caractère très différent, Georges Enesco compose la Toccata (7 septembre 1901) de sa future 2e suite pour piano, op. 10 publiée en 1904, avec Sarabande, Pavane et Bourrée, pour un concours organisé par la revue Musica. L'œuvre reçoit également le prix Pleyel[31].

Citons encore la Toccata (1912) de Prokofiev — en outre : le très bref mouvement central du cinquième concerto pour piano (1932) et le final de la 7e sonate avec une rare mesure à 7
8
(1942) — ainsi que la Toccata et Variations (1916) d'Arthur Honegger. Ernst Křenek compose une Toccata et Chaconne, op. 13 (1922), une vaste pièce construite de plus de 800 mesures, sous-titrée d'un choral fictif « Ja ich glaub' an Jesum Christum, Gottes eingebornen Sohn' », inventé par Eduard Erdmann, son ami pianiste, à qui l'œuvre est dédiée. Le langage est fortement inspiré d'Hindemith[32]. Francis Poulenc conclut son recueil intitulé Trois pièces (1929), par une toccata, vive, pétillante et virtuose, restée dans les mémoires en raison de l'interprétation de Vladimir Horowitz[33], gravée pour la première fois en 1932 et jouée parfois, notamment dans ses récitals à Carnegie Hall en 1966, après une absence de plus de dix ans de la scène.



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  tagline = ##f
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upper = \relative c' {
  %\clef treble 
  \key fis \major
  \time 2/4
  \omit Staff.TimeSignature
  \tempo 4 = 130 % ravel note 144, mais sonne mieux pour l'exemple
  \tempo "Vif"
  \set Score.currentBarNumber = #95
  \set Staff.midiInstrument = #"acoustic grand"

  \clef bass \stemUp dis,8\pp s8 s4*3

  % ms. 97 à 100
  \change Staff = "lower" \clef treble \stemDown ais'''2_-_~ ais ais2_-_~ ais_-_~ ais4 ais4_- \repeat unfold 2 { ais2_\( gis~ gis4_\) ais4_\( dis, eis\) } gis4_\( dis' cis4 ais gis2 fis\) % fin ms. 113

}

lower = \relative c {
  \clef bass
  \key fis \major
  \time 2/4
  \omit Staff.TimeSignature
  \set Staff.midiInstrument = #"acoustic grand"
  \set Score.proportionalNotationDuration = #(ly:make-moment 1/16)

   % ms. 95
   dis,16  \change Staff = "upper"   fis16   \change Staff = "lower"  ais  \change Staff = "upper"  < ais cis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown  < dis fis >16  \repeat unfold 2 {  \change Staff = "lower" \stemUp  ais'  \change Staff = "upper" \stemDown < ais cis >16 }

   % ms. 96 suite
   \change Staff = "lower" \stemUp \clef treble dis16  \change Staff = "upper" \stemDown  \clef treble < dis fis >16   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'  \change Staff = "upper" \stemDown < ais cis >16 \change Staff = "lower" \stemUp  dis  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16 

   % ms. 97 et 98 * 99 et 100
   s4*0\pp-\markup { \italic "expressif"}
   \clef treble
   \repeat unfold 2 {

   % ms. 97 et 99
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'16  \change Staff = "upper" \stemDown  < dis, fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < ais cis >16 
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais16  \change Staff = "upper" \stemDown  < dis, fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < ais cis >16

   % ms. 98 et 100
   \change Staff = "lower" \stemUp  < dis, ais' >16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < ais' cis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'  \change Staff = "upper" \stemDown  < ais cis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16
   } % repet

   % ms. 101
   \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < ais cis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < ais, cis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16

   % ms. 102
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis, fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < ais cis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  < dis, ais' >16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < ais' cis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16

   % ms. 103
   \change Staff = "lower" \stemUp  gis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < gis, bis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  < dis gis >16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis'16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16

   % ms. 104
   \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < gis, bis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis, fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < ais bis >16

   % ms. 105
   \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis, bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  gis16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  eis'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis, bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  gis16  \change Staff = "upper" \stemDown < eis fis >16

   % ms. 106
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis, fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < gis, bis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  < dis ais' >16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis'16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16

   % ms. 107
   \change Staff = "lower" \stemUp  gis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < gis, bis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  < dis gis >16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis'16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16

   % ms. 108 = 104
   \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < gis, bis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  ais'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < dis, fis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown < ais bis >16

   % ms. 109 = 105
   \change Staff = "lower" \stemUp  dis16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis, bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  gis16  \change Staff = "upper" \stemDown < dis fis >16
   \change Staff = "lower" \stemUp  eis'16  \change Staff = "upper" \stemDown \clef treble < gis, bis >16  
    \change Staff = "lower" \stemUp  gis16  \change Staff = "upper" \stemDown < eis fis >16

   % ms. 110
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   % ms. 113 | il faut bien aller au bout du chant...
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Maurice Ravel, Le Tombeau de Couperin, suite pour piano (Toccata, mesures 95 et suivantes).

