Charras

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Charras
Église fortifiée de Charras
Église fortifiée de Charras
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente
Arrondissement Angoulême
Canton Val de Tardoire
Intercommunalité Communauté de communes Seuil Charente-Périgord
Maire
Mandat
Michel Nicolas
2014-2020
Code postal 16380
Code commune 16084
Démographie
Population
municipale
372 hab. (2014)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 32′ 36″ nord, 0° 25′ 01″ est
Altitude Min. 125 m – Max. 202 m
Superficie 15,12 km2
Localisation

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Charras

Charras (Charreç en limousin, dialecte occitan[1]) est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Nouvelle-Aquitaine).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Charras est une commune du département de la Charente limitrophe avec celui de la Dordogne située à 28 km au sud-est d'Angoulême. Elle appartient au Pays d'Horte et Tardoire.

Charras est aussi à 11 km de Dignac, 8 km de Marthon, 13 km de Villebois-Lavalette, 15 km de Montbron, chef-lieu de son canton, 19 km de Nontron, 46 km de Périgueux[2].

La commune est principalement desservie par la D 25, route départementale d'Angoulême (Sainte-Catherine et Bouëx) à Combiers.

La D 93 la relie aussi à Mainzac et Rougnac, la D 104 arrive du département voisin de la Dordogne et va jusqu'à Saint-Michel en passant par Dirac et Puymoyen, la D 109 va vers Grassac, Saint-Germain-de-Montbron et Vilhonneur, et la D 163 vers Feuillade et Eymouthiers[3].

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

La commune comporte plus de nombreuses fermes que de véritables hameaux. On trouve par exemple : les Vergerons, la Plaigne, Vignerias, Besoche, la Cave, Jumillac, Grosse Forge, etc., sans oublier Grosbot formant une clairière dans la forêt au nord-ouest[3].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Charras est limitrophe de six autres communes, dont une dans le département de la Dordogne.

Communes limitrophes de Charras
Grassac Feuillade
Rougnac Charras Mainzac
Combiers Mareuil en Périgord
(Dordogne)

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Charras est situé sur un plateau calcaire crétacé (Cénomanien), formant cuesta au-dessus de la partie jurassique à l'est (Callovien), et d'où on a un beau point de vue. Ce plateau est toutefois entièrement couvert par des terrains tertiaires d'origine détritique (galets, sable), altérites et par la forêt d'Horte. La partie jurassique est aussi couverte très localement par des altérites (argiles à galets plus ou moins colluvionnés, sur la route de Mainzac)[4],[5],[6],[7].

Article connexe : Géologie de la Charente.

On peut suivre cette cuesta dans tout le département à Grassac, Angoulême, Claix... Les hauteurs sont ainsi situées à l'ouest et au sud du territoire communal. Le point culminant est à une altitude de 202 m, situé au sud-est de la commune dans les bois de Seguignas. Le point le plus bas est à 125 m, situé sur la limite nord près de Doumerac. Le bourg, construit sur le sommet de la cuesta, est à 195 m d'altitude[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Dû à la nature karstique du sol, aucun cours d'eau ne traverse la commune. On peut toutefois signaler un ruisseau qui prend sa source à l'abbaye de Grosbot, s'écoule vers le nord-est en limite de commune, mais s'infiltre en quittant le sol argileux avant de rejoindre un autre ruisseau passant à Doumerac, se dirigeant vers le Bandiat au nord (bassin versant de la Charente), mais s'infiltrant rapidement lui aussi[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Comme dans les trois quarts sud et ouest du département, le climat est océanique aquitain.

Article connexe : Climat de la Charente.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les formes anciennes sont Charracio en 1279, Characio, Charraco, Charrassio, Charraziaco à la fin du XIIIe siècle[8], Charrasio, Sarro (non datés)[9].

L'origine du nom de Charras remonterait à un personnage gallo-romain Caratius ou gaulois Caratucus, ce qui correspondrait au « domaine de Caratius ». Il peut aussi s'agir d'un nom d'homme gaulois Carrus et suffixe tardif -aceum[10],[11],[12].

Dialecte[modifier | modifier le code]

La commune est dans la partie occitane de la Charente qui en occupe le tiers oriental, et le dialecte est limousin[13]. Elle se nomme Charreç en occitan[1].

Articles connexes : Langues de la Charente et Charente occitane.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Grosbot (ou Font-Vive) fut fondée vers 975 par les seigneurs de Marthon, branche des La Rochefoucauld[14].

