Forces aériennes de la Gendarmerie nationale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
 Ne doit pas être confondu avec Gendarmerie de l'air ou Gendarmerie des transports aériens.
Forces aériennes de la Gendarmerie nationale
Image illustrative de l'article Forces aériennes de la Gendarmerie nationale

Création Janvier 1954
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Ministère de l'Intérieur
Ministère de la Défense
Branche Gendarmerie nationale
Type Unité aérienne
Rôle Sécurité publique
Police administrative
Police judiciaire
Assistance et sauvetage

Défense militaire et appui aux missions de Police militaire

Composée de 19 sections & 11 détachements
Garnison Base aérienne 107 Villacoublay
Ancienne dénomination Formations Aériennes de la Gendarmerie
Surnom FAGN
Équipement 55 hélicoptères
Guerres Guerre d'Indochine[1]
Guerre d'Algérie

Au sein du ministère de l'intérieur, les forces aériennes de la Gendarmerie nationale (« FAGN » ou « FAG ») sont chargées des missions de sécurité publique sur l'ensemble du territoire national au bénéfice de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale ainsi que des missions de secours et d'intervention en milieu spécialisé (mer, montagne) selon le principe de subsidiarité avec les moyens aériens de la Sécurité civile. Par ailleurs, les FAGN apportent leur spécificité pour les missions militaires de l'Arme et éventuellement constituent un appui aux autres Forces Armées. Les hélicoptères de la Gendarmerie interviennent de jour comme de nuit. Ils sont placés sous l'autorité du Commandement des Forces Aériennes de la Gendarmerie nationale (CFAGN).

Entre 1972 et 1994, le parc aérien des FAGN comprenait également des avions légers Nord 3400 Norbarbe puis Cessna U206F mais depuis cette dernière année il est exclusivement composé d'hélicoptères.

En 2016, les Forces aériennes de la Gendarmerie comprennent 55 hélicoptères : 14 « EC145 »[2], 15 « EC135 » et 26 « Écureuil ». Pour certaines missions du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) et du RAID de la Police nationale, l'action des FAG est complétée par une unité interarmes du Commandement des Opérations Spéciales: le Groupe Interarmées d'Hélicoptères ou GIH.

Historique[modifier | modifier le code]

BELL 47 civil

L'Armée de terre commence à former des gendarmes au sein du groupement des formations hélicoptères de l'Armée de terre en Indochine, alors que ce groupement est stationné à Saïgon en 1954. Les volontaires sont issus de la gendarmerie départementale, de la légion de la Garde républicaine de Paris et de la gendarmerie mobile. Le premier Bell 47G arrive à Satory et est stationné auprès du 1er groupe blindé. Un second est commandé, l'année suivante, par l'Armée de terre à la société Agusta. La section d’hélicoptères de la Gendarmerie et l’atelier central « hélicoptères » de la Gendarmerie sont respectivement créés en 1956 et 1957 et rattachés au 1er groupe blindé de gendarmerie mobile. La création des sections aériennes de Bapaume, Bron, Toulouse, Verdun et Berre permet de couvrir l'ensemble du territoire français comme le plan de la Gendarmerie le prévoit. La première évacuation sanitaire a ainsi lieu en juillet 1956 à Reims.

Le soulèvement algérien oblige la Gendarmerie à participer au conflit. Le parc aérien atteint ainsi douze appareils en 1957. Disposant d'un personnel détaché de l'aviation légère de l'Armée de terre, elle doit mettre en place une section « gendarmerie » au côté du 2e groupe d'hélicoptères de Sétif. Huit des douze appareils de la Gendarmerie sont affectés au maintien de l’ordre et à l’évacuation sanitaire sur le territoire algérien. Les équipages et aéronefs ne font leurs retours au sein des bases de la métropole et des DOM-TOM qu'en 1963.

Alouette III - Musée du Bourget
« Écureuil » de la Gendarmerie - Massif du Sancy.
« EC135 » de la Gendarmerie à Nancy

La toute nouvelle Alouette II, de Sud-Aviation, prend ses fonctions au sein de la Gendarmerie dès 1957, à Bron. Elle est de nombreuses fois utilisée au cours de sauvetages en montagne. « L’atelier central hélicoptères » (ACH) crée ainsi des patins pour l'usage en montagne, sinon des flotteurs pour une utilisation sur des plans d’eau ; un treuil est également mis au point. En 1959, de nouvelles « Alouette » sont commandées pour rejoindre le continent nord-africain. Deux ans plus tard, plusieurs nouvelles bases des DOM-TOM voient arriver les hélicoptères des gendarmes. En effet, en raison des intempéries dont elles sont souvent victimes, la Martinique, la Guyane, la Guadeloupe, l’île de La Réunion et la Nouvelle-Calédonie tirent grand bénéfice de l'usage de l’hélicoptère.

