Histoire de l'éducation des sourds en France

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L'Histoire de l'éducation des sourds en France commence au début des années 1720, lorsque le professeur sourd, Étienne De Fay donne les cours aux enfants sourds, en parallèle, dès 1734, Jacob Rodrigue Pereire commence l’éducation oraliste. Vers 1760, la rencontre entre Charles-Michel de L'Épée et les deux sourdes influence la vie des sourds : l’enseignement en langue des signes. La méthode signante, qui s'appelle ici la langue des signes française, est devenue courante dans les écoles de sourds pour la plupart du XIXe siècle mais on continue d'enseigner avec la méthode de Pereire (oralisme) en France. Les partisans oraliste et les partisans signants s’opposent pour l’éducation pour les sourds. Dans les années 1880, les écoles ont changé la méthode orale en remplaçant la méthode signante. Les étudiants qui ont communiqué par la langue des signes dans les programmes orales ont été souvent punis. La méthode orale a été utilisée pour de nombreuses années jusqu'à ce que, en 1975, la langue des signes a progressivement commencé à revenir dans l'éducation des sourds après de nombreux années d'interdiction.

Début d’éducation[modifier | modifier le code]

Premier trace[modifier | modifier le code]

Né sourd en 1670, Étienne De Fay est placé à chez les moines à l’Abbaye St Jean, à Amiens[1]. Et en ce moment-là, les moines lui donnent l'éducation en mimique[réf. nécessaire]. Vers 1720, Étienne De Fay donne quelques cours aux enfants sourds dans cette région[1].

Éducation oraliste[modifier | modifier le code]

Jacob Rodrigue Péreire enseigné à parler un sourd

Dès 1734, Jacob Rodrigue Pereire apprend les sourds à lire et à écrire et crée le nom dactylologie à la base de la dactylologie espagnole, créée par Juan de Pablo Bonet. Mais pour lui, la dactylologie n’aide pas intégrer dans le monde entendant alors il invente la méthode oraliste pour apprendre les sourds à parler : la lecture labiale et parler avec la voix.

Éducation signante[modifier | modifier le code]

Avant 1759, le père Vanin donne les cours avec les signes aux deux filles et il est décédé en 1759[2],[3]. Entre 1760 et 1762, l'abbe de l'épée découvre ces deux sœurs sourdes à la rue des Fossés-Saint-Victor, les sœurs communiquant entre elles par des signes[2]. il accepte de remplacer le père vanin pour enseigner[2]. L'abbé de l'Épée étudie les signes par ces filles. Sa maison se transforme en école ouverte à tous les sourds où il accueille 60 élèves sourds[4]. Il eut 19 disciples qui fondent plus tard 17 écoles pour les sourds[réf. nécessaire], parmi lesquels René Dunan à Nantes.

Jusqu'à 1880, l'éducation des enfants sourds en langue des signes française a continué de croître. On note les répéteurs sourds : Laurent Clerc, Jean Massieu, René Dunan, Ferdinand Berthier, Ernest Dusuzeau, Claudius Forestier, etc. En 1829, Ferdinand Berthier et Alphonse Lenoir sont les premiers sourds devenu les professeurs[réf. nécessaire].

Favorisation d'éducation oraliste[modifier | modifier le code]

Congrès de Milan[modifier | modifier le code]

En 1880, le Congrès de Milan a eu lieu à Milan. Il y a deux délégations officielles françaises représentant les ministères de l’Intérieur et de l’Instruction publique[5]. Le Congrès est planifié et organisé par un comité créé par la Société Pereire qui est partisan d'oralisme et contre la langue des signes. Par conséquent, il y a beaucoup plus de partisans en faveur de la langue parlée que ceux en faveur de la langue des signes donc le congrès de Milan manque de neutralité et favorise la méthode orale. Le congrès de Milan annonce : « La Convention, considérant l'incontestable supériorité de l'articulation sur les signes pour rendre le sourd-muet à la société et lui donner une connaissance plus complète de la langue, déclare que la méthode orale doit être préférée à celle des signes dans l'éducation et l'instruction des sourds-muets ».

Après la rapport du Congrès du Milan, Oscar Claveau (1826-1904), inspecteur général adjoint des établissements de bienfaisance et secrétaire pro-oralisme du ministre de la Culture puis de l'Intérieur, annonce des aides financière pour les écoles qui enseigne par la méthode oraliste dans l’éducation des sourds en France et les écoles qui enseigne par la méthode signante sont vite en difficulté financière donc elles étaient obligées d'enseigner par la méthode oraliste. Les professeurs sourds sont licenciés et remplacés par les entendants. En 1920, cela entraîne l'extinction des cours en langue des signes dans tous la France.

Mais on observe que l’enseignement oral provoque l'échec scolaire des enfants sourds et on replace les enfants ayant des échecs dans des classes signantes[réf. nécessaire]. Ça conduit au Reveil Sourd.