Au XIIe siècle, Jean Dexmier de Charras rendit hommage à l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême[15].

Charras était autrefois le siège d'un prieuré relativement important dépendant de l'abbaye de Figeac. À la suite des guerres de religion, une grande partie de ses possessions et de ses droits furent usurpés par les seigneurs de Charras.

La seigneurie de Charras était importante dès le XVe siècle. Elle appartenait à Jean de Plouer, écuyer, seigneur de Claix, dont la fille Marie épousa en 1493 François de La Laurencie, qui devient ainsi marquis de Charras. La famille de La Laurencie, originaire de la Laurencie à Saint-Auvent près de Rochechouart, conservera Charras jusqu'à la Révolution[14].

Les foires sont très anciennes. À la demande de François de La Laurencie et par lettres patentes de mars 1519, le roi François Ier autorisa la création à Charras de quatre foires par an et d'un marché par semaine. Les quatre foires se tenaient le 6 des mois de mai, juillet, août et novembre. Elles furent supprimées pendant les guerres de religion, et furent rétablies en 1609 par Henri IV. Au début du XXe siècle, elles se tenaient le 9 de chaque mois.

Les registres de l'état civil remontent à 1699.

Lors de la Révolution, la famille de La Laurencie-Charras émigra et passa dans l'armée de Condé, sauf le marquis en mauvaise santé qui ne fut pas inquiété et resta à Asnières près de Paris. Mais sa femme et sa sœur furent saisies comme complices de l'émigration et guillotinées.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, des gisements de fer ont été exploités, comme dans la commune voisine de Mainzac, pour faire des canons[14]. Alcide Gauguié disait en 1865 : « la route de Grassac à Charras est pavée de débris de fer et résonne agréablement sous les pas du cheval »[16].

Administration[modifier | modifier le code]

La nouvelle mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1795 Louis Peyraud   Propriétaire
1795 1809 Jean Pabot Lamorinie   Ancien gendarme du Roi
1809 1834 Charles Decescaud   Rentier
1834 1843 François Baynaud   Rentier
1843 1846 Simon Texier   Propriétaire exploitant
1846 1850 François Giboin   Propriétaire exploitant
1850 1865 Jean Texier   Propriétaire exploitant
1865 1869 Martial Bourzac   Ancien proviseur du lycée d'Angoulême
1869 1878 Louis Edmond Sibilet   Rentier
1878 1881 Jean Montion   Instituteur retraité
1881 1882 Raymond Chabasse   Propriétaire exploitant
1882 1888 Jean Montion   Instituteur retraité
1888 1892 Numa Noël   Banquier à Angoulême
1892 1904 Jean Montion   Instituteur retraité
1904 1908 Henri Bourgeois   Artisan maréchal ferrant
1908 1922 Léopold Lombard   Avocat
1922 1927 Joseph Lavoix   Rentier
1927 1944 Léon Chabasse   Inspecteur général d'assurance
1944 1945 Pierre Bossard   Propriétaire exploitant
1945 1963 Roger Fort   Propriétaire exploitant
1963 1971 Jean d'Aviau de Ternay   Employé de bureau
1971 1995 Christiane Ennuyer   Propriétaire exploitant
1995 mars 2014 Jimmy Maizière SE Chef d'entreprise
mars 2014 en cours Michel Nicolas   Instituteur retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[18],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 372 habitants, en augmentation de 10,06 % par rapport à 2009 (Charente : 0,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
745 685 689 801 823 824 832 843 793
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
765 685 665 658 640 605 595 599 594
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
567 506 489 484 504 464 411 390 382
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014 -
336 324 339 328 298 315 368 372 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006 [20].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Charras en 2007 en pourcentage[21].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
0,6 
11,0 
75 à 89 ans
11,2 
14,8 
60 à 74 ans
13,1 
30,3 
45 à 59 ans
28,8 
20,0 
30 à 44 ans
19,4 
14,2 
15 à 29 ans
12,5 
9,7 
0 à 14 ans
14,4 
Pyramide des âges du département de la Charente en 2007 en pourcentage[22].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
1,6 
8,2 
75 à 89 ans
11,8 
15,2 
60 à 74 ans
15,8 
22,3 
45 à 59 ans
21,5 
20,0 
30 à 44 ans
19,2 
16,7 
15 à 29 ans
14,7 
17,1 
0 à 14 ans
15,4 

Économie[modifier | modifier le code]

Équipements, services et vie locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école est un RPI entre Charras, Grassac et Rougnac. Rougnac accueille l'école primaire, et Charras et Grassac les écoles élémentaires[23].