Boris Blacher, pour sa part en écrit deux : Zwei Toccaten en 1931. Ces « premières compositions pour piano seul à recevoir les honneurs de la publication [évoluent] dans des tempi animés et ont pour seul élément moteur (à l'exception de quelques mesures dans la Toccata no 1) des croches qui se suivent sans interruption comme dans un perpetuum mobile sans tonalité bien précise[34] ». Jean Absil conclut par trois fois des œuvres pour piano par une toccata : sa Sonatine no 1 op. 27 (1937), ses Cinq Bagatelles op. 61 et sa Grande suite op. 62 (1944), tous mouvements marqués vivo ou vif. Dans la Grande suite, pièce de haute virtuosité, les changement de mesure sont incessants[35].

Néo-classiques[modifier | modifier le code]

Dans le courant moderne néo-classique, Stravinsky insère dans la suite de Pulcinella (1920) une courte toccata dont le thème est introduit à la trompette, et essentiellement destinée aux instruments à vent. Le thème provient de l'« Air » de la première suite pour clavecin en mi majeur du Milanais Carlo Monza, extrait des Pièces modernes pour le clavecin[36]. Plus conséquent, il fait de son premier mouvement du concerto pour violon en (1931), une large toccata.



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Igor Stravinsky : thème de la toccata de la suite de Pulcinella.

Laissent des toccatas avec orchestre, Alfredo Casella (Introduzione, aria e toccata, op. 55, 1933), Bohuslav Martinů (Toccata e Due Canzoni, H.311 pour orchestre de chambre, 1946 et également pour piano : Fantaisie et toccata H.281, 1940) ainsi qu'Heitor Villa-Lobos dans trois Bachianas brasileiras. La no 2, pour orchestre de chambre, datée de 1930, dans le quatrième et dernier mouvement, sous-titré Le tortillard de pays, met en scène un train dans une musique descriptive, de son départ avec le grincement des engrenages, jusqu'à son arrivée avec frein et ralentissement orchestré. Dans les Bachianas brasileiras no 3 (1938) pour orchestre et piano, le musicien met en scène un pivert, figuré par le xylophone et repris par le soliste, dont la partie est notée Ben ritmato (meccanicamente). Dans les Bachianas brasileiras no 8 (1944) pour orchestre, elle est sous-titrée Catira Batida, une vieille danse (catira ou Cateretê) du Sud du Brésil. Le Mexicain Silvestre Revueltas écrit une Toccata (sin fuga) (« Toccata (sans fugue) ») pour orchestre de chambre, en 1933. C'est une œuvre courte (4 min.), qui oppose les bois aux cuivres et où se mêle un violon solo. Il y a deux sections galopantes en doubles-croches, ponctuées de coups de timbale (Con brio et Tempo I subito), séparées par une rêveuse et plaintive section centrale (Meno mosso), chambriste. La pièce s'achève sur un coup de timbale péremptoire.

Dans le domaine du concerto, Ottorino Respighi compose une toccata pour piano et orchestre (1928)[13]. Le finale du Concerto pour piano (1931) de Reynaldo Hahn est noté Rêverie, Toccata et Finale. Le premier mouvement du Concerto pour piano (1933) de Ralph Vaughan Williams, révisé ultérieurement pour deux pianos, est une toccata[9]. Plus tardif, le finale de la Symphonie no 8 (1956) du compositeur britannique est titré Toccata colle campanelle [« avec cloches »] : très coloré, il fait appel à tout l'orchestre et aux percussions. Il faut encore citer la Toccata Marziale for Military Band (1924) écrite à l'occasion d'une exposition coloniale. Le Concerto pour piano (1938, révisé en 1945) de Benjamin Britten fait son premier mouvement en forme de toccata, « débordant d’une exubérance et d’un allant irrésistibles »[37]. Dans une autre œuvre concertante, Diversion, op. 21 pour piano (main gauche) et orchestre, Britten enchaîne deux toccatas parmi les onze variations, une dévolue au piano, très courte et l’autre avec une introduction de l'orchestre et un solo au piano. Le final du concerto pour piano pour la main gauche (1963) de Dieter Nowka est une toccata. Jean Françaix pour sa part, enchaîne deux mouvements de toccatas dans son Concerto pour clavecin et ensemble instrumental (1959) qui comprend cinq mouvements. Arthur Benjamin conçoit le finale de son Concerto pour alto (1943), en une toccata précipitée.

William Walton compose en 1922–1923, une Toccata en la mineur, pour violon et piano[38], alors que sa célèbre Partita pour orchestre (1957), dédiée à George Szell et l'Orchestre de Cleveland, s'ouvre par une toccata, très motorique, aux éblouissants tuttis, notée brioso[39],[40]. Le Romeo and Juliet (1925) de Constant Lambert, uniquement constitué d'une suite de danses baroques (Gavotte, Siciliana, Musette...) cache dans le second tableau une toccata, pour évoquer le duel entre Roméo et Tibert. Alors que le ballet était intitulé à l'origine Adam and Eve, c'est Diaghilev qui le renomme et le donne à Monaco avec ses Ballets russes[41]. Le second mouvement du Trio avec piano op. 24 (1945) de Mieczysław Weinberg, battu à Music5.png
Ms16.png
, est noté Toccata et développe une grande énergie rythmique. Grażyna Bacewicz écrit sa Partita, pour violon et piano en 1955 (et en donne une version pour orchestre la même année). La toccata, qui occupe le second mouvement est marquée Vivace. Elle est très représentative du langage de la compositrice et, avec une coloration humoristique, est une démonstration de virtuosité[42].

