Mourad IV

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Mourad IV
Le sultan Mourad IV
Le sultan Mourad IV
Titre
17e Sultan Ottoman

16 ans, 4 mois et 29 jours
Prédécesseur Mustafa Ier
Successeur Ibrahim Ier
Biographie
Dynastie Dynastie ottomane
Date de naissance
Lieu de naissance Constantinople
Date de décès (à 27 ans)
Lieu de décès Constantinople
Père Ahmet Ier
Mère Kösem
Religion Islam

Signature de Mourad IV

Mourad IV
Dynastie ottomane

Mourad IV ([1]) était 17e sultan de l'empire ottoman. Il régna du au . Il est connu pour sa restauration de l'autorité de l'État et pour la brutalité de ses méthodes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mourad IV est le fils du sultan Ahmet Ier.

Début du règne[modifier | modifier le code]

Amené au pouvoir par une conspiration de palais le , il succéda à son oncle Mustafa Ier à l'âge de 11 ans. Mourad fut longtemps sous le contrôle de ses proches, et durant ses premières années en tant que Sultan-mère (Validé Sultane), Kösem (Keucème), assura la régence jusqu'à ce que Mourad décide en 1632 de prendre en main le gouvernement[2].

L’Empire sombra dans l'anomie : les Safavides attaquèrent l'Empire à plusieurs reprises et envahirent l'Irak, des insurrections éclatèrent dans le nord de l'Anatolie.

En février 1632, une révolte des Janissaires éclata : Mourad dut d'abord céder à leur revendication et exécuter le grand vizir Hafiz Ahmed Pacha, mais il reprit le contrôle du gouvernement en mai et fit étrangler le probable instigateur de la révolte, Topal Recep Pacha (devenu grand vizir entretemps) et commença à régner personnellement[1].

Pouvoir absolu et politique impériale[modifier | modifier le code]

Il essaya d’étouffer la corruption qui avait grandi sous les sultans précédents. Il y parvint par de nombreux moyens, notamment en limitant les dépenses inutiles.

Il interdit également l’alcool, le café et le tabac. Il ordonna l'exécution des personnes enfreignant cette interdiction. Il aurait patrouillé dans les rues et tavernes d'Istanbul de nuit, habillé en civil et surveillant l'application de ses ordres. Il tuait les soldats qu'il surprenait en train de consommer de l'alcool et du tabac.

Comportement personnel[modifier | modifier le code]

Renouant avec la tradition ottomane de fratricide, Mourad IV fit exécuter ses frères Bayezid et Soliman en 1635, puis Kasim en 1638[1]. Le sultan Mourad grandit en recevant une bonne formation de la part des enseignants de l’époque. C’était un bon poète et il écrivait ses poèmes en utilisant le surnom de « Muradi ». Il avait également appris la calligraphie, dont il était maître, il rédigeait lui-même des firmans. Il montait très bien à cheval, de plus il pouvait sauter d’un cheval à l’autre. Il maniait très bien l’épée et l’arc.

Succès militaires[modifier | modifier le code]

Au point de vue militaire, le règne de Mourad IV est marqué par la guerre polono-turque de 1633-1634 mais surtout par la guerre ottomano-persane de 1623-1639 (en) qui l'oppose à la Perse séfévide. À partir de 1635, il prend lui-même le commandement de l'armée qu'il laissait jusque-là à ses généraux. Sa marche de Constantinople vers la frontière perse est ponctuée par l'exécution de nombreux sujets accusés de rébellion, corruption, négligence, ou d'avoir fumé du tabac. Il ordonne aussi l'exécution de l'émir libanais Fakhreddine II, prisonnier à Constantinople et dont le petit-fils venait de se révolter contre les Ottomans. Il prend Erevan après un court siège (28 juillet-8 août 1635) et, alors qu'il célèbre avec son armée la prise de la ville, il fait envoyer l'ordre à Constantinople d'exécuter ses frères Bayezid et Süleyman, rivaux potentiels (10 août 1635)[1]. Il reprend sa marche et entre dans Tabriz, non défendue (12 septembre 1635). Il fait saccager les palais et jardins royaux par ses soldats. Il veut faire raser la mosquée Uzun Hasan mais s'en abstient quand le mufti fait valoir qu'elle a été construite par un souverain sunnite. Sur le terrain, le sultan Mourad vit comme un simple soldat, n'ayant comme coussin que sa selle et comme couverture la housse de son cheval[3].

