Humbert Ier de Viennois

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Humbert Ier de Viennois
Grenoble - musée de l'ancien évêché - Humbert Ier.JPG
Buste de Humbert Ier
Fonctions
Liste des comtes d'Albon puis dauphins de Viennois
-
Baron
Baronnie de Coligny
Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Conjoint
Anne d'Albon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants

Humbert Ier, dit Humbert de la Tour du Pin, puis Humbert Ier de Viennois, né vers 1240, mort le , est issu de la puissante maison des sires de la Tour. Il fut d'abord baron de la Tour et de Coligny avant de devenir, par mariage, dauphin de Viennois de 1282 à 1306.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils d'Albert III de La Tour-du-Pin, et de Béatrice de Coligny. Sa mère était elle-même fille d'Hugues Ier, seigneur de Coligny-le-Neuf, et de Béatrice d'Albon, dauphine de Viennois.

Le 1er septembre 1273, il épouse Anne d'Albon[1] (nommée aussi Anne de Bourgogne) (1255-1298), fille de Guigues VII du Viennois (1225-1269), dauphin de Viennois et de Béatrice de Faucigny (1234-1310)[2].

Humbert devient ainsi dauphin, en 1282, à la mort de son beau-frère Jean Ier[3] et contribue à l'élargissement du Dauphiné en intégrant sa baronnie de La Tour, ce qui coupe les communications entre la Bresse et la Savoie, deux domaines du comte de Savoie. Ne pouvant tolérer cette nouvelle entrave, le comte Philippe Ier de Savoie entre en guerre ouverte avec son voisin en 1282. Cette guerre, comme la plupart des conflits médiévaux, n'est qu'une succession de chevauchées, terme consacré pour désigner des incursions en territoire ennemi destinées à ravager les récoltes et semer la terreur parmi les habitants.

Les mandements du Haut Grésivaudan sont touchés dès l'avènement d'Humbert par une succession de chevauchées savoyardes : Avalon est attaqué en août mais la défense héroïque d'une compagnie d'arbalétriers grenoblois empêche sa prise. Ce bourg frontalier est à nouveau attaqué à deux reprises dans la semaine précédant la Toussaint. Tous les moulins sont détruits. Cette même semaine, Bellecombe est attaqué. Enfin en décembre, Louis, second neveu du comte Philippe, accompagné de 48 cavaliers assiège sans succès le château de la Buissière et ne rentre qu'avec 6 prisonniers. Cette guerre s'achèvera en 1286 par le traité de Paris.

Cette même année le châtelain de Bellecombe, Aimeric de Briançon, est pressé par le comte de Savoie pour lui rendre hommage, ce qu'il fait. Cela signifie que le mandement de La Buissière et son château redeviennent la première ligne de défense du domaine delphinal sur la rive droite. Ne pouvant accepter cet empiétement sur ses terres, Humbert Ier propose un habile marché à Aimeric consistant à l'échange de son mandement de Bellecombe contre celui de Varces, ce qu'il accepte en 1289. Bellecombe devient ainsi définitivement Dauphinois, pour la plus grande fureur du comte de Savoie, Amédée le Grand.

Décidé à se venger, celui-ci attaque et détruit le bourg de Bellecombe, passant ses habitants au fil de l'épée. Poursuivant sa chevauchée en Grésivaudan, brûlant les granges et les maisons qu'il rencontre, il met le siège devant le château de La Terrasse défendu par le châtelain Hugues d'Arces. L'assaut dure une journée entière mais il échoue, laissant de nombreux soldats morts. Battant en retraite, il incendie Barraux et rase le donjon Dauphinois qui était construit à l'emplacement de l'actuel Fort Barraux. Ce dernier acte de vengeance le perdra, car le temps passé à la démolition du donjon est mis à profit par Humbert Ier qui, ayant réuni une petite armée de secours composée notamment de nobles et chevaliers de La Buissière, vient lui tendre une embuscade dans le bois de Servette entre Barraux et Chapareillan. Laissant passer l'avant garde savoyarde, il tombe sur le restant des troupes d'Amédée qu'il met en déroute, en tuant un grand nombre et faisant une multitude de prisonniers. En 1285[1], il reconnaît la suzeraineté du duc de Bourgogne sur le Revermont et s'engage à lui verser en quatre fois la somme de 20 000 livres. Il abandonne au comte de Savoie, Buenc (Hautecourt-Romanèche) et des terres situées dans le Grésivaudan et dans le Viennois.

Après une trêve en avril 1286[4], il reprend le conflit peu de temps après en mettant en place une nouvelle coalition avec l'évêque de Genève, Robert, son neveu, le comte de Genève, Amédée II contre le comte Amédée V de Savoie[5],[6],[7]. Le comte de Savoie s'empare de la ville de Genève[8]. Un traité est signé entre le comte et ses ennemis à Annemasse le 18 novembre[8],[9]. Le Dauphin se voit obligé de prêter serment au comte de Savoie pour la seigneurie de la Tour du Pin[8],[9]. Cet accord, devant traiter de la rupture de fidélité entre hauts personnages, a demandé l'intervention de cinq docteurs en droit de l'université de Bologne[9].

Ce conflit prend fin en 1293 par le traité de Saint Jean de Moirans.

Pour avoir entrepris des expéditions guerrières contre le comte de Savoie et avoir accablé ses sujets de péages abusifs, Humbert tombera sous le coup d'une triple excommunication. Ceci ne l'empêchera pas de finir sa vie à la chartreuse de Val Ste Marie en 1306 en laissant le pouvoir à son fils Jean.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Il épouse, le 31 août 1273, Anne de Bourgogne, fille du dauphin de Viennois Guigues VII et de Béatrice de Faucigny. Ils eurent dix enfants :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle est qualifiée de dame de Servoz et de Saint-Michel du Lac en 1341[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), collection Histoire et Archéologie médiévales n°14, Presses universitaires de Lyon, Lyon, 2005, (ISBN 272970762X), p. 23.
  2. Nicolas Carrier, Matthieu de La Corbière, Entre Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Librairie Droz, , 401 p. (ISBN 978-2-8844-2019-8), p. Introduction.
  3. Nicolas Carrier, La vie montagnarde en Faucigny à la fin du Moyen Âge, Éditions L'Harmattan, , 620 p. (ISBN 978-2-7475-1592-4), p. 36.
  4. Trêve du (REG 0/0/1/1234).
  5. Réjane Brondy, Bernard Demotz, Jean-Pierre Leguay, Histoire de Savoie - La Savoie de l'an mil à la Réforme, XIe-début XVIe siècle, Ouest France Université, , 626 p. (ISBN 2-85882-536-X), p. 144
  6. Alfred Dufour, Histoire de Genève, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », (lire en ligne), p. 202.
  7. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p., p. 81.
  8. a b et c Guy Gavard (préf. Paul Guichonnet), Histoire d'Annemasse et des communes voisines : les relations avec Genève de l'époque romaine à l'an 2000, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », (ISBN 978-2-8420-6342-9, présentation en ligne), p. 68.
  9. a b et c Gérard Giordanengo, « Consultations juridiques de la région dauphinoise (XIIIe-XIVe siècles) », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. GXXIX,‎ , p. 49-81 (54) (lire en ligne) (Article sur persee.fr).
  10. Acte du publié dans le Régeste genevois (1866), consultabe en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/1647).
  11. Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 254
  12. Lucien Guy, « Les anciens châteaux du Faucigny », Mémoires & documents, vol. 47,‎ , p. 206 (lire en ligne).