CD-i

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CD-i
CD-i

Fabricant Philips
Type Console de salon
Génération Quatrième

Date de sortie Drapeau : États-Unis début 1992
Drapeau : France 1er septembre 1992
Drapeau : Allemagne 17 septembre 1992
Drapeau : Italie 1er octobre 1992
Drapeau : Espagne 1er octobre 1992
Fin de production 1993
Processeur Philips 68070
Média CD Interactif, CD
Contrôleurs Manette

Précédent Videopac CD-i

Le CD-i, sigle de Compact Disc Interactif, a été conçu par Philips, Sony et Matsushita pour imposer un nouveau standard « multimédia », concept très en vogue depuis le début de l'année 1991[1] . Le succès n'a pas été au rendez-vous.

Il peut contenir aussi bien des données brutes que de la vidéo ou du son. Ses spécificités sont données dans le Green book. Les CD-i ne peuvent pas être lus dans un lecteur de CD standard et ont été conçus pour être utilisés avec la télévision.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1986, Philips annonce travailler sur une machine pour le nouveau média dont il est le créateur : le CD-ROM[2].

Développement[modifier | modifier le code]

Au départ, la machine est prévu à l'origine comme supportant le MSX, un standard lancé par ASCII et épaulé par Microsoft en 1983.

Mais en ce milieu des années 1980, le standard MSX n'est plus à la mode. Alors Philips fait appel à Motorola et Sony pour déterminer le cahier des charges qui donnera le CDI. En 1988, les grands de l'électronique (Philips, Sony et Matsushita) signent un accord autour de cette norme, privilégiant les jeux, la formation et les bornes interactives. Les recherches vont continuer pendant quelques années sans que Philips n'en informe le public. C'est en Septembre 1989 que les amateurs de nouvelles technologies apprendront l'existence d'un prototype qui doit révolutionner l'informatique et les loisirs[3]. Tout ça grâce au multimédia. Terme, qui apparaît dans les années 1980 et qui prend une énorme ampleur dans le début des années 1990. La première machine présentée en 1989, est destinée à un usage professionnel.

Lancement[modifier | modifier le code]

Pour le grand public, c'est le 16 octobre 1991 que la première version sort, sous le nom de CDI 910 pour 950 dollars. Il est accompagné de 39 logiciels se décomposant en trois catégories : jeux, culture et éducation.

Après avoir été testé sur le marché américain, ce n'est que le 1er septembre 1992 que le système est diffusé largement auprès du grand public en France.

Le premier modèle à voir le jour est le modèle CD-i 205. L'appareil a un look très similaire à un lecteur CD de salon, ou à un magnétoscope. Il dispose par exemple d'un afficheur digital qui informe l'utilisateur du déroulement des opérations.[4] Il est livré avec une télécommande à pile sur laquelle on retrouve de nombreux boutons et un stick.[5]

Les prix de lancement sont autour des 5000 francs pour un CD-i 205.[6] - Le CD-i 220, proposé pour 5 990 francs, offre des capacités supérieures.[7] Le 310 est la version de luxe, Mais très vite les prix vont baisser.

Lancement du module complémentaire[modifier | modifier le code]

L'année d'après, Philips propose un module MPEG, appelé le Full Motion Video, pour permettre de voir des films. Ce module s'ajoute au prix de la machine et début 1994 le prix moyen d'une machine est de 3490 francs, et le module Full Motion Video est vendu 1990 Francs. Le prix de l'ensemble est proche de la concurrence, presque aussi cher qu'un PC. Mais en ce qui concerne les jeux ou les logiciels sur CD le prix est autour des 280 francs, environ 30% moins cher que la concurrence (450 francs sur PC par exemple)[8].

Échec commercial[modifier | modifier le code]

En 1994 le marché domestique ne décolle pas. Philips voyant que l'image de console de jeu colle à la peau du CD-i décide de sortir un modèle destiné aux jeux. Le CD-i 450 est le premier modèle destiné à concurrencer les consoles de jeux et livré avec une vrai manette de jeu[9] . Philips espère aussi la popularisation du Video CD qui peuvent être lu avec le module FMV, mais ce ne sera jamais le cas.

et ce système sombre vite dans l'oubli. Il reste encore présent professionnellement pour les bornes interactives (par exemple en auto-école).

