Pizzica

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Danse de la Pizzica ou tarentelle italienne
Danse de la Pizzica ou tarentelle italienne

La pizzica (aussi appelée pizzica pizzica) fait partie de la grande famille des danses traditionnelles appelées tarentelle[1], elle est une danse populaire présente jusqu’aux années 1970 dans les Pouilles (provinces de Lecce, Brindisi, Tarente, Bari) et en Basilicate (provinces de Matera et, partiellement, de Potenza)[2]. Le terme, dans nombreuses localités, s’entremêle et se confond avec le nom plus connu de tarantella, celui-ci tant sur le plan musical que sur le plan chorégraphique[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les deux premières sources écrites, dont on a jusqu’à présent connaissance, remontent au XVIIIe siècle (1779 Pigonati et 1797 Ferdinand IV de Bourbon), en référence aux observations du bal respectivement à Brindisi et à Tarente. Le 20 avril 1797, la noblesse offre au roi Ferdinand IV de Bourbon une soirée de danse à l’occasion d’une visite diplomatique dans la ville : le texte parle de "pizzica pizzica", une "nobilitata tarantella"[4].

La pizzica s’est liée aux pratiques thérapeutiques du tarentisme, mais il est avéré qu’à partir du XIVe siècle, les musiciens et les tarentules ont utilisé pour soigner et guérir du venin de la tarentule (et de scorpions) les danses locales de l’époque[5]. La pizzica était donc essentiellement une danse ludique des moments de fête et de convivialité, aussi pratiquée pendant les rituels thérapeutiques pour soigner les morsures de la tarentule[6].

Dans les années 1970-1980, dans la province de Lecce, tant la pizzica que le phénomène du tarentisme sont disparues[7],[8].

Pizzica et tarentisme[modifier | modifier le code]

La pizzica, en plus d’être jouée dans les moments de fête de différents groupes familiaux ou de communautés locales, constituait aussi l’accompagnement du rituel du tarentisme[9] dans la zone du Salento. Elle était exécutée par des orchestres composés de divers instruments - parmi lesquels émergeaient le tambourin et le violon en raison de leurs caractéristiques rythmiques et mélodique[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le festival Notte della Taranta à Melpignano en 2013
Le festival Notte della Taranta à Melpignano en 2013

Dans les années 1990, la musique et la danse de la pizzica ont été redécouvertes[11] grâce à de nombreux interprètes, surtout féminins. Le phénomène[12] s’est répandu aussi parmi les jeunes et a généré des écoles de "danse populaire" (en italien danza popolare), appelé aussi parfois neo pizzica.

« si le tarentisme a pratiquement disparu, la pizzica, elle, connaît un renouveau indéniable, comme en témoignent le succès de la Nuit de la Tarente et l'énorme popularité des artistes originaires des Pouilles en général et du Salento en particulier »[13]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jeremy, ... Price, Licia Bagini, Marlène Belly et identités, marginalités dans le monde occidental contemporain Mémoires, Langue, musique, identité : actes du colloque tenu à Poitiers du 21 au 23 novembre 2007, Publibook, (ISBN 978-2-7483-7063-8 et 2-7483-7063-5, OCLC 779698379, lire en ligne)
  2. Clara Gallini, La terra del rimorso, Il Saggiatore, (ISBN 978-88-565-0385-2 et 88-565-0385-9, OCLC 956217992, lire en ligne)
  3. Alèssi Dell'Umbria, Tarantella! : Possession et dépossession dans l'ex-royaume de Naples, L'Oeil d'Or, cop. 2015 (ISBN 978-2-913661-70-7 et 2-913661-70-X, OCLC 970660726, lire en ligne)
  4. Roberto Leydi, Guida alla musica popolare in Italia, Libreria musicale italiana, [1996?]-<c2002> (ISBN 88-7096-133-8, 978-88-7096-133-1 et 88-7096-139-7, OCLC 36501422, lire en ligne)
  5. Giuseppe Michele Gala, Danza popolare e questioni storiche : materiali per una storiografia etnocoreutica in Italia, Taranta, (ISBN 978-88-98210-09-1 et 88-98210-09-4, OCLC 935671950, lire en ligne)
  6. Willy Bakeroot, Musicothérapie active : rebâtir le temps de la mémoire, dl 2021 (ISBN 978-2-10-082432-8 et 2-10-082432-5, OCLC 1243513898, lire en ligne)
  7. (en) Jerri Daboo, Ritual, Rapture and Remorse: A Study of Tarantism and "Pizzica" in Salento, (ISBN 978-3-03911-092-6, OCLC 1016025676, lire en ligne)
  8. Georges Lapassade, Les rites de possession, Anthropos : Diffusion Economica, (ISBN 978-2-7178-3157-3, OCLC 236016980, lire en ligne)
  9. Cles, tipografo trentino Mondadori, La terra del rimorso : contributo a una storia religiosa del Sud, Il saggiatore, (ISBN 978-88-565-0120-9 et 88-565-0120-1, OCLC 799989143, lire en ligne)
  10. Licia Bagini, Marlène Belly et Jeremy Price (Ed.), Langue, musique, identité., Paris, Publibook Editions, (ISBN 978-2-7483-7063-8, OCLC 1006080906)
  11. (it) Vincenzo Santoro, Il ritorno della taranta : storia della rinascita della musica popolare salentina, Rome, Squilibri Editore, (EAN 2565724911141, OCLC 1115925400)
  12. Giovanni Pizza, Il tarantismo oggi : antropologia, politica, cultura, marzo 2015 (ISBN 978-88-430-7345-0 et 88-430-7345-1, OCLC 907296365, lire en ligne)
  13. Régine Cavallaro, « Italie : dans les Pouilles, le village où la danse fait des miracles », sur lemonde.fr, (consulté le ).