Temple grec

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L'Héphaïstéion d'Athènes, temple d'Héphaïstos et d'Athéna Ergané, l'un des temples grecs doriques les mieux conservés.

Le temple grec est un type d'édifice religieux développé en Grèce antique dans le cadre de la religion grecque. Les temples, qui constituaient les lieux de culte les plus élaborés du polythéisme grec, ont donné lieu à des chefs-d'œuvre architecturaux comme le Parthénon. Longtemps après la fin du polythéisme grec, l'architecture des temples grecs antiques a été l'une des sources d'inspiration de l'architecture néoclassique.

Histoire[modifier | modifier le code]

La civilisation minoenne et la civilisation mycénienne, qui célébraient leurs cultes dans les maisons et les palais, ou bien en plein air, n'ont pas construit de temples[1]. Le temple grec n'apparaît qu'au cours des siècles obscurs, peut-être au IXe siècle av. J.-C., sous la forme de constructions de bois et de briques qui abritent les statues de culte. Les premiers temples bâtis en pierre apparaissent au VIIe siècle av. J.-C.

Structure d'un temple grec[modifier | modifier le code]

Plan d'un temple périptère, hexastyle, avec pronaos et opisthodome.

Plan au sol[modifier | modifier le code]

Un temple grec se divise en deux parties : le sékos, la partie fermée, entourée de parois; et le péristyle, la partie ouverte, délimitée par une colonnade. La partie fermée du temple comporte en son cœur le naos (dont le nom latin est cella), qui abrite la statue de la divinité. Derrière le naos, ou au fond de la même salle, se trouve parfois un adyton. Lorsque le temple est plus vaste, le naos est précédé d'un pronaos qui sert d'entrée, et derrière le naos se trouve une chambre arrière appelée l'opisthodome.

Certains temples sont entièrement entourés de colonnes : cette colonnade extérieure est appelée péristasis, et les temples construits ainsi sont dits périptères ; dans le cas d'un édifice entouré entièrement d'une double rangée de colonnes, le temple est qualifié de diptère[2]. Lorsque le temple comporte seulement une rangée de colonnes devant la façade, il est dit prostyle. Si le temple comporte des colonnes sur la façade avant et à l'arrière, mais non sur les côtés, il est dit amphiprostyle. Un temple est aussi caractérisé par le nombre de colonnes que présente sa façade : il peut être distyle, tétrastyle, hexastyle, octostyle (comme le Parthénon) ou décastyle. Le seul exemple de temple dodécastyle (à douze colonnes en façade) connu est le temple d'Apollon à Didymes.

Les temples grecs sont le plus souvent rectangulaires, mais il existe plusieurs autres formes moins répandues, comme la tholos, de forme circulaire, qui a souvent des fonctions autres que purement cultuelles[2].

Élévation[modifier | modifier le code]

Un temple grec repose sur une base appelée crépis. La partie la plus haute de la crépis est le stylobate, qui supporte les colonnes. Les colonnes supportent une architrave, elle-même surmontée d'une frise où alternent des panneaux décorés, les métopes, et des ornements appelés triglyphes. Au-dessus encore se trouvent le fronton et le toit de l'édifice. Le sommet et les extrémités du fronton pouvaient être décorés d'acrotères.

L'aspect des colonnes est très variable selon les styles architecturaux. On y distingue trois ordres architecturaux : l'ordre dorique, l'ordre ionique et l'ordre corinthien.

Décoration[modifier | modifier le code]

Les temples grecs étaient peints de couleurs vives, utilisant principalement trois teintes : le bleu, le rouge et le blanc (le noir pouvait être utilisé à l'occasion).

Les parties du temple offrant le plus de possibilités d'ornementation sculptée étaient le fronton, les métopes, la frise qui courait au-dessous de l'architrave, ainsi que la frise qui courait au sommet des murs du sékos et qui n'était visible que pour le spectateur placé sous la colonnade extérieure (c'est par exemple à cet endroit que se trouvait à l'origine la frise du Parthénon).

Fonctions culturelles[modifier | modifier le code]

En Grèce antique, les temples ne sont pas indispensables au culte, puisque la pratique cultuelle nécessite seulement de délimiter un espace sacré (téménos) ; le temple, lorsqu'il y en a un, est édifié à l'intérieur des limites du téménos[3]. La fonction première du temple est d'abriter les statues des divinités ainsi que les biens que la divinité possède, principalement les offrandes qui lui sont faites. La plupart du temps, les rites ont lieu à l'extérieur du temple et il est interdit d'y entrer ; l'édifice n'est ouvert qu'en de rares occasions. Certains temples font exception en raison de leur fonction particulière : ainsi le temple d'Apollon à Delphes, où l'on venait consulter la Pythie pour recevoir ses oracles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Université d'Oxford, Howatson dir. (1993),article « Temples », 1.
  2. a et b Bruit Zaidman et Schmitt Pantel (2003), p. 45.
  3. Bruit Zaidman et Schmitt Pantel (2003), p. 44.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louise Bruit Zaidman et Pauline Schmitt Pantel, La religion grecque dans les cités à l'époque classique, Paris, Armand Colin, 1991 (édition consultée : 2003).
  • Université d'Oxford, Dictionnaire de l'Antiquité. Mythologie, littérature, civilisation, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1996 (ISBN 2221068009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]