La Nativité avec saint François et saint Laurent

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La Nativité avec saint François et saint Laurent
Caravaggio-Nativity(1600).jpg
Artiste
Date
Type
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
298 × 197 cm
Mouvement
Collections
Localisation
Commentaire
volé en 1969

La Nativité avec saint François et saint Laurent est un tableau de Caravage vraisemblablement peint en 1609 et conservé jusqu'en 1969 à l'oratoire San Lorenzo de Palerme en Sicile, date à laquelle il est volé et reste depuis introuvable. La Mafia sicilienne est fortement soupçonnée d'avoir commandité le vol.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette Nativité est probablement réalisée en 1609[1], ce qui l'assimile donc à la toute dernière partie de la carrière de Caravage qui meurt en 1610.

L'œuvre est volée dans la nuit du 17 au [a], la toile grossièrement découpée de son cadre à l'aide d'un couteau. Elle n'a depuis pas été retrouvée. L'hypothèse d'un vol commis par la Mafia sicilienne, et ayant entraîné la destruction de la toile, est aujourd'hui fortement privilégiée[3]. Malgré les efforts des autorités italiennes et la création en 1969 d'une brigade de police spécialisée dans la recherche d’œuvres d'art volées — l'année même du vol de la Nativité — la piste du tableau est perdue au début des années 1980[4]. La police aurait d'abord eu connaissance du nom des voleurs et de la famille mafieuse responsable du recel, mais une guerre entre familles mafieuses aurait ensuite fait perdre la trace de l’œuvre. Bien qu'un informateur de la Mafia ait déclaré que le tableau a disparu, dévoré par des rats, la police italienne indique en 2017 qu'elle maintient ses efforts de recherche[4].

À défaut de retrouver l'original, les autorités italiennes s'emploient à en compenser l'absence : en 2015, un vaste projet artistique et technologique voit le jour lorsqu'une reproduction numérique ultra-détaillée du tableau est révélée au public, à l'emplacement exact d'où l'original avait disparu[5],[6]. Un documentaire filmé sort en 2016, titré « Operazione Caravaggio » qui raconte l'histoire du tableau ainsi que de sa copie moderne[7].

Description[modifier | modifier le code]

Caravage compose un tableau à sept personnages, avec au centre la Vierge Marie qui contemple son enfant nouveau-né, allongé devant elle sur de la paille recouverte d'un linge blanc. Au-dessus d'eux, un ange volant porte une bannière qui annonce en latin « Gloria in Eccelsis Deo », ce qui signifie « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » selon la traduction liturgique actuelle ; l'ange établit avec ses mains un lien direct entre le Dieu des cieux et le Christ terrestre, lien qui s'établit grâce à Marie selon le canon théologique chrétien[8].

Un jeune homme blond est assis au premier plan, la tête tournée vers la droite comme s'il conversait avec un vieil homme à l'air un peu interloqué, qui semble être identifiable à Joseph[8]. Les deux autres personnages qui encadrent la Vierge et son enfant sont saint François à droite, en robe de bure, et saint Laurent à gauche en tenue de diacre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans son catalogue, John T.Spike mentionne la date du 17 au 18 septembre et non pas octobre[2], ce qui constitue vraisemblablement une erreur de sa part.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Spike 2010, p. 376-378.
  2. Spike 2010, p. 377.
  3. (en) Jonathan Jones, « The masterpiece that may never be seen again », sur Guardian.com, (consulté le 2 janvier 2014) ; version abrégée en français du Courrier international : Reverra-t-on un jour "La Nativité" du Caravage ?.
  4. a et b (en) Sylvia Poggioli, « For Italy's Art Police, An Ongoing Fight Against Pillage Of Priceless Works », sur NPR.
  5. (it) Felice Cavallaro, « Palermo, «Operazione Caravaggio»: l’opera trafugata torna a splendere », sur Corriere della Sera (consulté le 18 novembre 2018)
  6. (en) Nick Squires, « How a long-lost Caravaggio masterpiece was recreated, nearly 50 years after it was stolen », sur The Telegraph (consulté le 18 novembre 2018)
  7. (en) « Mystery of the Lost Caravaggio », sur IMDb (consulté le 18 novembre 2018)
  8. a et b Spike 2010, p. 378.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]