Christian Pierret

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Christian Pierret
Illustration.
Christian Pierret en 2013.
Fonctions
Maire de Saint-Dié-des-Vosges
Prédécesseur Robert Bernard
Successeur David Valence
Prédécesseur Maurice Jeandon
Successeur Robert Bernard
Ministre délégué à l'Industrie, aux Petites et Moyennes entreprises, au Commerce, à l'Artisanat et à la Consommation
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie,
chargé de l'Industrie
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Député de la 2e circonscription des Vosges
Prédécesseur Gérard Cherpion
Successeur Claude Jacquot

(du département des Vosges de 1986 à 1988)
Prédécesseur Maurice Lemaire
Successeur Gérard Cherpion
Biographie
Nom de naissance Christian Pol Gaston Pierret
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Bar-le-Duc (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Parti socialiste

Christian Pierret, né le à Bar-le-Duc (Meuse), est un homme politique français. Membre du Parti socialiste, il a été ministre, député des Vosges et maire de Saint-Dié-des-Vosges.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de tradition catholique, son père Jean, ingénieur des Arts et métiers et de l'École navale, est directeur de société. Il est marié à Marie-Odile Schibler.

Christian Pierret opte pour des études de sciences économiques à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il obtient le diplôme d'études supérieures en 1970[1]. Il est plusieurs fois lauréat du concours général de la faculté des sciences économiques de Paris. Élève de l'ENA (promotion Charles de Gaulle (1972)), il y fonde une section CFDT correspondant à sa sensibilité de catholique social. À sa sortie de l'ENA, il est affecté au ministère de l'Économie de 1972 à 1976, puis à la Cour des comptes de 1976 à 1978.

Christian Pierret ne cache pas son appartenance à la franc-maçonnerie dans la Grande Loge nationale française[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il entre en politique aux côtés de Jacques Delors. De 1974 à 1976, il est premier secrétaire de la fédération de Paris du Parti socialiste et membre du comité directeur du PS en 1975. Responsable du Ceres qui permet à François Mitterrand d'accéder aux responsabilités de premier secrétaire du Parti socialiste lors du congrès d'Épinay, il se rallie en 1979 à Pierre Mauroy, après avoir tenté sans succès de créer son propre courant de pensée à l'occasion du congrès de Metz, puis à Laurent Fabius en 1982. Il siège au bureau exécutif du Parti socialiste en 1981.

Parlementaire et élu local[modifier | modifier le code]

Il est candidat dans la deuxième circonscription des Vosges lors des élections législatives de 1978, alors que la droite s'affronte entre le giscardien Lionel Stoléru et Roger Souchal, proche du sénateur chiraquien Christian Poncelet. Élu député des Vosges, il siège à la commission des finances, de l'économie générale et du plan de l'Assemblée nationale, puis perd son siège en 1993 face à Gérard Cherpion, ne parvenant pas à se faire entièrement accepter localement[3]. Il est conseiller régional de Lorraine de 1978 et 1988, et conseiller général pour le canton de Saint-Dié-Est de 1979 à 1988, date à laquelle il est élu maire de Saint-Dié-des-Vosges, où il œuvre pour la création du Festival international de géographie.

Redevenu conseiller régional de Lorraine à partir de 1998, il vise la tête du conseil général des Vosges en 2001, mais son candidat est battu dans le canton de Provenchères-sur-Fave. Réélu à la mairie de Saint-Dié sur la promesse de s'y consacrer, il laisse pourtant ce mandat pour conserver son poste ministériel. Ne se représentant pas aux législatives de 2002, il devient avocat au barreau de Paris et reprend la tête de la mairie de Saint-Dié-des-Vosges[3]. Candidat soutenu par le PS, le MRC et le PRG aux élections législatives de 2007 dans la deuxième circonscription des Vosges, il est nettement battu par son rival de toujours, Gérard Cherpion, député UMP sortant, qui recueille 55 % des voix. Mettant cet échec sur le compte de ses démêlés judiciaires, il décide de se concentrer sur sa ville[4].

Réélu maire de Saint-Dié-des-Vosges à la suite des municipales de 2008 lors desquelles sa liste l'a emporté avec une courte avance au second tour (50,87 % des voix), sa victoire est annulée en octobre par le tribunal administratif de Nancy après le dépôt d'un recours par les élus de l'opposition, qui reproche à la municipalité sortante une promesse de remboursement d'un trop perçu de charges locatives, faite à quelques jours du premier tour, à 600 familles, ce qui a pu fausser les choix électoraux de ces habitants[5]. Christian Pierret fait appel de cette décision, laissant au Conseil d'État un délai de six mois pour une décision définitive. Le , l'institution confirme la validité du scrutin[6].

Au printemps 2010, la décision de Christian Pierret, prise sans concertation[7], de supprimer une école publique de quartier[8] a été critiquée par les syndicats et les partis politiques de tout bord. Face à la pression de la rue et à la remontée de l'affaire dans la presse nationale[7], il doit revenir sur sa décision.

