Jupiter, Neptune et Pluton

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Jupiter, Neptune et Pluton
Jupiter, Neptune and Pluto-Caravaggio (c.1597-1600) flipped.jpg
Artiste
Date
v. 1599
Type
fresque
Technique
huile sur maçonnerie
Dimensions (H × L)
500 × 285 cm
Mouvement
Localisation

Jupiter, Neptune et Pluton est une fresque de Caravage peinte à l'huile vers 1599, sur un plafond de la villa Ludovisi de Rome. Caravage la réalise sur commande du cardinal del Monte, son mécène et protecteur d'alors, pour orner le plafond son cabinet d'alchimie. L’œuvre, dont la symbolique complexe évoque donc de nombreux principes alchimiques, représente les dieux romains Jupiter, Neptune et Pluton autour d'un globe terrestre. C'est une œuvre inhabituelle dans le parcours du peintre, qui ne semble avoir réalisé aucune autre fresque ; elle est particulièrement connue pour ses audacieux raccourcis anatomiques.

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période romaine de Caravage.

Cette œuvre constitue l'unique peinture murale du maître italien. Sa technique est particulièrement originale, puisque l'huile n'est pas utilisée couramment pour des fresques. Il s'agit d'une commande de son protecteur, le cardinal Francesco Maria del Monte.

Le cardinal del Monte achète la « Villa Pinciana » en 1596[1]. Contraint de la céder dès l'année suivante, il parvient toutefois à la racheter en 1599[2]. Ce n'est qu'en 1621 que la maison entre en possession de la famille Ludovisi[3], d'où son nom actuel de « casino Ludovisi » (un casino désignant un pavillon)[2].

L’œuvre orne la voûte d'une petite pièce qu'emploie le cardinal pour ses expériences d'alchimie[2]. Elle est sans doute réalisée en 1599[4]. Bellori la cite dès le XVIIe siècle, en soulignant le tour de force technique que tente Caravage dans ces raccourcis anatomiques ; il souligne également que la peinture à fresque est pour lui une pratique tout à fait inédite[1]. Toutefois, après des siècles d'oubli, il faut attendre 1969 pour qu'elle soit redécouverte puis attribuée à Caravage ; malgré certains débats après cette redécouverte, il n'existe plus guère de contestation désormais quant à l'attribution au peintre lombard[2]. En dépit de cette longue période d'indifférence, la pièce est en bon état de conservation. Elle bénéficie d'une restauration en 1990[3].

Description[modifier | modifier le code]

La fresque, de forme rectangulaire, met en scène trois divinités antiques au milieu d'un ciel couvert de nuages et entourant un globe terrestre : Jupiter d'un côté, Neptune et Pluton de l'autre. Tous trois sont vus du dessous comme s'ils se tenaient en lévitation dans les airs ; Neptune et Pluton se tiennent debout mais Jupiter est représenté assis sur son aigle. Ils se ressemblent comme des frères (ils sont, de fait, tous trois fils de Chronos) ; par ailleurs, ils ne sont pas sans évoquer la figure du Bacchus des Offices dans leur « robuste virilité »[1].

Les effets de perspective sont particulièrement hardis[1], tout comme l'est la vue inhabituelle sur l'entrejambe de Pluton, qui fut longtemps masquée par un voilage pudique rajouté par un autre peintre[3]. Chacun de ces personnages est associé à un animal : l'aigle pour Jupiter, le cheval marin pour Neptune et Cerbère, le chien à trois têtes, pour Pluton. Mais au-delà de ces trois attributs assez classiques, l'iconographie de l’œuvre est assez énigmatique et renvoie à de complexes principes alchimiques[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Moir 1994, p. 11 (hors-texte).
  2. a, b, c, d et e Vordet 2010, p. 80.
  3. a, b et c (it) Lauretta Colonnelli, « Il principe Nicolò Ludovisi: «Nemmeno io lo conoscevo» », Corriere della Sera, (consulté le 22 octobre 2017).
  4. Ebert-Schifferer 2009, p. 289.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sybille Ebert-Schifferer (trad. de l'allemand par V. de Bermond et J-L Muller), Caravage, éditions Hazan, , 319 p. (ISBN 978-2-7541-0399-2).
  • Alfred Moir (trad. de l'anglais par A.-M. Soulac), Caravage, éditions Cercle d'art, coll. « Points cardinaux », (1re éd. 1989), 40 hors-texte + 52 p. (ISBN 2-7022-0376-0).
  • Rossella Vodret (trad. de l'italien par Jérôme Nicolas, Claude Sophie Mazéas et Silvia Bonucci), Caravage : l’œuvre complet [« Caravaggio. L'opera completa »], Silvana Editoriale, , 215 p. (ISBN 978-88-366-1722-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]