Saint-Bauzille-de-Montmel

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Saint-Bauzille-de-Montmel
Vue sur le village depuis le Puech des Mourgues.
Vue sur le village depuis le Puech des Mourgues.
Blason de Saint-Bauzille-de-Montmel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hérault
Arrondissement Lodève[1]
Canton Saint-Gély-du-Fesc
Intercommunalité Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup
Maire
Mandat
Françoise Matheron
2014-2020
Code postal 34160
Code commune 34242
Démographie
Gentilé Saint-Bauzillois
Population
municipale
997 hab. (2014)
Densité 46 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 46′ 14″ nord, 3° 57′ 22″ est
Altitude Min. 62 m – Max. 320 m
Superficie 21,52 km2
Localisation

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Saint-Bauzille-de-Montmel est une commune française située dans le département de l'Hérault en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pays où ne coule pas que le miel « On y recueille du bon miel dans les environs.

Les habitants prétendent que le surnom de leur village vient de là, quoique ça n’y ressemble guère. On voit partout des amateurs d’étymologie ». C’est ce qu’écrivait à propos de Saint Bauzille de Montmel un certain Hamelin, écrivain-voyageur, dans son Guide du Voyageur dans l’Hérault, publié en 1827. Il révélait ainsi que les Bauzillois se piquaient d’apiculture et d’étymologie. Bauzille ? Ne pas confondre avec Basile, évêque de Césarée. Bauzille (ou Baudille) est composé de « bold », audacieux et de « hild », combat, aux consonances plus germaniques qu’occitanes…

D’ailleurs, c’est d’Orléans que le sieur Baudille, chrétien fervent et prosélyte, décida, vers l’an 300, de partir avec son épouse vers Nîmes pour y porter la parole du Christ. Mais, un jour, ayant interrompu une cérémonie de sacrifice païen, il fut décapité. À cette époque, Nîmes était une cité de l’empire romain, mais la région était déjà en partie christianisée. Depuis Néron, alternaient les périodes de grandes persécutions et de relative tolérance. Le malheureux Baudille fut exécuté avant la fin de la phase de répression qui sévit sous Dioclétien …

L’évangélisateur laïc devint ainsi un martyr de renom dont le tombeau attira de nombreux pèlerins. Deux siècles après sa mort, on construisit un sanctuaire sur la nécropole contenant ses ossements. Canonisé, il donna son patronyme au point culminant méridional du Larzac (le pic Baudille) et à quatorze communes françaises dont Saint Bauzille de Montmel, Saint Bauzille de Putois et Saint Bauzille de la Sylve dans l’Hérault, mais aussi Saint Baudille de la Tour dans l’Isère et autres Saint Bouzely ou Baudelle…

Montmel ? Là, les choses sont plus difficiles. Le site de l’actuel Mont Saint Léon fut occupé par des religieux au début du XIIe siècle et devint le siège d’une communauté importante puisque Mormellicum, ou encore Mormolacus, a été signalé dans une charte datée de 980 en tant que l’une des quatre vigueries (chefs-lieux) du pagus Magalonensis (pays de Maguelone), les trois autres étant Maguelone, Agonès et Tréviers.

Guy Bonnet et Jeannine Raynal, auteurs d’un livre sur l’histoire du village, font l’hypothèse de l’origine latine du nom « Mormolacus », accolement de mormorion, sorte de cristal de roche, et de lacus, réservoir d’eau. Cette définition rattacherait le nom du village à la nappe qui se trouve dans le puech (la colline) et qui donne naissance à plusieurs sources. Le sus-cité Hamelin qui se moquait des étymologistes amateurs se fondait pour sa part sur la forme « Mormellicum ». Selon lui, le suffixe icum n’avait été rajouté que dans les documents écrits et « Mor », d’origine pré-indo-européenne, aurait donné morre ou mouré en languedocien, mot qui signifie aussi bien visage que museau, monticule ou mamelon… Autre référence à la protubérance calcaire qu’est le Mont St Léon.

Mais, plus jolie encore est la définition de tradition orale donnée par les habitants à notre voyageur : Montmel signifierait effectivement le Mont-miel, en référence aux très nombreuses ruches sauvages qui se sont, de toujours, installées dans les cavités des falaises blanches qui surplombent la commune. Eau de source ou miel des abeilles, c’est en tout cas du puech que vient la richesse de Saint Bauzille de Montmel, Sancti Baudilii de Mormel, tel qu’on le trouve écrit pour la première fois en 1254. Les étymologistes en sont-ils réconciliés pour autant ?

