Conférence de Paris de 2015 sur le climat

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COP21
Logotype.
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Généralités
Type Conférence
Édition 21
Localisation Paris
Date 30 novembre au 11 décembre 2015
Site web cop21.gouv.fr

La Conférence de Paris sur les changements climatiques aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris en France. Elle est à la fois la 21e conférence des parties (COP21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et la 11e conférence des parties siégeant en tant que Réunion des parties au protocole de Kyoto (CRP-11). Ce sommet international se tiendra au Parc des expositions de Paris-Le Bourget. Il doit aboutir à un accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de limiter le réchauffement mondial à °C.

En amont de cette conférence, une assemblée s'est tenue pour discuter des enjeux climatiques en Méditerranée à Marseille lors de la MedCop21 les 4 et 5 juin 2015.

Histoire des COP et négociations sur le climat[modifier | modifier le code]

Ouverture de la COP20 de Lima (2014).

La conférence de Stockholm (1972) a lieu à Stockholm du 5 au 16 juin 1972. Il s’agit du premier colloque mondial élevant la question de l’environnement au rang de problème international d’importance majeure, ainsi que de la première occurrence de droit international contraignant dans le domaine de l’environnement. La conférence de Stockholm donne notamment lieu à une déclaration de 26 principes[1], à un plan d’action comprenant 109 recommandations, et à la création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Pour Jacques-André Hertig[2], c’est à Stockholm que « l’environnement entre dans les priorités et régions de nombreux pays ». Il cite Clark et Timberlake[3] qui rapportent qu’avant Stockholm, on ne comptabilisait pas plus de 10 ministères de l’environnement, alors qu’en 1982 on répertoriait 110 ministères ou secrétariats d’État dédiés aux questions d'environnement.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), créé en 1988, a pour vocation d’évaluer d'un point de vue scientifique l'influence de l'Homme dans le changement climatique, mais aussi d'en mesurer les risques et de proposer des stratégies d’adaptation et d’atténuation.

L’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), créée en 1990, est un établissement public qui participe à la mise en œuvre des politiques publiques pour ce qui concerne le développement durable, l'énergie, ou encore l'environnement. Elle met à disposition des pouvoirs publics, des entreprises, et des collectivités territoriales des prestations de conseil et d'expertise.

La conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (CNUED)[4], créée en 1992 et également appelée Sommet de la Terre ou Conférence de Rio, rassemble 182 États à Rio de Janeiro pour débattre de l’avenir de la planète. C’est lors de ce premier Sommet de la Terre que le concept de développement durable fait consensus pour décrire un processus d’évolution permettant de répondre aux besoins du présent sans hypothéquer ceux du futur. 170 des États présents à Rio ont adopté l’Agenda 21, aussi appelé Action 21. Il s’agit d’un programme d’action de 40 chapitres appelé à être mis en œuvre sous la forme de près de 2500 recommandations touchant à tous les domaines où l’action humaine influence l’évolution de l’environnement. Il est adopté par 178 chefs d’État lors de la Conférence de Rio. Le Sommet de la Terre instaure également un cadre annuel de réunions internationales au travers de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Kyoto Related Fossil Fuel Carbon Dioxide Émissions 1990-2007.

Le protocole de Kyoto[5] (1997) est un accord international signé lors de la COP3 à Kyoto en décembre 1997. Il met en place des objectifs contraignants et des délais visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la plupart des pays, dont les pays industrialisés. Cet accord est bâti sur la CCNUCC dont les pays membres décident de se doter d’un protocole plus strict. Les objectifs obligatoires prévus par le protocole de Kyoto pour les pays varient de -8 % à +10 % d’émission de gaz à effet de serre par rapport aux émissions individuelles des pays en 1990. L’accord permet une certaine flexibilité aux pays concernant les manières d’atteindre l’objectif fixé par le protocole (augmentation des forêts, financement de projets à l’étranger, etc.). L’entrée en vigueur du protocole de Kyoto n’a eu lieu qu’en février 2005.

Les accords de Bonn et de Marrakech (2001) sont les fruits des négociations menées lors de la COP 6 bis à Bonn en juillet 2001 et de la COP 7 à Marrakech en novembre 2001. Ils s’intéressent notamment aux questions relatives aux obligations des pays développés ainsi qu’aux aides à mettre en place à destination des pays en voie de développement. Ce sont ces accords qui déterminent les modalités d’application du Protocole de Kyoto, ouvrant la voie à sa ratification et à sa mise en œuvre.