Son échec est causé par un prix du lecteur élevé, par des jeux de faible qualité et chers, et par l'impossibilité de lire des vidéos plein écran dans sa version de base. Les parcours en vue subjective étaient représentés par des diaporamas.

Lecteurs CD-i[modifier | modifier le code]

Philips[modifier | modifier le code]

En plus des spécifications du format, Philips vendit également des lecteurs grand public, professionnels et pour développeurs.

  • Les lecteurs CD-i 200 comprennent les modèles 205, 210 et 220[10], conçus pour le grand public. Le CD-i 910 est la version américaine du CD-i 205, le modèle de base de la série. Les prix du CD-i tournent autour des 6000 francs au lancement.
  • Les lecteurs CD-i 300 comprennent les modèles 310, 350, 360 et 370, des lecteurs portables réservés au marché professionnel, principalement à cause de leurs coûts. Ils intégraient un écran LCD et des hauts parleurs[11]. Une des utilisations principales était la présentation multimédia, comme celles utilisées par les compagnies pharmaceutiques pour donner des informations produits aux pharmaciens, le matériel pouvant être transporté facilement par les représentants.
  • Les lecteurs CD-i 400 comprennent les modèles 450, 470 et 490, lecteurs plus fins, destinés à être vendus comme consoles et sur le marché de l'éducation. Le CD-i 450 par exemple, était un modèle bas de gamme destiné à concurrencer les consoles de jeux et livré sans télécommande infrarouge, optionnelle, mais avec une vrai manette de jeu.
  • Les lecteurs CD-i 500 comprennent le modèle 550, il s'agit d'un CD-i 450 vendu avec la carte d'extension vidéo incluse. Cette carte était nécessaire pour lire certains logiciels qui utilisait le Full Motion Video (FMV). Le FMV était un système qui permettait d'afficher des cinématiques près enregistrées.[12]
  • Les lecteurs CD-i 600 comprennent les modèles 601, 602, 604, 605, 615, 660 et 670. La série des 600 fut conçue pour des applications professionnelles et pour le développement logiciel. Les unités de cette ligne de produits pouvaient exploiter un lecteur de disquette, un clavier et d'autres périphériques. Certains modèles pouvaient également être connectés à un émulateur et possédaient des fonctions de test logiciel et de débogage.

Il existe également des modèles difficiles à mettre dans des catégories, comme le FW380i, un lecteur CD-i intégré dans une chaîne stéréo ; Le 21TCDi30, une télévision avec un lecteur CD-i incorporé ; Le CD-i modulaire 180/181/182, le premier système CD-i fabriqué.

Spécifications techniques[modifier | modifier le code]

Lecteur de CD-i de Philips modèle 450, avec télécommande

Le CD-i peut lire des CD de 8 ou 12 cm simple face, d'une capacité maximale de 650Mo. Il dispose d'une vitesse de transfert de 170ko/s, ce qui est près de deux fois supérieur à la vitesse des lecteurs CD audio[13].

Processeur

  • 16-bit 68070 CISC (cœur d'un 68000)
  • Cadencé à 15,5 MHz

Affichage

  • Résolution : 384x280 à 768x560
  • Couleurs : 32768 à l'écran sur une palette de 16.7 millions.
  • Emplacement cartouche MPEG 1 pour lire les VideoCD et pour les programmes la nécessitant.

Système d'exploitation

Autre

  • 1,5 Mio de mémoire principale
  • Lecteur CD-Rom simple vitesse
  • ADCPM sur 8 canaux sonores

Carte d'extension Full Motion Video (FMV)[modifier | modifier le code]

Une carte de décompression des vidéos sera intégrée plus tard sur une carte d'extension. Le composant maître, le processeur Motorola MC68340 coûte trop cher pour être intégré nativement, si bien qu'il est proposé en option avec cette carte. Le module seravendu pour 1 500 francs.

Manette de CD-i, ici celle du CD-i 910.

