Bajazet

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Bajazet
Le sultan Mourad IV
Le sultan Mourad IV

Auteur Jean Racine
Genre tragédie
Nb. d'actes 5 actes en vers
Dates d'écriture 1671
Sources variées
Lieu de parution Paris
Éditeur Pierre Le Monnier
Date de parution 1672
Date de création en français
Lieu de création en français Paris
Compagnie théâtrale Hôtel de Bourgogne

Bajazet est une tragédie en cinq actes et en vers de Jean Racine. Elle est représentée pour la première fois en janvier 1672 au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne et publiée la même année. Septième pièce de son auteur, elle est la première à s'inspirer d'un épisode historique contemporain, un fratricide ordonné en 1635 par le sultan ottoman Mourad IV.

Avec Bajazet, Racine réactive la veine des pièces françaises à sujet turc et s'éloigne radicalement de l'esthétique moins sanglante de sa tragédie précédente, Bérénice, quoique les deux pièces mettent en scène le même conflit entre le pouvoir politique et les passions amoureuses. La violence et la complexité de l'intrigue sont de retour : après de nombreux revirements, la pièce se conclut par une « grande tuerie », selon la formule de Madame de Sévigné, dans l'atmosphère cloîtrée du sérail de Mourad IV, sultan ottoman de 1623 à 1640 et évoqué sous le nom d'Amurat dans la pièce. L'intrigue est centrée plus particulièrement sur l'un des frères du sultan, Bajazet : sous le coup d'un arrêt de mort prononcé par le sultan parti combattre les Perses, ce prince est en outre pris dans un triangle amoureux impliquant la sultane restée seule au palais impérial à Constantinople.

À sa création, la pièce remporte un grand succès qui se fait plus mesuré par la suite. Elle fait aujourd'hui partie des œuvres secondaires de Racine, moins jouées que Phèdre ou Andromaque mais pas aussi délaissées que La Thébaïde ou Alexandre le Grand.

Contexte[modifier | modifier le code]

La carrière de Racine jusqu'à Bajazet[modifier | modifier le code]

Lorsque la pièce est montée en 1672, Racine s'est déjà construit une solide réputation. Sa troisième tragédie, Andromaque, a connu un grand succès auprès de la cour à peine cinq ans plus tôt, en novembre 1667. Fin 1670, sa Bérénice entre en concurrence directe avec Tite et Bérénice de Pierre Corneille, et Racine sort vainqueur de cette confrontation à en juger par le succès auprès du public[1]. Ses revenus continuent de s'accroître ; Bérénice vient de lui rapporter environ 5000 livres[2]. En outre, lorsqu'il fait imprimer Bajazet en février 1672, Racine se passe pour la première fois de toute dédicace à un personnage de la cour, signe qu'il y est déjà bien en faveur ; sa « réussite sociale et littéraire », résume Jean Rohou, lui permet « d'être sa propre garantie »[3].

Une menace, toutefois, plane sur le travail de Racine et du théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, auquel le dramaturge est intimement lié : Molière veut attirer à son théâtre du Palais-Royal le comédien Champmeslé et son épouse, qui vient de triompher quelques mois plus tôt dans le rôle-titre de Bérénice. Or, l'illustre acteur Floridor a tout juste pris sa retraite et Racine a besoin de garder les Champmeslé à l'Hôtel de Bourgogne ; malgré sa situation financière confortable, donc, l'auteur comprend qu'il ne peut « se reposer sur ses lauriers » et qu'il convient « d'offrir sans tarder de nouveaux rôles au couple vedette »[4].

L'année 1671 est en outre marquée par une grande effervescence dans le domaine des tragédies à machine et des créations musicales : c'est l'année de la tragédie-ballet Psyché de Molière, des Amours du Soleil de Donneau de Visé et du tout premier opéra en français, Pomone, œuvres qui rencontrent toutes un vif succès à Paris[5]. Dans ce contexte, Racine choisit de s'éloigner du modèle de Bérénice, dont l'action était réduite à la plus grande simplicité et qui lui avait valu des accusations de stérilité[6]. Pour répondre à ses détracteurs, il décide d'emprunter une nouvelle voie.

L'Orient lointain et la mode des turqueries[modifier | modifier le code]

Racine a jusqu'ici puisé tous ses sujets de tragédie dans l'Antiquité — romaine dans Britannicus et Bérénice, grecque dans les autres. Il a suivi en cela une tradition française « devenue quasiment une règle à partir de 1653 »[7]. Le choix d'un sujet contemporain turc avec Bajazet est donc une forme d'innovation dans la production théâtrale de Racine[8], une éventuelle source d'étonnement que l'auteur anticipe dans sa seconde préface de 1676 :

« Quelques lecteurs pourront s'étonner qu'on ait osé mettre sur la scène une histoire si récente, mais je n'ai rien vu dans les règles du poème dramatique, qui dût me détourner de mon entreprise[9]. »