En février 2005, 55 pays représentant au mois 55 % des émissions de CO2 en 1990 ont ratifié le protocole de Kyoto. L’entrée en vigueur de celui-ci signifie pour 30 pays industrialisés l’obligation d’atteindre les objectifs de réduction ou de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Elle permet également la concrétisation légale du marché international du commerce de carbone et la mise en œuvre opérationnelle du mécanisme de développement propre (MDP).

L’accord de Copenhague (2009) est un texte de 3 pages qui réunit des orientations communes à l’échelle internationale concernant la façon de traiter le changement climatique (réduction des émissions de gaz à effet de serre, limitation du réchauffement climatique à °C, financement de 30 milliards de dollars sur 2010-2012).

Les accords de Durban (2011) visent en point de mire l’adoption d’un accord universel en 2015. Est alors lancé un processus de travail ayant pour objectif de définir un nouveau protocole ayant force de loi dont l’adoption en 2015 devrait permettre sa mise en œuvre dès 2020. Ces accords débutent également un travail visant à combler le « fossé d’ambition » existant entre les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les États et l’objectif d’un réchauffement climatique maintenu sous la barre des °C.

La COP20 de Lima (2014) met encore davantage au premier plan la nécessité d'efforts supplémentaires pour parvenir aux objectifs de maintien du réchauffement climatique sous la barre des °C d'ici à 2100. Elle débouche sur la rédaction d'un document préparatoire au futur accord de la COP21 de Paris et à l’adoption d’un texte de 37 pages[6].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le cinquième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)[7], paru en 2014, prévoit une hausse des températures de 0,3 à 4,8 °C d’ici 2100.

Selon le comité organisateur, l'objectif de cette conférence est « d'aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d'impulser/d'accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone »[8]. À cet effet, l'accord, censé entrer en vigueur en 2020, devra à la fois traiter de l'atténuation — la baisse des émissions de gaz à effet de serre — et de l'adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques existants et à venir. Il s'agira de trouver un équilibre entre les besoins et les capacités de chaque pays. La répartition de l'effort entre les émetteurs historiques et les économies émergentes est l'un des points sensibles de la négociation.

Pour préparer cet accord, chaque pays doit préparer et publier en amont de la COP 21 une contribution qui présente un plan de travail concret à même de permettre à l’État concerné de faire sa part au sein de l’effort universel.

La COP 21 doit également permettre aux pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, en partie via le Fonds vert pour le climat, afin d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le dérèglement climatique.

Engagements des États[modifier | modifier le code]

Indicators of a warming world

Dans le cadre de la préparation de la COP 21, et conformément à ce que prévoyaient les COP 19 de Varsovie et COP 20 de Lima, chaque pays doit rendre publique une contribution qui présente les décisions prises à l’échelle nationale. Ces contributions traduisent à ce stade des intentions, et non des engagements. On parle de « INDC » pour Intented Nationally Determined Contributions.

Le premier objectif commun à l’ensemble de ces contributions est d’aller plus loin que l’engagement actuel des états. Le deuxième est de prendre en compte les spécificités et contraintes nationales de chaque pays, et de présenter ces dernières dans le cadre d’un projet ambitieux. Le troisième est celui de la transparence : chaque contribution est publiée dès sa soumission sur le site de la CCNUCC.

Enfin, toutes les contributions visent à la fois à atténuer les émissions de gaz à effet de serre en prévoyant de faire évoluer l’économie nationale, et à adapter les conditions de vie des personnes aux changements climatiques effectifs ou anticipés.

Les États participants à la COP 21 présentent des contributions très variées à la fois dans leur contenu et dans le moment de publication. Si les pays développés étaient invités à remettre leur contribution à l’ONU avant le 31 mars 2015, les pays en développement ont jusqu’à l’automne pour soumettre les leurs. Voici les pays qui ont déjà soumis leurs contributions[9] :