En 1935, Conlon Nancarrow compose une Toccata for violin and Player Piano (piano mécanique), œuvre révisée en 1980, souvent jouée en concert avec un piano enregistré et le violoniste sur scène. La pièce, d'une extrême virtuosité, « à l'esthétique iconoclaste des ultramodernistes », s'ouvre par un canon de notes répétées rapidement par le piano mécanique, suivi par le violon qui reprend le matériau. La seconde partie inverse les rôles : le canon, dans sa récapitulation, reprend avec le soliste en premier (mesure 72)[43]. Sorabji laisse plusieurs toccatas : en 1920, il compose une toccata, seconde pièce des Deux pièces de piano[m 1] ; les Toccatas nos 1, 2 et 4 (la troisième est perdue) : la première (1928) comprend successivement cinq mouvements : I. Preludio-corale – II. Passacaglia — III. Cadenza-figurale — IV. Fuga – V. Coda-stretta ; la seconde (1934) est la dernière œuvre interprétée en public par le compositeur[44] ; la quatrième date de 1938 ; enfin, dans la neuvième partie de son Opus clavicembalisticum (1930), notée Interludiam alterum, Sorabji revient à une vive toccata introductive. La partition indique : Rapido e uguale sempre sanza ritardare né affrettare et est rattachée à un Adagio suivi d'une passacaille[45]. Tout juste installé à Paris, le compositeur Arthur Lourié, écrit une Toccata pour piano (1924). En 1930, le compositeur hongrois László Lajtha, conclut ses Six pièces, op. 14 par une vaste toccata virtuose. En 1931, le compositeur tchèque Alois Hába écrit une Toccata sous-titrée Quasi una Fantasia, op. 38.

Aram Khatchatourian écrit une Toccata pour piano (1932), l'une des pièces les plus populaires du musicien arménien, brillante, intense, aux effets d'ostinato et heurts rythmiques[46]. Un autre Arménien, Arno Babadjanian, dans une œuvre de jeunesse, sa Sonate polyphonique (1942–1947), inverse l'ordre baroque en plaçant, après un prélude, la fugue et seulement la toccata battue à 6
8
. Dans une œuvre plus récente, Six portraits (1965), Babadjanian insère une vive et rageuse toccatina qui évoque quelque chose de l'écriture pour piano de Prokofiev, de Bartók et du jazz[47]. Une cellule rythmique noire noire croche croche passe de main en main, puis est élargie en blanche blanche noire blanche avec dissonance de septième majeur martelée sforzando à la main gauche, pendant que la main droite fait pleuvoir des arpèges. L'énergie accumulée semble s'être épuisée dans une gamme descendante répétée jusqu'au pianissimo, mais la cellule rythmique d'origine revient dans une brève récapitulation tout aussi rageuse.

Le compositeur brésilien Camargo Guarnieri, intitule toccata une des ses pièces pour piano (1935), tout en double notes à la main droite et son compatriote Radamés Gnattali, deux numéros ayant pour titre Toccata em ritmo de samba (1950 et 1981) pour la guitare ainsi qu'une autre pour piano intitulée simplement toccata (1944), avec un usage de la polytonalité ostinato évoquant Bartók. Cláudio Santoro laisse une toccata pour piano très percussive.

Robert Casadesus compose sa Toccata, op. 40 en 1946. Joaquín Rodrigo fait précéder ses cinq Sonates de Castille (écrites en 1950, mais publiées seulement en 1987) par une étonnante Toccata a modo de Pregón en la majeur, qui imite une boite à musique assourdissante et détraquée, avec ses basses décalées, ses secondes écrasées, ses fausses notes. Un ostinato (le Pregón c'est-à-dire la « criée ») est fait d'une répétition infatigable d'une octave brisée avec une appogiature[48].

Influence du jazz[modifier | modifier le code]

Erwin Schulhoff fait de la dernière de ses Cinq études de jazz une Toccata sur le shimmy « Kitten on the Keys » de Zez Confrey (1926), empruntant une des pièces les plus connues de l'Américain, datant de 1921, qui signifie littéralement Chaton sur les touches. Karl Amadeus Hartmann compose également une Jazz-Toccata et Fugue pour piano en 1928. « Si Hartmann, comme d'autres musiciens allemands, fut lui aussi réceptif au jazz dans les années 1920, la Toccata et Fugue de 1928 reflète davantage son côté rythmique que ses harmonies caractéristiques[49] ». Dans la même veine, Play piano play no 6 de Friedrich Gulda, pianiste classique et jazzman, est une toccata notée Presto possibile entrecoupée d'épisodes de stride dans le style d'Art Tatum.

