Inspection générale de l'Éducation nationale

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L'Inspection générale de l'Éducation nationale (IGEN) est un corps d'inspection placé auprès du ministre français de l'Éducation nationale. Sous l'autorité de la doyenne Anne Armand, 156 inspecteurs généraux y exercent (données 2016)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'IGEN est l'héritière de plusieurs services d'inspection antérieurs.

Le premier de ces services est l'inspection des lycées créée par Napoléon Bonaparte en 1802 pour surveiller l'enseignement dans les lycées. En 1833, François Guizot instaure une inspection de l'enseignement primaire, mais cette dernière n'a qu'un rôle temporaire.

En 1852, Napoléon III instaure par décret une inspection générale de l'Instruction publique qui comprend :

  • huit inspecteurs généraux pour l'enseignement supérieur ;
  • six inspecteurs pour les collèges et les lycées ;
  • deux inspecteurs pour l'enseignement primaire.

Peu à peu, le nombre d'inspecteurs s'est accru, notamment en raison de l'augmentation du nombre d'établissements d'enseignement primaire et secondaire. En revanche, pour renforcer l'autonomie de l'enseignement supérieur, le corps des inspecteurs généraux de l'enseignement supérieur est supprimé en 1888, mais des missions d'inspection au sein des établissements d'enseignement supérieur sont confiées à des membres du comité consultatif de l'enseignement jusqu'en 1912.

Dans les années 1830 est instituée une inspectrice générale des salles d'asile, appelée « déléguée générale » en 1837[2]. En 1886 est créée à la place une inspection générale des écoles maternelles. Le décret du 1er juin 1930 instaure une « inspection générale des école primaires élémentaire » dont les membres sont surnommés « les petits généraux »[3]. Elle fusionne avec la précédente au sein d'une « inspection générale de l'enseignement primaire » par le décret du 17 juin 1955.

Entre-temps, en 1921, apparaît l'inspection générale de l'enseignement technique.

L'Inspection générale de l'instruction publique prend le nom d'Inspection générale de l'Éducation nationale en 1980, sous le ministère Beullac. Les différents services cités sont ensuite unifiés par le statut du 9 novembre 1989.

Les inspecteurs généraux de l'Instruction publique ont eu longtemps pour mission principale l'inspection individuelle de tous les enseignants et chefs d'établissements, à l'exception des instituteurs. Dans les années 1960, l'augmentation importante du nombre des enseignants conduit les inspecteurs à venir de moins en moins souvent dans les classes, tout en les empêchant de développer des missions d'examen de l'ensemble du système éducatif[4]. C'est pour cela que sont institués en 1964 les inspecteurs pédagogiques régionaux, à qui est transférée progressivement, et presque totalement en 1989, la fonction d'évaluation individuelle des enseignants, hors classes supérieures des lycées.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'IGEN est un corps de 160 fonctionnaires environ régi par un décret du 9 novembre 1989 [5] dont les activités sont dirigées par un doyen. Ce dernier est nommé par arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale pour 5 ans et est assisté d'un adjoint et d'assesseurs.

Sauf ceux qui sont nommés pour une mission d'inspection globale, le plus souvent de courte durée, chaque inspecteur est rattaché à un groupe permanent ou disciplinaire. Chaque groupe disciplinaire est dirigé par un doyen. L'inspection comprend également un correspondant « non résident » dans chaque académie.

Le doyen de l'IGEN, son adjoint, les assesseurs, les doyens de chaque groupe et les correspondants académiques constituent le conseil de l'inspection générale.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Le recrutement des inspecteurs généraux de l'Éducation nationale se fait parmi les fonctionnaires de catégorie A titulaires du doctorat (nouveau régime), du doctorat d'État (ancien régime) ou de l'habilitation à diriger des recherches, ou parmi les agrégés (notamment professeurs de chaire supérieure), ou parmi les fonctionnaires ayant atteint l'indice brut 901. Les candidats doivent en outre justifier de 10 années de service dans l'Éducation nationale dont 5 d'enseignement.

En outre, jusqu'à un poste d'inspecteur général sur cinq peut être pourvu au tour extérieur[6],[7]. Selon les critiques dont elle est la cible, cette procédure, qui « s'apparente souvent à l'attribution de prébendes, et ne respecte même pas le socle de compétences minimales[8] », contribue à faire de l'IGEN comme des autres corps de contrôle « des usines à recaser les proches des politiques[8] », voire « un système institutionnalisé d’emplois fictifs, ou partiellement fictifs[6] ». En 2010, la Cour des comptes, reprenant une note du doyen de l'IGEN, relève « l'impossibilité d'adaptation » de cinq des douze inspecteurs généraux nommés au tour extérieur entre septembre 2002 et août 2008, du fait de leurs « insuffisances professionnelles »[6],[8].

Les IGEN sont nommés par décret en conseil des ministres pour ceux désignés au tour extérieur, par décret du président de la République pour les autres.

