Invasion soviétique de la Pologne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

52° 08′ 49″ N 19° 22′ 41″ E / 52.14694, 19.37806

Avancée des troupes allemandes et soviétiques.
Parade de la cavalerie soviétique après la reddition de Lviv, alors territoire polonais.

L’invasion soviétique de la Pologne est une opération militaire des premières phases de la Seconde Guerre mondiale. L'armée soviétique a attaqué la Pologne le sans déclaration de guerre préalable, soit seize jours après le début de la campagne de Pologne, l'Allemagne et l'Union soviétique ayant associé leurs objectifs et stratégies par le pacte germano-soviétique.

L'invasion s'est terminée par la victoire de l'Armée rouge, les forces de la Pologne étant dispersées sur deux fronts.

Il semblerait[réf. nécessaire] que 466 516 hommes aient pris part à cette opération. Durant cette campagne, elle rencontre peu de résistance. Les pertes seraient de 1 475 tués et 2 383 blessés. Les Soviétiques annoncèrent avoir désarmé 452 536 hommes, mais il semble cependant que beaucoup étaient des miliciens. Des sources polonaises récentes comme la Wielka Encyklopedia PWN parlent d'environ 240 000 prisonniers. Les troupes soviétiques, respectant le traité conclu avec l'Allemagne, s’arrêtèrent à quelque 300 km de la frontière orientale de la Pologne et une parade militaire commune eut lieu à Brest-Litovsk, le 23 septembre 1939.

Déroulement de l'invasion[modifier | modifier le code]

L'invasion de la Pologne par l’Union soviétique le 17 septembre 1939 fut entreprise conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique. Les Soviétiques intervinrent car, selon eux, les populations ukrainiennes et biélorusses de Pologne étaient victimes de discrimination, bien que la raison officieuse était l'intention de Staline d'annexer des territoires polonais et ainsi d'agrandir l’URSS. Enfin, la Russie soviétique, qui avait subi une défaite cuisante durant la guerre russo-polonaise de 1920, souhaite depuis cette date laver cet affront et récupérer les territoires perdus.

Le 18 septembre, la résistance polonaise se renforça, mais la fin était proche pour l'armée polonaise qui chercha d'ailleurs plus à combattre les forces allemandes que l'Armée rouge. Les troupes soviétiques étaient formées de deux groupes d'armée. Celui de Biélorussie était constitué de quatre armées et celui d'Ukraine de trois armées. Parmi ces trois armées, la 12e reçut l'ordre d'interdire à l'armée polonaise l'accès aux frontières hongroise et roumaine. Face à cette puissante force d'invasion, les Polonais n'alignaient que 18 bataillons et 5 escadrons de cavalerie. Certains de ces hommes, surpris de voir des soldats soviétiques crurent tout d'abord que ces derniers étaient venus les aider, mais ils comprirent bien vite leur erreur lorsqu'ils furent capturés. Le même jour, le gouvernement polonais basé à Kolomyja, que les avant-gardes soviétiques menaçaient, était pleinement conscient que l'armée polonaise ne pouvait plus résister et se retira donc par la voie des airs en Roumanie et de là, en France. Les derniers coups de feu polonais furent tirés le 6 octobre. Par voie terrestre, 30 000 soldats polonais réussirent à s'enfuir par la Roumanie, dont la flotte en conduisit une partie, par la mer Noire et la mer Égée, à Alexandrie, en territoire sous contrôle britannique[1]. Environ 60 000 autres Polonais, dont de nombreux soldats, s'enfuirent par la Slovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie : beaucoup de ces exilés rejoignirent, par l'Adriatique ou par la Grèce, l'armée polonaise reconstituée à Alexandrie, en France et en Grande-Bretagne — ces routes d'exil se fermèrent en juin 1940, après l'effondrement de la France, lorsque tous ces pays rejoignirent l'orbite allemande : dès lors, les réfugiés polonais y furent internés.

Pendant ce temps, les Soviétiques progressèrent de près de 100 km en deux jours, pillant tous les magasins qu'ils rencontraient, malgré l'interdiction des généraux[citation nécessaire]. C'est Guderian qui rencontra les premiers Soviétiques, qui lui demandèrent d'évacuer avant le 22 septembre la ville de Brest-Litovsk en vertu de l'accord germano-soviétique. Pour Guderian le coup était rude, car la conquête de la ville avait occasionné de lourdes pertes à ses troupes et il estima que le délai d'évacuation était trop court. Finalement, les Soviétiques acceptèrent un délai supplémentaire. Le 18 septembre, Hitler annonça la fin de la campagne de Pologne, bien que des Polonais résistaient encore dans divers endroits du pays, notamment à Varsovie.

Les militaires polonais faits prisonniers par l'Armée rouge furent internés dans des camps, sous le contrôle du NKVD, en Ukraine et en Russie, notamment Kozelsk, Ostachkov, Starobilsk et Chepetivka[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Grigore Gafencu, Préliminaires de la guerre à l’est : de l’accord de Moscou (21.08.1939) aux hostilités de Russie (22.06.1941), Egloff, Fribourg/Suisse 1944.
  2. Général W.Anders Mémoires 1939-1946, La Jeune Parque, Paris, 1948.

Articles connexes[modifier | modifier le code]