Accessoires CD-i[modifier | modifier le code]

Philips commercialise une gamme complète d'accessoires. Ces accessoires se rapprochent des accessoires disponible pour les micro-ordinateur des années 1990. On peut noter que la sensibilité de chacun des accessoires peut être réglée par l'utilisateur[14].

Philips annonce lors de la sortie en 1992 que des lecteurs disquettes, des disque dur, des coprocesseurs, des imprimantes ainsi qu'un modem sont prévu[14].

L'offre logiciels[modifier | modifier le code]

Pour les professionnels[modifier | modifier le code]

Il existe beaucoup d'application professionnels, il est par exemple encore présent pour les bornes interactives (par exemple en auto-école). Il existe aussi beaucoup d'entreprise qui ont utilisé le CD-i pour diffuser des catalogues interactifs. General Motors, par exemple, utilise des CD-i portables pour diffuser des mini-films de leurs véhicules. Les capacités du CD permettait de créer des logiciels très intéressant[8].Renault l’'utilise pour former ses commerciaux et ses mécaniciens avec le logiciel Ediris.

Manette de jeu CD-i peu pratique.

Les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Les tentatives de poser le pied dans le marché des jeux ont rapidement été rendus hors de propos par l'arrivée de consoles moins chers et plus puissants, comme la Nintendo 64 et la PlayStation . Les jeux de CD -i inclus des licences phares de Nintendo, bien que ces jeux ne soient pas développés par Nintendo elle-même. Nintendo et Philips avaient établi un accord pour co-développer une amélioration de CD-ROM pour la Super Nintendo (le SNES-CD) en raison de désaccords entre Nintendo et son partenaire Sony ( un accord qui a produit une console de prototype appelé la "Play Station" ) . Bien que Philips et Nintendo n'ont jamais publié ce périphérique pour Super Nintendo. Philips était encore contractuellement autorisé à continuer à utiliser les personnages de Nintendo[15].

Un partenariat avec Nintendo et la sortie de jeux à licences tel que Mario et Zelda, sont de bonne augure. Plus précisément, un jeu Mario ( intitulé Hôtel Mario ), et trois Legend of Zelda jeux sont sortis : Link: The Faces of Evil , Zelda: The Wand of Gamelon et Zelda's Adventure . Mais malgré la présence de tel partenaire, auxquelles on peut ajouter Infogrames, qui lors de la sortie français en 1992 a déjà développé 6 titres CD-i, Astérix, Pop Up, Marco Polo, Shaloin's, International Tennis Open et Le mystère de Kether. Il n'existe que très peu de jeux de qualité et l'offre ludique n'a jamais décollé[8].

Pour l'éducation[modifier | modifier le code]

Philips souvieuse de son image n'oublie pas de proposer des programmes éducatifs en français. Il existe de nombreux logiciels sur tous les thèmes et pour tous les âges. Certains retrace l'histoire de la Renaissance, d'autres parlent de géographie. En février 1994 une cinquantaine de logiciels disponible en français sont sur le marché[8].

 Emballage d'un CD Photo Kodak.
Emballage d'un CD Photo Kodak.

Photo CD[modifier | modifier le code]

Le CD Photo est commercialisé par Kodak à partir de 1992 pour le CD-i, mais aussi pour les autres micro-ordinateur. Il s'agit de photo numérisé sur un CD pour être affichée sur un écran de télévision[10]. Au lancement le prix était de moins de 100 francs par pellicule. Il est possible de retoucher les images et une centaine de photos sont stockées sur chaque CD[16].

Concurrences[modifier | modifier le code]

Il existe de très nombreux concurrents au CD-i de Philips. Pour ne citer que les principaux[8] :

Le prix moyen en février 1994 est indiqué entre parenthèse, à titre de comparaison le CD-i seul vaut 3500 francs.

