Siège de Dantzig (1813)

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Siège de Dantzig (1813)
Description de cette image, également commentée ci-après

plan du siège en 1807

Informations générales
Date au
Lieu autour de Dantzig
Issue reddition de la place
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de la Confédération du Rhin Confédération du Rhin
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Commandants
Jean Rapp Matveï Platov
Alexandre de Wurtemberg
Friedrich von Löwis of Menar
Forces en présence
~35 000 hommes
comprenant ~6 000 malades
et ~3 600 cavaliers montés
73 000 hommes
Pertes
10 000 morts ou blessés 5 000 morts ou blessés

Sixième Coalition

Batailles

Campagne de Russie (1812)
Mir · Moguilev · Ostrovno · Vitebsk · Kliastitsy · Smolensk · 1re Polotsk · Valoutina Gora · Moskova · Moscou · Winkowo · Maloyaroslavets · 2e Polotsk · Czaśniki · Viazma · Smoliani · Krasnoï · Bérézina


Campagne d'Allemagne (1813)
Dantzig · Lützen · Bautzen · Reichenbach · Haynau · Hoyerswerda  · Goldberg · Gross Beeren · Katzbach · Dresde · Kulm · Dennewitz · Peterswalde · Leipzig · Hanau · Sehested · Torgau · Hambourg


Campagne de France (1814)

Metz · Saint-Avold · Saint-Dizier · Brienne · La Rothière
 · Campagne des Six-Jours : Champaubert · Montmirail · Château-Thierry · Vauchamps
 · Mormant · Montereau · Bar-sur-Aube · Berry-au-Bac · Craonne · Laon · Reims · Arcis-sur-Aube · Fère-Champenoise · Meaux · Claye · Villeparisis · Paris
Front italien : Trieste · Mincio
Coordonnées 54° 22′ nord, 18° 38′ est

Le siège de Dantzig (1813), était le blocage de la ville éponyme par les troupes russes et prussiennes contre les troupes de la Grande armée de janvier à décembre 1813 pendant la Sixième Coalition.

Dantzig était une ville prussienne libre, à la suite du Traité de Tilsit, de 60 000 habitants, se situant à l'embouchure de la Vistule et sur les bords de la mer Baltique.

Attentes[modifier | modifier le code]

Dantzig était un grand dépôt avec quantité de vivres, de munitions, de fourrages, d'armes et des magasins d'habillement. De plus, politiquement cette place devait garantir la quiétude des alliés prussiens en tenant cette ville d'importance et éviter leur défection, qui eut quand même lieu plus tard. Il ne faut pas oublier que Napoléon avait en tête de reformer une armée dans les pays de l'arrière pour revenir affronter les coalisés, d'où ce besoin de garder cette ligne de la Vistule, dans ce but Thorn et Varsovie étaient aussi défendue.

Contexte[modifier | modifier le code]

La garnison : une division napolitaine sous le commandement du général d'Estrées et la troisième brigade de la division Heudelet, soit 6 000 combattants.

Le 1er janvier 1813 Joachim Murat quitte Kœnigsberg, où il avait son quartier général, pour se diriger sur Elbing. La division Heudelet du neuvième corps resta en la ville pour maintenir le lien avec le dixième corps, cette division ayant été tenue en arrière pendant la campagne de Russie restait dans un bon ordre de combat et tenait ce terrain qu'elle tenait depuis le début de la campagne.

Le 7 janvier Murat quitte Elbing pour se rendre à Marienbourg. Le prince Eugène se dirigea sur Marienwerder avec le quatrième corps. Les débris du premier corps furent destinés à former la garnison de Thorn. Le sixième corps devait faire le chemin de Polck à Posen, les deuxième et troisième corps devaient passer le Vistule à Marienbourg lors de leur jonction avec le dixième, ce qui eut lieu dans la nuit du 11 au 12.

