Conférence de Lu Shan

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La conférence de Lu Shan s'est tenue dans cet immeuble.

La conférence de Lu Shan (en chinois, 庐|山|会|议), officiellement la « 8e session plénière du 8e Comité central du Parti communiste chinois », est une discussion informelle sur le Grand Bond en avant qui s'est tenue du 2 juillet au 16 août 1959 dans un lieu de séjour sur le mont Lu dans le district de Lu Shan de la province de Jiangxi, au sud-est de la Chine.

En répondant aux critiques formulées sur le déroulement du Grand Bond en avant, Mao Zedong est parvenu à accroître son pouvoir.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le général Peng Dehuai en 1955.

L'objectif initial de la conférence de Lu Shan, qui débute le 2 juillet 1959, est de passer en revue les développements survenus en Chine pendant l'année 1958 et de résoudre quelques problèmes issus de ces développements. Mao Zedong a aussi l'intention d'utiliser la conférence pour contrer des aspects de la « tendance gauchiste[trad 1] » du Grand Bond en avant.

Peng Dehuai a visité de nombreuses provinces chinoises et a compris la situation du pays. Il a la réputation d'un homme aux propos francs et directs. Ainsi en 1956, il s'étonnait auprès d'un dirigeant soviétique, Mikoïan, en visite en Chine que le parti communiste soviétique ait attendu si longtemps pour critiquer Staline. Mikoïan lui explique que la moindre critique signifiait la mort pour son auteur. Peng Dehuai réplique « Quelle sorte de communiste est-ce-là, qui craint la mort? »[1]. Pendant la conférence, Peng Dehuai, alors ministre de la défense de la République populaire de Chine, écrit une lettre privée à Mao dans laquelle il critique quelques aspects du Grand Bond en avant. Il mentionne les « vents de l'exagération[trad 2] » (c'est-à-dire des rapports qui exagèrent la production céréalière), les repas communaux et aussi la mise en place de milices communales qui, croit-il, mine la réputation de l'Armée populaire de libération.

Après avoir pris connaissance de la lettre, Mao prolonge la conférence de dix jours.

Le 23 juillet, Mao montre la lettre à ses camarades et leur demande d'exprimer leurs opinions. Un peu plus tard, Mao critique sévèrement Peng Dehuai et affirme qu'il fait partie d'un groupe qui hésite lorsque confronté aux difficultés et qui se trouve « à seulement 30 kilomètres des hommes de droite[trad 3],[2] ». Aussitôt connu le point de vue de Mao, les cadres du régime se rallient à lui. Ainsi Bo Yibo détruit le rapport très critique sur la situation, donné par ses experts, et le remplace par un soutien appuyé au Grand Bond[1].

Le discours de Mao à la conférence est très passionné et belliqueux. Il se défend en mentionnant que tout grand écrivain, que ce soit Confucius, Karl Marx ou Lénine, a fait des erreurs et que s'arrêter à celles-ci ne mènera nulle part. Il insiste aussi qu'aucune commune ne s'est encore effondrée.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La conférence de Lu Shan est un point tournant de la carrière de Mao. En effet, critiquer les actions et les politiques du parti revient à critiquer Mao.

Plus tard dans l'année, Peng Dehuai est démis de ses fonctions, arrêté et remplacé par Lin Biao. Non seulement les critiques de Peng Dehuai ont permis à Mao d'obtenir une victoire, elles lui ont aussi permis de conclure qu'il a été injustement traité et que les normes du parti ont été violées. Sa victoire lui donne suffisamment d'assurance pour lancer la révolution culturelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lushan Conference » (voir la liste des auteurs).

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « leftist tendency »
  2. (en) « winds of exaggeration »
  3. (en) « only 30 kilometres away from the rightists »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lucien Bianco, La récidive. Révolution russe, révolution chinoise, (2014) page 210 et suivantes
  2. (en) T. Bernstein, « Mao Zedong and the famine of 1959-1960 : A study in wilfulness », The China Quarterly, vol. 186,‎ 2006, p. 431

Bibliograpie[modifier | modifier le code]