Master System

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Master System
Sega Mark III
Master System
Sega Mark III
Master System II européenne

Fabricant Sega
Type Console de salon
Génération Troisième

Date de sortie Drapeau du Japon Octobre 1985
Drapeau des États-Unis Juin 1986
Icons-flag-uk.png Début 1987
Drapeau de la France Septembre 1987[1]
Fin de production Drapeau des États-Unis 1992
Drapeau européen 1996
Flag of Brazil.svg 1997
Média Cartouche, Sega Card
Contrôleurs Manette
Unités vendues Sortie internationale 10 à 13 millions
Drapeau des États-Unis 2 millions
Drapeau du Japon 1 million
Drapeau européen 6,8 millions
Flag of Brazil.svg 5 millions
Jeu le plus vendu Alex Kidd in Miracle World

Précédent SG-1000 Logo Master SystemSega Mark III

Master System
Sega Mark III
Mega Drive Suivant

La Master System (マスターシステム, Masutā Shisutemu?) ou Sega Master System (aussi abrégé SMS) est une console de jeux vidéo de troisième génération, conçue et commercialisée par le constructeur japonais Sega Enterprises, Ltd. Elle est sortie en 1985, sous le nom Sega Mark III au Japon. La console est redessinée et rebaptisée Master System avant son lancement en 1986 en Amérique du Nord. Elle sort sous ce nom dans la plupart des autres territoires, dont l'Europe en 1986 et le Brésil en 1987. Le modèle remanié de la Master System sort également en 1987 au Japon.

Les deux modèles initiaux de la console peuvent lire les cartouches de jeu et les Sega Cards, des cartes mémoires pouvant stocker les jeux, vendues à des prix inférieurs aux cartouches mais avec une capacité de stockage inférieure ; la Master System II et les modèles ultérieurs ne possèdent pas de fente pour ces cartes. La Master System est également compatible avec des accessoires tels qu'un pistolet optique et des lunettes stéréoscopiques conçus pour fonctionner avec une gamme de jeux spécialement codés.

Succédant à la SG-1000, la Master System sort comme concurrente directe à la Nintendo Entertainment System (NES) pendant l'ère des consoles de jeux vidéo de troisième génération. La Master System est construite avec un matériel informatique supérieur à celui utilisé par la NES, mais elle échoue à renverser l'avantage significatif des parts de marché détenues par Nintendo au Japon et en Amérique du Nord. Toutefois, la console obtient plus de succès en Europe et au Brésil.

Le matériel informatique de la Master System partage de nombreuses similitudes avec la console de jeu portable de Sega, la Game Gear. Par rapport à sa concurrente de Nintendo, la ludothèque de la Master System manque de plusieurs titres bien accueillis par la critique en raison des pratiques d'octroi de licences par Nintendo qui restreignent les développeurs tiers à créer leurs jeux uniquement sur NES. Selon les estimations, entre 10 et 13 millions unités de la console sont vendues au cours de son cycle de vie, comparativement la NES compte 62 millions unités écoulées sur cette période. Donné rétrospectivement, l'accueil du système par la critique accrédite le rôle joué par la Master System dans le développement de la Mega Drive, mais il est cependant reproché à la console une ludothèque peu significative.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, Sega Enterprises, Inc., une filiale de Gulf & Western Industries, est l'un des cinq plus grands fabricants de jeux d'arcade en activité aux États-Unis, les revenus de l'entreprise s’élèvent à 214 millions de dollars à cette époque[2]. Un ralentissement de l'arcade à partir de 1982 affaiblit sérieusement la société, et conduit Gulf & Western à vendre sa structure nord-américaine de fabrication d'arcade et les droits des licences pour ses jeux d'arcade à Bally Manufacturing[3],[4]. La compagnie conserve la gestion du département nord-américain de recherche et développement de Sega, ainsi que sa filiale japonaise, Sega of Japan. Avec son activité d'arcade en déclin, les dirigeants de Gulf & Western se tournent vers le président de Sega of Japan, Hayao Nakayama, pour obtenir des conseils sur la façon de procéder[5]. Nakayama préconise que la société tire profit de son expérience matérielle acquise par des années de travail dans l'industrie de l'arcade pour entrer dans le marché des consoles de salon au Japon, un secteur qui en est alors à ses balbutiements. Nakayama reçoit l'autorisation d’œuvrer à ce projet, conduisant à la sortie, en juillet 1983, de la première console de jeu vidéo de Sega, la SG-1000.

