Recherche, assistance, intervention, dissuasion

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 Ne pas confondre avec le GIGN, qui dépend de la Gendarmerie nationale.
 Ne pas confondre avec le GIPN et la BRI, qui dépendent de la Police nationale.
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RAID
Recherche Assistance
Intervention Dissuasion
Écusson du RAID
Écusson du RAID

Création
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Direction générale de la Police nationale
Rôle Lutte contre le banditisme et le terrorisme
Effectif 300
Fait partie de Force d'intervention de la police nationale
Garnison Bièvres
Devise « Servir sans faillir »[1]
Mascotte Panthère

Le RAID est une unité d'élite de la Police nationale française. Le nom est choisi en référence au mot « raid », désignant un assaut militaire, mais a reçu par rétroacronymie le sens Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion[2].

Fondée en 1985 par Robert Broussard et Ange Mancini notamment, l'unité participe sur l'ensemble du territoire national à la lutte contre toutes les formes de criminalité, de grand banditisme et de terrorisme.

Placé sous l'autorité directe du directeur général de la Police nationale, le RAID est appelé à intervenir à l'occasion d'événements graves, nécessitant l’utilisation de techniques et de moyens spécifiques pour neutraliser les individus dangereux, par la négociation ou l’intervention.

Son rôle est notamment d'agir dans les situations de crise, du type prise d'otages, retranchement de forcenés ou arrestation de malfaiteurs à haut risque (grand banditisme), mais aussi de contribuer à la lutte antiterroriste en apportant son concours à l'Unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT) et aux autres services spécialisés, afin de mener des opérations de filature, d'observation, de renseignement et d'arrestations d'individus ou de groupes susceptibles de se livrer à des actions terroristes sur le territoire français.

Le service est basé à Bièvres, sur le domaine de Bel-Air, dans le département de l'Essonne, siège de l'unité centrale, et dispose, en outre, de sept antennes, réparties sur le territoire métropolitain, à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Rennes et Strasbourg. Sa devise est : « Servir sans faillir ».

Historique[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Avant la création du RAID, la Police française — ne disposant pas d'une unité à compétence nationale comparable au GIGN de la Gendarmerie — s'appuyait sur des unités régionales comme la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) à Paris et les Groupes d'intervention de la Police nationale (GIPN) en province. Le RAID est créé par un arrêté du 23 octobre 1985 du Ministre de l'Intérieur Pierre Joxe[3], sur la recommandation de nombreux policiers et notamment du commissaire Broussard. Son premier chef est le commissaire Mancini[4].

L'effectif, initialement de 80 personnes, passe à une centaine en 1993, environ 130 au début des années 2000 pour atteindre 180 en 2015[5]. Les femmes sont admises dans certaines fonctions opérationnelles à partir de 2003[5].

À compter du 19 mars 2015, les sept GIPN métropolitains, situés dans les villes de Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Rennes et Strasbourg, sont officiellement incorporés au sein du RAID et en deviennent les antennes territoriales[6],[7],[8]. L'effectif total résultant dépasse la barre des 300.

Le 19 avril 2016, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve annonce la création de trois antennes territoriales supplémentaires à Montpellier, Nancy et Toulouse[9].

Interventions notoires[modifier | modifier le code]

Le RAID est notamment connu pour :

Voir aussi la catégorie : Nuvola apps kpager.svg  Opérations du RAID 

Chefs du RAID[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

« Servir sans faillir »[1]

Missions[modifier | modifier le code]

Le RAID contribue, sur l’ensemble du territoire de la République, à la lutte contre toutes les formes de criminalité. À ce titre, il prête assistance aux services de police et il est notamment chargé :

  • d’intervenir à l’occasion de troubles graves à l’ordre public nécessitant l’utilisation de techniques et de moyens spécifiques ;
  • d’apporter son concours opérationnel aux services chargés de la prévention et de la répression de la criminalité organisée et du terrorisme ;
  • d’assister le service de la protection dans ses missions ;
  • de mettre à la disposition des services de police des matériels spécialisés servis par le personnel de l’unité ;
  • de contribuer, en collaboration notamment avec la direction des ressources et des compétences de la police nationale, à l’instruction du personnel de police en matière de lutte antiterroriste ;
  • de procéder, en collaboration avec la direction des ressources et des compétences de la police nationale et la direction centrale de la police judiciaire, à des études et des essais de techniques et de matériels d’intervention ainsi qu'à la formation de fonctionnaires de police ou de services dans le cadre de ses activités.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le RAID dans la Police nationale[modifier | modifier le code]

Le RAID fait partie de la force d'intervention de la police nationale qui rassemble sous la direction du commandant du RAID, la Brigade anticommando (c'est à dire la Brigade de recherche et d'intervention de la Préfecture de Police de Paris (PP), renforcée par d'autres unités de la PP) et d'autres unités de la Police nationale (notamment les GIPN outre-mer). Placée sous l'autorité du directeur général de la police nationale, l'unité est dirigée par un fonctionnaire du corps de conception et de direction de la police nationale[22].