Toccata contemporaine[modifier | modifier le code]

La toccata moderne, si elle garde son rythme énergique, quitte le seul clavier privilégié au début du siècle, pour se retrouver dans des œuvres de chambre, dans la musique symphonique et pour des formations inconnues des siècles précédents : les percussions.

C'est le compositeur mexicain Carlos Chávez, qui l'inaugure : revenant à l'étymologie italienne de toucher, il écrit une Toccata pour instruments de percussion (1942), l'une de ses œuvres les plus célèbres[50]. Il n'utilise que des instruments en usage régulier dans l'orchestre symphonique classique et la pièce requiert six instrumentistes. Elle est composée de trois mouvements sans pause, dont le second fait sonner les timbres métalliques, xylophone et glockenspiel, avant le déchaînement violent du final. Quelques années plus tard, il écrit Toccata pour orchestre (1947), musique de scène pour Don Quijote de la Mancha de Cervantes. En 1955 l'américain Leon Kirchner compose Toccata pour grand orchestre ; Paul Creston, écrit Toccata, op. 68 (1957), jouée notamment par Leopold Stokowski tandis que Morton Gould, dans Audubon (Birds of America) (1969), glisse un morceau intitulé Fire Music (toccata). L'œuvre, prévue pour un ballet de Balanchine, n'a jamais été représentée. Le même Gould, composant un humoristique Concerto pour claquettes (1952), en forme de suite (Pantomime, Minuet, Rondo), intitule son premier mouvement, toccata. L'écriture, influencée par le jazz, est, malgré son exotisme, très sophistiquée. Le compositeur note le rythme du danseur qui, en outre, dispose de cadences pour improviser[51]. Pour le piano, Morton Gould a composé un Prelude and toccata (1945) joué très souvent par Shura Cherkassky et qui peut évoquer sa célèbre Boogie woogie étude.

D'autres compositeurs contemporains écrivent des toccatas pour piano : Pierre Boulez écrit Prélude, Toccata et Scherzo (1945), pièce pour piano de jeunesse. La partition, détenue par la Fondation Sacher est donnée en première mondiale par Ralph van Raat en septembre 2018[52] ; Alberto Ginastera, dans une veine baroque, compose Toccata, villancico y fuga, op. 18 (1947) — un hommage à Bach — et Variazioni e Toccata sopra « Aurora lucis rutilat », op. 52 (1980) très virtuose, outre une transcription pour piano d'une toccata pour orgue de Domenico Zipoli ; son contemporain et élève, Antonio Tauriello, lui dédie sa propre Toccata en si mineur (1949) ; Philippe Manoury (Passacaille pour Tokyo. Toccata, 1994), Wolfgang Rihm (Toccata capricciosa, 2015) et Sofia Goubaïdoulina (Toccata-Troncata, 1971), cette dernière composant également pour guitare (1969), alors que Jean-Michel Damase (Introduction et toccata, 1969), Guillaume Connesson[53] et Nino Rota (Sarabanda e toccata, 1945) la destinent à la harpe. Ce dernier ouvre son Concerto pour basson (1977) avec une joyeuse toccata, d'une riche orchestration. Tandis que dans le Concerto pour harpe (1993) de l'Irlandais Philip Martin, la toccata constitue le mouvement central, le plus riche des trois.

Dans la musique de chambre, citons le mouvement de conclusion de la Sonate pour violoncelle seul (1955) de George Crumb, d'une extrême virtuosité, elle est composée alors que le musicien travaille à Berlin avec Boris Blacher ; les Trois Pôles entrelacés (1985) de Pierre Bartholomée — dont l'effectif, sans être identique, évoque celui du Kammerkonzert de Berg — conçus pour harpe, clarinette, alto et vents, dans une découpe de suite à l'ancienne avec deux doubles : Toccata, Ricercar, Canzone, Ricercar double, Toccata double... La Disco-toccata (1994) de Guillaume Connesson est écrite pour clarinette et violoncelle, alors que Toccata-nocturne (2002) est conçue pour flûte et violoncelle ; Connesson compose également une Toccata (2003) pour harpe seule. Le compositeur américain Albert Glinsky, écrit une Toccata-Scherzo (1988) pour violon et piano puis James Tenney une Diaphonic toccata (1997), pour les mêmes instruments, où le piano tout en notes rapides et houleuses, sans accords, laisse au violon une mélodie lente et calme. Nicolas Bacri compose deux œuvres au titre identique de Toccata sinfonica, l'une conçue pour trio avec piano et l'autre pour quintette avec piano, respectivement op. 34b et 34 (1993).

