Frontière entre la France et le Luxembourg

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Frontière entre la France et le Luxembourg
Évolution territoriale du Luxembourg de 1659 à 1839
Évolution territoriale du Luxembourg de 1659 à 1839
Caractéristiques
Délimite Drapeau de la France France
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Longueur totale 73 km
Particularités Délimitée par 241 bornes frontières
Historique
Création ?
Tracé actuel 2007

La frontière entre la France et le Grand-Duché de Luxembourg s'étend sur 73 kilomètres de longueur, au nord-est de la France et au sud du Luxembourg.

Description[modifier | modifier le code]

Elle débute à l'ouest au tripoint Belgique-France-Luxembourg (49° 32′ 47″ N, 5° 49′ 07″ E), à la jonction de la commune belge de Aubange (Province de Luxembourg), de la commune française de Mont-Saint-Martin (département de Meurthe-et-Moselle) et de la commune luxembourgeoise de Pétange (canton d'Esch-sur-Alzette). Ce point est situé sur la Chiers.

Elle suit ensuite une direction générale vers l'est jusqu'au tripoint Allemagne-France-Luxembourg (49° 28′ 10″ N, 6° 22′ 02″ E), à la jonction de la commune allemande de Perl (land de la Sarre), de la commune française d'Apach (département de la Moselle) et de la commune luxembourgeoise de Schengen (canton de Remich). Ce point est situé sur la Moselle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Luxembourg français.
Frontière entre le pays messin et le Luxembourg en 1610. Incluant l'enclave luxembourgeoise de Marange.

Quand la province des Trois-Évêchés fut créé en 1552, une première frontière franco-luxembourgeoise devint alors existante : celle-ci se situait entre le nord de l'arrondissement de Metz et le sud de celui de Thionville.

Les villages frontaliers d'Hussigny et de Rédange, furent cédés par le Luxembourg à la Lorraine en 1602[1].

Après le traité des Pyrénées en 1659, malgré les changements survenus dans les dynasties de ses souverains, la surface territoriale du Luxembourg n'éprouva jusqu'en 1795 aucune variation, à l'exception de celles convenues par Marie-Thérèse et le roi de France relatées dans les deux traités de limites des années 1769 et 1779[2].

Convention du 16 mai 1769[modifier | modifier le code]

La convention du 16 mai 1769 mit un terme à l'existence de plusieurs enclaves dans les deux pays respectifs[3], cette convention forma également un nouveau tracé de frontière : « Le Ruisseau de Frisange servira de Limites dans cette partie, depuis l'endroit où il sort du Territoire de Frisange, jusqu'à celui où il entre dans le Territoire de Ganderen, & de ce point, en tirant jusqu'à la Moselle, la Limite subsistera telle qu'elle est maintenant, de maniere que Ganderen, Beyern & tout ce qui appartient actuellement en deçà de ladite Limite à l'Impératrice Reine Apostolique, appartiendra désormais à la France »[4].

Le Roi céda à l'Impératrice-Reine, via l'article XVIII, ses droits, prétentions et possessions sur les villages et lieux situés à la gauche du ruisseau de Frisange. Sa Majesté l'Impératrice Reine renonça quant à elle, via l'article XIX, à toutes prétentions sur les seigneuries que jusqu'ici la France a prétendu posséder à titre de dépendances de Thionville, en tant qu'elles sont situées à la droite dudit ruisseau de Frisange et de la limite marquée par l'article XVIII[4].

Convention du 29 décembre 1779[modifier | modifier le code]

Le Roi de France cède à l'Impératrice-Reine, sur la frontière du Luxembourg, le village, terre et seigneurie de Sompthonne, ainsi que la cense du Haillon avec leurs appartenances, dépendances et annexes (article XXIX). l'Impératrice-Reine cède au Roi, dans la même province, les villages de Gernelle et de Rumelle, pareillement avec leurs appartenances, dépendances et annexes (article XXX)[5].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les communes d'Évrange et de Hagen furent réunies par décret du 12 avril 1811 à Frisange (à l'époque dans le département des Forêts) ; puis réintégrées à la Moselle, en vertu du traité de 1814[1].

Avant la Révolution, le village de Manderen, enclavé dans la Lorraine, appartenait aux Pays-Bas autrichiens comme dépendant du Luxembourg. A la suite des conquêtes de la France, ce village fut classé dans le département des Forêts (arrondissement de Luxembourg, canton de Remich). Occupé par la Prusse en 1815, le village fut finalement cédé par celle-ci à la France en 1829[1].

De 1871 à 1918, à la suite de l'annexion allemande, la frontière franco-luxembourgeoise se réduisit à une ligne qui allait de Mont-Saint-Martin jusqu'à Hussigny-Godbrange.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

La dernière modification du tracé de la frontière date de 2007 avec l'échange de terrains d'une superficie totale de 87 679 m2 entre la commune française de Russange et celle luxembourgeoise de Sanem, à l'ouest d'Esch-sur-Alzette, dans le cadre d'un projet de reconversion des friches sidérurgiques en pôles tertiaire et universitaire[6].

Liste des communes bordant cette frontière[modifier | modifier le code]

Depuis le tripoint Belgique - France - Luxembourg jusqu'au tripoint Allemagne - France - Luxembourg :

Communes françaises[modifier | modifier le code]

Meurthe-et-Moselle[modifier | modifier le code]

Mont-Saint-Martin, Longlaville, Saulnes, Hussigny-Godbrange.

Moselle[modifier | modifier le code]

Rédange, Russange, Audun-le-Tiche, Ottange, Volmerange-les-Mines, Zoufftgen, Hagen, Évrange, Basse-Rentgen, Mondorff, Puttelange-lès-Thionville, Beyren-lès-Sierck, Haute-Kontz, Contz-les-Bains, Sierck-les-Bains, Apach.

Côté luxembourgeois[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bouteiller, Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868, Impr. nationale, Paris
  2. Société archéologique du Grand-Duché, Publications de la Société pour la recherche et la conservation des Monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg, vol. XV, 1860
  3. Le Luxembourg faisait partie à cette époque des Pays-Bas autrichiens.
  4. a et b Convention entre l'Impératrice, Reine de Hongrie et de Bohême et le Roi très-chrétien : Concernant les Limites des États respectifs aux Pays-Bas, & les Contestations y relatives. Du 16 mai 1769, Bruxelles, Imprimerie Royale,
  5. Ratification de la convention conclue entre Sa Majesté et le gouvernement général des Pays-Bas, relativement aux limites des états respectifs. Du 29 décembre 1779, Paris, Imprimerie Royale, 1780 (notice BnF no FRBNF35947076)
  6. Rapport n° 232 du Sénat français - session ordinaire 2006-2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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