La Morte

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La Morte
La Morte
Vue générale du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Oisans-Romanche
Intercommunalité Communauté de communes de la Matheysine
Maire
Mandat
Raymond Maslo
2014-2020
Code postal 38350
Code commune 38264
Démographie
Gentilé Mortillons
Population
municipale
133 hab. (2015 en diminution de 14,74 % par rapport à 2010)
Densité 6,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 01′ 50″ nord, 5° 51′ 24″ est
Altitude Min. 1 063 m
Max. 2 653 m
Superficie 19,45 km2
Localisation

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Liens
Site web www.mairielamorte.fr

La Morte est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La station de ski de cette commune s'appelle L'Alpe du Grand Serre.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Morte appartient, géographiquement, à une aire appelée Matheysine. La commune est située dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, au sud-est du département de l'Isère. La superficie de la commune est de 1 945 hectares et l'altitude varie de1 063 à 2 653 mètres.

La commune se trouve à 20 km au nord de Valbonnais, chef-lieu de canton, et à 33 km au sud-est de la préfecture, Grenoble. Elle se situe à 613 km de Paris.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, quelques bergers vinrent se fixer à La Morte avec leurs troupeaux. Pour les attacher au sol, le dauphin Guigues V, le leur abandonna. En 1250, Guigues VII fixa les limites du territoire et l'albergea aux habitants (20 livres par an et 4 quinteaux de fromage), acte confirmé par le dauphin Jean II en 1318. La communauté de La Morte fera partie du mandement de Vizille et dépendra des seigneurs de Vizille.

La Morte n'est pas une paroisse et dépend au Moyen Âge de Lavaldens. Et depuis la fin du XVIIe siècle de Moulin-Vieux (hameau de Lavaldens) où se trouvent l'église et le cimetière.

Au XVe et XVIIe siècles, les habitants du mandement de La Mure, alors très déboisé, s'approvisionnaient en bois de construction et de chauffage dans les forêts de La Morte. Les habitants du lieu se plaignaient des agissements des Matheysins. Les sapins de La Morte étaient considérés d'une qualité nettement supérieure.

En 1250, le dauphin Humbert Ier permit à l'abbaye de Saint-Pierre d'Izeaux de faire paître ses troupeaux sur une partie de la montagne de Prévourey. Abusant de cette autorisation, l'abbaye envoya des troupeaux sur toutes les montagnes de la communauté qui s'en plaignit au dauphin. Les titres d'albergement disparus dans un incendie furent renouvelés en 1318, mais les discussions reprirent avec l'abbaye transférée à Beaurepaire. Un procès s'ensuivit et se termina pendant la Révolution à l'avantage de La Morte. 500 ans de vexations s'achevaient.

Les habitants eurent aussi des démêlés avec l'hospice de La Mure au sujet de la montagne de Romayoux, enclavée dans celles de La Morte et ayant appartenu aux chevaliers de Malte. Ils voulaient l'acquérir, mais elle fut cédée, malgré leur opposition, à l'hospice en 1805.

Monuments aux Fusillés de La Morte

Des maquisards prennent les armes en 1944 et se cachent dans les montagnes des alentours, notamment autour du Lac du Poursollet, dans la commune voisine de Livet-et-Gavet. Une intervention allemande, en août 1944, entraîne la mort d'un grand nombre de maquisards dont la plupart sont tués au combat ou fusillés. 8 d'entre eux seront exécutés par les soldats allemands au centre du village de La Morte le 13 août 1944. Une stèle fut depuis érigée sur les lieux de leur assassinat.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de La Morte
École Publique de La Morte
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1794 Christople Poncet    
1794 1795 Pierre Clavel    
1796 1797 Christople Poncet    
1797 1800 Joseph Cret    
1800 1808 Antoine Clavel    
1808 1808 Joseph Cret    
1809 1815 Pierre Clavel    
1816 1817 Antoine Mazet    
1818 1820 Pierre André Poncet    
1819 1822 Jean Baptiste Moura    
1822 1827 Joseph Mistral    
1828 1828 Joseph Chamba    
1829 1832 Joseph Cret    
1832 1835 Jean Vincent    
1835 1838 Jean Carron    
1838 1840 François Poncet    
1841 1846 Jean Carron    
1846 1848 Jean Baptiste Borel    
1848 1865 Antoine Roux    
1865 1870 Joseph Cret    
1870 1876 Hippolyte Roux    
1876 1879 Pierre Antoine Clavel    
1880 1880 Pierre Hippolyte Poncet    
1881 1884 Michel Mourard    
1885 1887 Hippolyte Poncet    
1888 1892 Eugène Cret    
1893 1895 Hippolyte Poncet    
1896 1900 Hippolyte Vincent    
1900 1907 Eugène Bruyat    
1908 1911 Maurice Poncet    
1912 1919 Hippolyte Vincent    
1920 1925 Antoine Rostaing    
1925 1929 Michel Elie Mistral    
1929 1935 Félicien Roux    
1935 1972 Paul Mistral SFIO puis PS Sénateur de l'Isère de 1955 à 1981, et conseiller général du canton de Valbonnais (1945-1979)
1972 1983 Roger Fayolle DVG  
1983 1989 Louis Desmoullins DVD  
1989 2001 Roger Vincent DVD Restaurateur
2001 2012 Alain Mistral PS Conseiller général du canton de Valbonnais (2004-2015)
2012 2014 Guy Abonnel    
2014 en cours Raymond Maslo SE  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[2].