Si Racine se permet de mettre en scène un fratricide commis trois décennies plus tôt, c'est que la Turquie ottomane est à bien des égards très éloignée de la France du Grand Siècle, par sa situation géographique et par ses mœurs :

« L'éloignement des pays répare en quelque sorte la trop grande proximité des temps, car le peuple ne met guère de différence entre ce qui est, si j'ose ainsi parler, à mille ans de lui, et ce qui en est à mille lieues. C'est ce qui fait, par exemple, que les personnages turcs, quelque modernes qu'ils soient, ont de la dignité sur notre théâtre. On les regarde de bonne heure comme anciens. »

Pour compléter son argumentation, Racine convoque le souvenir d'Eschyle et de ses Perses, tragédie de 472 av. J.-C. qui met en scène des personnages contemporains de l'auteur comme le roi achéménide Xerxès Ier : les Persans sont aux Athéniens de l'Antiquité ce que les Turcs modernes sont aux Français du XVIIe siècle[10].

En outre, le choix d'un épisode de l'histoire ottomane sacrifie à la mode orientaliste des turqueries qui se développe en Europe du XVIe au XVIIIe siècles. Jean-Pierre Collinet rappelle que « l'Orient, mal connu, séduisait par là même les imaginations, intriguait, attirait, éveillait la curiosité »[11] à l'époque de Bajazet. Quinze mois avant la création de la pièce, Le Bourgeois gentilhomme de Molière, servi par une musique de Lully, a lui aussi cédé à la mode turque avec la cérémonie burlesque organisée pour tromper Monsieur Jourdain.

Mehmed IV, sultan de 1648 à 1687

Les gazettes des années 1670 et 1671 fourmillent plus que jamais de renseignements concernant l'Empire ottoman[12]. Il faut dire que les échanges diplomatiques contribuent à mettre le monde turc au goût du jour : en 1669, le sultan Mehmed IV, neveu de Bajazet, envoie Soliman Aga à la cour de Louis XIV pour rétablir des liens avec la France, après une période de tensions marquée notamment par l'envoi d'un contingent français censé aider les Vénitiens contre les Ottomans au siège de Candie[7] ; mais le représentant de la Sublime Porte se montre insensible au faste déployé par le roi pour le recevoir[13]. Louis XIV aurait souhaité tirer vengeance de ce comportement en faisant moquer les Turcs dans la comédie-ballet du Bourgeois gentilhomme, mais aussi, selon Jean-François Solnon, dans la tragédie de Racine.

Bajazet « ne naît pas d'une commande royale » à proprement parler[14], mais le secrétaire du cabinet du roi Toussaint Rose aurait informé Racine que Louis XIV, « agacé par les arrogances et les manœuvres dilatoires ottomanes, ne [prendrait] pas mal une pièce qui met en scène des mœurs de harem assez peu flatteuses pour le Grand Turc[15] ».

La pièce de Racine arrive en outre après « trois ou quatre décennies de turqueries représentées au théâtre », qui « n'avaient de turc que les noms des héros » et où « la cruauté des sultans ou les mystères du harem » suffisaient à créer une vague couleur locale[13]. Racine n'est en effet pas le premier à faire une tragédie ou tragi-comédie sur un sujet ottoman : il a été précédé entre autres par Gabriel Bounin et sa Soltane en 1561, Jean de Mairet et son Grand Solyman de 1639, Georges de Scudéry avec Ibrahim en 1640, ou encore l'inconnu Desmares avec sa Roxelane de 1642-1643[16]. Georges Forestier rappelle toutefois que la veine de la tragédie turque s'est interrompue une vingtaine d'années avant Bajazet, au moment de la Fronde ; l'Osman de Tristan L'Hermite en 1647 et le Tamerlan de Jean Magnon en 1648 ont été les derniers exemples du genre avant que Racine ne le réactive[12].

Personnages[modifier | modifier le code]

Bajazet

Les répliques de la pièce sont partagées entre sept personnages, qui sont présentés ainsi par l'auteur :

  • Bajazet, frère du sultan Amurat.
  • Roxane, sultane, favorite du sultan Amurat.
  • Atalide, fille du sang ottoman.
  • Acomat, grand vizir.
  • Osmin, confident du grand vizir.
  • Zatime, esclave de la sultane.
  • Zaïre, esclave d'Atalide.


Bajazet, qui donne son nom à la pièce, n'est pas le personnage qui intervient le plus : il est absent des actes I et IV et est amplement devancé par Roxane, Atalide et Acomat en nombre de vers comme en nombre de répliques[17] :

Personnage
Nombre de vers  %
Roxane 464,84 26,58
Atalide 441,66 25,25
Acomat 374,99 21,44
Bajazet 260,5 14,89
Osmin 109,01 6,23
Zatime 51,67 2,95
Zaïre 46,33 2,65

Outre ces personnages physiquement présents sur scène, deux autres noms reviennent au cours de la tragédie :

  • Amurat, le sultan, absent du palais car occupé à prendre « Babylone » (Bagdad). Il est mentionné 34 fois au fil des cinq actes[18].
  • Orcan, l'envoyé du sultan d'origine africaine, qui n'intervient qu'en coulisse. Son nom revient à huit reprises dans les trois derniers actes.