Dans une interview d'octobre 2013, Christian Pierret annonce qu'il ne sera pas candidat aux élections municipales de mars 2014 et qu'il ne briguera pas d'autres mandats politiques[9].

Lors des élections municipales de 2014, la liste socialiste, qu'il soutient, arrive troisième du premier tour, ne remportant que 17,41 % des voix[10]. Une semaine plus tard, à l'issue du second tour, la ville de Saint-Dié bascule à droite[11] et Christian Pierret cède son siège à David Valence.

Gouvernement Lionel Jospin[modifier | modifier le code]

Réélu député lors de la « vague rose » de 1997, il démissionne aussitôt à la suite de sa nomination le comme secrétaire d'État chargé de l'Industrie[12], chargé notamment du suivi de la mise en conformité an 2000 des applications informatiques en France. En juin 1999, il est négociateur, sous l'autorité du Premier ministre, de la conférence intergouvernementale de Paris précédant à la signature de l'accord de Londres sur les brevets européens.

Primaire présidentielle socialiste de 2011[modifier | modifier le code]

Le , il annonce sa candidature à la primaire présidentielle socialiste de 2011, se présentant comme un « social démocrate modéré »[13].

Christian Pierret met en avant une approche pragmatique des questions économiques et sociales, il la présente comme le produit de sa carrière menée aussi bien dans le public comme dans le privé[14]. Il présente comme ses priorités des problématiques telles que l’énergie ou l’innovation[15]. Il conçoit la croissance économique comme le socle nécessaire au progrès social et au maintien des avantages sociaux. Il met également l’accent sur un avenir industriel pour la France.

Dans une interview de mars 2011[16], Christian Pierret s'est déclaré proche des idées de Dominique Strauss-Kahn mais reste très critique envers ses autres concurrents potentiels, déclarant qu'« il faut arrêter les petites formules comme le fait François Hollande ou ânonner des vieilles idées comme Martine Aubry »[16]. Après s'être déclaré « réservé » quant à la candidature de Ségolène Royal (qui a, selon lui, « avancé sans ligne claire en 2007 »[17]), il a estimé que ses quatre principaux concurrents potentiels (Strauss-Kahn, Aubry, Royal et Hollande) étaient en train de « confisquer les primaires »[18].

Il lui manque cependant quelques parrainages de maires de villes socialistes de plus de 10 000 habitants, ce qui ne lui permet pas de se porter candidat à la primaire[19].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • -  : secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chargé de l'Industrie
  • -  : ministre délégué à l'Industrie, aux Petites et Moyennes entreprises, au Commerce, à l'Artisanat et à la Consommation, auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie

À l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au niveau local[modifier | modifier le code]

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Christian Pierret et Jacques Kabalé, ambassadeur du Rwanda en France (2e en partant de la droite), 22e Festival international de géographie

Engagement scientifique[modifier | modifier le code]

Christian Pierret a fondé en 1990, le Festival international de géographie se basant sur la légitimité de la ville de Saint-Dié dans ce domaine (« marraine de l'Amérique »). C'est devenu depuis un évènement annuel et international reconnu où la communauté scientifique est au rendez-vous. Par son action et son influence nationale et internationale, Christian Pierret, en tant que Président-Fondateur a réussi à imposer ce rendez-vous annuel où thèmes après thèmes est fait un état des lieux de la planète. Ce rendez-vous permet de s'appuyer sur la géographie afin de faire le lien entre les questions soulevées par les autres sciences humaines que sont l'économie, l'écologie, la géopolitique… Dans un souci de vulgarisation et d'enseignement, il a veillé à ce que ce festival scientifique soit accessible à tous les publics.

Des personnalités et scientifiques tels que Haroun Tazieff, Jacques Attali, Erik Orsenna, Georges Charpak, Yves Coppens, Michel Camdessus, Henri Atlan, Boris Cyrulnik, Michel Serres… prendront part aux travaux et débats du festival sous l'impulsion de Christian Pierret.

Dans la continuité de son engagement initié par la création de ce rassemblement scientifique et culturel, Christian Pierret est membre aujourd'hui de la Société de géographie et du Comité national français de géographie.

Carrière privée[modifier | modifier le code]

Après son échec aux législatives de 1993, il entre alors au groupe hôtelier Accor, dont il devient vice-président exécutif.

Christian Pierret est actuellement avocat international au sein du cabinet August & Debouzy.

Il siège au conseil d'administration des sociétés Deinove[1], Pharnext et Abivax.

Controverses judiciaires[modifier | modifier le code]

Depuis la fin des années 1980, Christian Pierret a fait l'objet de plusieurs procédures pour lesquelles les jugements rendus ont levé les accusations dont il faisait l'objet, lui accordant cinq non-lieux et trois relaxes.