Chez les symphonistes contemporains, on trouve des mouvements explicitement en toccata : William Schuman conçoit sa Troisième symphonie (1941), dans un diptyque écartant la forme sonate, avec : I. Passacaille et Fugue ; II. Choral et Toccata, volontaire emprunté à des formes antérieures au classicisme viennois. Karl Amadeus Hartmann, construit le second et dernier mouvement de sa Sixième symphonie (1953) en « Toccata variata ». Citons également la seconde section du Scherzo notée « Scherzo toccata » de la Symphonie no 8 (1943) de Dmitri Chostakovitch. Le Suédois Ingvar Lidholm écrit Toccata e canto (1944). Alexandre Lokchine, transforme l’avant dernier mouvement de sa Symphonie no 9 (1975), pour baryton et orchestre à cordes, sur un poème de Leonid Martynov, en une toccata qui est le point culminant de la symphonie[54]. Chostakovitch « se fit offrir la partition de l’œuvre qu’il admirait tant et qu’il étudia avec ardeur »[55].

Le premier mouvement du Collage über BACH d'Arvo Pärt est une toccata pour cordes, précédant Sarabande et Ricercare. Le tchèque Karel Husa, dans Musique pour Prague (1968), intitule le final de l'œuvre en quatre mouvements, Toccata et Chorale. Le Concerto pour orchestre (1954) de Witold Lutosławski, commencé par une Intrada baroque, se clôt par le troisième mouvement articulé en Passacaglia, Toccata e Corale.

La seconde symphonie, op. 386 du compositeur britannique Howard Blake, est sous-titrée Toccata ou « une célébration de l'orchestre » (1976, révision 1988). Chacun des sept mouvements en forme de concerto pour orchestre voit le thème et les variations, consacrées à un pupitre, respectivement : bois, cors, cuivres, cordes, percussion et célesta, puis convie tout le monde pour la fugue et le final où revient le thème[56]. En Amérique, Irving Fine compose sa première pièce d'orchestre, une Toccata concertante (1947) jouée par Serge Koussevitzky à Boston l'année suivante. Il existe une version transcrite pour deux pianos. Il revient au genre avec la sautillante Little Toccata, qui ouvre Diversions pour orchestre (1959), également jouée à Boston dans un programme pour les enfants et dont les pièces sont dédiées à ses filles[57]. En 1996, Aaron Jay Kernis, écrit Too Hot Toccata, œuvre hyperactive, composée pour l'Orchestre de chambre de Saint-Paul, qui accumule les difficultés pour les solistes, y compris les percussions et contient une exigeante partie solo au piano dans le style honky-tonk.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

La compositrice coréenne Unsuk Chin fait de sa cinquième étude pour piano une toccata (2003). Très inspirée par son maître György Ligeti (l'œuvre est contemporaine du Troisième livre d'études du hongrois), elle fait de cette pièce un combat entre deux personnages : une main gauche en accords lents et la main droite plus rapide, jouant d'un motif de neuf notes qui s'intensifie progressivement[58]. Marc-André Hamelin en tant que compositeur, a écrit plusieurs toccatas pour piano : Toccata sur « L’homme armé » et Étude no 5 en sol mineur, sous-titrée Toccata grottesca (2008)[59]. Le compositeur italien Renato de Grandis, compose plusieurs toccatas dans de vastes œuvres : 48 préludes pour piano (2000–2002) publié en quatre cahiers. Un Rondò-toccata dédié au pianiste allemand Lukas Grossmann (no 24 dernier du premier cahier) qui porte le sous-titre quelques corrections au minimalisme, le prélude no 28, véritable feu d'artifice pianistique et le dernier intitulé La Degrandissa (no 48 ou numéro 6 du quatrième cahier) est surmonté de l'instruction suivante : con impetuosa energia, barbaro, giocoso (« avec une énergie impétueuse, barbare, enjouée »)[60].

Dans son opéra The Minotaur (2008), Harrison Birtwistle insère trois interludes instrumentaux intitulés toccatas[61].

Le Finlandais Kalevi Aho écrit un Quintette pour haubois, clarinette, basson, cor et piano (2013) et place une toccata en second mouvement, dont l'énergie frénétique et ininterrompue provient en majeure partie du piano[62]. L'Écossais Billy Cowie, chorégraphe et auteur de musique de film, écrit huit toccatas pour saxophone soprano et bande. Le genre touche même la musique électroacoustique, puisque le brésilien Jorge Antunes a écrit, en 2004, une pièce commandée par le GRM, intitulée Toccata irisée pour percussions et dispositif électronique[63].

Œuvres[modifier | modifier le code]

La plupart des grands compositeurs pour orgue, clavecin ou piano ont écrit des toccatas dont certaines sont de véritables morceaux d'anthologie. Citons les toccatas les plus connues.