Liste des groupes permanents et spécialisés[modifier | modifier le code]

Liste des doyens[modifier | modifier le code]

Doyens de l'Inspection générale de l'Éducation nationale
1989 Yves Martin agrégé d'anglais groupe des langues vivantes
1989 1995 Georges Laforest[9],[10] agrégé de philosophie groupe de philosophie
1995 1998 Xavier Darcos[11] agrégé de lettres classiques groupe des lettres
1998 2002 Geneviève Becquelin[12] agrégée d'anglais groupe des langues vivantes
2003 2005 Dominique Borne[13] agrégé d'histoire groupe d'histoire et de géographie
2005 2010 François Perret[14] agrégé de lettres classiques groupe des lettres
2010 2012 Erick Roser[15] agrégé de mathématiques groupe des mathématiques
2012 2016 Jean-Yves Daniel[16] agrégé de physique groupe de physique-chimie
2016 Anne Armand[17] agrégée de lettres classiques groupe des lettres

Rôle de l'IGEN[modifier | modifier le code]

L'IGEN exerce sous l'autorité directe du ministre une mission générale « de contrôle, d’étude, d’information, de conseil et d’évaluation[18] ». La compétence des inspecteurs est donc très large :

  • L'IGEN examine les candidatures aux postes spécifiques de l'Éducation nationale, en particulier ceux relatifs aux CPGE, et propose au ministre la nomination des candidats qu'elle retient. Elle propose aussi la nomination dans le corps des professeurs de chaire supérieure. La titularisation des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré relève statutairement de l'IGEN. Toutefois, celle-ci peut faire inspecter les professeurs stagiaires par des IA-IPR.
  • L'IGEN joue un rôle important dans l'élaboration et l'application des programmes scolaires, y compris dans les classes préparatoires (CPGE), dans l'examen et la diffusion des pratiques pédagogiques.
  • Elle peut formuler des propositions à l'intention des services du ministère de l'Éducation nationale. Elle peut aussi, si elle y est autorisée par le ministre, exercer des missions d'audit dans d'autres services ministériels ou auprès de collectivités territoriales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site du ministère de l'éducation nationale Lire en ligne
  2. Deux cents ans..., p. 386.
  3. Deux cents ans..., p. 389.
  4. Pierre Garrigue, « Le statut de 1989 », dans Deux cents ans..., p. 337-356, spécialement p. 339.
  5. Décret no 89-833 du 9 novembre 1989 relatif au statut particulier des inspecteurs généraux de l'éducation nationale
  6. a, b et c Augustin Scalbert, « Emplois (presque) fictifs pour un ex-ministre UMP et un maire PS », sur Rue 89,
  7. Véronique Soulé, « Éducation nationale : Les cabinets se vident », sur Libération.fr,
  8. a, b et c Thierry Fabre, « Ces fonctionnaires qui végètent dans les placards dorés de la République », sur Challenges.fr,
  9. Arrêté du 31 mars 1989 portant nomination du doyen de l'inspection générale de l'éducation nationale
  10. http://www.ibo.org/fr/council/peterson/laforest/
  11. Arrêté du 15 avril 1995 portant nomination du doyen de l'inspection générale de l'éducation nationale
  12. Arrêté du 15 décembre 1997 portant nomination du doyen de l’inspection générale de l’éducation nationale
  13. Arrêté du 12 décembre 2002 portant nomination du doyen de l’inspection générale de l’éducation nationale
  14. Arrêté du 20 juillet 2005 portant nomination du doyen de l’inspection générale de l’éducation nationale
  15. Arrêté du 4 novembre 2010 portant nomination du doyen de l’inspection générale de l’éducation nationale
  16. Arrêté du 20 novembre 2012 portant nomination du doyen de l’inspection générale de l’éducation nationale
  17. Arrêté du 14 avril 2017 portant nomination de la doyenne de l'inspection générale de l'éducation nationale
  18. Code de l'éducation, art. R* 241-3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Havelange, Françoise Huguet, Bernadette Lebedeff, sous la dir. de Guy Caplat, Les inspecteurs généraux de l'instruction publique : dictionnaire biographique (1802-1914), Institut national de recherche pédagogique / Éditions du Centre national de la recherche scientifique, Paris, 1986, 700 p. (ISBN 2-7342-0081-3 et 2-222-03768-9)
  • Guy Caplat, Les inspecteurs généraux de l'Instruction publique au XXe siècle : dictionnaire biographique des inspecteurs généraux et des inspecteurs de l'académie de Paris (1914-1939), Institut national de recherche pédagogique / Économica, Paris, 1997, 684 p. (ISBN 2-7342-0580-7 et 2-7178-3567-9)
  • Association pour la célébration du bicentenaire de l'IGEN, dir. Jean-Pierre Roux, Deux cents ans d'Inspection générale (1802-2002), Fayard, Paris, 2002, 411 p. (ISBN 2-213-61389-3)

Lien externe[modifier | modifier le code]