Paul Noël Lasseran

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Paul Noël Lasseran
BouedeLapeyrere-Lasseran.jpg

L'amiral Auguste Boué de Lapeyrère, dessin de Paul Noël Lasseran, illustration de frontispice de La taverne pendant la guerre, 1915. Le quatrain en gascon dit : Laissons faire le Gaston, il faut lui laisser le temps / Il ne revient pas à Tulle (propriété de l'amiral à Lectoure) / Avant d'avoir noyé les derniers bâtiments / De cette grande crapule.

Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Lectoure, chapelle des Carmélites, plafond.

Paul Noël Lasseran, né en 1868 à Lectoure (Gers), mort le 17 février 1933, est un peintre, décorateur et poète français.

Famille[modifier | modifier le code]

Fronton de la maison Lasseran, par Prosper Lasseran (1868)
Porte de la maison Lasseran

Paul Noël Lasseran est né dans une famille d’artistes, son père Prosper est un sculpteur et peintre très conventionnel mais faisant preuve d’humour et d’originalité, quelités et défauts que perpétuera Paul Noël tout au long de sa vie.

Prosper Lasseran[modifier | modifier le code]

Prosper Lasseran, né en 1840 à Lectoure, peintre (peintures murales de l’église Sainte-Candide de Jegun, L’Arbre de Jessé)[1] et sculpteur, meurt écrasé par la chute d'un bloc de pierre dont il surveillait le déchargement en gare de Lectoure, alors qu'il préparait la réalisation d'un autel pour l'église de Blaziert. La porte de sa maison, rue Notre-Dame, puis Porteneuve, aujourd'hui rue des Frères Danzas à Lectoure, s'orne d'un mascaron grotesque portant la date de naissance de Paul Noël, 1868, tandis que l'imposte est garnie d'une composition en lamelles métalliques qui laisse voir (assez difficilement aujourd'hui), selon le côté d'où on la regarde, le nom P. LASSERAN, une devise, et de face, au milieu de feuillages et d'oiseaux, le texte Nul n'est prophète en son pays : préfiguration de l'Op Art... La même maison présente aussi une fenêtre haute avec un fronton sculpté orné d’inscriptions latines banales (Sol lucet omnibus) ou incongrues (Veni, vidi, vici), pratiquant le goût pompeux de l’époque sans en être totalement dupe.

Marié en 1863 au Saint-Puy (Gers) avec Joséphine Courtès, ils ont eu une fille, Noélie, vers 1865, puis Paul Noël (1868), enfin Raphaël (1870). Après sa mort prématurée, sa famille quitte la maison et s’installe rue Barbacane.

Le frère de Paul Noël, Raphaël, de deux ans son cadet, est son « assistant technique » dans ses travaux, s'occupant de dresser les échafaudages, de préparer les fonds pour ses peintures, etc. Après avoir servi dans les zouaves en Afrique ert travaillé comme peintre en bâtiment. Les deux frères Lasseran sont aussi les piliers de la Taverne du Bastion, baraquements en planches que Paul Noël décore de peintures et d’un fronton de fantaisie, œuvres disparues lors de la reconstruction de la taverne dans les années 1960[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Lasseran a suivi des études artistiques. Il n’a jamais obtenu un Prix de Rome, contrairement à ce qui est souvent indiqué, mais il a travaillé en Italie avant de revenir dans sa ville natale. Son activité artistique est essentiellement religieuse, il décore et restaure de nombreuses églises du département du Gers, parmi lesquelles celles de Goutz (Les quatre Évangélistes, La Justice et la Paix s'embrassant), de Castet-Arrouy, où il déploie un bestiaire fantastique d'une grande fraîcheur. Sa dernière réalisation est l'église de Masseube, en 1932-1933, que sa mort survenue le 17 février l'empêche d'achever.

Si ses qualités de peintre ne dépassent pas l'académisme propre à son temps, Paul Lasseran est le type du petit maître intégré à la vie de la cité. Il restaure les peintures du plafond de la chapelle du Carmel de Lectoure (datées de 1684), il décore le petit théâtre municipal (détruit par un incendie au début des années 1950), et réalise des bannières pour les fêtes religieuses et civiles, des arcs de triomphe en trompe-l'œil pour accueillir des personnalités, des monuments de bois et de carton, des invitations, des cartes publicitaires, etc. Le fait d'être un peintre religieux ne lui interdit pas les plaisirs de la convivialité : il est avec son frère un des piliers de la taverne du Bastion. Il rédige d’ailleurs en vers, en français mêlé de gascon, une chronique héroï-comique, La Taverne pendant la guerre, faisant suivre son nom de la mention « artiste peintre surtout », où se retrouvent les figures de nombreux de ses compatriotes, tout au long des années 1914 et 1915.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léo Barbé, Paul Lasseran (1868-1933), poète populaire et peintre académicien, Revue de l’Agenais, juillet-septembre 1992
  • Deux siècles d'Histoire de Lectoure (1780-1980), Syndicat d'initiative, Lectoure, 1981.
  • Paul Lasseran, artiste peintre surtout : La Taverne pendant la guerre, Albi, Imprimerie des Orphelins Apprentis, 1915