Toccatas baroques[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Henry Purcell, Toccata en la mineur
Bach, Toccata pour clavecin en majeur
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Toccatas pour orgue XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

  • Boëly, Toccata pour le piano avec clavier de pédales obligé, ou pour orgue en si mineur, op. 43, no 13 (1858).
  • Lemmens, Fanfare en ré majeur le no 27 de son École d’Orgue (1862).
  • Mailly, Toccata en ré mineur, le no 2 de ses Trois Pièces pour orgue.
  • Dubois, Toccata en sol majeur, le no 3 de ses Douze Pièces pour orgue (1889).
  • Callaerts, Toccata en mi mineur op. 29 no 1 et la Toccata en ré majeur op 23 no 3.
  • Grison, Toccata en fa majeur de la 2e Collection de pièces d’orgue, livraison 5.
  • Gigout, Toccata en si mineur, le no 4 de ses Dix Pièces pour orgue (1890).
  • Widor, Toccata en fa majeur, final de sa 5e Symphonie pour orgue opus 42 no 1 (1887).
  • La Tombelle, Toccata en mi mineur op. 23, et Toccata en fa mineur pour harmonium.
  • Renaud, Toccata en ré mineur op. 108 no 1.
  • Boëllmann, Toccata en do mineur, le no 4 de sa Suite Gothique pour orgue op. 25 (1895).
  • Mac-Master, Toccata en la majeur op. 67 (1897).
  • Bélier, Toccata en ré mineur (1912).
  • Lucas, Toccata en fa majeur op. 27 no 2 (v. 1896).
  • Letondal, Toccata en do majeur.
  • Vierne, Toccata en si bémol mineur, le no 6 de ses Vingt-quatre pièces de fantaisie, vol. II, op. 53 (1926).
  • Tournemire, Toccata en si mineur op. 19 no 3 (1901).
  • Jongen, Toccata op. 104 (1935).
  • Pierné, Toccata en fa majeur (1934).
  • Tremblay, Toccata en do mineur de la Suite de quatre pièces pour grand orgue (1924).
  • R. Vierne, Toccata en sol mineur pour orgue sans pédale ou harmonium (Sénart, 1914).
  • Philip, Toccata et Fugue en la mineur (Durand, 1913).
  • Mulet, toccata Tu es Petra, le no 9 de ses Esquisses Byzantines pour orgue (1919).
  • A. Alain, Toccata sur l’antienne «Cantemus Domino».
  • Barié, Toccata en si mineur de ses Trois Pièces pour orgue op. 7 (1911).
  • Farnam, Toccata en la mineur sur O filii et filiæ.
  • Saint-Martin, la Toccata de la Libération op. 37 (1944) ; Toccata et fugue de la Résurrection op. 38 (1945).
  • Dupré, Toccata de sa 2e Symphonie pour orgue op. 26 (1929).
  • Lanquetuit, Toccata en ré majeur (1926).
  • Reuchsel, Jour de fête aux Saintes-Maries de la Mer, no 9 des Promenades en Provence, vol. 3, (1973) ; Final en style Toccata des Six Pièces de Concert, en hommage à la mémoire d'Aristide Cavaillé-Coll (1985/1986).
  • Duruflé (1902-1986), Toccata de sa Suite pour orgue op. 5 (1933).
  • Germani (1906-1998), Toccata op. 12 (1937).
  • Barber, Toccata Festiva, op. 36
  • Rautavaara, Toccata op. 59
  • Messiaen, Les Yeux dans les Roues, no 6 du Livre d’Orgue (1951).
  • Guillou, Toccata op. 9 (1962).
  • Rutter, Toccata in Seven (1974).
  • Bédard, Toccata de la Suite pour orgue (CH. 14), et Prélude et Toccata sur « Victimae Paschali Laudes » (CH. 38).
  • Rachel Laurin, la Toccata qui termine la Symphonie no 1 op. 36.

Toccatas pour piano[modifier | modifier le code]

Fichiers audio
Debussy, Toccata extraite de Pour le piano
Serge Prokofiev, Toccata op. 11
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Au XIXe et XXe siècles il faut citer : Alkan, Balakirev, Bax, Bennett, Bliss, Casadesus, Casella, Castro, Cliquet-Pleyel, Ginastera, Guarnieri, Harris, Henselt, Holst, Honegger, Ibert, Jongen, Liapounov, Martinů, Petrassi, Poulenc, Reinken, Rodrigo, Tchérepnine qui laissent tous des toccatas, mais les plus célèbres sont :

Toccatas pour guitare[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Baroque italien[modifier | modifier le code]

  • Merulo, Toccate d’intavolatura d’organo, livres de 1598 et 1604 (intégrale) - Francesco Tassini, orgues de la basilica di San Petronio (Bologne), 1596 et de la Basilica palatina di Santa Barbara de Mantoue, 1565 (2010, 3CD Tactus TC 531380)
  • Frescobaldi, Œuvres pour clavecin - Gustav Leonhardt, clavecin (1991, Philips) — dont cinq toccatas, trois du premier livre et deux du second.
  • Frescobaldi, Partite et toccate - Pierre Hantaï, clavecin (1996, Astrée) — une dizaine de toccatas extraites de deux livres.
  • Frescobaldi, Œuvres pour orgue - Liuwe Tamminga, orgue (1996, Accent) — dont cinq toccatas extraites du second livre dont une des Fiori musicali.
  • Rossi, Toccate e Correnti - Sergio Vartolo, clavecin (19-20 juin 2003, Naxos 8.557321)
  • Froberger,
  • Pasquini, Sonate per gravicembalo - Roberto Loreggian, clavecin et épinette (8-10 août 2002, Chandos) — dont quatre toccatas.
  • Scarlatti, Toccate per Cembalo - Rinaldo Alessandrini, clavecin (1991, Arcana)
  • Della Ciaja, Six sonates opus 4 - Martin Derungs, clavecin (6-8 décembre 1990, Musidisc/Accord 4768332) (OCLC 658633834)

