Famille de Mello

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Maison de Dammartin.

La famille de Mello est une famille de la chevalerie française du Moyen Âge qui possédait en fief la terre de Mello. Par mariage, une branche acquit le comté de Dammartin et prit alors le nom de Dammartin.

Premiers seigneurs[modifier | modifier le code]

Le premier seigneur est un Gilbert de Mello, mort après le 25 février 1084, qui eut pour enfants :

  • Yves de Mello
  • Dreux de Mello, seigneur de Mello, tige de la branche aînée
  • Aubry de Mello (~1080 - † ~1112), comte de Dammartin, tige de la branche cadette
  • Guy de Mello

Branche aînée[modifier | modifier le code]

Arrêt de la cour du roi Louis VII qui exempte le village de Lagny-le-Sec du droit de gîte, que Guillaume de Mello et les possesseurs de la terre de Dammartin prétendaient y exercer, 1175. Archives nationales de France.

Branche cadette (seconde famille de Dammartin)[modifier | modifier le code]

XIe siècle - XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Aubri II de Dammartin semble faire partie des fidèles du roi. En 1180/1181, il est envoyé par le roi Philippe Auguste de France à la tête d’une délégation auprès du roi d’Angleterre. Il participe, au côté du roi, aux opérations contre le comte Philippe de Flandre, durant lesquelles sont pris le château de Dammartin et fait prisonnier le comte Aubri : « 1182, Principes autem ejus (comitis Flandriae), ut leonem catuli, circuibant regionem regis, audactes euntes per arte Silvanectum, depopulando usque in villam quae dicitur Lovres non multum distans a civitate Parisiensi, ceperuntque Albericum comitem de Danmartin super lectum suum, et captus ad comitem Flandriae adduxerunt. ».

La première mention d’Aubri III en tant que comte de Dammartin est une charte de 1162 par laquelle il confirme tous les biens tenus par l’abbaye de Chaalis sur le comté de Dammartin le jour où l’investiture du comté lui a été donnée par le roi Louis VI de France : « Albericus camerarius et filius ejus comes de Dammartin… de manu Ludovici regis Francorum investituram consulatus Domnimartini idem Albericus suscepit ». Cette abbaye avait déjà fait l’objet de donations de la part de Renaud de Clermont qui se présentait en comte de Dammartin en 1138. D’après la charte de 1162, Aubri III a reçu l’investiture du comté des mains du roi. En effet, même si Renaud de Clermont faisait office de comte de Dammartin en tant que mari de Clémence de Bar, le roi avait conservé le château comme l’indique une charte de 1176. Appartenant au lignage des Dammartin, Aubri pouvait prétendre à ce comté. À la mort du comte Renaud de Clermont, le roi le lui confie. Certainement pour dédommager Clémence de Bar des droits qu’elle possédait sur le comté, il marie Aubri III, le nouveau comte de Dammartin avec Mathilde, fille de Renaud de Clermont et de Clémence de Bar.

En 1186, le roi de France fait la paix avec le comte de Flandre et commence à s’opposer au roi Henri II d'Angleterre. Il semble alors que les Dammartin, père et fils, passent au service de ce dernier puisqu’ils réapparaissent dans les comptes de l’échiquier anglais pour le Norfolk et le Suffolk.

Il est difficile de comprendre l’attitude des Dammartin : veulent-ils agrandir leurs possessions en Angleterre ? Aubri a-t-il mal digéré sa captivité chez le comte de Flandre et veut se venger du roi de France ou se met-il au service du plus puissant selon lui ? Il est difficile de répondre à ces questions. Dans tous les cas, ce choix amène leur perte et surtout le destin le plus tragique dans la famille des Dammartin : Renaud, connu pour être le traître de Bouvines.

Aubry III eut pour enfants[1] :

  • Renaud († 1227), qui suit
  • Raoul, cité en 1199 et en 1206.
  • Simon († 1239), auteur d'une troisième branche qui tint le comté de Ponthieu
  • Aélis de Dammartin, mariée à Jean Ier, châtelain de Trie
  • Agnès de Dammartin, mariée à Guillaume de Fiennes
  • Clémence de Dammartin, mariée à Jacques de Saint-Omer
  • Dreux III de Mello (avant 1136 - † après 1153), seigneur de Mello et de Saint-Bris[3].
  • Guillaume de Mello (? - † 1248), seigneur de Saint-Bris, dit le jeune et le pacifique, prisonnier avec Matthieu de Marly et d'autres seigneurs au combat de Vexin-François (1198) entre Philippe Auguste et Henri II[6].
  • Dreux de Mello (? - † 1250), seigneur de Brechart, se croisa et partit en Terre Sainte en 1248 avec le roi, référencé pour le règlement de l'héritage de son oncle sur les possessions de (châteaux, terres, villes de) Loches et Chatillon-sur-Indre[7].
  • Guillaume II de Mello († peu après 1284), seigneur d'Espoisse et de Givry, frère de Dreux, ils furent connus pour un partage et le paiement de redevances au roi enregistrés en 1284 à la Pentecôte, il mourut peu après[6];