Fin d'interdiction de la langue des signes[modifier | modifier le code]

Réveil sourd[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réveil sourd.
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Professeurs sourds

En 1976, pour la première fois depuis le congrès de Milan en 1880, un décret paru au journal officiel du 15 décembre 1976 autorise les sourds à postuler à des postes d’enseignant spécialisé à la seule condition d’obtenir le Certificat d’aptitude à l’enseignement des jeunes déficients auditifs (CAEDJA)[6]. Christian Deck et Jean jacques Bourgeois s’engagent comme élèves-professeurs à la Providence de Saint-Laurent-en-Royans (Drôme). Ils s’inscrivent à cette formation dispensée par la Fédération des Institutions des sourds et aveugles de France (FISAF). À partir de 1980, Christian Deck, puis Jean-Jacques Bourgeois et Evelyne Koenig, obtiennent enfin le diplôme tant attendu d’enseignant(e) spécialisé(e) pour Sourds, une première en France. Ce fut la porte ouverte à d’autres prétendant(e)s sourd(e)s de se lancer dans cette perspective éducative.

En même année, le certificat d’aptitude aux fonctions de professeur d’enseignement technique pour déficients auditifs (CAFPETDA) autorise aux sourds devenir les professeurs[6]. C'est au cas d'André Minguy, en 1981, et Jean-Louis Michaud, en 1982, obtiennent le certificat d’aptitude aux fonctions de professeur d’enseignement technique pour déficients auditifs (CAFPETDA), option menuiserie.

Bilinguisme

En parallèle, en 1979, la première expérimentation en France de l’éducation bilingue a lieu à l’école maternelle de Bossuet, Paris avec le duo bilingue, Danielle Bouvet et Marie-Thérèse L'Huillier qui assure cette première expérience en deux heures par jour à des enfants Sourds. Puis, l'association Deux langues pour une éducation (2LPE) est fondé à la bibliothèque de Saint-Jacques, Paris. Cette association nationale a pour but de promouvoir le bilinguisme : Langue des signes française et Langue française, de sensibiliser les parents d’enfants Sourds, les professionnels et les Sourds sur l’éducation bilingue.

En 1982, le congrès de Toulouse, après le refus de l’éducation spécialisé sur l’usage du bilinguisme, 2LPE, à l’initiative des parents d’enfants Sourds et des Sourds, prépare pendant 2 ans un projet de l’enseignement bilingue à l’éducation nationale. Les deux premières classes maternelles vinrent le jour en septembre 1984 à Chalon/Saône et Poitiers ; la demande des parents se faisant toujours précise, en septembre 1985 2LPE créait trois nouvelles classes à Bayonne, Nancy et Toulouse suivi d’un sixième en janvier a Vaires-sur-Marne, d’une 7e en septembre 86 à Poitiers, d’une 8e en mars 1987 à Meaux et d’une 9e en septembre à Chalon/Saône. Au total, ce seront 60 élèves accueillis dans 6 villes de France.

En 1988, 2LPE met fin à la gestion des classes bilingues. Seul 2LPE Poitiers devient 2LPEco (2 Langues Pour une Éducation Centre Ouest) et met en place le Service d’Éducation Bilingue (SEB) dont la direction est assuré par Jean-François Mercurio. Quant aux autres classes dans les villes citées ci-dessus, c’est l'Association nationale de parents d’enfants sourds (ANPES).

Après du Réveil sourd[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'en 1991, par la loi Fabius, que l’Assemblée nationale autorise l’utilisation de la langue des signes française pour l’éducation des enfants sourds[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Patrice Gicquel, Il était une fois... les sourds français, éd. Books on Demand, 2011, Page 36
  2. a b et c * Massieu, Jean; Laurent Clerc; and Roch Ambroise Cucurron Sicard. 1815.Recueil des définitions et réponses les plus remarquables de Massieu et Clerc, sourds-muets, aux diverses questions qui leur ont été faites dans les séances publiques de M. l'abbé Sicard à Londres, Londres, imprimé pour Massieu et Clerc, par Cox and Baylis, Great Queen Street, Lincoln's-Inn-Fields. Page IV et VI
  3. Antoine Madrolle, Le prêtre devant le siècle, Paris, , 450 p. (lire en ligne), p. 286-287
  4. L'Écho magazine, le mensuel des sourds no 794 - Août-Septembre 2012, page 36-37
  5. Florence Encrevé, « Réflexions sur le congrès de Milan et ses conséquences sur la langue des signes française à la fin du xixe siècle », sur www.cairn.info (consulté le 18 septembre 2015)
  6. a et b Daniel Calin, agrégé de philosophie, « Arrêté du 15 décembre 1976 : Création du CAFPETDA », sur dcalin.fr (consulté le 22 décembre 2016)
  7. Loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales. - Article 33 (lire en ligne)

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Le Réveil Sourd en France, Pour une perspective bilingue de André Minguy

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]