Sans doute, mais bien d’autres raisons de se quereller ont existé tout au long de l’histoire de saint Bauzille de Montmel. L’« affaire Baldit » met en scène, vers 1450, Jeanne de Montlaur, prieure de Saint Félix de Montceau et le procureur de son couvent, Firmin Baldit, prêtre du diocèse de Mende. Ce dernier, intelligent et dépourvu de scrupules, n’eut de cesse de s’emparer des ressources de Saint Bauzille. Au moyen d’un faux document il parvint à s’emparer de la maison claustrale de Saint Bauzille. Lorsqu’elle voulut toucher ses revenus, Jeanne de Montlaur se trouva évincée. Pendant presque dix ans, procès après procès, le bras de fer fut incessant jusqu’à ce que le parlement de Toulouse ordonne l’expulsion de Baldit. Mais celui-ci fit rouer de coups la prieure dont le nouveau procureur, Aldebert « perdit dans la bagarre son cheval, son épée, son vestiaire et ses bottes ». Et on repartit en procédures. En1470, nouveau jugement favorable à la prieure. Nouveaux combats, plus violents encore, au cours desquels des hommes d’armes enrôlés par Baldit semèrent la terreur dans la région. Les Bauzillois prirent alors parti pour Jeanne de Montlaur : chaque nuit, armés d’ustensiles de cuisine, ils menèrent grand tapage sous les fenêtres de Baldit au point que, lassé de ne plus dormir, il se plaignit au pape de mauvais traitements et accusa la prieure de prévarication. Les sœurs, cependant, continuaient de gagner leurs procès. Mais la violence se fit encore plus grande et une bataille rangée fit un mort par flèche du côté de Baldit. La peste emporta Jeanne en 1479 mais Bone Garsabalde lui succéda et poursuivit le combat. Des hommes armés de Baldit mirent le feu au prieuré, brisèrent 3000 tuiles du village, pillèrent et tirèrent le curé par les pieds tout autour pendant qu’ils volaient tous les biens de l’église. Il fallut une bulle du pape Innocent VIII pour donner enfin raison aux sœurs contre le sinistre Baldit, quarante ans après le début du contentieux…

La révolution de 1789 vit l’immense majorité des Bauzillois se rallier aux idées de la République. La commune, forte de 340 habitants et administrée par Alexis Vernier, chirurgien, raccourcit son nom qui devient simplement Bauzille Montmel. Cependant, en 1793, le soutien aux révolutionnaires faiblit sérieusement à cause de la conscription et des exigences de la République pour financer ses guerres. Pour aller combattre en Italie, il fallait lever neuf volontaires parmi tous les citoyens mâles de 18 à 40 ans. Le jour fatidique, aucun volontaire ne s’était inscrit sur le registre. On décida alors, comme cela était légal, de désigner des « volontaires ». S’en suivit une bagarre mémorable pour savoir si ceux-ci devaient être élus ou tirés au sort. Le directoire du département exigea le tirage au sort. Mais personne ne voulut tirer du vase les papiers qui portaient les noms. Forcés à le faire, huit sur neuf purent être désignés. Mais il fallut alors les armer et les habiller. On essaya de réquisitionner les armes du village et on lança une souscription pour leur uniforme. Tant bien que mal, les « volontaires » furent équipés, mais on pense qu’ils ne rejoignirent jamais leur affectation… Plus tard, les Bauzillois ne montrèrent pas plus d’enthousiasme pour répondre aux demandes réitérées que l’État faisait : fourrages pour l’armée des Pyrénées, taxes diverses en argent et en nature… ce fut la fronde. Il en fut ainsi dans de nombreuses communes de la région, alors que cherchait à s’imposer le nouveau système, bientôt remplacé par un autre puis d’autres encore.

Du grand tapage sous les fenêtres du méchant Baldit à la résistance aux excès de l’État, les Bauzillois ont montré qu’ils ne sont pas toujours tout miel.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2014 Jacques Daudé SE  
mars 2014 en cours Françoise Matheron SE Professeure
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 997 habitants, en augmentation de 6,52 % par rapport à 2009 (Hérault : 6,81 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
342 325 319 298 347 357 353 403 374
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
374 407 431 422 401 294 282 321 283
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
377 415 402 401 400 424 409 390 360
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
330 354 370 456 479 734 926 985 997
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le puech des Mourgues.
L'église Saint-Bauzille.
  • Église Saint-Bauzille. Édifice roman, fortement remanié dans les années 1870. Son puissant clocher porche de façade surmonté d'une flèche recouverte d'ardoise atteint 26,50 mètres. Il renferme deux cloches dont la plus petite, classée MH, date de 1651 et fut exécutée par le maître fondeur montpelliérain Lonar Bordes[6].
  • Temple protestant.
  • Plateau dit du puech des Mourgues ; haute colline dominant le village au nord, reconnaissable à son pourtour de falaises très fréquentées, il abrite différents habitats depuis l'époque préhistorique. On y rencontre également les restes d'un ancien couvent qui s'y installa au Moyen Âge. Site classé Natura 2000.
  • Puits communal
    Ancien pont à une arche dit romain sur la Bénovie.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes  de Saint-Bauzille-de-Montmel

Les armes de Saint-Bauzille-de-Montmel se blasonnent ainsi : d'azur à un saint Bauzille tenant de sa dextre une palme, le tout d'or[7]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis le , voir la modification des limites des 3 arrondissements
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  6. Ministère de la Culture, base du patrimoine mobilier, n° PM34001288. Classée au titre objet le 18 novembre 1942.
  7. Armorial des communes de l'Hérault, Didier Catarina, Jean-Paul Fernon, avec le concours de Jacky David, éd. Artistes en Languedoc, 2004, (ISSN 1264-5354), p. 61.


Liens externes[modifier | modifier le code]