Roman Dmowski

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Roman Dmowski
Roman Dmowski in color.jpg
Fonctions
Député de la Douma d'État de l'Empire russe
Ministre des Affaires étrangères (d)
Biographie
Naissance
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Kórnik ou Kamionek (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
Drozdowo (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Bródno (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Domaine
Parti politique
signature de Roman Dmowski
signature

Roman Stanisław Dmowski, né le à Varsovie et mort le à Drozdowo, est un homme politique et diplomate polonais, théoricien de la « national-démocratie ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Dmowski est né en 1864, dans le village de Kamionek, alors situé dans sud de Varsovie (le village fait désormais partie de l'arrondissement de Varsovie nommé Praga-Poludnie), dans une famille pauvre de la petite noblesse, qui utilisait le blason Pobóg.

Son père Walenty (1814-1884) était paveur à Praga, puis propriétaire d'une petite entreprise de pavage. Sa mère, Józefa, était originaire de la petite noblesse de Mazovie (bien que la famille ait perdu son titre de noblesse au XVIIIème siècle parce qu'elle pratiquait la tannerie); elle est morte en mars 1914, à Varsovie, à l'âge de 81 ans. Dmowski avait deux frères, Julian et Wacław, ainsi que deux sœurs, Maria et Jadwiga; en outre, deux de ses frères et sœurs sont morts en bas âge. En 1875, il entre au III Gimnazjum, un lycée de Varsovie. A l'âge de 17 ans (1881), il fonde une organisation clandestine d'élèves nommée Strażnica, dont la tâche principale est de résister à la russification; l'organisation donne lieu à des conférences clandestines en polonais, qui portent sur l'histoire, la géographie et la littérature polonaise. En septembre 1886, Dmowski s'inscrit à la faculté de mathématiques et de physique de l'Université Impériale de Varsovie (en section "Sciences de la vie"). Il en est diplômé après quatre années d'études.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est biologiste de formation à l'université de Varsovie.

Premiers engagements[modifier | modifier le code]

Il milite dans sa jeunesse dans plusieurs organisations nationalistes. En 1897, il cofonde le Parti national-démocrate (ND, ou « Endecja »), qui devient le concurrent principal du Parti socialiste polonais (PPS) de Józef Piłsudski. En 1906, les nationaux-démocrates obtiennent 35 des 55 sièges polonais à la Douma russe ; Dmowski est lui-même réélu à deux reprises. Il écrit plusieurs ouvrages théoriques, dont L'Allemagne, la Russie et la question de la Pologne en 1906 et publie la revue Przegład wszechpolski.

Influence diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1917, il crée, avec Ignacy Paderewski, le Comité national polonais, qui organise les bases du futur État polonais grâce à ses démarches auprès des forces de l'Entente, notamment la France.

Alors que Józef Piłsudski souhaite une union fédérale englobant la Biélorussie, la Lituanie et l'Ukraine, Roman Dmowski prône une Pologne ethniquement homogène. En contrepartie de concessions territoriales à l'Est, il estime que la Pologne doit retrouver les territoires qui lui ont été retirés lors du premier partage, en particulier à l'Ouest[1].

En 1919, en vue de la conférence de Paris, Józef Piłsudski intègre Roman Dmowski à la délégation polonaise[N 1]. Roman Dmowski est ainsi chargé de présenter les revendications territoriales de la Pologne[1]. Le traité de Versailles accorde à la Pologne plusieurs territoires réclamés par la délégation polonaise, mais la solution retenue est en-deça de ce que souhaitait la France, alliée à la Pologne et hostile à l'Allemagne[2].

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Pendant la Deuxième République polonaise, il est député à la diète et ministre des Affaires étrangères d'octobre à décembre 1923. Cependant, les nationaux-démocrates seront fortement concurrencés par l'éternel rival de Dmowski, le maréchal Józef Piłsudski ; après le coup d'État de ce dernier, il fonde en 1926 le « Camp de la Grande Pologne », une coalition de l'opposition.

Retraite politique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, les nationaux-démocrates feront l'objet d'une scission de jeunes militants tentés par le fascisme et qui formeront le Camp national-radical.

Il prend peu à peu ses distances avec la vie politique et meurt en 1939. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes partisans de Dmowski rejoignent la résistance antinazie en créant les Narodowe Siły Zbrojne (Forces armées nationales, NSZ), qui sont le deuxième mouvement polonais de Résistance le plus important.

Idées politiques[modifier | modifier le code]

Au contraire de Józef Piłsudski, qui rêvait d'une grande fédération slave alliée à l'Allemagne contre la Russie, Roman Dmowski était désireux de fonder une Pologne alliée à la Russie : il a ainsi soutenu l'idée d'une association avec l'Empire russe, puis, malgré son anticommunisme, avec l'Union soviétique, qu'il considère malgré tout comme un prolongement de la politique des tsars.

De même, bien qu'agnostique, Dmowski ne concevait l'existence d'un État polonais que sur une base catholique et ethniquement homogène, ce qui impliquait pour les populations allogènes (Baltes, Ukrainiens, Allemands et même Juifs) l'expulsion ou l'assimilation, rejetant ainsi le concept de République des Deux Nations, avancé par la gauche et les libéraux.

Postérité[modifier | modifier le code]

Roman Dmowski sera récupéré par la République populaire de Pologne[réf. nécessaire], puis plus tard par la Ligue des familles polonaises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La délégation est présidée par le Premier ministre, Ignacy Paderewski, et Roman Dmowski en est l'adjoint.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Georges Mink, La Pologne au cœur de l’Europe. De 1914 à nos jours, Buchet/Chastel, 2015, pp. 91-92.
  2. Georges Mink, La Pologne au cœur de l’Europe. De 1914 à nos jours, Buchet/Chastel, 2015, pp. 100-101.

Liens externes[modifier | modifier le code]