Château de Verneuil-sur-Indre

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Château de Verneuil-sur-Indre
Image illustrative de l’article Château de Verneuil-sur-Indre
Période ou style néoclassique
Type château
Architecte Jean Mansart de Jouy
Début construction 1743
Fin construction 1756
Destination initiale maison de campagne
Propriétaire actuel Apprentis d'Auteuil
Destination actuelle Lycée Horticole et Paysager : internat
Protection Logo monument historique Classé MH (1975)
Coordonnées 47° 03′ 19,16″ nord, 1° 02′ 23,13″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Commune Verneuil-sur-Indre

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Verneuil-sur-Indre

Le château de Verneuil-sur-Indre est un château français qui comprend d'une part les restes d'un château remontant au XVe siècle et d'autre part un château de style classique situé dans l'actuelle commune de Verneuil-sur-Indre dans l'actuel département d'Indre-et-Loire et la région Centre-Val de Loire.

Histoire[modifier | modifier le code]

« Par exception, la construction du château neuf n'a pas entraîné la destruction du vieux château qu'une circonstance inconnue a épargné. Il est curieux que le spectacle de ces deux logis, qui paraissent rassemblés à des fins didactiques pour permettre la comparaison du château médiéval avec le château moderne, n'ait pas retenu l'attention d'un historien de l'architecture. L'histoire de Verneuil reste à faire. »[1]

Il est cependant fréquent, au XVIIIe siècle, de conserver la « grosse tour » du château seigneurial antérieur à l'occasion de la construction, ou de la reconstruction d'un château neuf ; voire d'intégrer ces éléments dans le corps même de l'édifice neuf, comme au château de Grillemont, sur la commune de La Chapelle-Blanche-Saint-Martin, à 20 km à l'ouest de Verneuil. Dans tous les cas, la volonté du maître d'ouvrage est de conserver le symbole seigneurial associé aux droits seigneuriaux, la « grosse tour » ayant remplacé le donjon dans les châteaux gothiques tardifs[2].

Le château vieux[modifier | modifier le code]

« Le château vieux est un important exemple de ces constructions (ou reconstructions) monumentales du XVe siècle, si nombreuses dans la région. »[3]

La terre de Verneuil est vendue le par Louis II de Chabot à Jean d'Oiron. Par héritage, elle passe au fils de ce dernier, Jean II d'Oiron, puis au gendre de celui-ci, Adrien de Boufflers (†1535). C'est l'un de ces personnages qui fait construire le château vieux.

L'édifice se compose d'une partie du XVe siècle présentant deux ailes perpendiculaires et une tour cylindrique. Dans l'angle rentrant, une tour polygonale contient une vis de pierre. Les façades sont couronnées de mâchicoulis et de crénelages. Le donjon carré a été reconstruit vers 1850.

Le château neuf[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle[4], le château de Verneuil est acheté par Jacques Chaspoux, conseiller d'État par brevet le , qui en fit hommage au roi le , la châtellenie relevant directement du roi par le comté de Loches[5].

La terre de Verneuil passe ensuite par héritage à Jacques Chaspoux, lieutenant des gardes du corps de Monsieur, puis à son fils Eusèbe Jacques Chaspoux de Verneuil (1695-1747), introducteur des ambassadeurs entre 1725 et 1740, au profit de qui la terre de Verneuil est érigée en marquisat en 1746.

Les premières monographies situent la construction du château neuf après 1660 et l'attribuent à tort à Jules Hardouin-Mansart par confusion avec son petit-fils Jean Mansart de Jouy (1703-1783) qui a travaillé à Verneuil-sur-Indre entre 1739 et 1756[6].

Les suivantes, jusqu'aux plus récentes, la datent de la Régence et la donnent au père de l'écrivain et secrétaire de l'Académie royale d'architecture Michel-Jean Sedaine, un maître maçon parisien qui avait obtenu le statut envié d’entrepreneur des Bâtiments du Roi avant de faire faillite. Il avait alors dû accepter un emploi dans les forges du Berry. Il emmena en Berry son fils encore jeune – il était né en 1719 à Paris – et y mourut. Sedaine père a donc pu travailler pour Eusèbe Jacques Chaspoux de Verneuil, propriétaire du château en 1718. Mais si le château neuf a été construit à cette époque, ouvrage singulièrement archaïque pour son temps, semblant plutôt remonter à l'apogée du règne de Louis XIV.