Il accomplit également le dernier grand exploit militaire de l'Empire ottoman, la reprise de Bagdad en 1638 (en), après un siège qui se termine par le massacre de la garnison et des citoyens. Mourad IV commande lui-même l’invasion de la Mésopotamie et s’avère un remarquable commandant sur le terrain. Il est un des derniers souverains ottomans (avec son neveu Mehmed IV) à commander une armée sur le champ de bataille.

Avant sa mort, il conclut une paix avec la Perse en 1639, le traité de Qasr-i-Chirin, qui définit encore aujourd'hui le tracé de la frontière turco-iranienne.

Mort[modifier | modifier le code]

Il mourut à l'âge de 27 ans d'une cirrhose, en 1640. Sur son lit de mort, il ordonna l’exécution de son frère Ibrahim, ce qui aurait signifié la fin de la dynastie ottomane (car Ibrahim était le dernier membre masculin de la famille, après que tous les autres furent exécutés), mais l’ordre ne fut pas suivi d’effet.

Il est connu par la société turque comme le sultan le plus tyrannique de l'histoire. Cependant son gouvernement permit de restaurer temporairement le prestige et la puissance de l'Empire ottoman[4].

Famille[modifier | modifier le code]

Concubines[modifier | modifier le code]

Il reste peu d'informations à propos des concubines de Mourad IV, principalement parce qu'il n'a eu aucun fils lui ayant survécu pour lui succéder ; les registres indiquent la présence d'une seule favorite (haseki), Aïcha, jusqu'à la fin de son règne où une seconde apparait. Il est possible que Mourad ait eu plusieurs autres concubines[5].

Enfants[modifier | modifier le code]

Mourad eut au moins 16 fils et filles[6], mais ses fils moururent tous en bas âge et seulement cinq de ses filles atteignirent l'âge adulte:

Fiction[modifier | modifier le code]

Racine, dans sa tragédie Bajazet (1672), s'est inspiré de l'histoire de Mourad IV et de l'exécution de son frère Bayezid, qu'il situe à l'époque du siège de Babylone (Bagdad). Mourad est nommé Amurat et Bayezid, nommé Bajazet, devient le personnage central de l'intrigue. Racine, qui utilise les souvenirs d'un ambassadeur français, évoque les intrigues du sérail et les troubles suscités par les janissaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d A.H. de Groot, s.v. Murād IV in Encyclopædia of Islam vol.VII, Brill, 1993, pp.597-599
  2. Robert Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, Fayard 1989, p. 234
  3. J. de Hammer, Histoire de l'Empire Ottoman depuis son origine jusqu’à nos jours, vol. 9, Paris, 1837, p. 254-278
  4. Mantran, op. cit. p. 236
  5. Leslie P. Peirce, The Imperial Harem: Women and Sovereignty in the Ottoman Empire, p. 107 et 302
  6. (en) « Sultan Murad IV »
  7. a et b (en) Leslie Peirce, The Imperial Harem: Women and Sovereignty in the Ottoman Empire, Oxford University Press, (ISBN 0-19-508677-5) p.365
  8. a, b et c (en) « Padişahların Kadınları ve Kızları, M. Çağatay ULUÇAY »
  9. (en) « The Imperial Harem: Women and Sovereignty in the Ottoman Empire »
  10. (en) « An Ottoman Mentality: The World of Evliya Çelebi » : « Princess Ismihan Kaya Sultan, a daughter of Sultan Murad IV »

Sources[modifier | modifier le code]