Ambel (Isère)

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Ambel
Ambel (Isère)
La vallée de la Souloise et le Dévoluy vus depuis Ambel.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Matheysine-Trièves
Intercommunalité Communauté de communes de la Matheysine
Maire
Mandat
Jean-Claude Abert
2014-2020
Code postal 38970
Code commune 38008
Démographie
Gentilé Ambellons
Population
municipale
25 hab. (2016 en augmentation de 19,05 % par rapport à 2011)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 48′ 21″ nord, 5° 55′ 52″ est
Altitude Min. 735 m
Max. 1 596 m
Superficie km2
Localisation

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Ambel est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les Ambellons (Ambellonnes).

C'est l'une des communes les moins peuplées du département[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le site d'Ambel, côté Souloise.

Ambel est située à l'extrême sud du département de l'Isère, dans la région du Beaumont, sur un petit plateau prolongeant au nord la montagne de Faraud, bord oriental du massif du Dévoluy, entre le Drac au nord-est et la Souloise à l'ouest.

Ambel domine le lac du Sautet formé par un barrage situé à 1 kilomètre au nord du village, et qui barre les deux rivières entourant la commune. Le plateau d'Ambel est l'un des résidus d'une ancienne plaine alluviale créée par un verrou glaciaire situé à l'emplacement du barrage actuel, et recreusée depuis par le Drac et la Souloise. Corps, à l'est, et Pellafol, à l'ouest, sont situés sur les bords latéraux de cette ancienne plaine, à la même altitude qu'Ambel, ce qui donne au paysage local un aspect particulier, les trois villages se faisant face mais par-dessus des gorges aujourd'hui partiellement noyées[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sus la forme in Ambellis en 739, du nom de personne latin Ambillus utilisé exceptionnellement sans suffixe[3].

Autre hypothèse : Ambel tiendrait son nom de la racine latine amb-, c'est-à-dire « des deux côtés », référence à la position géographique du village sur un promontoire entre la vallée de la Souloise et celle du Drac : Ambilis in Taraone en bas-latin, Hembel ou Hembellum au XVe siècle[4], mais cette étymologie ne repose sur rien et n'explique pas la terminaison -el.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des seigneurs possédant château à Ambel existaient déjà à la fin du VIIIe siècle. Ardradus, fils de Bysardon, eut pour fils Eldrade (781-844 ?) qui se fit moine et céda tous ses droits à l'abbaye de la Novalaise, dans le Piémont italien.

Les Sarrasins détruisirent tout dans les premières années du Xe siècle. Ambel se trouva dans le comté de Provence libéré en l'an 973, puis dans celui de Forcalquier en 1054, puis en Dauphiné en 1209. Lors de la création des mandements vers 1250, Ambel fit partie de celui de Corps[5].

L'église d'Ambel est mentionnée en 1152[6].

La seigneurie d'Ambel, composée des deux paroisses d'Ambel et du Monestier, a été créée le 11 mars 1315, par démembrement du mandement de Corps, au profit de Pierre d'Ambel et « en tant que de besoin » de son frère Humbert. Pierre avait, par concession du Dauphin, les droits de juridication haute, moyenne et basse sur Ambel. La seigneurie se transmit dans la famille d'Ambel sur quatre générations jusqu'à la mort de Raymond III aux environs de 1445. Son fils ainé Étienne étant décédé dix ans auparavant, Raymond ne laissait que des filles ; la loi salique ne s'appliquant pas en terre dauphinoise, l'aînée, Burguette, devint dame d'Ambel, et son mari Raymond de la Villette seigneur « du chef de sa femme » jusqu'au décès de celle-ci. En 1470, leurs deux fils Jean et Aymar de la Villette, devenus coseigneurs d'Ambel à la mort de leur mère, vendirent la seigneurie à Jean de Bonne[7], dont le fils aîné Pierre céda en 1500 à son frère Reynaud ses droits sur le Monestier, qui devint dès lors une seigneurie distincte[5].

La seigneurie d'Ambel, désormais réduite à la seule paroisse d'Ambel, fut vendue par Pierre de Bonne à Guillaume de Viennois en 1504. Les Viennois étaient catholiques. Les guerres de religion firent rage à Ambel, dont le village fut ruiné et le château pris et repris cinq fois entre 1562 et 1577. En 1578, Lesdiguières ayant assiégé Ambel, Gordes[8] le délogea, mais Lesdiguières revint et reprit le château[9]. Pierre III de Poligny racheta la seigneurie aux Viennois en 1617, et la revendit à Jean Achard aux environs de 1645. Antoine Achard, neveu et héritier de Jean, ayant émigré en 1867, son fief lui fut confisqué, et attribué à son fils mineur Judéon. Pierre Achard, fils de Judéon, transmit à son cousin et fils adoptif Richard Gautier. Marc-Richard, fils de ce dernier, fut dépossédé par la Révolution[5].

En 1790, la commune fut, comme ses voisines, intégrée tout d'abord au département des Hautes-Alpes[10], puis quelques années plus tard au département de l'Isère, dans le canton de Corps.

En 1801, Ambel fut à nouveau commune et séparé de Monestier-d'Ambel[6].

La mise en eau du barrage du Sautet en 1935 sépara physiquement Ambel de Corps et de Pellafol, obligeant à de longs détours pour joindre ces communes pourtant limitrophes. Une liaison par bac fut essayée, mais abandonnée après un chavirage.