  • 27 février 2015 : la Suisse présente sa contribution officielle en premier. Elle annonce vouloir réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030, par une réduction de 30% des émissions sur son territoire national et de 20% grâce à des projets de compensation à l’étranger.
  • 6 mars 2015 : les 28 États de l’Union Européenne, responsables à eux seuls de près de 10% des émissions de gaz à effet de serre sur la planète[source ?], s'engagent à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. L’objectif à long terme reste une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95% d’ici 2050.
  • 27 mars 2015 : la Norvège s'engage à réduire ses émissions d’au moins 40% d’ici à 2030.
  • 30 mars 2015 : le Mexique est le premier pays en développement à remettre une contribution. Il déclare viser un pic d’émissions en 2026 et une réduction de 22% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à l’évolution actuelle envisagée depuis 2013. Cette contribution précise qu’en bénéficiant d’aides financières ou de transferts technologiques suffisants, cette réduction pourrait atteindre 36%.
  • 31 mars 2015 : la Russie annonce vouloir réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25% à 30% d’ici 2030, toujours par rapport à 1990. Pour cela, la Russie compte notamment sur la gestion de ses forêts, car elle compte 25% des ressources forestières mondiales.
  • 31 mars 2015 : les États-Unis, deuxième émetteur mondial envisagent conformément à l’annonce faite conjointement avec la Chine en novembre 2014 de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre de 26 à 28% d’ici à 2025 (par rapport à 2005).
  • 1er avril 2015 : le Gabon, premier pays africain à afficher ses engagements climatiques, propose dans sa contribution de réduire ses émissions d’au moins 50% par rapport à l’évolution prévue en cas de politique inchangée. Le pays présente les mesures pour les maitriser et une stratégie d’adaptation, notamment concernant son littoral, particulièrement exposé à la montée des eaux.
  • 23 avril 2015 : le Liechtenstein rend public un objectif de 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990.
  • 30 avril 2015 : la Principauté d'Andorre prévoit dans sa contribution une réduction de 37% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, et ce notamment en portant l'effort dans les secteurs de l’énergie et des déchets qui représentent la quasi-totalité de ses émissions de gaz à effet de serre.
  • 18 mai 2015 : le Canada fixe un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 30% en 2030 par rapport à 2005.
  • 3 juin 2015 : le Maroc formule un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 13% en 2030, susceptible toutefois d'atteindre 32% de réduction sous réserve d’un appui financier international.
  • 11 juin 2015 : l'Éthiopie se fixe comme objectif, si un financement approprié le lui permet, de limiter les émissions nettes de gaz à effet de serre à 145 millions de tonnes équivalent CO2 ou à un niveau inférieur d’ici 2030, soit une réduction des émissions de 64% par rapport à l’évolution prévue en cas de politique inchangée[10].
  • 11 juin 2015 : la Serbie adopte une contribution[11] qui l'engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 9,8% à l'horizon 2030 par rapport à 1990. La Serbie est le premier pays des Balkans, mais également le premier pays candidat à l'entrée dans l'Union Européenne, à soumettre sa contribution.
  • 30 juin 2015 : l'Islande se fixe comme objectif dans sa contribution[12] de réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990.
  • 30 juin 2015 : la Chine définit trois grands objectifs dans sa contribution[13] : premièrement, atteindre un pic d'émission de CO2 en 2030 au plus tard ; deuxièmement, réduire de 60 à 65% les émissions de CO2 par unité de PIB par rapport à 2005, sachant qu'elles ont déjà diminué de 33,8% en 2014 en comparaison avec 2005 ; troisièmement, utiliser de plus en plus d'énergies non fossiles, c'est-à-dire les énergies renouvelables et le nucléaire, afin que leur part dans la consommation d'énergie primaire s'élève à 20% à l'horizon 2030, alors qu'elle s'élevait à 11,2% en 2014.
  • 30 juin 2015 : la Corée du Sud se fixe dans sa contribution[14] comme objectif principal de réduire ses émissions de GES de 37% à l'horizon 2030.
  • 3 juillet 2015 : Singapour fait connaître dans sa contribution[15] son intention de réduire ses émissions de GES de 36% à l'horizon 2030 par rapport à 2005, et de stabiliser ses émissions de CO2 en atteignant un pic d'émission aux alentours de 2030.
  • 7 juillet 2015 : la Nouvelle-Zélande présente dans sa contribution[16] un objectif de réduction de gaz à effet de serre de 30% d'ici à 2030 par rapport au niveau de 2005, ce qui correspond à une baisse de 11% par rapport à 1990.
  • 17 juillet 2015 : le Japon s'engage dans sa contribution[17] à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 d’environ 25,4% par rapport à 2005 (26% par rapport au niveau de 2013). Ce pourcentage amènerait en 2030 à à un niveau d’émissions d’environ 1,04 milliard de tonnes d’équivalent CO2.
  • 21 juillet 2015 : les Iles Marshall se proposent dans leur contribution[18] de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 32% d'ici à 2025 par rapport au niveau de 2010 et de 45% d'ici à 2030, l'objectif ultime étant d'arriver à un bilan d'émissions neutre en 2050.
  • 1er octobre 2015 : l'Inde ne s'engage pas sur la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, qui ont augmenté de 67 % entre 1990 et 2012, mais seulement sur la réduction de son « intensité carbone » (taux d'émissions de CO2 par unité de PIB) de 33 à 35 % en 2030 par rapport au niveau de 2005 ; elle s'engage également à porter à 40 % en 2030 la part des énergies renouvelables ; la production solaire en particulier serait multipliée par trente, à 100 000 MW en 2022. Mais la part du charbon dans la production d'électricité sera encore de 40 % en 2022[19].