La SG-1000 sort le 15 juillet 1983 au Japon, elle y est vendue à 15 000 yens. Le lancement se déroule le même jour que la sortie de la Famicom de Nintendo au Japon. Peu après le lancement de la SG-1000, Gulf & Western commence à céder ses activités non stratégiques à la suite de la mort de son fondateur Charles Bluhdorn[6], ainsi Nakayama et l'ancien PDG de Sega David Rosen, organisent un rachat de la direction de la filiale japonaise en 1984 avec le soutien financier de CSK Corporation, une société japonaise de logiciels de premier plan. Nakayama s’installe ensuite comme chef de la direction de Sega Enterprises, Ltd[7]. Après le rachat, Sega sort une autre console, la SG-1000 II, vendue 15 000 yens. Elle présente quelques modifications matérielles du modèle d'origine, et propose notamment des manettes de jeu détachables. La SG-1000 II ne se vend pas bien, mais conduit néanmoins Sega à décider de continuer à travailler sur le matériel de jeu utilisé pour le système. Cela abouti à la sortie de la Sega Mark III au Japon en 1985.

Développement[modifier | modifier le code]

Conçue par une division interne de Sega dénommée « Team Away », la même équipe à l'origine de la SG-1000, la Mark III est une itération redessinée de la précédente console. Les processeurs des modèles SG-1000 et SG-1000 II sont des Zilog Z80 cadencés à 3,58 MHz, tandis que la Mark III, la SC-3000 -une version sur ordinateur de la SG-1000- et la Master System disposent d'un processeur Z80 cadencé à 4 MHz. La Mark III et la Master System disposent également d'une fente pour Sega Cards, précédemment utilisée par la SG-1000. Selon Edge, les leçons tirées par l'absence de succès commercial pour la SG-1000 ont menées à la refonte matérielle de la Mark III, avec l'objectif d'une console conçue pour être plus puissante que la Famicom.

Pour la sortie de la console en Amérique du Nord, Sega relooke et rebaptise la Mark III sous le nom de « Master System », une refonte similaire à celle opérée par Nintendo sur sa Famicom, devenue Nintendo Entertainment System. Le nom « Master System » est issu de plusieurs propositions de salariés américains de Sega, il est choisi par un lancer de fléchettes sur un tableau blanc, bien que des projets pour sortir une console similaire et moins chère dénommée « Base System » influence également la décision. Le président de Sega Enterprises, Isao Okawa, approuve le nom après avoir dit que c'est une référence aux natures concurrentielles de l'industrie vidéoludique et des arts martiaux, dans lesquelles un seul concurrent peut être le « maître ». La conception finale « futuriste » de la Master System est destinée à plaire aux goûts occidentaux.

Lancement[modifier | modifier le code]

Sega lance la Mark III au Japon en octobre 1985, à un prix de 15 000 yens. Malgré qu'elle bénéficie d'un matériel techniquement plus puissant que sa principale concurrente, la Famicom, la Mark III ne s'avère pas être un succès lors de son lancement.

Nintendo possède alors 90 % du marché nord-américain. Hayou Nakayama, qui est alors PDG de Sega, décide de ne pas déployer trop d'efforts marketing pour se développer sur ce marché dominé par Nintendo. En 1988, les droits concernant la console pour l'Amérique du Nord sont vendus à Tonka, mais sa popularité continue à décliner.

En 1990, Sega a du succès avec la Mega Drive et rachète les droits de la Master System à Tonka. La Master System II est alors dessinée. Cette nouvelle version est plus compacte, ne possède plus de bouton « reset », ni de port acceptant les cartouches au format carte (des jeux de la taille d'une carte de crédit, un peu plus épais). Ces deux dernières modifications sont apportées dans un souci de réduction des coûts de production.

En 1992, les ventes de Master System en Amérique du Nord sont quasiment inexistantes et la production cesse. Au Japon, la situation n'est guère plus brillante, la Famicom de Nintendo (Version japonaise de la NES) dominant le marché.