La première Alouette III est livrée dès 1963 et est affectée à l'escorte du président de la République. Ce type d’appareil est doté d'une civière. Il est ensuite très utilisé pour le secours en montagne. Ultérieurement, il participe également aux missions d'intervention du GIGN.

La Gendarmerie ne se limite pas à l'usage d’hélicoptères, mais fait aussi l'acquisition d’avions comme le Nord 3400 Norbarbe dès 1972. Ces appareils peu puissants, destinés à l’observation routière, sont très vite remplacés par des Cessna U206F à partir de 1974. La Gendarmerie cesse ensuite d’utiliser les avions à compter de 1994.

En 1974, l'ACH est rebaptisé « groupe technique central des hélicoptères et avions légers de la Gendarmerie nationale » puis « groupe de soutien technique des moyens aériens de la Gendarmerie nationale ».

Le « groupement central des formations aériennes de la Gendarmerie » est créé à Satory en 1976 et se déplace à Guyancourt ; puis il rejoint la base aérienne 107 Villacoublay.

En 1982, l'AS350B Écureuil est choisi pour remplacer les « Alouette » vieillissantes, notamment en raison de son entretien facile et économique. Un total de 30 appareils est commandé par la Gendarmerie : l'Alouette II est définitivement abandonnée en 1991.

En 1997, une étude de remplacement des « Alouette III » par un appareil de nouvelle génération bimoteur est lancée. Le choix se précise pour le BK117C1. Finalement, c'est le « BK117C2 » d’Eurocopter, alias « EC145 », qui est commandé et dont la livraison débute à partir de décembre 2002 sur le site de Villacoublay. Il est équipé d'un tableau de bord presque entièrement numérique et permet l'utilisation de jumelles de vision nocturne. À partir de 2009, un autre type d’appareil, le « EC135 », également produit par Eurocopter, commence à être livré : il est équipé d'une caméra, d’un phare de recherche, d’un treuil et convient mieux aux missions de police.

Il était prévu de remplacer la flotte d'Écureuil en service depuis 1978 par des « EC135 » mais le manque de crédits a empêché ce renouvellement, conduisant la Gendarmerie à annuler en 2014 une commande de 22 appareils[3]. Une opération de rénovation débute alors sur les « Écureuil » pour leur permettre de voler jusqu'en 2025. Toutefois, la nouvelle réglementation européenne interdit à ces appareils monoturbines de survoler les zones urbaines, les cantonnant à des missions en dehors de ces zones[3].

Depuis 1954, 29 militaires de la Gendarmerie ont trouvé la mort en service aérien commandé - dont 1 pendant la Guerre d'Indochine et 4 pendant la Guerre d'Algérie. [4].

Missions[modifier | modifier le code]

La Gendarmerie définit deux types de missions, auxquelles elle assigne les appareils suivants[5] :

  • sauvetage-intervention (EC145) ;
  • surveillance-intervention (EC135 et AS350 Écureuil).

Organisation[modifier | modifier le code]

Les forces aériennes de la Gendarmerie comptent sept groupements territoriaux (GFAG) correspondant aux « régions zonales[6] » de gendarmerie. Ils sont placés sous l’autorité des généraux commandants de région. Elles possèdent 19 sections aériennes (SAG), dont six sont stationnées outre-mer, et 11 détachements aériens (DAG).

  • Commandement des forces aériennes de la Gendarmerie nationale (CFAGN) - Villacoublay
    • Section aérienne de gendarmerie de Pointe-à-Pitre
    • Section aérienne de gendarmerie de Fort-de-France
    • Section aérienne de gendarmerie de Cayenne
    • Section aérienne de gendarmerie de Saint-Denis
    • Section aérienne de gendarmerie de Pamandzi
    • Section aérienne de gendarmerie de Nouméa
    • Groupement de maintien en condition opérationnelle (GMCO) - Bricy
    • Groupe d'instruction (GI) - Cazaux
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Île-de-France
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Nord (Hauts-de-France)
      • Section aérienne de gendarmerie de Amiens
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Ouest (Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie, Pays de la Loire)
      • Section aérienne de gendarmerie de Tours
      • Section aérienne de gendarmerie de Rennes
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Est (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté)
      • Section aérienne de gendarmerie de Metz
      • Section aérienne de gendarmerie de Dijon
        • Détachement aérien de la gendarmerie de Colmar
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Sud (Corse, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur)
      • Section aérienne de gendarmerie d'Ajaccio
      • Section aérienne de gendarmerie de Hyères
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Montpellier
      • Section aérienne de gendarmerie de Digne-les-Bains
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Briançon
      • Section aérienne de gendarmerie de Toulouse
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Tarbes
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Pamiers
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Sud-Est (Auvergne-Rhône-Alpes)
      • Section aérienne de gendarmerie de Chamonix
      • Section aérienne de gendarmerie de Lyon
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Modane
    • Groupement des forces aériennes de gendarmerie Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine)
      • Section aérienne de gendarmerie de Mérignac
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Bayonne
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Mimizan
      • Section aérienne de gendarmerie de Limoges
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Égletons
        • Détachement aérien de la Gendarmerie de Rochefort