Au 2 octobre 2015, 146 pays représentant presque 87 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont soumis leurs plans d'action climat aux Nations Unies[20].

Financements pour les pays du Sud[modifier | modifier le code]

Le 9 octobre à Lima, à la réunion des ministres des finances du G20, Laurent Fabius a annoncé que la barre des 100 milliards de dollars annuels de financements climatiques promis en 2009, à Copenhague, par les pays du Nord vers les pays du Sud en 2020 doit désormais pouvoir être atteinte. Un rapport de l'OCDE a révélé qu'en 2014 ces financements climatiques ont atteint 61,8 millions de dollars ; avec les promesses d'accroissement des financements annoncés en 2015 par différents pays, comme la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, et surtout les promesses des banques de développement (15 milliards de dollars), le cap des 100 milliards est en vue[21].

La France, pays hôte[modifier | modifier le code]

Le Grand Palais depuis le pont Alexandre III.

Le choix du pays hôte de la COP relève de règles précises. D’un point de vue géographique, le lieu de la COP est déterminé pour se dérouler par rotation annuelle dans l’un des pays des cinq groupes régionaux de l’ONU que sont l’Asie-Pacifique, l’Europe de l’Est, l’Amérique latine-Caraïbes, l’Europe de l’Ouest élargie (WEOG) et l’Afrique. Une fois ce groupe régional désigné pour accueillir telle édition de la COP, le choix du pays hôte est finalisé en interne au groupe.

C’est en septembre 2012 que François Hollande, Président de la République française, a rendu publique l’intention de la France d’accueillir la COP 21 en 2015. Cette candidature a été prise en compte par le groupe régional de la France à l’ONU en avril 2013, puis entérinée via une désignation officielle lors de la COP 19 de Varsovie en novembre 2013.

La COP 21 se tient du 30 novembre au 11 décembre 2015 sur le site de l'Aéroport de Paris-Le Bourget. Ce site est retenu pour sa capacité d’accueil et son accessibilité, paramètre indispensable pour une manifestation qui devrait réunir entre 20 000 et 25 000 personnes pour la conférence elle-même, et plus de 40 000 si l’on inclut les visiteurs qui ne prendront pas part directement aux négociations.

Le centre de conférences est désigné sous le terme de « zone bleue ». Il est régi par les règles de d’accès et de sécurité propres aux Nations unies, la COP étant une conférence organisée par l’ONU. La zone bleue sera ainsi accessible uniquement à des personnes accréditées par le secrétariat général de la CCNUCC.

Trois ministres français sont impliqués au premier plan dans l’organisation et la présidence de la COP 21. Il s’agit de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international et président de la COP 21 ; Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie ; Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la francophonie.

Ces trois ministres sont à la tête d’un collectif interministériel chargé de superviser l’organisation de la COP 21. Ce collectif est scindé en deux équipes, une équipe de négociation et un secrétariat général. Nommé début 2013, le secrétaire général est Pierre-Henri Guignard, qui a la charge de l'animation d'une équipe basée au 244 boulevard Saint-Germain, dans des locaux du Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie[22]

L’équipe de négociation est composée de quatre pôles :

  • un pôle « accord de Paris » composé d’experts en changement climatique.
  • un pôle « relations bilatérales et multilatérales » chargé des questions diplomatiques et des négociations autour des contributions nationales.
  • un pôle « finances » chargé de réfléchir à la mobilisation de moyens financiers.
  • un pôle « agenda des solutions » chargé de coordonner les initiatives de la société civile.