« Orcan, le plus fidèle à servir ses desseins,
Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains. »

— 
Acte III, scène 8, v. 1103-1104[19].

Seuls Amurat et Bajazet sont nommés d'après des personnages historiques avérés : le premier est inspiré du sultan Mourad IV, le second de son frère Bajazet ou Bayezid[20]. Les autres noms sont de l'invention du dramaturge ou ont été empruntés à d'autres figures de l'Empire ottoman, tel Orcan, nom d'un autre frère du sultan Mourad.

Résumé de la pièce[modifier | modifier le code]

Racine situe la scène « à Constantinople, autrement dite Byzance, dans le sérail du Grand-Seigneur ».

Acte I (4 scènes)[modifier | modifier le code]

Amurat ordonnant la mort de Bajazet

Osmin annonce au grand vizir Acomat que le sultan Amurat, parti livrer bataille aux Persans, semble sur le point d'abandonner le siège de « Babylone » (Bagdad). Acomat songe à profiter de cet échec pour encourager les janissaires à se révolter et remplacer le sultan par son frère Bajazet. Il a déjà refusé d'obéir à Amurat et de faire exécuter ce frère. Acomat croit que Bajazet et Roxane, favorite d'Amurat, sont amoureux l'un de l'autre et il voudrait s'appuyer sur eux tout en épousant lui-même la princesse Atalide. En réalité, Bajazet est amoureux de cette même Atalide ; c'est pour obtenir le trône qu'il fait semblant de répondre à la passion de Roxane.

Acte II (5 scènes)[modifier | modifier le code]

Roxane

Roxane veut épouser Bajazet et le faire sultan à la place de son frère Amurat, mais celui-ci résiste à ses demandes malgré la menace qui plane sur lui. Le grand vizir Acomat tente de le persuader d'accepter, en vain. Il demande alors à la princesse Atalide, amoureuse de Bajazet depuis l'enfance, de faire de même. Celle-ci semble résignée à laisser Bajazet à Roxane pour qu'il ait la vie sauve, et elle implore donc son amant de faire semblant d'aimer la sultane et de l'épouser. Bajazet, toujours réticent, accepte malgré tout de feindre, mais hésite sur le discours à tenir à la sultane.

Acte III (8 scènes)[modifier | modifier le code]

Acomat aux pieds de Bajazet

Bajazet s'est réconcilié avec Roxane. Atalide l'apprend par son esclave Zaïre et songe à mourir, ayant sauvé l'homme qu'elle aime. Elle commence à prendre pour vrai l'amour feint de Bajazet pour Roxane et reçoit dans le même temps les avances du vizir Acomat, qui veut l'épouser en récompense de son aide. Bajazet vient toutefois expliquer à Atalide qu'il n'a fait que de vagues promesses à Roxane. Celle-ci survient et, devant la froideur de Bajazet, commence à deviner sa liaison avec Atalide :

« De tout ce que je vois, que faut-il que je pense ?
Tous deux à me tromper sont-ils d'intelligence ?
Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ ?
N'ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ? »

Apprenant de Zatime l'arrivée du terrible Orcan, l'envoyé d'Amurat chargé d'éliminer Bajazet, Roxane comprend qu'elle doit trancher rapidement. La moindre preuve d'une liaison entre Bajazet et Atalide signera la perte du prince :

« Ils ont beau se cacher. L'amour le plus discret
Laisse par quelque marque échapper son secret. »

Acte IV (7 scènes)[modifier | modifier le code]

Atalide soutenue par Zatime

Atalide reçoit une lettre de Bajazet, qui l'aime encore et dit vouloir continuer à feindre. Roxane, décidée à éclaircir la vérité, met à l'épreuve Atalide en lui apprenant la victoire d'Amurat au siège de Babylone et la mort prochaine de Bajazet. Atalide s'évanouit et Zatime découvre en lui portant secours la lettre de Bajazet. Elle l'apporte à sa maîtresse la sultane, qui comprend en la lisant qu'elle a été trahie. Les preuves accablantes qu'elle vient d'obtenir la décident à faire exécuter Bajazet. Le vizir Acomat, qui jusque-là complotait avec Roxane et Bajazet, décide d'agir désormais sans eux.

Acte V (12 scènes)[modifier | modifier le code]

Bajazet, mort

Atalide ne trouve plus la lettre de son amant et comprend que la sultane l'a lue. Au cours d'une dernière entrevue entre Roxane et Bajazet, le prince avoue aimer Atalide, mais Roxane lui laisse une dernière chance : elle lui demande de l'épouser le jour même et d'assister à la mise à mort d'Atalide. Bajazet refuse et demande à Roxane d'épargner son amante, innocente selon lui. Roxane le congédie. Atalide propose de se sacrifier pour que Bajazet ait la vie sauve.

