Odebrecht

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Odebrecht
logo de Odebrecht

Création 1944
Fondateurs Norberto Odebrecht (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Salvador (Bahia)
Drapeau du Brésil Brésil
Direction Emílio Odebrecht
Produits Conglomérat
Filiales Braskem
Effectif 129 770
Site web www.odebrecht.com.br/fr

Chiffre d’affaires 32,2 milliards USD (2010)[1]
Résultat net 1,6 milliard USD (2010)

Odebrecht est une entreprise brésilienne, qui opère dans la construction, la pétrochimie, la défense et technologie, le transport et la logistique, le carburant et d'autres secteurs. La société a été fondée en 1944 par Noberto Odebrecht, un descendant d'immigrants allemands. L'entreprise est présente dans le monde entier. Elle est dirigée par Marcelo Odebrecht (en)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1944, l’entreprise qui a donné naissance à Construtora Norberto Odebrecht S.A. commençait à faire tourner ses premières bétonnières. La genèse d'Odebrecht remonte toutefois à bien plus tôt : 1856, date de l’arrivée d’Emil Odebrecht au Brésil. Suivant le flux de l’immigration germanique, cet ingénieur allemand s’est installé dans la vallée de l’Itajaí, à Santa Catarina.

Emil Odebrecht a participé activement à la délimitation des terres, aux levés topographiques et à la construction de routes dans le Sud du pays. Marié à Bertha Bichels, il a eu 15 enfants. Un de ses petits-enfants, Emílio Odebrecht, s’est tourné vers le secteur de la construction civile et a développé la fibre entrepreneurie de la famille Odebrecht.

L’entreprise de construction Isaac Gondim e Oderbrecht Ltda fut la première entreprise d’Emílio Oderbrecht. En 1923, il a créé Emílio Odebrecht & Cia., qui s'est vue chargée de différentes constructions dans les états du Nordeste durant l'entre-deux-guerres. À l’époque, il était l’un des pionniers dans l’utilisation du béton armé au Brésil.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les matériaux de construction en provenance d’Europe sont devenus onéreux et rares, ce qui a déclenché une crise dans le secteur. Découragé, Emílio Odebrecht s’est retiré des affaires, situées à Salvador, dans l’État de Bahia. C’est son fils, Norberto Odebrecht, qui a dû le remplacer en 1941.

Trois ans plus tard, Norberto crée sa propre entreprise, le point de départ d'Odebrecht. Sous sa direction, Odebrecht s’est agrandie, a traversé les frontières et s'est diversifiée, toujours guidée par les principes, les concepts et les critères qu'il a développés et qui composent la technologie d’entreprise Odebrecht (TEO).

Au passage des années 1980 aux années 1990, les investissements dans le secteur pétrochimique se sont avérés stratégiques. C'est sur cette toile de fond qu'Emílio Odebrecht a succédé à son père à la présidence du holding Odebrecht S.A. avec pour défi de poursuivre l'expansion internationale. Odebrechta étendu ses activités, allant jusqu’aux États-Unis, au Mexique, au Venezuela et en Malaisie[2].

Emílio Odebrecht est resté à la tête d'Odebrecht durant dix ans, jusqu’à ce que Pedro Novis en prenne la direction, en 2001. Le début du siècle a été marqué par l’acquisition du contrôle de l’actionnariat de l'entreprise Copene, la centrale de matières premières du pôle de Camaçari, dans l'état de Bahia, dans le cadre d’un consortium avec le groupe Mariani. Une entreprise brésilienne d’envergure et compétitive dans le secteur pétrochimique commençait à voir le jour. Après plusieurs intégrations sociales et opérationnelles, Braskem a été créée en 2002.

À partir de fin 2008, Marcelo Odebrecht a pris les commandes d'Odebrecht. Membre de la troisième génération à la tête des affaires de la famille, il dirige un nouveau cycle de croissance.

Scandale Petrobras et opération Lava Jato[modifier | modifier le code]

En novembre 2014, elle se retrouve impliquée dans une gigantesque affaire de corruption avec d'autres entreprises privées, qui conduit à l'opération Lava Jato. Accusée de blanchiment d'argent, d'entente sur les prix et de corruption, plusieurs condamnations des dirigeants ont été prononcées[3],[4]. L'entreprise aurait au total versé près de 800 millions de dollars à des dirigeants politiques de « trois continents » :

En avril 2017, le scandale Odebrecht touche un grand nombre de personnalités de droite et de gauche au Brésil (le président Michel Temer, l'ancien maire de Rio Eduardo Paes, le président du Parti de la social-démocratie Aecio Neves, etc.). Ils sont accusés d'avoir financé illégalement des campagnes électorales ou s'être enrichi personnellement[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Economia Empresas: Odebrecht tem maior lucro da sua história récupéré 8 août 2011 (pt)
  2. a et b Anne Vigna, « Les Brésiliens aussi ont leur Bouygues : Odebrecht, multinationale dorlotée par l’Etat », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  3. Odebrecht est condamné à 19 ans et 4 mois de prison dans l'opération Lava Jato (pt) le 9 mars 2016
  4. juge Moro déclare qu'il n'est pas nécessaire de ‘dominer de fait’ pour condamner Odebrecht (pt) le 9 mars 2016
  5. « Fiscalía colombiana apresa a exministro de Uribe por corrupción », teleSUR,‎ (lire en ligne)
  6. « La caída de Óscar Iván Zuluaga », sur www.semana.com (consulté le 8 février 2017)
  7. « Jefe de Inteligencia de Macri recibió $600.000 de Odebrecht », teleSUR,‎ (lire en ligne)
  8. « Peru to arrest former President Alejandro Toledo for corruption », Peru Reports,‎ (lire en ligne)
  9. « Fiscalía peruana relaciona a Keiko Fujimori con caso Odebrecht », TeleSUR,‎ (lire en ligne)
  10. « Odebrecht Links Deepen for Venezuelan Opposition Figure », teleSUR,‎ (lire en ligne)
  11. Venezuela: une élection pour dissimuler la corruption ? Mediapart, 1 août 2017
  12. (es) « La corrupción sacude de nuevo a Peña Nieto », EL PAÍS,‎ (lire en ligne)
  13. Michel Leclercq, « Au Brésil, le gouvernement menacé de paralysie », Le Figaro, 14 avril 2017, page 8.

Liens externes[modifier | modifier le code]