Quant au Secrétariat général, il est composé de six pôles :

  • un pôle « logistique événementielle et développement durable » chargé de la logistique d’accueil sur le site de Paris-Le-Bourget, et de la coordination de l’organisation avec le Secrétariat de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
  • un pôle « sécurité et sûreté » chargé de veiller à la sécurité des participants à la COP 21.
  • un pôle « relations avec la société civile » est chargé de mettre en place un espace de conférences et d’expositions dédié à la société civile.
  • un pôle « communication et presse » chargé de la communication à la fois en termes de relations presse et de communication digitale.
  • un pôle « partenariats public-privé » chargé de gérer les partenariats financiers ou de compétences.
  • un pôle « administration et finances » chargé de suivre l’évolution budgétaire de la COP 21.

Participation de la société civile[modifier | modifier le code]

Sommet « Climate & Territories » à Lyon en .

La société civile aura un rôle important à jouer lors de la COP 21. Si l’accès à la "zone bleue" des négociations de la COP 21 sera réservée uniquement aux personnes accréditées par le secrétariat général de la CCNUCC, de nombreuses manifestations (salons, conférences, expositions, débats, rassemblements) sont attendues en amont et en marge de l’événement. La forte mobilisation des citoyens et des acteurs non-étatiques (collectivités territoriales, entreprises du secteur privé, ONG, scientifiques, etc.) sur la transition énergétique et écologique et l'adaptation face au dérèglement climatique est un enjeu reconnu par les ONG comme par les décideurs.

Selon un sondage IFOP en septembre 2015[23], 83% des français sondés pensent que la question du climat doit être une priorité et 81% pensent que le réchauffement est dangereux ; 86 % se disent conscients que le mode de vie doit évoluer ; 30 % se disent prêts à changer leur façon de consommer, et 22 % prêts à modifier leur consommation d'énergie (surtout pour limiter les émissions de gaz à effet de serre)[23]. 42 % espèrent des mesures concrètes applicables par chacun ; les plus jeunes (18-24 ans) sont 51 % dans ce cas. Le coût est un frein évoqué par 48 % des sondés, devant le manque d'information (23 % souhaitant "une meilleure sensibilisation pour mieux comprendre les enjeux climat")[23]. Mieux utiliser les énergies renouvelables est souhaité par 16 % des Français, et 8 % se disent prêts à modifier leur mode de chauffage et leurs équipements domestiques[23].

De nombreux évènements sont prévus dans le cadre de la COP 21 et sa préparation. Par exemple le samedi 6 juin 2015, « la plus grande consultation citoyenne jamais organisée sur le climat et l'énergie » réunira les résultats de 104 débats qui se tiendront dans 83 pays en 24 heures[24]. Les conditions et règles de ces débats (méthode éprouvée, du Danish Board of Technology, déjà testées deux fois à grande échelle pour le "World Wise Views") sont identiques, avec des panels représentatifs de citoyens qui donneront leurs avis sur 5 enjeux phare de la Cop 21 : importance de la lutte contre le changement climatique, financement de la transition, transfert de technologies, responsabilité des États relativement aux engagements qui seront pris à la Cop 21 de Paris et contrôle et suivi de ces engagements, avec en France un accompagnement de la Commission nationale du débat public (CNDP) et de l'Association des régions de France (ARF)[24]. Les résultats seront disponibles dès le 10 juin pour les négociateurs de l'intersession de la Cop 21 à Bonn, et pour les décideurs, les ONG et toutes les personnes intéressées par le travail et les enjeux de la COP 21, avec une analyse comparative des priorités, des points de convergence et de divergence par pays participant[24]. Les recommandations faites par ces citoyens sont rappelées au sommet mondial Climat & Territoires organisé par la région Rhône-Alpes début juillet 2015 à Lyon[24].

Protestations[modifier | modifier le code]

De nombreuses mobilisations sont prévues afin de protester contre la tenue de ce sommet qui est considéré par beaucoup comme un futur échec, ou une manière de mettre en place un "capitalisme vert", non soutenable[25]. C'est notamment le cas de plusieurs ONG qui ont quitté le dernier sommet de Varsovie en le qualifiant de "mascarade"[26].

Une coalition (coalition climat 21) regroupant un grand nombre d'ONG et d'organisations syndicales a été créée afin d'appeler à de grandes mobilisations autour de la question climatique car elles jugent que ces négociations ne seront pas "suffisantes"[27]. Cette coalition appelle notamment à une grande marche le 28 et 29 novembre ainsi qu'à une mobilisation de masse le 12 décembre, jour de clôture des négociations. De nombreuses conférences, ateliers et villages seront aussi mis en place en marge de la réunion officielle. Des mobilisations plus radicales sont aussi prévues avec la convergence annoncée des différentes "ZAD" de France[28] ainsi que de nombreuses manifestations anticapitalistes.