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Renaud de Dammartin (~1165 - † 1227), fut comte de Boulogne de 1190 à 1227, comte de Dammartin de 1200 à 1214, comte d'Aumale de 1204 à 1214 et grand féodal. Il était fils d'Albéric III de Dammartin, comte de Dammartin, et de Mathilde de Clermont.

Élevé à la cour de France, Renaud de Dammartin devient l'ami d'enfance de Philippe II Auguste, roi de France, il combat néanmoins, sur l'ordre de son père, sous la bannière des Plantagenêts. Il est pardonné, car il n'a fait que suivre les ordres paternels et épouse une cousine du roi, Marie de Châtillon, fille de Guy II de Châtillon, seigneur de Châtillon, et d'Alix de Dreux.

Sur le conseil du roi Philippe Auguste de France, qui souhaite détacher le Boulonnais de l'influence flamande, il répudie son épouse pour enlever et épouser de force Ide de Lorraine († 1216), comtesse de Boulogne, veuve du duc Bertold IV de Zähringen et fille de Mathieu d'Alsace et de Marie de Blois, comte et comtesse de Boulogne. Ce faisant, il place le comté de Boulogne, qui dépendait jusque là du comté de Flandre, sous la vassalité directe du royaume de France. Ce mariage le rend puissant et suscite des jalousies, notamment dans la famille de Dreux, parent de Marie de Châtillon, et la famille de Guînes, le comte de Guînes étant le fiancé d'Ide.

En 1203, Renaud et son épouse octroient une charte à la ville de Boulogne-sur-Mer, donnant des privilèges aux marchands de la ville. Ceux-ci ont en fait probablement acheté leur liberté moyennant finance à Renaud, toujours à court d'argent. En 1204, Philippe Auguste lui donne le comté d'Aumale, mais Renaud prend à nouveau ses distances.

En 1211, il refuse de comparaître devant le roi de France à la suite d’un différend qui l’opposait à l'évêque de Beauvais Philippe de Dreux, puis négocie avec Jean sans Terre, le rejoint en 1212 et lui rend hommage.

Avec l'empereur Othon IV de Brunswick et le Ferrand de Flandre, il attaque le royaume de France en 1214, et la bataille entre les deux armées eut lieu à Bouvines. Vaincu, il est l'un des derniers à se rendre et refuse de se soumettre au roi. Le Roi Philippe-Auguste de France lui confisque ses terres, pour les donner son fils Philippe Hurepel et marie celui-ci avec la fille de Renaud Mathilde de Dammartin ; Renaud restera emprisonné à Péronne, puis dans la forteresse du Goulet jusqu'à sa mort en 1227.

Il n'a pas eu d'enfants de Marie de Châtillon. D'Ide de Lorraine, il eut une fille :

Branche des comtes de Ponthieu[modifier | modifier le code]

Simon de Dammartin (~1180 - † ~1239), comte de Ponthieu, comte d'Aumale, comte de Montreuil, est le frère cadet de Renaud de Dammartin. Il épouse vers 1208 Marie de Ponthieu († ~1250), comtesse de Ponthieu, comtesse de Montreuil, fille de Guillaume II dit Guillaume IV Talvas de Ponthieu, et d'Adèle de France. De ce mariage, sont nées:

Armoiries[modifier | modifier le code]

La branche aînée de la famille portait : d'or, à deux fasces de gueules, accompagné de neuf merlettes du même, rangées en orle.

La branche cadette de Dammartin portait pour armoiries fascé d'argent et d'azur à la bordure de gueules. Il est dit[8] que le fascé représente les armoiries des premiers comtes de Dammartin, et que la bordure est une brisure des Mello. Cette assertion est malheureusement fausse, car les plus anciennes armoiries n'étant attestées qu'à partir du milieu du XIIe siècle, les premiers comtes de Dammartin n'ont pas pu avoir d'armoiries. Le fascé représente peut-être le motif de leur bannière, mais rien ne permet de l'affirmer. D'autre part, on se demande pourquoi, alors que la branche cadette reprit le nom de l'ancienne famille de Dammartin, elle se crut obligée de briser l'écu des Dammartin plutôt que de le reprendre inchangé.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]