Bacchus (Le Caravage)

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Bacchus
Caravaggio - Bacco adolescente - Google Art Project.jpg
Artiste
Date
années 1590 ?
Type
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
95 × 85 cm
Mouvement
Collection
Musée des Offices (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
N° d’inventaire
5312Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Bacchus (en italien Bacco) est un tableau de Caravage conservé à la galerie des Offices de Florence. Il a été peint à la fin du XVIe siècle, mais les experts sont partagés sur la date précise.

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période romaine de Caravage.

Aucune source d'époque n'atteste avec précision du moment de la création du tableau, ni de l'identité de son commanditaire — si tant est qu'il y en eût un : ce vide documentaire mène à de nombreux débats de datation entre historiens de l'art depuis la redécouverte de l’œuvre en 1916 par l'historien de l'art Roberto Longhi[1],[2]. Son collègue Matteo Marangoni avait préalablement extrait cette toile en 1913 dans les réserves du musée des Offices, mais l'avait alors considérée comme une copie[3],[4].

La date de réalisation n'est donc pas du tout certaine : selon divers spécialistes, elle est datée entre 1593 et 1594[5], vers 1596-1597[6],[7], voire jusqu'en 1602[8],[9]. Quoi qu'il en soit, ce Bacchus appartient à la période romaine de Caravage et plus précisément à ce qu'on qualifie parfois de « période del Monte », c'est-à-dire la deuxième moitié des années 1590[10] ; un relatif consensus entre experts maintient une date de réalisation antérieure à l'année 1600[11]. Le musée des Offices qui le conserve (sous le titre italien Bacco) indique une réalisation vers 1598[12]. Ce n'est qu'en 1618, soit huit ans après la mort de l'artiste, que la toile est achetée à Rome pour le compte de Cosme II de Médicis, alors grand-duc de Toscane[13]. Dès lors, elle reste définitivement en possession de la famille Médicis, ce qui explique sa présence dans le musée des Offices à Florence[4].

Description[modifier | modifier le code]

Le sujet est classique (le Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, ici dans sa version romaine), dieu païen, couronné de pampres de vigne, drapé à l'antique, une épaule dénudée, allongé et accoudé sur sa klinê. Devant lui une corbeille de fruits, certains gâtés. Bacchus le regard absent, lèvres charnues, sourcils épilés soulignés au crayon, tient, de la main gauche (aux doigts sales), un cratère par son pied cristallin, rempli de vin parcouru de vaguelettes. Bacchus tient de la main droite un ruban de velours. La carafe, d'où vient ce vin, est représentée à la gauche du tableau ; des bulles sont représentées ainsi que le reflet du peintre à son ouvrage.

Analyse[modifier | modifier le code]

Tout dans cette composition appuie la symbolique du renouveau de la végétation et de l'ivresse mystique : le vin, les feuilles de vigne de la coiffe, la corbeille de fruits et de feuilles, certains gâtés, la mine alanguie du personnage divin (incarné par le modèle habituel de cette époque Mario Minniti)[2]. La sophistication de cet ensemble provient probablement de la jeunesse du peintre inspirée au contact de l'érudit qu'est son protecteur, le cardinal del Monte[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Spike 2010, p. 84-85.
  2. a et b Salvy 2008, p. 83-84.
  3. a et b Hilaire 1995, p. 22.
  4. a et b Spike 2010, p. 84.
  5. Ebert-Schifferer 2009, p. 286.
  6. Lambert 2004, p. 11.
  7. Frèches 1995, p. 153.
  8. Moir 1994, p. hors-texte n°10.
  9. Cappelletti 2008, p. 53.
  10. Puglisi 2005, p. 87.
  11. Spike 2010, p. 86.
  12. (it) « Bacco », sur Galerie des Offices.
  13. Puglisi 2005, p. 102.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francesca Cappelletti (trad. Centre International d'Études Linguistiques), Le Caravage et les caravagesques, Le Figaro, coll. « Les Grands Maîtres de l'Art », , 335 p. (ISBN 978-2-8105-0023-9).
  • Sybille Ebert-Schifferer, Caravage, Paris, éditions Hazan, (ISBN 978-2-7541-0399-2).
  • José Frèches, Le Caravage : Peintre et assassin, Gallimard, , 159 p. (ISBN 978-2-07-043913-3).
  • Michel Hilaire, Caravage, le Sacré et la Vie : 33 tableaux expliqués, Herscher, coll. « Le Musée miniature », (ISBN 2-7335-0251-4).
  • Gilles Lambert, Caravage, Taschen, , 96 p. (ISBN 978-3-8365-2380-6).
  • Alfred Moir (trad. Anne-Marie Soulac), Caravage, Paris, Cercle d'art, (1re éd. 1989) (ISBN 2-7022-0376-0).
  • Catherine Puglisi (trad. de l'anglais par D.-A. Canal), Caravage, Paris, Phaidon, (1re éd. 1998), 448 p. (ISBN 978-0-7148-9995-4), 1re éd. française 2005, réimp. brochée 2007.
  • Gérard-Julien Salvy, Le Caravage, Gallimard, coll. « Folio », (ISBN 978-2-07-034131-3).
  • (en) John T. Spike, Caravaggio, New York, Abbeville Press, (1re éd. 2001), 623 p. (ISBN 978-0-7892-1059-3, lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]