Ces contre-mobilisations feront aussi la part belle à la désobéissance civile avec la mise en place de la plate-forme climate-games[29].

Sponsors[modifier | modifier le code]

Plusieurs dizaines d'entreprises participent au financement de la manifestation. Les ONG ont condamné la présence de sponsors officiels « fortement polluants »[30],[31],[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Déclaration de Stockholm », sur diplomatie.gouv.fr (consulté le 16 juin 2015)
  2. Jacques-André Hertig, Études d’impact sur l’environnement, volume 23, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, p. 26
  3. Clark, R. & Timberlake, L, Stockholm plus ten. Promises, promises ? The decade since the 1972 UN Environmental Conference, Earthscan (en), London
  4. « Le texte de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) », sur www.diplomatie.gouv.fr (consulté le 22 mai 2015)
  5. « Le texte du Protocole de Kyoto », sur unfccc.int (consulté le 22 mai 2015)
  6. (en) Conference of the parties, Document issu de Lima 2014,‎ , 37 p.
  7. (en) « Cinquième Rapport du GIEC », sur ipcc.ch
  8. Enjeux de la COP21, site gouvernemental dédié à la COP21.
  9. (en) « La page des contributions des Etats », sur www4.unfccc.int (consulté le 22 mai 2015)
  10. « Déclaration de Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères et du développement international et Président de la COP21 », sur France Diplomatie,‎ (consulté le 11 juin 2015)
  11. (en) « Contribution de la Serbie en vue de la COP 21 », sur http://www4.unfccc.int/,‎ (consulté le 2 juillet 2015)
  12. (en) « Contribution de l'Islande en vue de la COP 21 », sur www4.unfccc.int,‎ (consulté le 2 juillet 2015)
  13. (en) « Contribution de la Chine en vue de la COP 21 », sur www4.unfccc.int,‎ (consulté le 2 juillet 2015)
  14. (en) « Contribution de la Corée du Sud en vue de la COP 21 », sur www4.unfccc.int/,‎ (consulté le 2 juillet 2015)
  15. (en) « Contribution de Singapour en vue de la COP 21 », sur www4.unfccc.int,‎ (consulté le 23 juillet 2015)
  16. (en) « Contribution de la Nouvelle-Zélande en vue de la COP 21 », sur unfccc.int,‎ (consulté le 23 juillet 2015)
  17. (en) « Contribution du japon en vue de la COP 21 », sur unfccc.int,‎ (consulté le 23 juillet 2015)
  18. (en) « Contribution des Iles Marshall en vue de la COP 21 », sur unfccc.int,‎ (consulté le 23 juillet 2015)
  19. L’Inde mise tous ses efforts sur le solaire, Le Monde du 2 octobre 2015.
  20. Des plans d'action climatique d'une étendue sans précédent avant Paris, Newsroom de l'UNFCCC, 2 octobre 2015.
  21. Climat : les 100 milliards promis pour 2020 en bonne voie, Les Échos du 12 octobre 2015.
  22. Jean-Michel Meyer, « COP21 : quand les fonctionnaires bâtissent un événement planétaire », Acteurs publics,‎ (consulté le 25 août 2015)
  23. a, b, c et d Sondage ifop : septembre 2015 auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population française
  24. a, b, c et d Brève de Environnement magazine Les citoyens du monde consultés sur le climat et l'énergie publiée le 4 juin 2015, consultée le 4 juin 2015
  25. « Petit guide de l’anthropocène : Changeons le système, pas le climat ! » (consulté le 1er octobre 2015)
  26. « Conférence climat de Varsovie : la société civile plie bagage ! » (consulté le 1er octobre 2015)
  27. « La Coalition | Coalition Climat 21 », sur coalitionclimat21.org (consulté le 1er octobre 2015)
  28. « Appel depuis les zads et autres espaces en résistance. Pour que des convois convergent jusqu'à la COP 21 » (consulté le 1er octobre 2015)
  29. « Climate-games », sur www.climategames.net,‎ (consulté le 1er octobre 2015)
  30. COP21 : les sponsors officiels sont jugés « fortement polluants » par les ONG, leparisien.fr, 27 mai 2015
  31. (en) France defends 'imperfect' fossil fuel sponsors for Paris climate summit, theguardian.com, 29 mai 2015
  32. Conférence sur le climat (COP 21) : la France déroule le tapis rouge pour les multinationales les plus polluantes !, [Jean Gadrey], alternatives-economiques.fr, 29 mai 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]