Pendant ce temps le maréchal duc de Tarente, toujours suivi par le général Wittgenstein atteignait Kœnigsberg le 3 et en ressortait pendant la nuit du 4 au 5 pour se diriger sur Dantzig avec la division Heudelet. Le général Gilbert Bachelu, commandant l'arrière garde de la colonne, avait déjà eu un engagement à Tapiau, fut attaqué à Stublau, à Rosenberg et lors du passage de la Vistule. Le général Benjamin Gault, posté à Bohnsak avec une brigade de la garnison de Dantzig, culbuta une partie de l'avant-garde ennemie qui s'avançait par la barre qui séparait la Vistule de la mer.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Dès le 12, le duc de Tarente avait atteint la place et les ordres du roi de Naples étaient qu'il remit ses troupes aux ordres du général Rapp. Dès le 14 des courriers avec la ville se voyaient interceptés et le 20 elle fut coupée du monde.

Du 29 janvier au 6 février un mamelon entre les villages de Striesen, Stolzenberg et Langenfurth changea plusieurs fois de mains.

Le 5 mars une échauffourée, dans les mêmes lieux, mit aux prises six régiments d'infanterie et deux de cosaques opposé aux quatre bataillons du général Rapp, un régiment napolitain du général d'Estrées et un du général Bachelu qui les pris de flanc. La journée se solda par la perte de 1 500 hommes, un obusier et 500 prisonniers, les français en perdirent 700.

Le 24 mars, une sortie pour ravitaillement vit la prise de Matschkau et Borgfeld par le général Bachelu ; le général Gault prenant Saint-Albrecht, le tout laissant trois cent cinquante prisonniers russes aux mains des français.

En ce même temps l'épidémie tuait jusqu'à 200 hommes par jour et notamment le général Gault le 6 avril.

Le 15 avril deux bataillons polonais commandé par Szembeck et Potocki prirent le village de Brentau. Le duc de Wurtemberg venait de remplacer le général Friedrich von Löwis of Menar à la tête du blocus.

Le 27 avril le général Bachelu avec 1 200 hommes et trois cent cinquante chevaux commandé par le colonel Farine une batterie légère polonaise et une autre à pied sortirent de l'île de Holm vers la presqu'île de Nerhung, là pendant quatre jours ils réquisitionnèrent plus de 500 bêtes à cornes, 400 têtes de menus bétail, du foin, de la paille, de l'avoine et tout ce qui put être transporté par la flottille préparée par les marins ; ils firent aussi 300 morts et 250 prisonniers sur les troupes ennemies.

En mars le blocus naval devint effectif, arrivée de 59 pièces de siège.

Le 9 juin, après quelques engagements sans grande importance sur le poste de Stolzenberg de la part des russes, la plus grande partie de la garnison sorti : le général Grandjean avec sa division, le général Devilliers et sa division avec six canons et le général Heudelet avec la sienne plus une partie de celle du général d'Estrées ainsi que quatre escadrons de cavalerie, sous les ordres du général Cavaignac ; l'avancée sur le camp ennemis de Pitzkendorf. Cette sortie permis encore de fourrager, ainsi que seigles verts. Le parti coalisé perdit 1 800 hommes et ceux du général Rapp 400 hommes.

Le 10 juin, l'arrivée de l'armistice 4 juin permis de commencer le ravitaillement de la place de Dantzig ; mais le 1er juillet le Duc de Wurtemberg fit suspendre le ravitaillement à la suite d'accrochages avec le corps de partisans de Lutzow ; il ne rentra que les deux tiers des approvisionnements prévus par le traité avant la rupture de l'armistice le 6 août.

Le général Rapp organisa les employés des administrations en bataillon les officiers et sous-officiers qui excédaient dans les cadres des compagnies existantes et ceux qui étaient dans des compagnies détruites furent groupés dans trois nouveaux bataillons. Ces quatre bataillons formèrent le régiment du roi de Rome chargé du service à l'intérieur de la place. Tous les habitants qui n'étaient pas portés sur la liste des contribuables et qui n'avaient pas de moyens de se procurer des vivres reçurent l'ordre de quitter la place. Reprise des hostilités le 24 août.

Le 28 août une attaque russe eu lieu vers Ohra. Le lendemain quatre régiments d'infanterie et un régiment de cosaques attaquèrent la porte de Langenfurth sur deux colonnes où se trouvait un détachement de polonais, ainsi qu'une autre venant de Schidlitz à Niederfeld. Cette affaire obligea le général Rapp à faire prendre les armes par toute la garnison pour repousser cette offensive.

