Chapelle Notre-Dame de Polignan

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Chapelle Notre-Dame de Polignan
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Chapelle Notre-Dame de Polignan
Présentation
Type
Rattachement
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XVIe siècle
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La chapelle Notre-Dame de Polignan est un édifice religieux catholique située à Gourdan-Polignan, en France.

Le retable[1] et les vantaux du portail[2] sont classés au titre d'objet des monuments historiques de France[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

La chapelle est située dans le département français de la Haute-Garonne, en vallée de la Garonne, dans le Comminges. La chapelle est attenante au lycée Paul-Mathou[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Légende de la Vierge noire[modifier | modifier le code]

Près de l'actuel lycée technique se trouvait une ferme, parmi les bœufs, un mangeai beaucoup moins que les autres mais était plus gras. Chaque jour il sortait de l'étable et alla toujours vers le même buisson. Par curiosité, le fermier décida d'aller voir ce qui se trouvait dans ce buisson, et découvrit une statue d'une Vierge noire avec l'enfant Jésus que lécher tendrement le taureau.

Le fermier eut alors l'idée de l'apporter au curé de Huos (certaines disent au curé de Gourdan) et l'a plaça dans son église. Pendant la nuit la statue retourna dans ce buisson fait de ronces et de cailloux.

Elle fût rapporter une seconde fois dans l'église et attaché avec des chaînes, mais la nuit suivante, la statue retourna à sa place favorite. Le curé et les villageois conclurent que la Vierge Marie voulait qu'à cet endroit soit construit un oratoire ou une chapelle. Aujourd'hui, cette chaîne est encore suspendue au mur derrière la statue.

Origine de l'actuel chapelle[modifier | modifier le code]

Le document le plus ancien retrouvé parle de l'existence d'une chapelle en 1361, il est écrit "qu'un legs de quatres livres de cire a été fait à l'hôpital et à la Chapelle Sainte-Marie de Polignan". Il y avait alors au XIVe siècle un hôpital et une chapelle à cet endroit, mais on ne peut savoir depuis combien de temps avait été construit la chapelle.

Le Pouillé Commingeois (Bulletin philologique et historique) de 1387 décrit une chapelle délabrée et sans revenus.

D'importante informations sur l'histoire de la chapelle ont été trouvés dans le "Testament de noble Espagnolet de Mauléon, Seigneur de Gourdan en 1548". Sur ce document, le Seigneur de Gourdan demande : "qu'il soit dit un trentenaire de messes dans son église, la chapelle de Polignan". On peut donc conclure que la chapelle lui appartient. Il demande aussi que " ladite église et chapelle soit au plutôt achevée pour la gloire de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie". Il ordonne aussi que "les offrandes et rentes provenant du champs à proximité de la dite église soint affectés à ces travaux". Lui-même "donne la somme de cinq cents escus pour achever sa chapelle l'église de Polignan et veut que l'église soit voûtée". Son blason sera mis sur la voûte ainsi qu'aux autres lieux remarquables.

C'est donc vers 1550 que la chapelle actuelle fut reconstruite par les deniers de la famille Binos, Seigneur de Gourdan. Sur la clef de voûte est marqué la date de 1551 avec le blason de la famille Binos : "levrette de sable au collier d'or", et la litre seigneuriale se voyait avant la restauration moderne.

La chapelle et le couvent Cordeliers[modifier | modifier le code]

Un document de 1611 appartenant aux Franciscains décrit la donation de la chapelle et du terrain appartenant à "Messire de Binos" aux Cordeliers de Valcabrère de la Province de Toulouse, avec l'accord du curé de la paroisse Mr Lestrade. Les Cordeliers de Valcabrère établirent alors un couvent près de la chapelle, mais les évêques du Comminges n'étaient pas d'accord sur leurs droit de possession.

Vers 1630, Mgr Donnadieu de Griet se félicite de récupéré la chapelle et dit : "Dieu nous a fait la grâce de recouvrer depuis peu de jours une église qui avait été occupée par des religieux, où nous espérons faire quelque chose pour Dieu". Mgr Donnadieu de Griet y établit des prêtres pour y découvir les ordinants en attendant qu'un séminaire puisse être fondé. Il en fait sa maison presbytérale, et y réunit des conférences ecclésiastiques. Cependant le couvent et la chapelle reste en possession des Cordeliers jusqu'à La Révolution. Une dévotion particulière des peuples étaient toujours faites certains jours de l'année à la Sainte-Vierge en ces temps là.