Sur ces entrefaites arrive Acomat et la moitié de ses soldats, qui cherchent Bajazet pour le faire monter sur le trône. On apprend de Zaïre que Roxane a été poignardée par Orcan sur ordre d'Amurat : le sultan était informé de la trahison de sa favorite. Osmin, qui menait l'autre moitié des hommes d'Acomat, annonce que Bajazet a lui aussi été tué, après une résistance héroïque face à de nombreux soldats. Osmin et ses hommes l'ont vengé en mettant à mort Orcan. Acomat propose à Atalide de partir pour « quelque autre contrée », mais la princesse, rongée par le désespoir et le remords, se donne la mort sur scène.

Sources[modifier | modifier le code]

Racine évoque ses sources dans ses deux préfaces, celle de 1672 et celle de 1676. Il dit tenir les circonstances de la mort de Bajazet d'un récit de seconde main de son ami le chevalier de Nantouillet, qui avait entendu les confidences de Philippe de Harlay, comte de Cézy, ancien ambassadeur de France auprès de l'Empire ottoman. Les archives des affaires étrangères ont conservé les dépêches envoyées par Cézy à l'époque de son ambassade, dont celle du qui raconte en détail l'exécution de Bajazet et d'un autre frère du sultan Mourad, Soliman, alors que Constantinople était occupée à fêter la prise d'Erevan par l'armée ottomane (la capture de Bagdad ne date que de 1638)[20]. Une autre dépêche du diplomate, datée du , évoque en outre une relation secrète entre Bajazet et une favorite de la sultane validé Kösem, mère de Mourad IV[20] :

« Le prince Bajazet, que la sultane aimait chèrement bien que fils d'une autre femme, devint amoureux d'une belle fille favorite de ladite sultane, et la vit de si près qu'elle se trouva grosse, ce que la sultane voulut tenir si secret que le Grand Seigneur n'en a jamais rien su. »

Racine a en outre bénéficié des lumières d'un autre ambassadeur fraîchement revenu de Constantinople, Jean de La Haye-Vantelet, dont le père avait succédé au comte de Cézy au même poste[21].

Le dramaturge affirme être resté fidèle à l'histoire et aux coutumes des Turcs, et dit avoir consulté la récente traduction française de l'Histoire de l’état présent de l’Empire ottoman de l'Anglais Paul Rycaut (1668, traduit par Pierre Briot dès 1670)[22].

La critique a également relevé de grandes similitudes entre l'intrigue de Bajazet et celle de Floridon ou l'amour imprudent, la dernière des Nouvelles Françaises de Jean Regnault de Segrais (1656)[23]. Bien que Racine ne dise rien de cette source, il semble probable à la plupart des commentateurs qu'il en ait eu connaissance ; la nouvelle tourne autour du même épisode historique raconté par le comte de Cézy et du même triangle amoureux[24], qu'elle infléchit toutefois « vers un romanesque galant »[25]. Le romaniste Pierre Martino a avancé la thèse, au début du XXe siècle, que Racine ne s'était pas inspiré de Segrais, sans toutefois convaincre des spécialistes plus récents comme Harriet Stone[26] . Pour expliquer pourquoi Racine n'évoque pas Floridon parmi ses sources, Jean Rohou avance entre autres l'idée que le dramaturge ne pouvait pas s'abaisser à « reconnaître une dette envers un écrivain et un genre inférieurs », et le fait que Segrais ait été l'auteur d'un roman inachevé sur la reine Bérénice avant sa rencontre avec Titus, « sujet scabreux sur lequel Racine ne tenait nullement à attirer l'attention »[27].

Dans la nouvelle de Segrais, la sultane est encore clairement identifiable à Kösem, puisqu'elle est la mère du sultan et non sa favorite comme chez Racine, mais elle est amoureuse de Bajazet, ce que l'ambassadeur à l'origine de cette histoire n'a jamais avancé : Floridon aurait ainsi contribué à un « travail de contamination » de « la source principale » fournie par le comte de Cézy[28].

Des spécialistes comme Georges Forestier entrevoient une autre influence littéraire derrière la tragédie de Racine, par-delà la nouvelle de Segrais : l'épisode d'Arsacé dans Théagène et Chariclée ou Les Éthiopiques de l'écrivain grec antique Héliodore (IIIe ou IVe siècle), qui met en scène un même triangle sentimental impliquant un couple d'amants et une reine épouse d'un souverain parti en guerre[29]. En outre, d'après Valincour, Racine adolescent aurait appris par cœur ce roman en grec à Port-Royal, après se l'être fait confisquer deux fois par le sacristain Lancelot[30]. Jean Rohou, de son côté, refuse toutefois de conclure avec certitude que Les Éthiopiques aient influencé Racine dans Bajazet et ses autres tragédies : « Racine avait-il besoin d'Héliodore pour anoblir l'esclave que la sultane de Segrais prend pour confidente, ou pour rendre l'amour des jeunes gens [Atalide et Bajazet] bien antérieur à la passion de Roxane [31]? »

Versification[modifier | modifier le code]

Bajazet est l'une des cinq tragédies de Jean Racine qui ne sont pas composées que d'alexandrins à rimes plates[32] : trois brefs passages sont en effet des extraits de lettres de Bajazet ou d'Amurat contenant des vers de longueur variable à rimes croisées.