En Europe, la Master System a été commercialisée dans de nombreux pays à commencer par le Royaume-Uni début 1987, dont certains où Nintendo ne vendait pas de consoles. L'Allemagne, l'Espagne et l'Italie seront aussi servies avant la France. En 1987 il se vendit 80 000 Master System en Europe (dont 34 000 en France[8]), faisant jeu égal avec la NES[9]. À fin 1988, 500 000 Master System ont été vendues en Europe (plus que de NES) dont environ 100 000 en France. La console fut supportée jusqu'en 1996 sur ce continent, date à partir de laquelle Sega décide de se concentrer sur la Saturn.

En France, la Master System est commercialisée en septembre 1987 avec Mastertronic comme distributeur. Elle est vendue à son lancement avec le jeu Hang On. Il se vendra 970 000 Master Sytem entre 1988 et 1993[10], soit finalement plus d'un million.

En Australie, la Master System s'est moins bien vendue que la NES mais la défaite fut moins cuisante qu'en Amérique du Nord.

Le Brésil fut l'un des marchés les plus importants pour la Master System. Dans ce pays, la console a été distribuée par la société Tec Toy, le distributeur brésilien de Sega. Une Master System III a même été produite au Brésil et de nombreux jeux ont été traduits pour les brésiliens. Les personnages de ces jeux ont même été modifiés pour plaire au public brésilien.

Plus tard, certains titres de la Game Gear furent portés sur la Master System et il y eut même certains titres développés exclusivement pour le marché brésilien. La production de la console prit finalement fin en 1997.

Globalement, le succès de la Master System a été correct à l'exception des marchés japonais et nord-américain. Sega tient compte de ces différents échecs lors de la sortie de la Mega Drive qui sera un succès en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis.

Accessoires[modifier | modifier le code]

Le Light Phaser
Les lunettes 3D
  • Control Pad : manette de jeu classique fournie avec la console. Elle existe en trois versions, avec deux ou trois boutons.
  • Light Phaser : pistolet optique fonctionnant avec les jeux de tir. Il est beaucoup plus précis que son homologue NES, le Zapper.
  • Lunettes 3-D : Elles sont uniquement compatibles SMS-I et SG-1000 Mark III, car elle nécessitent le Sega Card Slot, absent sur la SMS-II. Seuls 8 jeux sont compatibles[11], à savoir Blade Eagle 3-D, Line of Fire, Maze Hunter 3-D, Missile Defense 3-D, Out Run 3-D, Poseidon Wars 3-D, Space Harrier 3-D et Zaxxon 3-D.
  • Control Stick : Il s'agit d'une manette à 2 boutons dotée d'un joystick de type arcade. Dans certains pays, elle est vendue dans un pack avec Outrun[réf. nécessaire].
  • Rapid Fire Unit : manette de jeu classique avec boutons programmables.
  • Sega Sports Pad : contrôleur de type trackball.
  • Paddle Controller

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Sega Master System II
  • Processeur principal : Zilog Z80 8 bit à 3,546893 MHz en PAL/SECAM, 3,579545 MHz en NTSC.
  • Mémoire principale : 64 Kbit (8 Kio).
  • Mémoire morte : 1 024 Kbit (128 Kio).
  • Processeur graphique : Texas Instruments TMS9918 derived VDP (Video Display Processor).
    • RAM video : 128 Kibits (16 Kio).
    • Couleurs : jusqu'à 32 couleurs simultanées (une palette de 16 couleurs pour les sprites ou l'arrière-plan et une palette de 16 couleurs additionnelles pour l'arrière-plan seulement), pour une palette de 64 (peut aussi en afficher 64 en utilisant une astuce de programmation).
    • Définition d'écran : 256 × 192 pixels, mode d'affichage de texte : 32 × 38.
    • Caractères (arrière-plan) : 8 × 8 pixels, 488 au maximum, sprites de 8×8 pixels, 16 au maximum, scrolling hard horizontal, diagonal, vertical.
  • Processeur sonore : Texas Instruments SN76489 4 canaux (mono).
    • 3 générateurs de son de 4 octaves chacun, 1 générateur de bruits blancs.
  • 1 port pour des cartes (sur la Mark III et la Master System 1 seulement).
  • 2 port manettes DB-9.
  • Jeux intégrés : Alex Kidd in Miracle World et Sonic the hedgehog intégrés dans certaines Master System I et II. Une première version de la SMS I intégrait le jeu de moto Hang-On et Snail Maze, un jeu caché accessible en appuyant simultanément sur haut et les boutons 1 et 2 au démarrage de la console, sans jeu.
Manettes stylisées de la console

