Les Tricheurs (Le Caravage)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Les Tricheurs (homonymie).
Les Tricheurs
I bari
The Cardsharps.jpg
Artiste
Date
Technique
Dimensions (H × L)
94,2 × 130,9 cm
Mouvement
Localisation
Numéro d’inventaire
AP 1987.06Voir et modifier les données sur Wikidata
Commentaire
Data base du musée [1]

Les Tricheurs (en italien I bari) est un tableau de Caravage, peint vers 1594-1595 et conservé au musée d'art Kimbell de Fort Worth depuis sa redécouverte à la fin du XIXe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période romaine de Caravage.

Le tableau Les tricheurs est une œuvre de jeunesse de Caravage puisqu'il est réalisé vers 1595, soit cinq années après l'arrivée du peintre à Rome[1].

Le commanditaire de l'œuvre est cardinal Francesco del Monte, mécène et premier protecteur de Caravage et qui l'expose dans sa collection. Ce tableau fait partie des premières œuvres qui assurent la renommée du peintre et c'est grâce à lui que le peintre est introduit dans les cercles aisés de l'épiscopat romain[2].

Il est ensuite acheté par le cardinal Barberini dans la famille duquel il demeure jusqu'à la fin du XIXe siècle. On perd sa trace entre 1895 et 1987, date à laquelle il est retrouvé dans une collection privée européenne : il est alors acheté par le musée d'art Kimbell dans lequel il se trouve exposé depuis[2].

Une copie de ce tableau fait l'objet d'une discussion quant à son attribution, car elle est considérée par de nombreux experts comme étant de la main de Caravage lui-même. C'est ainsi que l'historien de l'art, spécialiste de l'art baroque, Denis Mahon en fait l'acquisition à Sotheby's en 2006 au prix de 42000 livres sterling (soit alors environ 53000 euros). Or la reconnaissance par des historiens de l'art que ce tableau est bien de la main du maître fait monter son estimation à 10 millions de livres (soit alors environ 12,5 millions d’euros). Cette nouvelle attribution, se traduisant ainsi en une énorme perte financière, conduit donc le vendeur, Lancelot Thwaytes, à poursuivre le groupe Sotheby's en justice[3]. Depuis, ce second tableau est exposé au musée de l'ordre de Saint Jean (en) à Londres[4],[5].

Description[modifier | modifier le code]

La scène est resserrée autour de trois hommes, dont deux disputent une partie de cartes ; ils sont coupés à mi-corps et assemblés autour d'une table de jeu, devant un fond uni dont la neutralité fait ressortir les attitudes et les allures des personnages. Le personnage de gauche est celui qui reçoit prioritairement la lumière ; dans son habit sombre et élégant, il se concentre sur son jeu et ne voit pas les manipulations des deux autres. Le jeune homme face à lui, son adversaire, l'observe attentivement tout en manipulant dans son dos des cartes dissimulées dans sa ceinture. Son comparse au centre examine sans vergogne le jeu du jeune homme, et semble envoyer des signes de la main pour indiquer ce qu'il y voit[2].

Analyse[modifier | modifier le code]

Les tricheurs propose une allégorie qui pourrait comprise comme une critique du vice. Néanmoins, elle évoque plus sûrement « le drame de la tromperie et de l'innocence perdue » qui touche le personnage victime de son adversaire et de son complice mais aussi victime de sa propre naïveté[2].

Le cadrage, les couleurs, le thème même de la naïveté trompée : tous ces éléments renvoient notamment à La Diseuse de bonne aventure, tableau contemporain d'un an des Tricheurs dans lequel un autre jeune homme crédule (et d'allure très semblable à celui-ci) se fait dérober sa bague en croyant s'entendre dire son avenir dans les lignes de la main[6].

Ce thème, mais aussi le motif du personnage de trois-quarts dos qui sort une carte de sa ceinture, sera par la suite repris par Georges de La Tour dans son tableau Le Tricheur à l'as de carreau (vers 1635)[7],[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ebert-Schifferer 2009, p. 287.
  2. a, b, c, d et e Musée Kimbell.
  3. T.L.G., « Une copie d'un Caravage vendue 53.000 euros serait un original de plus de 12 millions », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  4. Maxence Quillon, « Un nouveau Caravage identifié à Londres », sur Exponaute.com, (consulté le 1er juin 2013)
  5. (en)(en) Martin Bailey, « Controversial Caravaggio to be unveiled in London », sur The Art Newspaper, (consulté le 1er juin 2013)
  6. Guillaume Kazerouni, « Le Tricheur à l'as de carreau », sur louvre.fr (consulté le 14 avril 2018).
  7. Cuzin et Rosenberg 1997, p. 155

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sites internet[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]