« Il peut l'avoir écrit sans m'avoir offensée,
Il peut même... Lisons, et voyons sa pensée.
Ni la mort, ni vous-même,
Ne me ferez jamais prononcer que je l'aime,
Puisque jamais je n'aimerai que vous.
Ah ! de la trahison me voilà donc instruite. »

— Bajazet, acte IV, scène 5, v. 1265-1270.

Au total, la pièce compte 1 749 vers dont 1 742 alexandrins, 5 décasyllabes, un octosyllabe et un hexasyllabe. Il s'agit de la seule pièce de Racine ayant un nombre impair de vers[32] : c'est l'acte IV et l'extrait de lettre cité ci-dessus qui sont en cause ; le vers 1 269 ne rime avec aucun autre.

Intrigue, thèmes et analyses[modifier | modifier le code]

Georges Forestier voit dans Bajazet une variation sur la « structure tragique fondamentale » des frères ennemis, après La Thébaïde et Britannicus, et « l'une des plus raciniennes des tragédies de Racine », en ce qu'elle reprend des composantes esthétiques qui apparaissent isolément dans les pièces précédentes[33]. D'une manière générale, la tragédie repose sur une intrigue qui mêle amour et politique, où s'affrontent les passions du cœur et les enjeux du pouvoir. Jean Rohou citant Raymond Picard convient cependant que ces deux plans, celui des sentiments et celui du pouvoir, sont à l'origine « parfaitement étrangers » dans la pièce : « la politique est absurde aux yeux de l'amour, et l'amour est absurde aux yeux de la politique » ; seulement, « chacun détermine l'autre de façon incompréhensible et cruelle »[34]. Si les deux grandes thématiques peuvent être exposées séparément dans un premier temps, il convient donc ensuite de voir l'unité qu'elles forment au sein du lieu clos emblématique de la condition tragique qu'est le sérail tel que décrit par Roland Barthes ou Alain Grosrichard.

Le complot politique[modifier | modifier le code]

La situation de départ est le projet de complot ourdi par le grand vizir Acomat en l'absence du sultan ottoman Amurat (inspiré de Mourad IV), occupé à maintenir un siège contre les Perses à Babylone. L'autorité du sultan sur Byzance, capitale de l'empire, semble incertaine ; son départ à la guerre a remis en cause l'équilibre de l'État[35]. Il est notamment question de la fidélité des janissaires, corps d'élite de l'infanterie ottomane, au souverain Amurat.

L'intrigue amoureuse[modifier | modifier le code]

Le sérail comme lieu tragique[modifier | modifier le code]

La dimension romanesque[modifier | modifier le code]

Réception[modifier | modifier le code]

Représentations[modifier | modifier le code]

Premières représentations[modifier | modifier le code]

La pièce fut créée le 1er ou le au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne et tint l'affiche environ deux mois, soit moins de vingt-cinq représentations[36], avant d'être remplacée par l'Ariane de Thomas Corneille[37]. La distribution était la suivante[38] :

  • Mlle de Champmeslé : Atalide (ou peut-être Roxane)
  • Mlle d'Ennebaut : Roxane (ou peut-être Atalide)
  • Champmeslé : Bajazet
  • La Fleur : Acomat
  • Hauteroche : Osmin
  • Mlle Brécourt : Zatime
  • Mlle Poisson : Zaïre.

Des doutes subsistent quant à l'attribution des rôles d'Atalide et Roxane : une tradition reprise par les frères Claude et François Parfaict veut que Racine ait hésité lors des répétitions entre la Champmeslé et la d'Ennebaut pour ces deux rôles féminins, mais Georges Forestier expose un faisceau d'indices laissant penser que Mlle de Champmeslé n'a jamais joué qu'Atalide durant toute sa carrière[36].

À la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Bajazet a été représentée 564 fois de 1680, année de la création de la Comédie-Française, à 1997[39], ce qui en faisait à cette date la septième tragédie de Racine la plus représentée, devant Bérénice, Esther, La Thébaïde et Alexandre le Grand.

La pièce a suivi les différents déplacements de la troupe au fil des décennies : elle est ainsi jouée au théâtre de Guénégaud dès 1680, lors de la fusion avec l'Hôtel de Bourgogne qui donne naissance à la Comédie-Française, puis tous les ans jusqu'en 1685. Elle est reprise au moins en 1701, 1721, 1731, et 1734 à la salle des Fossés-Saint-Germain, les Comédiens-Français ayant été expulsés de l'hôtel de Guénégaud en 1687. La troupe joue Bajazet à la salle des Machines des Tuileries au moins en 1774, puis à de nombreuses reprises au théâtre de la Nation (devenu théâtre de l'Odéon en 1796) de 1789 à 1798[40]. La troupe reconstituée se fixe ensuite à la salle Richelieu du Palais-Royal en 1799, où Bajazet continue d'être jouée régulièrement jusqu'à la fin du XXe siècle.