Les Packs Master System[modifier | modifier le code]

SMS-I (1987-1990)[modifier | modifier le code]

  • Master System : Deux manettes et Hang On en SegaCard, c'est le pack de base et le tout premier sur le marché français. Existe aussi avec Hang On intégré à la console dans la ROM.
  • Master System : Ainsi que le pack simple deux manettes et Alex kidd in Miracle World y était intégré ce qui révéla Alex kidd au grand public. Ce jeu sera un des plus grands succès de la master system.
  • Master System Plus : Deux manettes, le Light Phaser, Hang On et Safari Hunt était directement intégré dans la ROM, ainsi que le labyrinthe de l'escargot qui apparaissait lorsque le joueur appuyait simultanément sur « haut » et les boutons 1 et 2 à l'apparition du logo SEGA au démarrage de la console[12].
  • Super System : Deux manettes, le Light Phaser, les lunettes 3-D et Missile Defense 3-D qui se joue avec les lunettes et le pistolet.

SMS-II (1990-1994)[modifier | modifier le code]

  • Master System II : Une manette et Sonic the Hedgehog en ROM.
  • Master System II Pack Alex Kidd : Une manette et Alex Kidd in Miracle World en ROM.
  • Master System II Shinobi : Une manette, Alex Kid in Miracle World en ROM, Shinobi en cartouche.
  • Master System II Plus : Une manette et le Light Phaser, Alex Kid in Miracle World en ROM, Operation Wolf en cartouche.
  • Master System II Special Sonic : Une manette et Alex Kid in Miracle World en ROM, et Sonic the Hedgehog en cartouche.

Les titres les plus populaires sur Master System[modifier | modifier le code]

Alex Kidd, Wonder Boy, Sonic, Aladdin, Phantasy Star, Shinobi, Ninja Gaiden, Asterix, Astérix and the Secret Mission, R-Type, Fantasy Zone 2, Power Strike(Aleste), Sagaia, Le Roi Lion, Sonic 2, Castle of Illusion starring Mickey Mouse, American Baseball, Tecmo World Cup 93, Bubble Bobble, The Flash, Dracula, Jurassic Park, Golden Axe Warrior, Ys: The Vanished Omens, Kenseiden, My Hero, Vigilante, Choplifter, Cloud Master, Submarine Attack, Golvellius : Valley of Doom, Deep Duck Trouble, Land of Illusion, Daffy Duck in Hollywood, The Ninja, Enduro Racer', Psycho Fox, Psychic World, Star Wars, Wimbledon 2, Astro Warrior, Solomon's Key, Ecco, Street of Rage, Great Voleyball, The Lucky Dime Caper starring Donald Duck, Zool, Batman Returns, Outrun, Ghost House

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Histoire de Nintendo Volume 3 (Éditions Pix'N Love, 2011, page 137)
  2. (en) Richard Brandt et Neil Gross, « Sega! », Businessweek,‎ février 1994 (lire en ligne)
  3. (en) Andrew Pollack, « What's New In Video Games; Taking the Zing Out of the Arcade Boom », New York Times,‎ 24 octobre 1982 (lire en ligne)
  4. (en) « The Bottom Line », Miami Herald,‎ 27 aout 1983 (lire en ligne)
  5. (en) John Battelle, « The Next Level: Sega's Plans for World Domination », Wired Magazine,‎ décembre 1993 (lire en ligne)
  6. (en) « G&W Wins Cheers $1 Billion Spinoff Set », Miami Herald,‎ 16 aout 1983 (lire en ligne)
  7. Kent 2001, p. 343
  8. Les Chroniques de Player One, p. 66 (Éd. Pika, 2010)
  9. La Saga des Jeux Vidéo (Éd. Pix'n Love, 2009, p. 114)
  10. L'Histoire de Nintendo Volume 3 (Éditions Pix'N Love, 2011, page 147)
  11. sega-master-system.com
  12. Photo d'une Master System Plus, complète, dans sa boite

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Steven L. Kent, The Ultimate History of Video Games : The Story Behind the Craze that Touched our Lives and Changed the World, Roseville, Prima Publishing,‎ 2001, 608 p. (ISBN 0-7615-3643-4, OCLC 47254175) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]