Baroque espagnol et portugais[modifier | modifier le code]

  • Seixas, Sonates - Nicolau de Figueiredo, clavecin (octobre 2008, Passacaille 971)

Baroque germanique[modifier | modifier le code]

  • Muffat,
  • Buxtehude,
  • Bach, Grandes toccatas - André Isoir, orgue Grenzing de St-Cyprien-en-Perigord (1993, Calliope)

Période Romantique et post romantique[modifier | modifier le code]

  • Toccata : Alexandre-Pierre-François Boëly, Louis James Alfred Lefébure-Wély, Alexandre Guilmant, Gabriel Pierné, Charles-Marie Widor, Guy Ropartz - André Isoir, orgue (« L'orgue romantique » Calliope CAL 5922/ La Dolce Volta) (OCLC 1045070644)
  • Toccatas : Eugène Gigout, Théodore Dubois, Léon Boëllmann, Charles-Marie Widor, Alexandre Guilmant, Louis Vierne - Olivier Vernet, orgue François-Henri Clicquot (1781) reconstruit par Aristide Cavaillé-Coll (1862) (2-4 avril 2001, Ligia) (OCLC 961217472)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La plus longue des Intonationi de Gabrieli est de 17 mesures[11]. Ce sont donc des œuvres très ramassées.
  2. C'est le musicologue Wilhelm Fischer qui, en 1924 définit ainsi par exclusion la toccata[4].
  3. La date de 1657 — un an après sa mort — traditionnellement retenue, est la date de dernière édition, la seule retrouvée. Ce changement de date, replace Rossi dans sa position réelle, à l'avant-garde du style romain de l'époque[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Massin 1985, p. 304.
  2. Garai 2012, p. 109.
  3. André Hodeir, Les formes de la musique, PUF, coll. « Que sais-je? » (no 478), , 128 p. (ISBN 978-2-13-059479-6), « La toccata », p. 118–119.
  4. a et b Garai 2012, p. 116.
  5. Frédéric Bridgman, « Revue : The Toccata by Erich Valentin, K. G. Fellerer », Revue de musicologie, vol. 44, no 120,‎ , p. 214–216 (ISSN 0035-1601, DOI 10.2307/927979, lire en ligne)
  6. a et b Vignal 2005, p. 995.
  7. Bridgman 1959, p. 214.
  8. Marc Honegger, « Toccato », dans Dictionnaire de la musique : technique, formes, instruments, Éditions Bordas, coll. « Science de la Musique », 1976, 1109 p., Tome I & II (ISBN 2-04-005140-6, OCLC 3033496), p. 1018.
  9. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x et y Grove 2001.
  10. a b c d e f g h i j k et l Honegger 1976, p. 1117.
  11. a et b Garai 2012, p. 117.
  12. Garai 2012, p. 115.
  13. a b et c Encyclopédie de la musique 1995, p. 789.
  14. a b et c Gammond 1988, p. 819.
  15. Tranchefort 1987, p. 636.
  16. a b c d e f g et h Vignal 2005, p. 996.
  17. Il transilvano Dialogo sopra il vero modo di sonar (rééd. 1625) disponible sur Gallica
  18. Bukofzer 1947, p. 57.
  19. Jean Massin et Brigitte Massin, Histoire de la musique occidentale, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la Musique », 1985, 1312 p. (ISBN 2-21-302032-9, OCLC 630597950), p. 387.
  20.  Francesco Cera, « Michelangelo Rossi, Toccata e Corenti, parte seconda », p. 6–8, Tactus TC600301, 1997..
  21. a et b Cera 1997, p. 7.
  22. a et b Honegger 1976, p. 1118.
  23. (OCLC 243758862)
  24. (en) Gerard Béhague, « Reviewed Work: 80 Sonatas para Instrumentos de Tecla by Carlos Seixas, Marcario Santiago Kastner », Notes, vol. 25, no 3,‎ , p. 587–589 (ISSN 0027-4380, DOI 10.2307/895381, lire en ligne).
  25. Bradshaw 1975, p. 38.
  26. Nouveau dictionnaire des œuvres 1994, p. 7147.
  27. a b c d e et f Vignal 2005, p. 997.
  28. Gammond 1988, p. 820.
  29. (en) Clarence Lucas, The Story of Musical Form, Londres, The Walter Scott Publishing, , vii-225 p. (lire en ligne), p. 214.
  30. Tranchefort 1987, p. 577.
  31. Alain Cophignon, Georges Enesco, Paris, Fayard, coll. « Bibliothèque des grands compositeurs », 2006, 692 p. (ISBN 2-213-62321-X, OCLC 64303734, notice BnF no FRBNF40145831), p. 141.
  32. Tranchefort 1987, p. 443.
  33. Tranchefort 1987, p. 566.
  34. Göbel 1996, p. 13.
  35.  Kristian van den Buys (trad. Michel Stockhem), « Œuvres choisies pour piano — Daniel Blumenthal, piano », p. 17–18Fuga Libera FUG578, 2011.
  36. Guillemette Prévot, « Du littéraire au musical : transposition des méthodes d’analyse. L’exemple de Pulcinella d’Igor Stravinsky », La Revue du conservatoire, no 6,‎ (ISSN 2265-2876, lire en ligne).
  37.  Elizabeth Joy Roe (trad. Josée Bégaud), « Benjamin Britten et Samuel Barber, Concertos pour piano », p. 14Decca, 2014.
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  40. (en) Robert Matthew-Walker, « Partita pour orchestre », p. 6Hyperion CDA67986, 2017 (Lire en ligne).
  41.  Stephen Lloyd, « Musique orchestrale de Constant Lambert : Romeo and Juliet Ballet in Two Tableaux », p. 8–12Hyperion CDA67545, 2005 (Lire en ligne) (OCLC 61911060).
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  43. (en) Kyle Gann, The Music of Conlon Nancarrow, Cambridge University Press, 2006, xii-303 p. (ISBN 0521028078, OCLC 836716661, lire en ligne), p. 53–54.
  44. (en) Jeremy Chaulk, Kaikhosru Shapurji Sorabji’s Toccata Seconda, , 46 p. (lire en ligne), p. 4.
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  46. Tranchefort 1987, p. 438.
  47.  Hayk Melikyan (trad. David Illa-Somers), « Arno Babadjanian, Œuvres pour piano », p. 9, Grand Piano GP 674, 2011.
  48. Sacre 1998, p. 2295–2296.
  49. Cotton 1991, p. 8.
  50. (en) « Carlos Chávez: Mexican composer and conductor », sur Encyclopædia Britannica (consulté le 3 octobre 2018).
  51. (en) Constance Valis Hill, Tap Dancing America : A Cultural History, Oxford University Press, 2014, xviii-441 p. (ISBN 0190225386, OCLC 888554987, lire en ligne), p. 193.
  52. « Incises, par Ralph van Raat », sur philharmoniedeparis.fr.
  53. notice BnF no FRBNF16229342
  54. (ru) Boris Yoffe, « Alexandre Lokchine, compositeur inconnu (essai) », sur khanograf.ru,
  55.  Josef Beheimb (trad. Jean-Pascal Vachon), « Symphonie 5, 9 et 11 — Michel Swierczewski », p. 27BIS Records CD-1456, 2006 (Lire en ligne) (OCLC 706714882).
  56. (en) « Symphony no. 2 - Toccata, op.386 (mai 1988) », sur howardblake.com.
  57. (en) « Diversions for Orchestra (1959) », sur boosey.com.
  58.  Omer Corlaix, « Fulgurences : Yengi Gil, piano », p. 4Solstice SOCD300, 2013..
  59.  Marc-André Hamelin (trad. Marie-Stella Pâris), « 12 Études in all the minor keys », p. 12Hyperion 67789, 2010.
  60. (en) Christoph Hahn (trad. John Patrick Thomas et W. Richard Rieves), « Preludi per pianoforte », p. 20, Wergo WER 6787-2, 2013.
  61. (en) « Harrison Birtwistle, The Minotaur (2005-2007) — Opera America », sur Boosey & Hawkes, boosey.com.
  62.  Kalevi Aho (trad. Arlette Lemieux-Chené), « Quintette à vents avec piano », p. 29–30BIS CD-2216, 2017..
  63. notice BnF no FRBNF16983122