Les seigneurs de la famille d'Ambel[modifier | modifier le code]

(les dates, trop incertaines, ne sont pas données)

  • Pierre, créé seigneur par le dauphin en 1315 (Pierre I), et Humbert, son frère, seigneur « en tant que de besoin »
  • Raymond, fils de Pierre I (Raymond I), et Pierre, dit Perret, son frère (Pierre II), coseigneurs
  • Henri, fils de Raymond I, et Raymond, son frère (Raymond II), coseigneurs
  • Aymar, fils d'Henri, seigneur, sans descendance
  • Raymond, neveu d'Henri et de Raymond II (Raymond III), seigneur, décédé sans descendant mâle en 1445 (date incertaine)[11].

Durant les guerres de religion, un Étienne d'Ambel, protestant, dont la parenté avec les précédents n'est pas établie, est brièvement seigneur d'Ambel[12].

Armoiries[modifier | modifier le code]

D'or au moulin de deux tours jointes d'argent portillées et fenestrées de sable, la senestre couverte et inférieure à la dextre carrée, posé sur quatre ailes en croix de gueules, bâti sur une motte de sinople[13].

La succession de Raymond III[modifier | modifier le code]

Raymond a eu cinq enfants, mais son seul fils, l'aîné des cinq, est décédé avant son père. À la mort de celui-ci, la branche aînée des Ambel s'est donc éteinte, et l'aînée des filles, Burguette, transmit la seigneurie d'Ambel à ses enfants. Les trois autres sœurs, Clémence, Lantelme et Catherine, héritèrent des terres du haut-Valgaudemar entrées dans la famille par le mariage de leur grand-oncle Henri avec Alix de Bonne. Les terres de Clémence restèrent connues jusqu'au milieu du XXe siècle comme « Clémence-d'Ambel ». Celles de Catherine passèrent à se fille Marguerite, dont le mari Guillaume Pérouse acheta les parts de Lantelme, constituant le territoire désormais dénommé « Guillaume-Pérouse »[14].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1796 (?) Claude Pascal    
    Pierre Faure    
1808 1814 Jean Pierre Helme    
1815 1821 Pierre Jamier    
1821 1826 Jean Pierre Helme    
1826 1830 Pierre Giraud   Maire par Intérim
1831 1837 Pierre Giraud    
1837 1841 Antoine Jamier    
1841 1847 Jean-André Helme    
1848 1863 Pierre Jamier    
1863 1871 Pierre Helme    
1871 1876 Jean Eymard    
1876 1878 Jean Bernard    
1878 1881 Jean Garçin    
1881 1884 Jean-Baptiste Giraud    
1884 1886 Jean Garçin    
1886 1892 Alphonse Pellegrin    
2001 En cours
(au 30 avril 2014)
Jean-Claude Abert DVG Retraité agricole

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[16].

En 2016, la commune comptait 25 habitants[Note 1], en augmentation de 19,05 % par rapport à 2011 (Isère : +3,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
139156152159173250241273289
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
280273230253258258253212176
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
16116313910010086774351
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
332627223822262619
2016 - - - - - - - -
25--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue de l'intérieur de l'église. Sur la gauche, une statue de saint Eldrade.
  • Sur la butte dominant le village, on devine les vestiges de l'ancien château fort.
  • Un peu plus bas, l’église Notre-Dame de la Nativité, du XIXe siècle, est modeste mais accueillante. Sur le parvis, une très belle vue sur le Dévoluy et le lac du Sautet (côté Souloise) dominé par l'Obiou.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

  • Randonnées et refuges de montagne

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les dix plus petits villages de l’Isère », Isère Magazine, n. 138, octobre 2013, p. 26.
  2. Pour une distance à vol d'oiseau inférieure à 2 kilomètres, il faut 10 kilomètres de (mauvaise) route pour aller d'Ambel à Pellafol, et pour aller à Corps, qui est le chef-lieu du canton, on transite par les Hautes-Alpes, la route directe ayant été noyée par le lac.
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, 1990, p. 640. (ISBN 2600028838)
  4. Jean Gueydan 2003, p. 111.
  5. a b et c Jean Gueydan 2003, p. 111-113.
  6. a et b Daniel Delattre et al., L'Isère - les 533 communes. Grandvilliers : Éditions Delattre, 2008. (ISBN 2-915907-40-4) EAN 9782915907407.
  7. François de Bonne, duc de Lesdiguières, sera un siècle plus tard descendant d'un cousin de ce Jean.
  8. « 101 personnages célèbres du Grésivaudan – Bertrand Raimbault de Simiane, baron de Gordes (1513-1578) », sur samuelhuet.com (consulté le 22 octobre 2012).
  9. P. Fisson & Auguste Vitu, Le Département de l'Isère, 1856, rééd. Les éditions du Bastion, Grenoble, 2000 (ISBN 2-7455-0078-3), p. 290.
  10. Cf. la carte du département des Hautes-Alpes extraite de l'Atlas national [de Dumez, an II], reproduite dans l'ouvrage Des hommes, une terre, une histoire... les Hautes-Alpes, publié par le CG05, sous la direction de Patricia Guyard, décembre 2002 (ISBN 2-86005-009-4), page 113.
  11. Jean Gueydan 2003, p. 112, 206-209.
  12. Jean Gueydan 2003, p. 210.
  13. Jean Gueydan 2003, p. 206.
  14. Jean Gueydan 2003, p. 208-209.
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Jean Gueydan, Les Seigneurs du Beaumont, éd. du Cosmogone, (ISBN 2-914238-40-1).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]