Moyens[modifier | modifier le code]

Implantations[modifier | modifier le code]

Les unités des FAG sont stationnées sur 33 implantations, aussi bien militaires que civiles, réparties sur l'ensemble de la métropole et des territoires d'outre-mer :

Carte de la France
250 km
1:9 730 000
City locator 1.svg CFAGN Villacoublay
City locator 2.svg Groupement
City locator 4.svg Section aérienne de gendarmerie
City locator 5.svg Détachement aérien de la Gendarmerie
Colmar
Bayonne
Mérignac
Mimizan
Cazaux (La Teste-de-Buch)
Dijon
Rennes
Tours
Bricy
Ajaccio
Montpellier
Limoges
Égletons
Metz
Pamiers
Tarbes
Toulouse
Saint-Nazaire
Amiens
Rochefort
Hyères
Digne-les-Bains
Lyon
Modane
Briançon
Chamonix-Mont-Blanc
Vélizy-Villacoublay

Matériels[modifier | modifier le code]

Parc aérien en 2016[modifier | modifier le code]

« EC145 » de la Gendarmerie à la Ferté-Alais. On distingue très nettement le phare de recherche installé sur le patin gauche de l'appareil.
Aéronefs Origine Type Date service En service Versions
Aérospatiale AS350 Écureuil Drapeau de la France France Hélicoptère de transport léger Depuis 1982 26 AS350B
Eurocopter EC135 Europe Europe Hélicoptère polyvalent Depuis 2009 15 EC135 T2+
Eurocopter EC145 Europe Europe Hélicoptère polyvalent Depuis 2002 14[2] EC145
Total 55

Appareils retirés du service[modifier | modifier le code]

Aéronefs Origine Type Date service En service Versions
Bell 47 Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère léger multirôle 1954-1972 13 acquis Bell 47G
Nord 3400 Norbarbe Drapeau de la France France Avion de liaison et d'observation 1972-1974 6 acquis
Cessna 206 Drapeau des États-Unis États-Unis Avion léger 1974-1994 6 acquis U206F
Sud-Aviation Alouette II Drapeau de la France France Hélicoptère léger polyvalent 1957-1991 27 acquis
11 acquis
1 acquis
SE.3130
SA.318C
SA.315B
Sud-Aviation Alouette III Drapeau de la France France Hélicoptère léger polyvalent 1963-2009 6 acquis
12 acquis
1 acquis
SA.3160
SA.319B
SA.316B

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les gendarmes n'ont pas participé au conflit d'Indochine en unité aériennes constituée mais intégrés dans celles de l'Armée de terre. Un pilote de la Gendarmerie y a trouvé la mort. - Les Gendarmes du Ciel - Editions Pierre de Taillac, 2015.
  2. a et b Suite à la perte d'un EC-145 le 20 mai 2016 lors d’un entraînement en altitude dans le massif du Vignemale (Hautes-Pyrénées), près de Cauterets; accident ayant provoqué la mort des quatre membres d'équipage. http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/05/20/crash-meurtrier-d-un-helicoptere-de-la-gendarmerie-dans-les-hautes-pyrenees_4923307_3224.html#aM0fg3Mjc2o8QDwm.99, .
  3. a et b Michel Cabirol, « Hélicoptères : quand la Gendarmerie se tire une balle dans le pied », .
  4. Les Gendarmes du Ciel - Editions Pierre de Taillac, 2015 en cite 25. Liste complétée après l'accident du 20 mai 2016.
  5. La moitié des hélicoptères de la Gendarmerie ne peut pas survoler les zones urbaines sur le site « opex360 ».
  6. En France métropolitaine, il existe une région zonale de gendarmerie pour chacune des sept zones de défense et de sécurité. Tout comme les commandants des autres régions, le général commandant une région zonale est subordonné au directeur général de la Gendarmerie nationale, mais il exerce des responsabilités supplémentaires, comme le commandement des formations de gendarmerie mobile et des unités aériennes implantées dans sa zone et il est l'interlocuteur du préfet de zone de défense.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Les Gendarmes du Ciel - Histoire illustrée des forces aériennes de la gendarmerie nationale, Editions Pierre de Taillac, , 240 p. (ISBN 978-2-36445-027-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]