Média[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages et thèses[modifier | modifier le code]

Dictionnaires et encyclopédies[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Suzanne Clercx-Lejeune, « La toccata, principe du style symphonique », dans Jean Jacquot (dir.), La musique instrumentale de la Renaissance : journées internationales d'études, Paris, 28 mars—2 avril 1954, Paris, Centre national de la recherche scientifique, coll. « Chœur des Muses », , 394 p. (OCLC 878151709, notice BnF no FRBNF33871432), p. 313–326.
  • (en) Murray C. Bradshaw, « The Toccatas of Jan Pieterszoon Sweelinck », Tijdschrift van de Vereniging voor Nederlandse Muziekgeschiedenis, vol. 25, no 2,‎ , p. 38–60 (ISSN 0042-3874, DOI 10.2307/938876, lire en ligne)
  •  Martin Cotton et Siegfried Mauser (piano) (trad. Michel Roubinet), « Karl Amadeus Hartmann, Œuvres pour piano », p. 7–9, Munich, EMI Classics 6 78403 2, 1991.
  •  Horst Göbel (piano) (trad. Sophie Liwszyc), « À propos des compositions pour piano de Boris Blacher », p. 13–18, Berlin, Thorofon CTH 2203, 1996.
  • (en) Zsolt Garai, « The origins of organ toccata. Terminology and sources from the middle ages to the Renaissance », Musicology papers / Cluj-Napoca, Bucarest, vol. 27, no 2,‎ , p. 109–127 (ISSN 2068-8601, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]