Lors de la Révolution, il y eut un inventaire dressé selon les décrets de l'assemblée nationale par M. Lay maire de Gourdan et M. Barre conseiller du roi. En 1791, un cordelier de Mirande, Pierre Dumas devient acquéreur du Couvent de Polignan. La chapelle resta fermée le temps de La Révolution jusqu'au rétablissement du culte en 1802, les offices furent alors très fréquentés. Les frères Dumas établirent un collége ecclésiastique dans le couvent en y faisant venir des professeurs et une cinquantaine de jeune gens dans pendant quelques années.

En mai 1820, l'ancien couvent et les dépendances sont vendu à l'abbé De Latour-Landorthe.

La chapelle et le Petit Séminaire de Polignan[modifier | modifier le code]

En novembre 1821, l'abbé De Latour-Landorthe donne à l'archevêque de Toulouse la chapelle, le couvent et les terres adjacentes pour la fondation du Petit Séminaire de Polignan qui remplaça l'ancien couvent des Cordeliers. En septembre 1822 le cardinal de Clermont-Tonnerre annonce l'ouverture prochaine du séminaire. À la place du couvent fut alors construit le bâtiment en pierre taillé (l'actuel lycée technique Paul Mathou).

La chapelle est alors fermée au public par M. Sourrieu (premier supérieur de Polignan), et il leur est seulement ouverte deux jours par an, le 8 septembre (Nativité de la Vierge Marie) et le Jeudi Saint.

N'acceptant pas l'interdiction d'accés à la chapelle, la population manifeste leur mécontentement et provoque des dégradations au porche lors d'une émeute. Mr. Véziat (successeur de M. Sourrieu) ouvre alors la grande porte au public et démolit le porche endommagé. Pour permettre aux séminaristes d'étudier en tranquilité, M. Véziat eu l'idée de divisé la chapelle en trois parties, suivant les trois nefs, ils les séparent entre elles par des lambris en bois de 3 mètres de hauteur, ainsi le côté sud, dédié à saint-Joseph est réservé aux domestiques, le côté nord, dédié à saint-Louis-de-Gonzague (patron des séminaristes) est autorisé aux fidèles extérieurs. La nef centrale et le choeur sont réservées aux activités du séminaire.

Le décor des murs de la chapelle ont été réalisés par Mr Bernard de Luchon sous la direction de M. Perrin (supérieur de 1842 à 1869).

Le séminaire a compté jusqu'à 340 élèves vers 1870. Grâce à ces succés universitaires, on le défini comme " une manufacture de bacheliers ".

De lui sont sortis des sujets brillants : des cardinaux et des évêques, comme le cardinal Sourrieu, Mgr Dubreuil, Mgr Bélaval, Mgr Touzet ; des maréchaux de France et des officiers supérieurs, comme le Maréchal Foch, le Général Anglade, des savants, comme Filhol, et Estinès ; des artistes, comme Bouéry et Larrieu ; des archéologues comme Antyme Saint-Paul[5], etc. La modicité de la pension et la très sérieuse formation qui était donnée permis à toutes les modestes familles du Comminges d'y faire étudier leurs fils. Le séminaire fournie au Comminges et à la France de nombreux prêtres, médecins, officiers, professeurs, magistrats, fonctionnaires.

En 1905, le Petit Séminaire de Polignan n'a plus que 75 élèves et restera en fonction jusqu'à la loi de séparation des Églises et de l'État en 1906. Le bâtiment reste innocupé pendant quelques années jusqu'à devenir hôpital militaire pendant la guerre de 1914, avant de devenir Collège et lycée technique. Le séminaire répondait à un tel besoin qu'en 1912, un nouveau séminaire fut établit au nord de l'ancien sous la protection de Mgr Germain, archevêque de Toulouse.

En 1930, un séminaire fut aménagé à l'Hôtel de Lassus de Montréjeau grâce à l'aide du Maréchal Foch (ancien élève du Petit Séminaire de Gourdan) et de la famille de Lassus. L'école prit le nom de Notre-Dame du Comminges et resta ouverte jusqu'en 1981[6].