Les reprises régulières de la pièce au Français font souvent appel à des acteurs de premier plan à leurs époques respectives :

Mademoiselle Rachel dans le costume de Roxane, 1841
René Arrieu et Annie Ducaux dans Bajazet à la Comédie-Française, décembre 1957.
  • En 1957, Jean Marchat met en scène une nouvelle création avec René Arrieu dans le rôle-titre et lui-même dans celui du grand vizir, Annie Ducaux conservant celui d'Atalide face à la nouvelle Roxane de Thérèse Marney. Des commentateurs de l'époque remarquent que le début se fait dans la légèreté d'une « comédie d'intrigue », Jean Marchat donnant à certaines répliques d'Acomat « le ton de la plaisanterie », et que le spectacle gagne progressivement en gravité[50]. Le décor est en outre réduit à une série de rideaux rouge sang, dans les plis desquels Jean Marchat lui-même se perd lors d'une sortie de scène d'Acomat[51].
  • En 1995, au théâtre du Vieux-Colombier, Éric Vigner monte un nouveau Bajazet avec Éric Ruf dans le rôle-titre, Martine Chevallier dans la peau de la sultane, Isabelle Gardien en Atalide et Jean Dautremay en Acomat[52]. La journaliste Christine Duparc de L'Express salue l'audace de la mise en scène, son « décor efficace, entre mosquée et ziggourat », ses « costumes exotiques » et sa « musique lancinante »[53];
  • À partir du , 22 ans après la dernière création, le même Éric Ruf, le Bajazet de 1995, assure une nouvelle mise en scène au Vieux-Colombier, avec Laurent Natrella dans le rôle-titre, Denis Podalydès dans le rôle du vizir Acomat, Clotilde de Bayser en Roxane et Rebecca Marder comme interprète d'Atalide[54].

Autres mises en scène notables[modifier | modifier le code]

Autres adaptations[modifier | modifier le code]

La tragédie Bajazet a en outre fait l'objet d'au moins trois réalisations pour la télévision française :

Le personnage de Bajazet dans l'opéra du même nom de Vivaldi et dans le Tamerlano de Haendel n'est pas le même que le protagoniste de Racine : il s'agit du sultan ottoman Bayezid Ier, un de ses lointains ancêtres.

Éditions et traductions[modifier | modifier le code]

Éditions contemporaines de Racine[modifier | modifier le code]

Du vivant de Racine, Bajazet fait l'objet de plusieurs éditions qui diffèrent de manière marginale :

Page de titre, première édition, 1672
  • l'édition originale de 1672, chez Pierre Le Monnier, qui inclut une brève préface de l'auteur ;
  • au sein de la première édition collective des œuvres de Racine en 1675-1676, chez Claude Barbin, dans laquelle une nouvelle préface, plus détaillée, remplace la première[65];
  • au sein d'une deuxième édition collective des pièces de Racine en 1687, chez Denys Thierry ;
  • au sein de la troisième édition collective des œuvres de Racine en 1697, la dernière publiée de son vivant, dans laquelle l'auteur établit la version définitive de son texte ; la seconde préface y est légèrement abrégée[65].

Du XVIIe au XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Après la mort de Racine, Bajazet fait l'objet, comme ses autres pièces, de rééditions régulières au fil des décennies. La banque de données de la Bibliothèque nationale de France en recense plusieurs dizaines, soit au sein des œuvres complètes de l'auteur, soit comme pièce publiée séparément[66].

Parmi les éditions de référence aujourd'hui, on retrouve Bajazet dans les différentes versions des œuvres complètes de Racine proposées par la Bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard :

Traductions en langue étrangère[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

Bajazet a été traduit à plusieurs reprises en anglais :