Accueil et critique[modifier | modifier le code]

Philips a agressivement promu le CD-i. À sa sortie en France en 1992, le magasine Joystick est très positif, il rapporte que « de nombreux constructeurs, et non des moindres, commencent à annoncer des machines à la norme CD-I ». [5]. Joystick note tout de même que les logiciels éducatifs font légion, les logiciels de jeux le sont beaucoup moins. [17]

Mais le scepticisme n'arrivera que dans le courant de l'année 1993, les ventes ne décollant pas. Les perspectives à long terme par rapport à d'autres plates-formes comme IBM compatible PC, Apple Macintosh, et la Sega Mega Drive semble faible. Début 1994, le magazine Joystick est plus nuancé concernant l'avenir du Cd-i, même s'il reste confiant. Concernant l'offre en jeu vidéo ils disent : « Une horreur ! Non je suis vache, Quoiqu'en générale, c'est bien dément. La machine est tout juste capable d'animer deux sprites à la fois ». Ce qui met le CD-i dans une situation désavantageuse par rapport aux autres constructeurs de machine de jeu[8].

Après son arrêt, le CD-i a été massivement critiqué par le public sur son prix, ses jeux et ses contrôles. Son contrôleur a été classé cinquième pire contrôleur de jeu vidéo par l'éditeur IGN[18]. PC World a classé le CD-i quatrième sur leur liste "Les 10 pires console de jeux vidéo de tous les temps"[19].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « CDi Retrospective », sur 1Up.com (consulté le 28 août 2015), Page 1
  2. « Le CD-i (Philips) - CD-i la console/ plateforme multimédia de Philips », sur gameblog.fr (consulté le 27 août 2015)
  3. a et b Jean-Michel Blottière, « C'était donc ça ! (Annonce du CDI) », Tilt Journal, no 69,‎ , Page 22-23
  4. (en) Operating Instructions : Notice d'utilisation du CD-i 205, Philips interactive media systems,‎ , 12 p. (lire en ligne)
  5. a et b Joystick, Joystick N°30 : Le CDi C'est déjà aujourd'hui.,‎ , 276 p., Page 132
    Information donnée dans la section "Le Matériel"
  6. Joystick, Joystick N°30 : Le CDI C'est déjà aujourd'hui,‎ , 276 p., Page 132
    Information donnée dans la section "Les Prix"
  7. « Philips CDI (le standard) », sur www.obsolete-tears.com (consulté le 27 août 2015)
  8. a, b, c, d, e et f Joystick, Joystick N°46,‎ , 276 p., Page 136 à 138
  9. « CDi Retrospective from 1UP.com », sur 1Up.com (consulté le 28 août 2015)
  10. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Notice d'utilisation du CD-i 220, Philips interactive media systems,‎ , 24 p. (lire en ligne)
  11. (en) Notice d'utilisation du CD-i 350, Philips interactive media systems,‎ , 18 p. (lire en ligne)
  12. Video Game Bible, 1985-2002
  13. Joystick, Joystick N°30 : Le CDi C'est déjà aujourd'hui.,‎ , 276 p., Page 133
    Information donnée dans la section "Fiche Technique du CD-i"
  14. a et b Joystick, Joystick N°30 : Le CDi C'est déjà aujourd'hui.,‎ , 276 p., Page 133
    Information donnée dans la section "Les Périphériques"
  15. « CD-i Games: Nintendo Retrospective », sur 1Up.com (consulté le 28 août 2015), Page 6
  16. Joystick, Joystick N°30 : Le CDi C'est déjà aujourd'hui.,‎ , 276 p., Page 133
    Information donnée dans la section "Le CD Photo"
  17. Joystick, Joystick N°30 : Le CDi C'est déjà aujourd'hui.,‎ , 276 p., Page 134
    Information donnée dans la section "Les Logiciels"
  18. (en) « Top 10 Tuesday: Worst Game Controllers - IGN » (consulté le 7 août 2015)
  19. (en) « The 10 Worst-Selling Consoles of All Time, Feature Story from GamePro »,‎ (consulté le 7 août 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Périodiques[modifier | modifier le code]

« CDI C'est déjà aujourd'hui », Joystick, no 30,‎ , p. 132 à 137Document utilisé pour la rédaction de l’article

Manuels d'instructions[modifier | modifier le code]

  • (en) Operating Instructions : Notice d'utilisation du CD-i 220, Philips interactive media systems,‎ , 24 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article