Statue de Notre-Dame de Polignan[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle a eu lieu un échange de la statue originale de Notre-Dame de Polignan avec une réplique. La statue originale se trouverait à Marssac-sur-Tarn chez la famille Greschny. Le 3 juin 1979, Nicolaï Greschny affirmait à M. Yves Marc, rédacteur au journal "La Dépêche du Midi" : « Voici l'original de Notre-Dame de Polignan, une magnifique Vierge noire du XIVe siècle. Je l'ai achetée dans une vente aux enchères. Celle que l'on voit à la chapelle de Gourdan, n'est qu'une copie ».

Suite à la loi de séparation des Églises et de l'État, le retable, les bas-reliefs des frontispices, ainsi que la statue originale de Notre-Dame de Polignan furent enlevés et cachés pour échapper à la spoliation. Après ces moments difficiles, le retable fut remis en place mais non les bas-reliefs des frontispices ainsi que la statue originale de Notre-Dame de Polignan qui disparurent sans laisser de trace, une copie de la statue fut alors faites pour la remplacer.

Peinture sur les arcs gothiques de la voûte du choeur[modifier | modifier le code]

Les bas-reliefs des frontispices ayant disparus, le supérieur du séminaire fit peindre trois scènes de la vie de Marie sur les arcs gothiques de la voûte du choeur : la Pentecôte, le couronnement de la Vierge et les noces de Cana. Vers 1920, furent peint sur toute la voûte centrale des anges portant des phylactères avec les litanies de la Vierge Marie.

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

  • Au-dessus du portail de la chapelle, on peut y voir deux pierres avec les inscriptions gravées suivantes :
    • La première pierre date de la reconstruction de la chapelle au XVIe siècle, deux croix entourent le monogramme IHS (abréviation de Jésus en grec), et le monogramme Marial composé des lettres A et M entrelacées, initiales de l’Ave Maria.
    • La seconde pierre (de couleur différente) a été ajouter au XVIIe siècle, on peut y lire un message en ancien français avec la date de 1613 ː Ici est la maison de Dieu et la porte du ciel, les justes y entreront.
  • Sur la gauche sur portail, un visage souriant est gravé sur une pierre.
  • Sur les vantaux en bois sont présentés en demi-relief : saint Jean l'évangéliste, la Vierge Marie avec l'enfant Jésus, un Christ "aux outrages" et saint Vincent patron de Gourdan.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Sur les arcs gothiques de la voûte sont peints trois scènes de la vie de Marie, la Pentecôte, le couronnement de la Vierge et les noces de Cana.

Le retable composée de trois panneaux raconte l'histoire de Marie et sa famille en 17 tableaux, au centre une statue de la Vierge noire.

Sur les voûtes sont peint des anges portant des phylactères des litanies de la Vierge Marie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Dumail, Les églises du diocèse de Comminges - Chapelles et monuments dédiés à Notre-Dame, Société des Etudes du Comminges, (ISBN 2-9511114-1-X), p. 139-146
    Lieux de consultation du livre : Médiathèque & Conservatoire Cœur et Coteaux Comminges à Saint-Gaudens - Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine de Toulouse
  • Serge Launay, Notre-Dame de Polignan, , 28 p. (ISBN 978-2951-040502)
    Lieu de consultation du livre : Médiathèque & Conservatoire Cœur et Coteaux Comminges à Saint-Gaudens
  • L'association des Anciens Élèves, Le Petit Séminaire de Polignan - La Fête du Centenaire, Limoges - Imprimerie Phototypique - M. Tesson,
    Lieu de consultation du livre : Médiathèque & Conservatoire Cœur et Coteaux Comminges à Saint-Gaudens

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PM31000263
  2. Notice no PM31000264
  3. « Visite guidée - Chapelle Notre-Dame-de-Polignan - Journées du Patrimoine 2019 - Chapelle Notre-Dame-de-Polignan, Gourdan-Polignan, 31210 - Sortir à Toulouse - Le Parisien Etudiant »
  4. https://www.ladepeche.fr/article/2005/12/22/325765-le-lycee-paul-mathou-une-tres-vieille-histoire.html
  5. INHA, « SAINT-PAUL, Anthyme », sur http://www.inha.fr, (consulté le 15 novembre 2019)
  6. Jacques Ducos, Histoire de Polignan - Haut lieu de culture en pays commingeois à l'ombre de la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges, Editions Catherine de Coarraze 1996, (ISBN 2-9509442-1-3)
    Lieux de consultation du livre : Médiathèque & Conservatoire Cœur et Coteaux Comminges à Saint-Gaudens - Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine de Toulouse