Le RAID ne peut être déplacé ou employé que sur ordre du directeur général de la police nationale. Il n’intervient que sous le commandement de sa hiérarchie. Il n’a pas compétence pour la suite judiciaire des faits sur lesquels il est intervenu. Il peut être mis à la disposition des préfets et des procureurs de la République qui en font la demande. Dans ce cas, l’autorité requérante définit la mission générale assignée à ce service. Le chef de l’unité chargé de l’exécution de la mission demeure seul responsable des conditions et des modalités techniques de son exécution. Les chefs des services territoriaux de police lui apportent leur concours[23].

Au sein du Ministère de l’Intérieur, la coordination et l’interopérabilité entre le RAID et le GIGN sont assurées par l’Ucofi (Unité de coordination des forces d’intervention), créée en 2010[24]. La procédure d’urgence absolue (P.U.A.) instaurée en avril 2016 par le Ministre de l'Intérieur en réponse aux attentats de 2015 autorise — en cas de crise majeure ou de crises multiples — l'intervention de toute unité en mesure de la faire en tout point du territoire (donc en s'affranchissant du critère de compétence géographique qui s'impose habituellement)[9].

Effectifs[modifier | modifier le code]

Le RAID comptait au 168 fonctionnaires, dont trois membres du corps de conception et de direction (commissaires de police), 21 du corps de commandement, 119 du corps d'encadrement et d'application et 25 personnels administratifs et techniques (dont un psychologue et six médecins).

Depuis le printemps 2015, l'effectif, augmenté par l'intégration des anciens GIPN de métropole, soit 148 opérateurs spécialistes de l'intervention, a dépassé le seuil des 300 personnes.

Les opérationnels sont organisés en groupes d'assaut, groupe de parachutistes, de plongeurs, de négociateurs, le pool GOST (Groupe Opérationnel de Soutien Technique), pool Oméga (les snipers), pool effraction et pool cynophile[25].

L’admission dans l'unité obéit à des critères très stricts, notamment en ce qui concerne les tests d’aptitude physique, médicaux et psychotechniques. Certains postes opérationnels (négociation, tir de précision…) sont occupés par des personnels féminins [5].

Le profil des membres de l'unité a sensiblement évolué depuis sa création. Alors qu'à l'origine, il était principalement composé d'inspecteurs (maintenant appelés officiers), en 2016, le RAID emploie majoritairement des gradés et des gardiens[5].

Depuis la création du RAID, trois de ses policiers ont perdu la vie en opération : deux à Ris-Orangis en 1989 et un en Corse en 1996.

Budget[modifier | modifier le code]

Le RAID disposait pour l'année 2012 d'un budget de fonctionnement et d'équipement de plus de 2 000 000 euros ainsi que de deux enveloppes spécifiques complémentaires. La première, d'un montant de 85 000 euros, est destinée à l'acquisition de matériels soumis à autorisation. La seconde, d'un montant de 70 000 euros, permet au RAID de prendre en charge les dépenses de formation de ses personnels et des fonctionnaires nouvellement affectés au sein des groupes d'intervention de la police nationale.

Son budget total est donc d'environ 2,17 millions d'euros [26] (hors frais de personnel).

Armement[modifier | modifier le code]

Les fonctionnaires du RAID ont à leur disposition une large gamme d'armement parmi lesquelles :

Chaque groupe d'assaut est composée de deux ou trois hommes porteurs de boucliers balistiques (en)[27].

Transports[modifier | modifier le code]

Doté de nombreux moyens de transports (motos, véhicules banalisés, véhicules blindés, etc.), le RAID dispose également depuis 2008 de l'appui du Groupe interarmées d'hélicoptères (GIH), unité du Commandement des opérations spéciales (COS), créée en 2006 pour l'appui au GIGN[28].