Une dernière hypothèse place donc la construction dans les années 1750, marquées par un retour au style Louis XIV sous l'impulsion de Blondel, qui donnait François Mansart en exemple à ses élèves. On ne peut attribuer en aucun cas le château neuf à Jacques-Denis Antoine, architecte de l'hôtel des Monnaies de Paris, dont la liste des réalisations mentionne un « château de Verneuil » non identifié[7] et comme on l'indique plus bas.

L'hypothèse la plus récente, tirée des livres de comptes des deux marquis de Verneuil, Eusèbe-Jacques, et d'Eusèbe-Félix, commanditaire du château, et toujours conservées au château de Verneuil, permettent de suivre l'avancement des travaux, menés conjointement sur le "château vieux" et le "château neuf", et d'y retrouver les "derniers versements effectués à Mansart de Jouy, tant pour les travaux menés à Verneuil qu'à Paris" [8]. L'hypothèse attribuant le château à Denis Antoine est par trop postérieure au dôme de Verneuil, achevé en 1756, lors que celui conçu et réalisé par cet architecte pour le palais de justice de Paris date du règne de Louis XVI, quelque trente ans plus tard.

Il semblerait plutôt qu'Eusèbe-Félix, second marquis de Verneuil, de noblesse récente, et dont son successeur à la charge d'introducteur des ambassadeurs et princes étrangers à la cour, Dufort de Cheverny se gaussait autant de ses modestes origines que de son "caractère fier, hautain et vaniteux" [9] ait voulu faire explicitement référence aux palais ducaux proches des ducs de Richelieu et de la Trémoïlle, à Thouars, eux-mêmes faisant référence au pavillon central du palais des Tuileries, et peut-être plus encore au projet retenu par Louis XV et Madame de Pompadour pour l'école militaire royale du Champ-de-Mars à Paris, concours gagné par un célèbre concurrent de J.B. Mansart de Jouy, Ange-Jacques Gabriel, dont le dessin conservé aux archives nationales est daté de 1751, projet réalisé qui propose un dôme à l'impériale ; ce qui en fait donc le strict contemporain de celui de Verneuil sur Indre...de quelques années antérieur, même !

La partie du XVIIIe siècle présente les trois travées centrales de ses deux façades dominées par un dôme à quatre versants amorti par un lanternon. Des pièces ont conservé leur décor de boiseries.

Les restaurations du XIXe siècle ont laissé leur empreinte : les ailes basses de part et d'autre du corps de logis principal et sans doute également quelques lucarnes. L'aile basse sud a bel et bien été modifiée au XIXe siècle, lors de la destruction du "corridor de liaison terrassé" qui réunissait en un seul et même édifice les châteaux neufs et vieux à la fin de l'intervention de Jean Mansart de Jouy en 1756. Cette liaison a été détruite lors des restaurations menées par Madame Morillon de 1880 à 1904. Mais les deux ailes datent bien du XVIIIe siècle, probablement édifiées après modifications des plans initiaux, afin d'aménager l'allée d'honneur d'après le "plan dressé du grand projet dessiné par l'architecte Joseph Fournier" et daté de 1775, conservé aux archives départementales d'Indre et Loire[10]. Cette modification reste visible dans l'actuelle chapelle en sous-œuvre qui conserve l'emplacement de deux fenêtres, fermées par le rajout de l'aile basse ; Mais le motif décoratif de la guirlande de feuillage encadrant l'unique fenêtre de l'aile basse Nord ne laisse aucun doute quant à sa datation.

Protection[modifier | modifier le code]

  • Les façades et les toitures, le vestibule d'entrée, le grand escalier, l'allée d'accès (cad. C 226, 238) sont inscrits sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du [11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Centre, Val de Loire, Paris, Hachette, 1995, p. 660
  2. Michel Fournier, Notice de présentation du domaine de Grillemont, Préiventaire Régional des Parcs et Jardins, A.P.J.R.C, Union Régionale des C.A.U.E, 1992, consultable au château de Grillemont, à la Région Centre et au siège de l'A.P.J.R.C.
  3. Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Centre, Val de Loire, p. 660
  4. en 1660, selon Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Centre, Val de Loire, p. 660
  5. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire..., 2e éd., 1772, vol. 4, p. 237
  6. Selon Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Centre, Val de Loire, p. 661. Michel Gallet (Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, p. 255) donne la date de 1759.
  7. Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Centre, Val de Loire, p. 661
  8. livres de comptes des marquis Chaspoux de Verneuil, archives privées des Apprentis d'Auteuils, propriétaire du château depuis 1935
  9. mémoire d'Histoire de l'Art de Chantal de Galard-Marchais, Centre Supérieur de la Renaissance, Université de Tours, 1999
  10. ADIL côte E 379
  11. Notice no PA00098279, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]