Lucelle (Haut-Rhin)

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Lucelle
La mairie
La mairie
Blason de Lucelle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Altkirch
Canton Altkirch
Intercommunalité Communauté de communes du Jura alsacien
Maire
Mandat
Bernard Fankhauser
2014-2020
Code postal 68480
Code commune 68190
Démographie
Gentilé Lucellois, Lucelloises
Population
municipale
39 hab. (2012)
Densité 3,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 25′ 23″ N 7° 14′ 52″ E / 47.4231, 7.247847° 25′ 23″ Nord 7° 14′ 52″ Est / 47.4231, 7.2478
Altitude Min. 500 m – Max. 760 m
Superficie 10,27 km2
Localisation

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Lucelle

Lucelle est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

C'est la moins peuplée des communes du Haut-Rhin avec 40 habitants (en 2011).

Géographie[modifier | modifier le code]

Lucelle est la commune la plus méridionale du Haut-Rhin et d'Alsace. Administrativement, Lucelle relève du canton de Ferrette et de l'arrondissement d'Altkirch. Elle est située sur la rivière éponyme du village. Lucelle est une petite localité d'une vingtaine de maisons construites après la Révolution sur les restes de l'ancienne abbaye de Lucelle. Les habitants sont appelés les Lucellois.

La Lucelle est le cours d'eau qui passe dans le village et qui lui a donné son nom. Elle poursuit son cours vers la Suisse où elle traverse entre-autres Kleinlützel, puis se jette dans la Birs au-dessus de la petite ville de Laufen.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Peut-être du nom allemand Lützel qui veut dire maison de lumière.
  • Lucicella (1125), Lucellensis (1131), Lucela (1136), Luzelahe (1137), Lucila (1175), Lucelan (1194), Luzela (1234), Lutzela (1258), Lucelain (1266), Lucelaco (1285), Lùscelant (1340), Lucelans (1350), Lucelant (1360).
  • En allemand: Lützel[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Lucelle

Le site est occupé depuis très longtemps comme l'atteste d'ailleurs une hache en cuivre découvert à l'endroit. Lucelle était également le lieu où fut construit une importante abbaye au XIIe siècle qui fut entièrement détruite au cours de la Révolution. C'est aujourd'hui une agglomération d'une vingtaine de maisons construites sur les ruines du domaine abbatial.

L'abbaye de Lucelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Lucelle.

Cette abbaye eut pour fondateur Hugues, Amédée et Richard, seigneur de Montfaucon. Les fonds destinés au nouvel établissement appartenaient à leur oncle Bertold, évêque de Bâle et au chapitre de son église, qui donnèrent leur consentement à son aliénation. Les fondateurs soumirent aussitôt le nouveau monastère à la juridiction de l'évêché de Bâle et renoncèrent à tout droit d'avocatie. Saint Bernard, que les documents de Lucelle regardent comme parent des fondateurs, vint poser la première pierre de l'église le 15 mars 1123 et bénit une source voisine dont l'eau devait abreuver les premiers habitants du lieu. Quand du milieu des forêts sortit ensuite un monastère ou des habitations suffisantes, Pons, abbé de Bellevaux, y envoya une colonie de douze religieux sous la direction d'Etienne qui devint le premier abbé de Lucelle. Ce nombre de douze était fixé par les règlements internes et on le retrouve à chaque fondation de monastère.

L'église consacrée sous l'invocation de la Vierge[modifier | modifier le code]

L'église de Lucelle fut consacrée et mise sous l'invocation de la Vierge le 6 avril 1124 par Bertold, évêque de Bâle, les religieux furent soumis à la règle de saint Benoît alors encore en usage chez les moines de l'ordre de Citeaux, appelés ensuite Bernardins du nom de leur réformateur, et on les plaça sous la surveillance claustrale de Bellevaux, dont Lucelle devint une filiale.

Les filiales[modifier | modifier le code]

Ancien vestige de l'abbaye

L'abbaye de Lucelle a compté jusqu'à sept filiales : Neubourg près de Haguenau (1124), Frienisberg entre Arberg et Berne (1131), Kaisersheim en Bavière (1122), Lieu-Croissant dans le comté de Bourgogne (1138), Pairis près d'Orbey en Alsace et Salmanschweiler en Souabe (même année), enfin Saint-Urbain au canton de Lucerne (1194). Lucelle possédait d'autres prieurés dont trois en Alsace : Lauterbach (Bade-Wurtemberg), Saint-Appolinaire et Blotzheim (Haut-Rhin), et un voisin de Lucelle formé par la seigneurie de Löwenbourg dans le canton du Jura en Suisse.

La proie des flammes[modifier | modifier le code]

En 1524, Lucelle devint la proie des flammes ; l'année suivante, les paysans révoltés y mirent le feu et détruisirent ainsi un grand nombre de manuscrits précieux. L'église et le monastère furent vendus pendant la Révolution et entièrement démolis en 1804 ; sur leur emplacement on construisit les usines. La borne limite de l'ancien royaume de Bourgogne était placée dans la cuisine du couvent.

Le creuset de plusieurs hommes célèbres[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Lucelle a connu plusieurs hommes distingués tels Jean Démétrius, auteurs d'écrits théologiques, né à Bâle et mort en 1319 ; Conrad Holtzacker, de Bâle, rédacteur des Actes du Concile de Constance, mort en 1443 ; Nicolas Amberg, vice chancelier de Frédéric III, auteur de Dissertations historiques sur les antiquités de Lucelle, mort en 1467 ; Louis Jaeger, mort en 1495 ; Laurent Lorillard, mort en 1648 et Bernardin Buchinger. C'est à Lucelle que mourut en octobre 1787 le chanoine Philippe-André Grandidier alors qu'il faisait des recherches historiques dans les archives du couvent.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Lucelle

Les armes de Lucelle se blasonnent ainsi :
« D'azur à l'église cruciforme d'argent ouverte de sable et couverte de gueules, à la tour sur la croisée sommée d'une croix d'argent. »[2]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Bernard Fankhauser - -
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 39 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
71 132 237 279 258 338 300 266 221
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
284 286 282 184 224 263 136 112 118
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
119 121 118 83 81 72 92 46 72
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2012
62 64 68 53 71 47 42 41 39
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Vestiges de la prestigieuse abbaye de Lucelle, ancienne abbaye cistercienne (XIIe siècle).
  • Centre européen de rencontres.
  • Chapelle Notre-Dame, aménagée dans l'ancienne fonderie abbatiale.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire topographique du département du Haut-Rhin - Georges Stoffel (1868)
  2. Archives Départementales du Haut-Rhin
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.