  • Affaire des pompiers de Saint-Dié. Soupçonné d'avoir donné son aval à une décision permettant à trois sapeurs-pompiers d'être rémunérés pour des gardes fictives par des vacations forfaitaires sur le budget de la ville (les trois hommes, dont l'un était chef des services techniques de la ville et un autre l'ex-secrétaire général de la mairie, touchaient des sommes injustifiées et disposaient de lignes téléphoniques dont la municipalité réglait l'abonnement et les communications)[20], Christian Pierret est relaxé par le tribunal correctionnel de Saint-Dié en septembre 2003[21].
  • ARDIES. Jugé pour détournement de fonds publics dans l'affaire de l'ARDIES, agence paramunicipale de développement industriel économique et social, présidée par son ancien directeur de cabinet à la mairie de Saint-Dié, Christian Pierret est relaxé par le tribunal correctionnel de Nancy le 28 février 2007[22].
  • Lyonnaise des Eaux et Sogest. Le 28 février 2007, Christian Pierret est relaxé par le tribunal correctionnel de Nancy des accusations de corruption et complicité d'abus de biens sociaux dans l'affaire concernant l'emploi de collaborateurs par la Lyonnaise des Eaux à la suite de la concession de la distribution et le traitement de l'eau par la ville à sa filiale, la Sogest[23]. La relaxe a été prononcée à la fois pour des raisons de fond et de prescription des faits[24].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Plan et autogestion, Flammarion, 1974.
  • Socialisme et multinationales, Flammarion, 1976.
  • Ministre à gauche : le magique et le réel, 2002 Autobiographie avec une préface de Laurent Fabius. (ISBN 2-84228-149-7) (notice BnF no FRBNF38837034)
  • Réinventer la social-démocratie, Archipel, 2017 [25], co-écrit avec Philippe Latorre et préfacé par Hubert Vedrine.

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.deinove.com/fr/societe/conseil-dadministration.html
  2. « Élection présidentielle : le poids des francs-maçons », Le Point, 4 janvier 2002.
  3. a et b Pierre Roeder, « Les secrets du système Poncelet - Ses adversaires », L'Express, 20 octobre 2005.
  4. Philippe Cuny, « Le retour manqué de Christian Pierret », L'Est républicain, 18 juin 2007.
  5. « L'élection municipale de Saint-Dié-des-Vosges annulée », Associated Press sur nouvelobs.com, 7 octobre 2008.
  6. « Saint-Dié : la campagne est finie », Vosges Matin, 9 juin 2009.
  7. a et b Laurent Mouloud, « À Saint-Dié, l’école mise à la rue ? », L'Humanité, 18 juin 2010.
  8. Philippe Peter, « Lorraine - Grève de la faim contre une fermeture d’école », France-Soir, 16 juin 2010.
  9. « Christian Pierret 'pas candidat' », Le Républicain lorrain, 27 octobre 2013 [1]
  10. http://www.liberation.fr/politiques/2014/03/25/a-saint-die-retrait-de-la-liste-soutenue-par-le-ps-triangulaire-au-2e-tour-mun88100_990040
  11. http://elections.interieur.gouv.fr/MN2014/088/088413.html
  12. [2], Ministère des Finances
  13. « Christian Pierret, maire de Saint-Dié, candidat aux primaires du PS », L'Est républicain, 25 septembre 2010.
  14. Christian Pierret se lance pour défendre la social-démocratie, Challenges, 25 novembre 2010
  15. Présidentielle 2012: Christian Pierret candidat à l'investiture socialiste, 20 Minutes, 25 septembre 2010
  16. a et b Gaël Dégrées du Lou et Clémence Lemaistre, « Christian Pierret: "Les primaires sont devenues un petit jeu de société entre amis" », 20 minutes.fr, 31 mars 2011.
  17. « Les réactions à la candidature de Royal aux primaires », leparisien.fr, 29 novembre 2010.
  18. « Primaires du PS : la colère de Christian Pierret », lefigaro.fr, 11 février 2011.
  19. « Pierret accuse Aubry d'avoir empêché sa candidature », Le Figaro, 15 juillet 2011.
  20. Geoffroy Tomasovitch, « Les vacations fictives des pompiers de Saint-Dié », Le Parisien, 23 janvier 2003.
  21. « Christian Pierret jugé dans une affaire de détournement de fonds », AFP, 22 janvier 2002.
  22. « Relaxe générale au procès de Christian Pierret à Nancy », Reuters, 28 février 2007.
  23. « L'ex-ministre PS Christian Pierret relaxé », Le Monde, 28 février 2007.
  24. « Relaxe générale au procès de Christian Pierret à Nancy », Le Point, 28 février 2007
  25. « Réinventer la social-démocratie », sur Éditions l'Archipel
  26. Décret du 11 juillet 2008 publié au JORF du 13 juillet 2008.
  27. Les palmes académiques au « serviteur » de la géo, Vosges Matin, 7 octobre 2011
  28. Arrêté du 15 décembre 2011 portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres, Site du Ministère de la communication et de la culture, 15 décembre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Munier, Le Grand Livre des élus vosgiens, 1796-2003, éditions Gérard Louis, 2005 (ISBN 2914554346)
  • Pour une social-démocratie décomplexée, le sens d'une candidature, éditions Prospero, mai 2011, (ISBN 978-2-918155-05-8)
  • France 2012, refusons le déclin !, éditions Prospero, octobre 2011 (ISBN 978-2-918155-05-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]