  • En 1717, l'écrivain britannique Charles Johnson en propose une version sous le titre The Sultaness. Il s'agit d'une traduction qui se veut relativement fidèle et non d'une libre adaptation, contrairement à ce qu'avait proposé Johnson pour Iphigénie sous le titre The Victim trois ans auparavant ; les personnages, l'enchaînement des scènes et le dénouement sont identiques à ceux de l'original[68]. D'importants changements sont toutefois introduits dans l'attitude de Roxane et d'Atalide, ce qui fait dire à F. Y. Eccles en 1922 que la traduction de Johnson est très loin d'être satisfaisante et gâche les effets dramatiques ménagés par Racine[69].
  • En 1967, Samuel Solomon traduit en anglais versifié l'intégralité des pièces de Racine, dont Bajazet, en ayant périodiquement recours à la rime[70].
  • En 1990, la tragédie est traduite par l'écrivain Alan Hollinghurst en pentamètres iambiques non rimés (vers blanc) et représentée sur scène pour la première fois au Royaume-Uni à l'Almeida Theatre de Londres ; le texte est publié en 1991 chez Chatto & Windus et réédité en 2012 chez Faber and Faber avec la traduction de Bérénice par Hollinghurst[71]. Hollinghurst dit avoir choisi le vers blanc pour éviter le danger de la monotonie et du comique involontaire dans une tragédie, la rime étant un marqueur beaucoup plus fort en versification anglaise : le vers blanc, comme forme de prédilection de la tragédie anglaise versifiée à partir de l'ère élisabéthaine, est l'équivalent le plus proche des alexandrins à rime plate en français[72]. Le tableau suivant donne un exemple de distique d'alexandrins rimés traduit par des pentamètres non rimés :
Original
v. 1566-1567
Pour la dernière fois, perfide, tu m'as vue,
Et tu vas rencontrer la peine qui t'est due.
Traduction
Hollinghurst
Traitor, you've seen Roxane for the last time:
You go to face the punishment you've earned.
  • En 2011, l'Américain Geoffrey Alan Argent poursuit avec Bajazet sa traduction des œuvres théâtrales complètes de Racine en pentamètres iambiques rimés (heroic couplets), première entreprise du genre[73]. Le tableau suivant fournit un exemple de couplet de pentamètres rimés qui traduit un distique d'alexandrins :
Original
v. 1165-1166
Madame, j'ai reçu des lettres de l'armée.
De tout ce qui s'y passe êtes-vous informée ?
Traduction
Argent
I've just had new reports from Babylon.
Are you aware of all that's going on?

En d'autres langues[modifier | modifier le code]