Le 2 septembre, la flottille coalisée intervenait pour la première fois en bombardant les forts de Neufahrwasser et Weichselmunde. Les troupes arrivèrent par la vallée de Koenigsthal et le village de Striesen sur Langenfurth, New-Scottland et Schell-Muhl. À Langenfurth le capitaine Fahrbeck, qui commandait une maison crénelée avec 80 soldats bavarois, westphaliens et napolitains, devant la force qui lui était opposée du se retirer avant l'arrivée de la colonne de renfort qui venait de la ville et qui était commandée par le capitaine Marnier (aide de camp de Rapp). La colonne envoyée par le général de Villiers ne put que faire la même chose pour le poste d'une autre maison crénelée. Les travaux entrepris depuis le cesser-le-feu du 10 juin durent être suspendu. En effet l'arrivée de nouvelles pièces de sièges permit au duc de Wurtemberg de lancer des bombes le 8 entre les lignes et la ville. Mais le 9, le 10 Dantzig, l'île d'Holm et le camp de Zigankenberg furent pris pour cible par des obusiers et des canons qui tirèrent sans discontinuer. Le couvent des dominicains, converti en hôpital, prit feu. En même temps que le faubourg Schottenhauser était la cible d'une vive attaque, une autre prit pour cible la porte Oliva devant Langenfurth. Les assaillants prirent plusieurs fois d'assaut les ouvrages qui protégeaient Schottenhauser et finirent par s'y loger avec la perte de plus de mille hommes.

Le 17 septembre, les coalisés terminèrent d'armer les nouvelles batteries qui commencèrent le bombardement en mettant le feu à deux casernes dans l'enceinte. Le 18 le feu prit encore dans sept endroits en la ville. Et ainsi que les 19 et 20 ce qui mit encore le feu à 22 magasins et casernes mais aussi de nombreuses maisons. Sur la demande des habitants, le sénat permit une demande au duc de laisser sortir la population, qui ne put quitter que la ville mais pas le siège, sauf en ce qui concerne les enfants qui furent accueillis. Une guerre psychologique était entreprise pour faire sortir les alliés de la Grande armée, les désertions allèrent en s'accroissant parmi les saxons, prussiens, bavarois.

Lors de la nuit du 1 au 2 novembre une attaque eu lieu vers les avant-postes de Schidlitz, Stolzenberg et Ohra ; en même temps des incendies ravagèrent à l'intérieur de la place des hôpitaux, des magasins de vivres, plusieurs casernes qui eurent d'irréparables conséquences sur l'approvisionnement des hommes.

Le début des négociations de reddition commencèrent en novembre, la rédaction fut achevée le 30 novembre, mais l'empereur Alexandre Ier de Russie n'en accepta pas les termes et les troupes nouvellement alliées à la coalition avaient déjà quitté la ville.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Le général Rapp fini par signer la capitulation le 29 décembre 1813, tout en regrettant le non-respect de la parole donnée. La garnison se rendit le 2 janvier 1814. Ils furent emmenés en déportation en Russie comme prisonnier de guerre. 14 généraux, 9 000 Français, 1 300 armes à feu.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

Les troupes de la Grande Armée se composent :

  • des troupes de garnison ;
  • des unités qui arrivèrent après la retraite de Russie, affaiblies tant moralement que physiquement, des blessés, des hommes sans équipement qui sauvèrent surtout leur vie. Des égarés qui ne sont plus dans leurs unités, des militaires de tous les pays qui étaient parti pour la Campagne de Russie ;
  • de deux unités de bonne tenue : les divisions Heudelet et Grandjean.

Les troupes du blocus se composent :

  • au début les cosaques de l'ataman Platov ;
  • puis arrivent au fur et à mesure des troupes d'infanterie, composées en grande partie de troupes irrégulières de Russie (milice).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Victoires conquêtes désastres revers et guerres civiles des français de 1789 à 1815, Panckouke et Lecointe, Paris, 1836, tome 12, pages 166 à 182