En 2015, la commune comptait 133 habitants[Note 1], en diminution de 14,74 % par rapport à 2010 (Isère : +3,7 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
262187249343371318322298273
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
263270261253239238215215209
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
21623016616014911711811176
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 2015
6769120142130140155136133
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • La chapelle Sainte-Anne du Désert
Chapelle Sainte-Anne du Désert.
Autel de la chapelle.

Depuis le Moyen Âge, lorsque les pluies se faisaient rares, les habitants de La Morte organisaient des processions à travers la montagne du Grand Serre, la bannière en tête, afin de faire tomber la pluie.

Et souvent, la pluie arrivait pour arroser les pâturages…

Mais le curé de la paroisse officiait pour les messes, baptêmes, mariages et sépultures dans l'église de Moulin Vieux, sous le vocable de Saint-Antoine, succursale de la paroisse de Lavaldens.

Aujourd'hui, cette chapelle est un lieu de prières, où les habitants du village aiment se recueillir.

C'est devant cette chapelle que l'on passe pour atteindre le lieu-dit de Combe du Lacca, où des maisons étaient encore habitées il y a moins d'un siècle. Aujourd'hui la forêt a pris possession des pâturages.

Le hameau du Désert, le plus important hameau de La Morte, contemple Le Grand Serre qui culmine à 2 141 m d'altitude.

  • Le hameau de la Scie
maison de la Scie en 1905.
Scierie Veysselier à La Morte en 1905.

C'est au pied de la cascade du torrent descendant des lacs de Prévourey et du Brouffier, qu'ont été construites, il y a plusieurs siècles, la maison où habitaient les familles Pourreau et Veysselier. La scierie était exploitée en ce temps là par Antoine Veysselier, qui était également garde-chasse des forêts communales. Elle lui provenait de son père Hippolyte et Antoine Veysselier l'a transmise à son fils Eugène.

Aujourd'hui, ces bâtiments sont toujours habités, et la scierie possède encore sa turbine Pelton, ainsi que sa conduite d'arrivée d'eau, prise dans la cascade.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Paul Mistral est né à La Morte le . Il était le fils de Hyppolite Mistral et de Julie Pauline Roux. Il est élu maire de Grenoble en 1919 et remplit cette fonction jusqu'à son décès en 1932. Il fut également député de l'Isère de 1910 à 1932.

Il est le fondateur de la "cité-jardins" qui porte son nom en 1931.

  • Marius Roux-Renard, peintre provençal, séjourne à partir de 1908 dans le village et y peint plusieurs tableaux représentants les habitants et les paysages locaux[5]. Il découvre La Morte par l'intermédiaire de son ami Georges Manquat et est initié à l'alpinisme par le guide du village et garde-chasse d'alors, Antoine Veysselier.

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1938, pour accéder à La Morte, il fallait passer par La Mure. À partir de 1938, une route nouvelle, la D 114, permet d'accéder directement de Séchilienne à La Morte.

Sports[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  2. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  5. Georges Manquat, Récits de chasse et d'alpinisme au Taillefer et en Oisans (1977), Editions Didier et Richard, Grenoble, page 55

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danièle Vuarchex, Roizonne, histoire illustrée de la vallée du mandatement de Rattier éd. auteur 2013
  • Ascension du pic du Taillefer (Massif de l'Oisans) par Séchilienne et La Morte, par Laffrey et le Sappey, par La Paute et Ornon et par La Paute et Oulles-en-Oisans avec indication des divers itinéraires, Grenoble, Xavier Drevet 1884.
  • André Allix, Un pays de haute montagne : L'Oisans, étude géographique, Thèse de l'auteur, éd. Armand Colin, 1928, réédition Laffitte Reprint, 1975
  • Georges Manquat, Récits de chasse et d'alpinisme au Taillefer et en Oisans, éd. Didier Richard, 1977
  • Le Petit Écho de l'Alpe Matheysine, revue de la section de la Mure du Club Alpin français, depuis 1975
  • Collectif, Randonnées et richesse du massif du Taillefer (Isère) et son complément Le massif du Taillefer, un site exceptionnel à protéger, ADQVRM 1993
  • Isère-Nature, Spécial Taillefer no 250, mars 2004
  • Conseil Général de l'Isère, Patrimoine en l'Isère : Valbonnais, Matheysine, Beaumont, Pays de Corps, 2006, Grenoble
  • Pierre Barnola et Danièle Vuarchex, Noms de lieux, quelle histoire, éd. Auteurs et les Amis du musée matheysin, La Mure, 2008
  • Bernard François, Les Enfants trouvés du Dauphiné, éd. de Belledonne, Grenoble 2008
  • Les Amis du musée matheysin La Mure, Mémoires d'Obiou - Beaumont, Matheysine, Valbonnais, le dix-huitième numéro de cette revue est paru en 2013
  • Jeanne Bouchet, La vallée de la Roizonne en Taillefer. enquête économique. In Revue de géographie alpine tome 16 n° 1 1928
  • Lucette Félix-Mallet, Lavaldens et La Morte, images d'autrefois avec un bref regard sur les temps médiévaux éd. auteur 1985 réédition en 2005
  • Victor Bettega, Mathésine - Valbonnais, microtoponymie des communes des cantons de La Mure et de Valbonnais (Isère) éd auteur 1997
  • René Reymond, Mystères et curiosités de l'histoire dans les communes des cantons de ...Valbonnais... édit. auteur 1991
  • René Reymond, Enigmes, curiosités, singularités, l'insolite et le fantastique dans les communes des cantons de...Valbonnais... éd. auteur 1991
  • René Reymond, L'insolite et images du passé dans les communes du canton de ...Valbonnais...éd. auteur 1989
  • et aussi Latcho drom, carnet de voyages des enfants de l'école de La Morte (maternelle au CM2) Année scolaire 2009 - 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

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