C'est l'un des blindé utilisé par le RAID. La photo a été prise a la COP 21 en 2016 au Bourget

Liste non exhaustive des véhicules utilisés[modifier | modifier le code]

Équipement et PVP du RAID.
Salon Milipol, novembre 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Qui est le nouveau patron du Raid? », Julie Saulnier, L'Express.fr, 12 avril 2013 (consulté le 20 janvier 2016).
  2. « La police se dote d'une Force d'intervention pour répondre aux crises majeures », article du Monde du 30 novembre 2009 - consulté le 10 janvier 2015.
  3. Quelques années plus tard, ministre de la Défense, il sera également décisionnaire dans la création du Commandement des opérations spéciales (COS).
  4. Jean-Louis Courtois : Le Raid, L'Unité d'Élite de la Police Française. pp 21-26. Voir également : Robert Broussard : Mémoires du commissaire Broussard. pp 763-766
  5. a, b, c et d Jean-Marc Tanguy - Le Raid, 30 ans d'interventions
  6. Arrêté du 15 avril 2015, article 3.
  7. Arrêté du 21 mai 2015
  8. À l'issue de cette réforme, seuls les trois GIPN ultra-marins conservent ainsi leur dénomination d’origine
  9. a et b Présentation du schéma national d'intervention des forces de sécurité. Site du ministère de l'intérieur.http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Schema-national-d-intervention-des-forces-de-securite
  10. Charles Pellegrini, Le RAID : des hommes discrets, Éditions Anne Carrière, , p. 68
  11. Le Petit Poucet du Gang des postiches Patricia Tourancheau, Libération.fr, 30 octobre 2006.
  12. http://le.raid.free.fr/action-direct.htm
  13. Des interventions des forces de l'ordre qui se terminent dans le sang
  14. http://le.raid.free.fr/neuilly.htm
  15. http://le.raid.free.fr/roubaix.htm
  16. http://le.raid.free.fr/colonna.htm
  17. http://www.rtl.fr/actualites/article/jean-pierre-treiber-arrete-par-le-raid-a-melun-5930634930
  18. « Charlie Hebdo : quelles différences entre le GIGN et le Raid ? », Julien Ricotta, sur le site Europe 1.fr - 9 janvier 2015
  19. « Assaut à Saint-Denis : un déploiement de forces « colossal » », sur Le Parisien.fr (consulté le 18 novembre 2015)
  20. Amaury de Hauteclocque, boss de la police de choc Sur le site liberation.fr
  21. et chef de la Force d'intervention de la police nationale depuis 2009
  22. Arrêté du 5 janvier 2011, article 3
  23. Arrêté du 5 janvier 2011, article 4
  24. « Attaques terroristes : Le patron du GIGN raconte ». Interview du colonel Hubert Bonneau, commandant du GIGN. Propos recueillis par Pierre-Marie Giraud et Matthieu Guyot. L’Essor de la Gendarmerie nationale n°478 – février 2015. http://www.lessor.org.
  25. Organisation du RAID
  26. « Question No  : 51077 de M. Urvoas Jean-Jacques (Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Finistère) », sur http://questions.assemblee-nationale.fr/, Assemblée nationale française,‎ (consulté le 15 septembre 2008)
  27. Groupes d'assauts du RAID
  28. Jean-Marc Tanguy: La Force d'intervention de la Police nationale. Police Pro no 18 - novembre/décembre 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes officiels[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le souffleur : dans l'ombre des négociateurs du Raid de Christophe Baroche et Danielle Thiéry publié aux éditions Mareuil en 2016
  • Le RAID, l'ultime recours de Jean-Louis Courtois publié aux éditions Crépin-Leblond en 2000
  • Le RAID, Unité d'élite de la Police Nationale publié aux éditions Crépin-Leblond en 2005 (DVD inclus)
  • Le RAID, l'unité d'élite de la Police Française de Jean-Louis Courtois publié aux éditions Pygmalion-Gérard Watelet en 1999
  • HB, 46 heures qui ont bouleversé la France de Jean-Pierre About aux éditions Calman-Lévy en 2005
  • Le jour où j'ai tué HB de Daniel Boulanger aux éditions Hachette Littératures en 2007
  • Histoire(s) du RAID, par Amaury de Hauteclocque, patron du RAID, juin 2009, aux éditions Jacob-Duvernet
  • Négociateur au RAID, par Christophe Caupenne, Commandant négociateur, janvier 2010, aux éditions Le cherche midi
  • Le négociateur de Laurent Combalbert de 2009 aux éditions "'presses de la cité""
  • Le RAID, 30 ans d'interventions de Jean-Marc Tanguy aux éditions Pierre de Taillac 2015
  • Le RAID : des hommes discrets de Charles Pellegrini aux éditions Anne Carrière, 1994

Presse[modifier | modifier le code]

  • Le RAID en action Hors Série RAIDS no19 paru en 2005
  • RAID, 20 ans d'action, article paru dans le magazine Commando no20 décembre-janvier 2005
  • La sélection du RAID, article paru dans le magazine Police Pro no8 mars-avril 2008
  • Le RAID, 20 ans d'opérations, article paru dans le magazine RAIDS no233 octobre 2005
  • RAID: refuser la fatalité paru dans le magazine Fréquence Police no2 octobre 1987
  • La police face à l'exception : flics de choc article paru dans le magazine Civic no53 août-septembre 1995

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]