Le secteur du collège est Montbron (collège François-Mitterrand)[24].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Grosbot ou abbaye Notre-Dame de Fontvive est une abbaye fondée au Xe siècle qui devint cistercienne au XIIe siècle. Elle a été reconstruite après les guerres de religion au XVIIe siècle. Il en reste des vestiges de l'église abbatiale, et la salle capitulaire ainsi que d'autres éléments, clôture, viviers... Elle est classée monument historique depuis le 5 juillet 1993[25].

Article détaillé : abbaye Notre-Dame de Grosbot.
L'église fortifiée

L'église paroissiale Saint-Vivien est une église fortifiée du XIIe siècle qui était primitivement le prieuré Saint-Vivien, dépendant de l'abbaye de Figeac. Elle a été très fortifiée au cours de la guerre de cent ans : la façade est crénelée, tout comme l'abside et le clocher qui sert de donjon. Elle est classée monument historique depuis 1907[26],[27].

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le Château

Le château du XVIIe siècle mais très modifié au XIXe siècle dont la clôture, le portail, le jardin, ainsi que l'escalier et la balustrade sont inscrits monuments historiques depuis le 23 octobre 1992[28].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (oc) Jean Urroz, « Les noms des communes en Charente occitane »,‎ (consulté le 21 avril 2014)
  2. Distances orthodromiques prises sous ACME Mapper
  3. a, b, c et d Carte IGN sous Géoportail
  4. Visualisateur Infoterre, site du BRGM
  5. Carte du BRGM sous Géoportail
  6. [PDF] BRGM, « Notice de la feuille de Montbron », sur Infoterre,‎ (consulté le 12 novembre 2011)
  7. [PDF] BRGM, « Notice de la feuille de Nontron », sur Infoterre,‎ (consulté le 13 novembre 2011)
  8. Jean Nanglard, Livre des fiefs de Guillaume de Blaye, évêque d'Angoulême [« Liber feodorum »], t. 5, Société archéologique et historique de la Charente, (1re éd. 1273), 404 p. (lire en ligne), p. 195,266,269
  9. Jean Nanglard, « Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, t. I », dans Bulletin et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, t. II-IV, Angoulême, imprimerie Chasseignac, 1892-1894, 683 p. (lire en ligne), p. 648
    Publié sur trois années ; en 1892: p. 1-324, disponible sur Gallica ; en 1893: p. 1-291, disponible sur Gallica ; en 1894: p. 1-66, disponible sur Gallica.
  10. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Librairie Guénégaud, (1re éd. 1963), 738 p. (ISBN 2-85023-076-6), p. 176.
  11. Jean Talbert, Origine des noms de lieux, 1928
  12. Georges Dottin, La langue gauloise, , 381 p. (lire en ligne), p. 109
  13. Jean-Hippolyte Michon, Statistique monumentale de la Charente, Paris, Derache (réimprimé en 1980 par Bruno Sépulchre, Paris), , 334 p. (lire en ligne), p. 55
  14. a, b et c Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf, 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 117
  15. Jean-Marie Ouvrard, « Les blasons de Charente, famille Dexmier »,‎ (consulté le 21 avril 2014)
  16. Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée, t. I (arrondissement d'Angoulême), Bruno Sépulchre (Paris, 1982), , 411 p., p. 326
  17. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  21. « Evolution et structure de la population à Charras en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  22. « Résultats du recensement de la population de la Charente en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  23. Site de l'inspection académique de la Charente, « Liste des RPI » (consulté le 9 avril 2011)
  24. Site de l'inspection académique de la Charente, « Annuaire des écoles » (consulté le 9 avril 2011)
  25. « Abbaye de Grobost », base Mérimée, ministère français de la Culture
  26. « Église Saint-Vivien », base Mérimée, ministère français de la Culture
  27. Abbayes, prieurés et commanderies de l'ancienne France, Poitou Charentes Vendée, François Semur, 1984
  28. « Château de Charras », base Mérimée, ministère français de la Culture
  29. E. Soudois de Bord, Un second médecin périgourdin à la cour de Louis XV, Bulletin de la SHAP, 1964, p. 74-77
  30. http://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/%28num_dept%29/14064

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]