  • En espagnol, Bajazet a été traduit sous le titre Bayaceto à au moins deux reprises, sous la plume de Fermin de Iruña en 1946 puis de Rosa Chacel en édition bilingue en 1983.
  • En italien, Niccolò Siminetti transpose la tragédie en « vers toscans » en 1788 ; une traduction en prose du théâtre complet de Racine est proposée par Maria Ortiz en 1955 ; l'écrivain Maria Luisa Spaziani traduit Bajazet aux côtés de Britannicus et Athalie en 1986 ; en 2009, enfin, les éditions Mondadori publient une nouvelle traduction collective des pièces de Racine, où c'est le poète Luciano Erba qui prend en charge Bajazet ainsi qu'Esther[74].
  • En turc, le scénariste et réalisateur Başar Sabuncu traduit et adapte le texte de Racine sous le titre Bayazıt en 2006 en vue d'une mise en scène à Istanbul l'année suivante[75].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Forestier, p. 400-401
  2. Georges Forestier, p. 423
  3. Jean Rohou, p. 191
  4. Georges Forestier, p. 421-423
  5. Georges Forestier, p. 420
  6. Georges Forestier, p. 431
  7. a et b Jean Rohou, p. 276
  8. Théâtre complet II, p. 7-8
  9. Théâtre complet II, p. 60
  10. Théâtre complet II, p. 61
  11. Théâtre complet II, p. 8
  12. a et b Georges Forestier, p. 424
  13. a et b Jean-François Solnon, p. 312
  14. Jean-François Solnon, p. 313
  15. André Le Gall, p. 305-320
  16. Jean-François Solnon, p. 74
  17. « Statistiques sur Bajazet » (consulté le 15 mars 2017) Sur la base de données theatre-classique.fr
  18. « Statistiques sur Bajazet » (consulté le 15 mars 2017) Sur la base de données theatre-classique.fr
  19. Théâtre complet II, p. 102
  20. a, b et c Georges Forestier, p. 426
  21. Théâtre complet II, p. 533
  22. Théâtre complet II, p. 59-60
  23. Théâtre complet II, p. 12
  24. Margaret Topping (dir.), Eastern Voyages, Western Visions, Berne, Peter Lang, 2004, p. 103.
  25. Théâtre complet II, p. 497
  26. Harriet Stone, Royal DisClosure: Problematics of Representation in French Classical Tragedy, Birmingham (AL), Summa Publications, 1987, p. 143.
  27. Jean Rohou, p. 190
  28. Georges Forestier, p. 427
  29. Georges Forestier, p. 427-428
  30. Georges Forestier, p. 104
  31. Jean Rohou, p. 38
  32. a et b Valérie Beaudouin. Rythme et rime de l’alexandrin classique p. 67. Étude empirique des 80 000 vers du théâtre de Corneille et Racine. École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), 2000.
  33. Georges Forestier, p. 425
  34. Jean Rohou, p. 279-280
  35. Maurice Descotes, pp. 404-406.
  36. a et b Georges Forestier, p. 435
  37. Théâtre complet II, p. 495
  38. Théâtre complet II, p. 494
  39. Base documentaire La Grange
  40. Bajazet au théâtre sous l'Ancien Régime. Toutes ces représentations sont répertoriées dans la base de données César.
  41. Base documentaire La Grange
  42. Madeleine Anjubault Simons, Sémiotisme de Stendhal, Droz, Genève, 1980, p. 52
  43. Stendhal, Journal. 1. 1801-1805
  44. Alfred de Musset, « Reprise de Bajazet », dans la Revue des Deux Mondes, t. 16, 1838.
  45. Bibliothèque russe et slave. Ivan Tourgueniev, Terres vierges, 1877, trad. fr. Durand-Gréville, 1877.
  46. Susan McCready, Staging France Between the World Wars, Lanham, Lexington Books, 2016, p. 72
  47. Base documentaire La Grange
  48. Marc Sorlot, Jacques Copeau. À la recherche du théâtre perdu, Paris, Imago, 2011
  49. Base documentaire La Grange : 1940, représentation n°464 et 1949, n°465
  50. Revue politique et parlementaire, vol. 224-225, 1958, p. 96.
  51. Pensée française, vol. 17, 1958, p. 51.
  52. Base documentaire La Grange
  53. Théâtre - Bajazet Christiane Duparc, L'Express,
  54. Théâtre : Eric Ruf remplace Jacques Lassalle au pied levé dans Le Monde du 21 février 2017.
  55. Racine à Pigalle. Guy Dumur, Nouvel Observateur, 6 mars 1972.
  56. Représentations référencées dans la base des Archives du Spectacle
  57. Bruno Sermonne, un grand caractère Blog lefigaro.fr d'Armelle Héliot, 18 novembre 2013
  58. Bajazet au théâtre Silvia-Monfort. Représentation répertoriée dans la base de données data.bnf.fr de la BNF.
  59. Bajazet à la crypte Sainte-Agnès. Représentation répertoriée dans la base de données data.bnf.fr de la BNF.
  60. Prises de vue de Daniel Cande. Images consultables via la plateforme Gallica de la BNF.
  61. « Télégénie de la parole » (consulté le 15 mars 2017) Gilles Delavaud, dans Médiation et Information, n°9, 1998
  62. « Bajazet (1967) » (consulté le 15 mars 2017) Dans la base de données IMDb
  63. Bajazet au festival des Îles. Tournage répertorié dans la base de données data.bnf.fr de la BNF.
  64. « Bajazet (1986) » (consulté le 15 mars 2017) Dans la base de données IMDb
  65. a et b Théâtre complet II note 6, p. 533
  66. « data.bnf.fr » (consulté le 15 mars 2017) la base de données de la BNF
  67. « La Pléiade : Jean Racine » (consulté le 15 mars 2017) catalogue Pléiade
  68. Katherine E. Wheatley, Racine and English Classicism, Austin, University of Texas Press, 1956, p. 154-156
  69. F. Y. Eccles, Racine in England, Oxford, 1922. Cité par Katherine E. Wheatley, Racine and English Classicism, p. 154-156
  70. Peter France (dir.), The Oxford Guide to Literature in English Translation, Oxford University Press, 2001, p. 266
  71. Jean Racine, trad. Alan Hollinghurst, Berenice and Bajazet, Londres, Faber and Faber, 2012, p. 160
  72. Jean Racine, trad. Alan Hollinghurst, Berenice and Bajazet, Londres, Faber and Faber, 2012, mot du traducteur, pp. vi-vii.
  73. Jean Racine, trad. Geoffrey Alan Argent, The Complete Plays of Jean Racine, vol. 2, University Park, The Pennsylvania State University Press, 2011, p. IX (note du traducteur). Édition traduite, annotée et commentée par Geoffrey Alan Argent
  74. « Pubblicare, rappresentare, interpretare, tradurre Racine, oggi » (consulté le 15 mars 2017). Compte-rendu de table ronde à l'université de la Tuscia (Viterbe), sous la direction d'Alberto Beretta Anguissola, 2009
  75. « Bayazıt » (consulté le 15 mars 2017). Site des éditions Mitos Boyut (Mitos Boyut Tiyatro Yayınları)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Texte de référence[modifier | modifier le code]

  • Jean Racine, Théâtre complet II, Paris, Gallimard, coll. « Folio », , 567 p. (ISBN 2-07-037495-5), édition établie, préfacée et annotée par Jean-Pierre Collinet.

Bibliographie secondaire[modifier | modifier le code]

  • Roland Barthes, Sur Racine, Paris, Seuil, 1963 (1e publication 1960), 167 p. (ISBN 9782757840610)
  • Maurice Descotes, « L'intrigue politique dans Bajazet », Revue d'histoire littéraire de la France, mai-juin 1971, 71e année, No. 3, pp. 400-424.
  • Michael Edwards, Racine et Shakespeare, Paris, PUF, , 173 p. (ISBN 2130546307)
  • Georges Forestier, Jean Racine, Paris, Gallimard, , 944 p. (ISBN 2070755290)
  • André Le Gall, Racine, Paris, Flammarion, , 652 p. (ISBN 2080681850)
  • Jean Rohou, Jean Racine : entre sa carrière, son œuvre et son dieu, Paris, Fayard, , 484 p. (ISBN 9782213028743)
  • Jean-François Solnon, Le Turban et la Stambouline, Paris, Perrin, , 626 p. (ISBN 9782262030391)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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