Rondeau (poésie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rondeau.

En poésie, un rondeau est un poème à forme fixe de 13 vers de longueur variable, composé sur trois strophes dont les deux dernières reprennent le tout premier hémistiche ; c'est le refrain (ou rentrement) que l'on retrouve aussi dans la forme ballade. Très en vogue aux XVIe et XVIIe siècle, le rondeau a particulièrement été utilisé dans les œuvres mises en musique et a donné son nom à la forme musicale homonyme apparue à la même époque, le rondeau. Au fil des siècles, depuis le rondeau simple codifié par Adam de la Halle (1240-1287) et Guillaume de Machaut (1300-1377) puis par la suite désigné sous le nom de triolet, différentes formes proches du rondeau sont apparues telles le rondinet, le rondeau double, le rondeau redoublé ou le rondel.

La structure d'un rondeau[modifier | modifier le code]

Le rondeau classique tel que codifié par Clément Marot peut être composé selon trois structures à treize vers (plus deux refrains qui ne comptent pas pour un vers) : quintil/tercet/quintil. Une variante de la forme quatrain/distique/quatrain se rencontre aussi parfois. Dans les deux cas, le refrain ou « rentrement », formé de l'hémistiche du tout premier vers, est donc répété à la fin de la deuxième et de la troisième strophe sans entretenir de rime avec les vers précédents ; on parle de « clausule ».

La forme générale du rondeau est donc : aabba aab (+ clausule) aabba (+ clausule)

Le rondinet[modifier | modifier le code]

Le rondinet est une forme fixe très ancienne généralement usitée pour les sujets galants. Le rondinet se construit sur 12 vers, sur 2 rimes (souvent octosyllabes) avec une clausule comme le rondeau : ABBAAB + clausule - ABBA + clausule

Exemple : Si j’ay parlé, d'Henri Baude[1]

Si j'ay parlé aucunement
Des dames de religion
De la basse condicion,
Je l’ay fait par esbattement.
Sans y pencer, soubdainement,
Ce fut par bonne intention
Si j’ay parlé.


Car je sçay bien que loyaulment
Le font par bonne affection.
Et pour toute conclusion,
Je m'en repens présentement
Si j’ay parlé.

(Ce texte sera mis en musique par Loyset Compère sur le titre Se j'ay parlé.)

Toujours à titre d'exemple, les rondeaux du Testament de François Villon suivent aussi cette forme.

Une forme spécifique du rondinet, le rondelet en est une variante.

Le rondeau redoublé[modifier | modifier le code]

Dit aussi rondeau parfait, il s'agit d'une forme codifiée par Clément Marot (1497-1544). Comme le rondeau habituel, il est construit sur deux rimes, mais se compose de six quatrains à rimes croisées, les vers de la première strophe étant repris dans l'ordre à la fin de chacune des quatre strophes intermédiaire. Le sixième et dernier quatrain est composé de vers nouveaux et se termine, tout comme dans le rondeau simple, par une clausule reprenant l'hémistiche du premier vers.

Exemple : Rondeau redoublé, Jean de La Fontaine (1660)[modifier | modifier le code]

Qu'un vain scrupule à ma flamme s'oppose,
Je ne le puis souffrir aucunement,
Bien que chacun en murmure et nous glose;
Et c'est assez pour perdre votre amant.
Si j'avais bruit de mauvais garnement,
Vous me pourriez bannir à juste cause;
Ne l'ayant point, c'est sans nul fondement
Qu'un vain scrupule à ma flamme s'oppose.
Que vous m'aimiez, c'est pour moi lettre close;
Voire on dirait que quelque changement
A m'alléguer des raisons vous dispose:
Je ne le puis souffrir aucunement.
Bien moins pourrais vous conter mon tourment,
N'ayant pas mis au contrat cette clause;
Toujours ferai l'amour ouvertement,
Bien que chacun en murmure et nous glose.
Ainsi s'aimer est plus doux qu'eau de rose:
Souffrez-le donc, Philis, car, autrement,
Loin de vos yeux je vais faire une pose,
Et c'est assez pour perdre votre amant.
Pourriez-vous voir ce triste éloignement?
De vos faveurs doublez plutôt la dose.
Amour ne veut tant de raisonnement:
Ce point d'honneur, ma foi, n'est autre chose
Qu'un vain scrupule.

Le rondeau double[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]

  1. Persee.fr (Voir page 108). Manuscrit 7687, folio 24.