Union américaine pour les libertés civiles

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ACLU
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Union américaine pour les libertés civiles.
But Défense des droits de l'homme
Fondation
Fondation 1920
Fondateur Roger Nash Baldwin
Identité
Siège New York
Président Susan N. Herman (depuis oct. 2008)
Financement Privé
Membres 550 000
Slogan Because Freedom Can't Protect itself
Site web aclu.org

Notes

Affilé à ACLU :
* New York Civil Liberties Union (NYCLU)
* National Emergency Civil Liberties Committee

L'Union américaine pour les libertés civiles (en anglais American Civil Liberties Union, ACLU) est une importante association à but non lucratif américaine basée à New York dont la mission est de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque personne dans ce pays par la Constitution et les lois des États-Unis »[1]. Ses moyens d'actions sont les poursuites judiciaires, le lobbying législatif et l'éducation civile communautaire. Les actions qu'elle a intentées ont souvent fait évoluer le droit constitutionnel.

Selon son rapport annuel, l'ACLU comptait plus de 500 000 membres à la fin de l'année 2005.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ACLU est une organisation indépendante qu'il est difficile de classer dans le spectre politique. Elle a été critique envers les élus et les politiques menées aussi bien par les démocrates que par les républicains. Ses vues sont souvent controversées et critiques des deux partis.

Son fondateur Roger Nash Baldwin est controversé car il a longtemps été un admirateur de l'Union soviétique.

Dans les années 1960 et 1970, elle se distingue en particulier par sa défense de la liberté d'expression des militants du mouvement des droits civiques et du mouvement d'opposition à la guerre du Viêt Nam[2]. Depuis les années 1970, l'association est habituée à défendre la liberté d'expression de personnalités et groupuscules d'extrême droite[2]. À la fin des années 1970, elle soutient un groupe néonazi qui souhaite défiler à Skokie, une ville où vivent de nombreux rescapés des camps de concentration ; cette décision entraîne le départ d'environ 30 000 membres de l'association[2]. En 2017, des avocats de l'ACLU aident le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser la manifestation « Unite the Right » dans le centre de Charlottesville, qui débouche sur des débordements et un meurtre, ce qui suscite des critiques, aussi bien en dehors qu'au sein de l'association, sur sa position ; le directeur Anthony Romero déclare alors que l'ACLU n'a pas vocation à soutenir les associations qui souhaitent défiler avec « des armes chargées »[2].

En janvier 2017, des avocats de l'ACLU obtiennent qu'une juge bloque temporairement les expulsions d'immigrés venant de sept pays à majorité musulmane, décidées par le décret présidentiel 13769[2].

ACLU contre la NSA[modifier | modifier le code]

Après le 11 septembre 2001, la NSA lance un programme de surveillance massif dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », connu sous le nom de Terrorist Surveillance Program (TSP).

Le 17 janvier 2006, l'ACLU poursuit en justice la NSA en son nom et aux noms d'autres organisations civiles, considérant qu'elle est affectée par le programme TSP, allégué inconstitutionnel. L'action en justice de l'ACLU échouera finalement en février 2008. En effet, l'administration Bush affirme au contraire la légalité du programme, en raison du secret d'État State Secrets Privilege, et rejette le droit à l'ACLU de se pourvoir en justice (lui niant un Standing (law) suffisant, c'est-à-dire un lien permettant à l'ACLU de se dire menacé, fût-ce de façon imminente, par le programme contesté).

Le 17 août 2006, la juge Anna Diggs Taylor déclare illégale et inconstitutionnelle la surveillance des individus et des organisations civile par téléphone ou internet. La juge demande à la NSA d'arrêter immédiatement ce programme[3].

Le 6 juillet 2007, la Cour d'appel des États-Unis pour le sixième circuit déclare que l'ACLU manque de preuves pour démontrer qu'ils étaient surveillés par la NSA, rejetant donc leur possibilité de se pourvoir en justice et de contester la constitutionnalité du programme.

Le 19 février 2008, la Cour suprême refuse la poursuite du procès contre le programme de surveillance de la NSA[4]. La NSA doit rendre tous les détails des enregistrements comme l'a demandé la juge Anna Diggs Taylor[réf. nécessaire].

Jeppesen[modifier | modifier le code]

En mai 2007, l'ACLU a porté plainte contre Jeppesen, accusant la firme aéronautique d'avoir collaboré avec la CIA pour transporter clandestinement des personnes vers le Maroc, l'Égypte et une base américaine en Afghanistan, où ils auraient été torturés (voir Mohamed et al. v. Jeppesen Dataplan, Inc. (en)). Mais l'administration Bush, puis l'administration Obama, ont invoqué le secret défense. La Cour d'appel des États-Unis pour le neuvième circuit les a désavoués le [5].

Société américaine de psychologie[modifier | modifier le code]

Une plainte est déposée en octobre 2015 devant un tribunal fédéral de l’État de Washington au nom de trois ex-détenus par l'ACLU, visant James Mitchell et John Bruce Jessen, deux psychologues américains de la Société américaine de psychologie (APA) qui auraient « gagné des millions de dollars » en aidant la CIA dans son programme de torture, dénoncé par un rapport du Sénat américain. Il leur est reproché d'avoir « conçu les méthodes » d'interrogatoire de l'agence de renseignement, et mené des « expérimentations illégales sur des prisonniers pour tester et affiner » ces méthodes. L'un des plaignants dans la procédure lancée par l'ACLU, l'Afghan Gul Rahman, est mort de froid pendant sa détention par la CIA, victime d'hypothermie mais aussi de déshydratation, de manque de nourriture, et d'une immobilité forcée à cause de d'un « enchaînement ». C'est sa famille qui le représente. James Mitchell et John Bruce Jessen « ont affirmé que leur programme (d'interrogatoire) était basé sur la science, sûr, et prouvé, (...) »[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Site de l'ACLU. », American Civil Liberties Union web site, ACLU.
  2. a, b, c, d et e Claire Levenson, « L'ACLU, cette association américaine qui défend les droits des réfugiés et des néonazis », sur Slate, (consulté le 23 août 2017).
  3. (en) « Demande de Anna Diggs Taylor à la NSA. » [PDF], (consulté le 5 avril 2017).
  4. (en) « Court Rejects ACLU Challenge to Wiretaps », www.Breitbart.com, AP (2008-02-19). Retrieved on 2008-02-19.
  5. (en) Securing Lawsuits, éditorial du Washington Post, 11 mai 2009.
  6. « Plainte contre deux psychologues associés aux tortures de la CIA », sur http://www.i24news.tv, .
  7. (en) J. Bohannon, « Torture report prompts APA apology », Science, no 6245, Vol. 349,‎ , p. 221-222.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]